CONSULTATIONS
CHOISIES
DE PLUSIEUKS MEDECINS CELEBRES.
TOME SECONVi
' I lïi I j 11 rt| üH|iitijîifjj iftipîpïïpS^
0 1 2 3 4 5 6 7
Wljil
8
CONSULTATIONS
CHOISIES
PE PLUSIEURS MEDECINS C^LEBKîS
de L’UNIVERSITÉ
DE MONTPELLIER i I
SUR
DES MALADIES AI GÜES ET CHRONIQUES^
- r Durand, rue faint Jacques , à faint laiîJ?
Chez> &auGrilFon,
^ PI s s OT fils, Quai des Auguffins, à la SageCe.
M. C C, XLTIII.
'A[vee Jf^rohation & Prmlegs du Roi.
88958
T A B LE
Pes Confultations contenues
dans le fécond Volume.
PREMIERE CONSULTATION;
^'Vr me Dyfurie , page i
Çonfultacion II, Sur une ajfeBim hypii-
chondriayue , y
Confulcatîon III. Sur me fièvre maligne ^
^5
Coiifultation IV. Sur la maladie épidé-
mique dAigucmortes. Fièvre maligne
. .e^idémique ^ 25
Çonfultacion V. Sm un rhume de foim
trine^ ' .3
Confultaiiou VL Swe une fièvre qu&tU
dienne^ yy
^^4
Tms IL_
^ TABLE
Confultation VII. Sur me AffeBîm- hyJL
térique, 44
Confultation VIIL Sur une Le^re , 52
Confilium IX. Dyjuria , &c. j S.
TraduBion de lu Confultation précédente ^
Confultation X. Sur une fuppuraüon h
roreille , avec dureté douie , - 99-
Confultation XI. des ulcérés fcrophuleux'.
& vénériens au palais.,. 7S
Confultation XII. Sur une affeBton hyf,
térique & cacheBtque , 8 k
Confultation XIII. Sur une affeéîion mé-^
lanchoîique é'kyjiérique y ' 94;-
Confultation XIV. Sur un fiux'hémor¬
roïdal avec enflure aux chevilles , goûte
aux- orteils , jaunijfe au vifage & aux'
teux , diflculté dèrelpïrer , pléthore ,.i>ou]^'
donnementd’oreille, &e,. 102.
Confultation XV. Sur un rhumatifl.
me , avec engourdtjjemens , imtement,
doreille , flkxion au' nez. , rougeur ,,
dartre vive a la face , hémorrhoides „
' ni,;
Confuîtatron XVI, SUr une vérole dau-^
teufe, iiœ
Confalt^ion XV I I. Sur me godé^
DES CONSULTATIONS.. iij
tre a ta mqus\ iij
Confulcacion XV 111 . Swr wne Colique
NeŸhréüque , 133 '’
I. Mémoire. Sur les vertus admirables de
la poudre de chauff'etrape[CA^cijKAVA )
pour guérir la colique néphrétique , qui
fe prépare fidellement par tes fleurs P or-'
talez, & Teifonniere ,, ^poticaires - Ar-
tifies a MontpeîUer.
rr. Mémaire. Remede pour la Colique Né¬
phrétique y 145^
III. Mémoire. Remede pour l'a Colique
Néphrétique & pour la; Goûte.
Confultatioii XIX., Surune gonorrhée en
imagination ,, 14g’
Confultatioii X X» Sur des vapeurs
convulflves , ou' plutôt épileptiques ,,
15.7
Confuîtatioii XXI. Sur un délire ma-
niaque,^
Cbnfultacibii XXII. Sur une anaflarque ÿ
^75
Confülxarfon XXni. Sur une- colique Itu
teftinale & hyflérique 182^
Confulcation XXIV. ^ur me fifl'ute U-
chrymde commençante r§2>
Confultation XXY.. Sur une goûteflereine
mparfaiië^ '
îv TABLE
Coiifultatîon XXVÏ. Sur une dartrê
croHteufe alaface y 199
Confultation XXVII. Sur des obflruBions
AU foie y& kla, poitrine , 2.04
Confultation XXVIII. Sur des fleurs
bïanehes 5 , z 11
Confultation XXîX. Sur une vomique
des poutmans , z 13
Confultation XXX. Sur m priapïfine
prefque continuel , zi9
Confultation XXXI. Sur me jaunijfe avec
piflement de Jkng périodique f zzz
Confultation XXXII. Sptr me êpL
lepfle, iiS
Confultation XXXIII. Sur me hydre-
Ÿifle afcite y 23.0^
Confultation XXXIV. Sur me gonor^
rhêe virulente, 234
Confultation XXXV. Sur me hydropû
fie afcite y 23 ^
Confultation XXXVI. Sur une hemopty-
fie périodique. 241
Confultation XXXVIL Sur un aflhme
humide , 244
Confultation XXXVIIL Sur une
moptyfie y 24 S
Çon fültation XXXIX. Sur des maux ek
. tête y avec engourdijfement de toutes les
parties du corps , ^ 2 j(î
DES CONSULTATIONS, v
Confultàtion X L. Sur un refie de go--
norrhée , ^ z6i
Confultation XLI. Sur une rétention dum
rine, 166
Confultation X L 11 . Sur un vertige ^
2.7 1
Confultation XLIII. Sur me chaleur
dentrailles y & de poitrine y avec des
boutons au vifage , 27 5
Çonfulcation XLIV. Sur une mélancho-
lie jointe a la vérole , 281
Confultation XLV. Sur un tintement
' doreille y
Confultation XLVI. Sur un abjc'es au
col de la vejfie , 288
Confîlium XL VIL Vro agro qui peripm
neumonia offeBus fuit ^ & quem nuntt
fhthifi laborare fufpicio ef ,
Tradudîon de..la préscdente. Four un
malade attaqué de péripneumonie , &
qu’on foupçonne aBuellement l'être de
phthijte , 962.
Confultation XLVIII. Sur une fluxion.
fur le poulmen y
Confultation XLIX. Sur une paralyfte^
50X
Confultation L. Sur des obflruBions au
tj TABLE
Confultation L I. Sur me paraïy^e
311
Confilium LU. De dolore nephritm ,
313
TracîuéHon de la Confultation précé¬
dente. Sur une douleur néphrétique ,
310
Confultation LUI. Stu" me perte blan¬
che,
Con/îiltation LIV. Sur un vomijfement
de fang, 332
Confultation LV. Sur un rachitïs, 337
Confultation LVI. Sur une mélanchoUe'
Avec maHvemenr involontaires, 343
Cbniîlium L V11. dyfuria cum mmorr
finori , 34:9
Traduction Ae fa Confaltatîon précé¬
dente. Sur me' êyfurie avec trnneuf
du firotum , 3 j'3
Confilium LV IIL _ Marcor cum dolore-
membrorum, 3 57
Traduction de la Confultation précé¬
dente. Sur une maàgreur avec douleur
dans tes membres , 3<$4-
Confiliuna L l'X. Ox.An , five nartum
ulcHS ^ 371,
ms CONSULTATIONS, vij
■Tradudion ,dc la Confultation précé¬
dente. Sur un ozjène ^ ou ulcéré fèr^
dide des narines , 377
Confultation LX. Sur une dyjkrie jointe
a Vafchme, 385
Confultation LXL Sur des vapeurs,
avec plupeurs fâcheux fÿmptomes, 387
Confultation L X I I. Sur une perte
blanche avec enflure des extrémités ,
391
Confultation LXIIL Sur me mêlant
choîie , 3^7
Confultation LXIV. Sur des naufées é",
vomijfement , 40a
Confultation LXV. Sur me infomnie
avec maux ^eflomac , 40 S
Confultation LXVL Sur mé douleUTj
à un genouil , 414
Confultation L X V ï I, Sur une perte,
blanche accompagnée de plufieurs au^
ires accidens , avec foupçon de vérole,
4 7
Confultation TXVIIL Sur une ajfeàion
hypochondriaque , 42,^
Confultation LXIX, Sur me paralyfie
de Hêfophage , 43 a
vnjTÂBLEDES CONSULTATION SJ
Confukation LXX. Sur m fcorhuty
445
Confuîtatioii LXXI. Sw un md aux
TenXj
Eîa dô la Tatle du- fécond Volume»'
CONSULTATIONS
t
CONSULTATIONS
C H O I S I E S
DE MEDECINE.
CONSULTATION PREMIERE,
Sur une Dyjkrïe,
N a eu foin de garder le pre¬
mier mémoire, & on l’a con-'
cilié avec le fécond que l’on
a reçû depuis peu. Il eft die
dans le premier que les Médecins &
les Chirurgiens iTavoient pas été d’ac¬
cord fur le caradere particulier de la
maladie pour laquelle on demande
confeil j les uns prétendant qu’il s’agif-
foit d’un ulcéré bu d’une earnofité dans
l’uretlire , dans le voilînage du col de la
velîie ;les autres jugeant qu’il y avoir
Tome IL A
% Consultations choisies
unç pierre ou UH autre corps étranger.,
dans la velEe , auquel on devoit attri¬
buer tous les accidents.
On, aiïure dans le fécond mémoire
que Mèffieurs les Médecins de Genes les
plüs-experimentés ont éxaminé la mala- .
die & les-accidents qui l’accompagnent,
d’une maniéré à ne lqifle% aucune équi¬
voque dans le jugement qu’ils, en por¬
tent , en avançant avec toute certitude ,
qu’il n’y a ni.pierre ni autre corps étran-;
ger dans la velïie -, il femble même qu’ils
ont dirpenfé’ Monfieur de fe faire fon¬
der , & de fe fervir du feul moïen uni¬
voque pour fe convaincre des faits qu’ii^
prennent fur leur compte.
On va fuppofer far la garantie de
Melîieurs les Médecins que Monfieur-
le malade eft exempt de pierre & dC'
toute excroifiance &; fongofité dans la
veffie, -, mais^malgré cette fuppoficion. le,-,
fond de la maladie ne fe diftingue pas
dânsTout fon jour, comme on va le dé-,
montrer.par les réflexions fuivantes.
Dans la fécondé relation, Monfieur
afiure. que fa derniere . chaudepilTe a
été traitée dans les réglés , & qu’il n’a f
|amais eu de maladies de galanterie que-,
de. cette efpece. Le fens qui fe préfents.
I» i M 1 ï) FC I N s, 5
ce que Ton vient d’avancer , doit
faire penler qu’il a eu d’autres cliaude-
piflès, tnais non des accidents d’une cil
pece difïèrente. Il reftc' donc incertain
s’il n’y a- pas eu d’autres chaudepiffes qui
oiK précédé celle à qui l’on attribue tous
les défordres.
Il eft conftant par la première rela¬
tion que la chaudepilîè dura un an êc
demi ou^ environ , avant que Mon-"
fieur fe déterminât à employer les in-
jedions, Gii ne conçoit gueres qu’une
maladie de cette efpéce , quand elle eÜ:
traitée fuivant les regles,pui{ïè continuer
pendant un fi long efpace de tems, à
moins qu’elle n’ait porté un caraderede
malignité extraordinaire , ou quelle ne
foit tombée fur un fang déjà entiché du
levain vénérien , ou mal difpofé d’ail¬
leurs par le tempérament Si des maladies
héréditaires.
On alïùre auffi dans la première re¬
lation que la chaudepille traitée félon les
réglés de l’art a obligé les Médecins ^
pour corriger les accidents furvenus
apres les injedibns, à fe-fervir de trois
differentes cures dans trois divers tems
que l’on ne détaille point ici pour ne pas
îember dans de^ répétitions. Les rem©^
"4 Consultations choisies
des employés dansées traitements font
tirés des ancivénériens les plus efficaces
qu’on donne par la bouche 5 on y a mê'
me joint quelques ondions mercurielles ,
faites/au périnée & aux parties voifines.
Cette pratique ne s’accorde point avec
un traitement méthodique qui ait pré¬
cédé les iiijeétions , parce que dans ce
cas-là" il feroit très-ruperflu , ou pour •
mieux dire,très-défavantageux à la fan-
té du malade. De ces faits il eft aifé de
conclurre que Monfieur n eft point d’ac¬
cord avec la maniéré d’agir des Méde¬
cins loifqu’il dit que fa chaudepifTe à
été guerie dans les formes.
Pour, déveloper d’une maniéré fim-
ple & naturelle l’idée qu’on a de l’état
préfent de Monfieur, on croit pouvoir
avancer que le col délia veffie foufFre,
félon toute les apparences ^ la portion
du canal de l’urethre qui l’avoifine ; ainfi
l’on foupçonne un racourciftement dans
une portion du col de la veffie & dans
le commencement de l’urethre, & en
même tems une difpofition baveufe, ou'
dans une portion du col de la veffie ^ ou
plus avant dans lé corps de la veffie. La
précaution que prit le Chirurgien litho-
£®mifte de mettre au bouc d’une bougie
E Me © E C I N I. y
un cerat propre à confommer la carno-
iïté , & le dégagement du canal qui fui-
vic cette manoeuvre , donne auffi lieu de
foupçoEî«er que le commencement de
Turethreell: afFèdé de quelque végéta¬
tion , ou excroifTance, ou carnofîté.
Pour s’éclaircir de ces dernieres circonC-
cances ^ il convenoit de faire fonder le
malade , & on auroit découvert par cet
expédient s’il y a des obi|acles ou non ,
en de-làdu fphincler, ou’vers les profta-
tes, ou fi le fiege du défordre fè trouve
plus loin.
On demande la maniéré de traiter la
dyfurie , ou ardeur d’urine , fa fortie
lente & douloureuie , & fa difpofition
glaireufe j mais le Confeil avouera in-
genuement que la cure ne peut être re¬
gardée que comme difficile, & quelle
doit être éxécutée en deux tems.
Dans le premier on le propofera de
changer la tilTure du fang , en le divi-
fant avec beaucoup de ménagement ,
Sc en lui fourniiTant beaucoup de bau¬
me & d’onétuofité , pour travailler en-
fuite à détruire le levain vénérien que
l’on croit encore caché dans le fang par
rapport aux cures défedueufes qui ont
précédé , & qui font ^ en quelque ma-
A iij
^ CONS^LTATIOÎÎS CHOISIES
Aiîere des démoiiftracions de ce que î’oh
avance. Sans cette précaution , il fcroît*
lemeraire d’entreprendre le traitement
-des accidents locaux, c’eft-à-dire de la
carnofité dans l’urethre, ou du racour-
cilïement & dans ce canal & dans le col
-de la veffie.
Dans le fécond tems^ayant fait précé¬
der les remedes propofés pour mettre le
iang en bon état, on pourra travailler
à la cure de la carnollté feche , ou à cel¬
le de la- carnefîté & du racourcillèment
tout cnfemble. Pour cela on fe fervira
de differentes efpeccs de bougie , faites
-de cordes de boïaux , ou de toile cirée
roulée. On-procurera des fuppurations,
fi-on le juge néceffaire par des onguents
^>u emplâtres, que Pon portera fur les
.parties malades avec des bougies. On
aura foin d’employer les fondes de
plomb difïèremrnent graduées,pour élar¬
gir le canal dans, les endroits où il fera
îetreci. On ne négligera pas les injec»
' lions relâchantes & déterfives, que l’on
fora palier dans la veffie, fuivant le be-
' ibin, & enfin on fiiivra dans toutes ces
manœuvres les réglés que la bonne chi¬
rurgie de. une longue expérience dans le
traitement de ces fortes de maladies ont
bIe MiDÊcï^r'É;
fait rêMarqaer comme les plüs furfcs, ^
les plus avatiEagéufes. On croit au refte
pouvoir aiTurèt qu’on ue cônrioit quà
Paris^ ou Montpellier, ou il foit ppffible
de trouver des perfonnes capables de fè
charger Me ces fortes de cures. Ce fera
à Monfieur à prendre fon parti, fiiU
vaut fa confiance.
A Montpellier le 11. marsj 7 4 4,
Signé, Montagks.
C O N S U UT ATI O N IL
Sur uns ajfeÜion hypochondriaque.
L Es nouvaux accidents que Mon^
fîeur détaille dans fon dernier mé¬
moire peuvent fe réduire à des attaques
de douleurs plus ou moins vives , qui
tantôt ont commencé par le bras, tan¬
tôt par la jambe , pour s’étendre à là tê¬
te , dans l’eftoraac ,& âuttès parties ,
principalement du côté droit ; a des bat¬
tements d’artere qui fe font fëntir dans
toutes les parties du co'rps , principale¬
ment dans le côté gauche ; a dès frilïbns
qui fouvent deviennent les avant-ebu-
* Cette confultation eftiine faite de la deri
niâce du premier volume.
A ny
I Consultations choisies
rcui's d’une fievre qui dure quelques
jours ; à un ferrement qui afFede la tè-
te. Ces fymptomes font fuivis vers
les cinq heures du foir d’une cefTatioia ,
ou intermittence du pouls , d’un grand
trouble à la tête , de piqueures dans les
] ambes & ailleurs, de fentiments, tantôt
de froid, tantôt de chaud,dans les mêmes
parties j ou un peu plus tard il furvient
des êl^/ations dans le pouls , tantôt
avec frïïïbn , tantôt fans friiïbn. Des
douleurs dans le genre nerveux fe met¬
tent de la partie avec des fifflements
dans les oreilles, & des bruits imitant
celui du tambour , qui femblent avoir
Icur /îege dans la tête ; une maigreur ex¬
traordinaire fe foutient depuis Içng-
tem^ • mais les idées triftes , la conf-
ternation continuelle , la crainte d’une
mort prochaine , à l’arrivée du moindre
accident nouveau, ou celle d’une mala¬
die des plus incommodes & au delTus de
toutes les relîbarces humaines, & une
pppofition elTentielle à efperer quelque
chofe de flatteur pour l’avenir , fe fou-
'tiennent avec la même force depuis le
corumencement de la maladie ; ^com¬
me ce font les fymptomes les plus inter-
reffants ^ & furJefquels les remedesles
B ï M E D î C I N E. ^
plus appropriés ne fçauroient agir , ils
font auffi les feuls qui n’ayenc pas été
fujets à des variations , & qui feront
des obftacles aux effets favorables que
.foii devroit attendre de la Médecine.
Il eft trcs-inucile d’examiner les cau-
fes de cette foule de fymptômes pré-
fents & paffès J elles font toujours les
mêmes, & on ne peut révoquer en dou¬
te qu’ileft toujours queflion d’une fe-
chérefîè , d’un épaiffifement, & d’une
fauraure dans la mafTe.du fang ^ ôc d’mi
état fpafmodique dont tout le fyftcme
des folides fê reffent, mais qui a porté
d’une maniéré ptus marquée fur le gen¬
re nerveux & membraneux , & même
fur les filets blancs qui donnent origi¬
ne aux nerfs avant leur fortie de la tê-
te.
Les indications fe préfentent auflî les
mêmes ; on va pourtant uii peu varier
k maniéré de les remplir ; ou par quel¬
ques nouveaux remedes, ou par la pré¬
férence donnée à ceux que Monfieur
a le mieux rupporté.
Dès que la belle faifon fera arrivéïe-^
en commencera par purger Monfieur
avec la médecine qui lui a déjà été coil-
feillée ôc dont il a fait répreuve^
’ Âr
*0 CoîfSTJltÂTlONS CHOISIES
Immédiatement après Monfieur boi¬
ra pendant fîx matins un bouillon fair
avec un morceau de jarret de veau ^
deux fcrupules de racines d^énula cam-
pana concairée, deux écreviflès de ri¬
vière ctouâees dans l’eau chaude ôc
ccrafées dans un mortier,^ & une peti-
îé poignée en tout de feuilles de chico¬
rée amere & de fcolopendreo. On jette¬
ra dans le pot fur la fin de la co 4 ion ^
une pincée de fomraités feehes & fleu¬
ries d’hypericum».
Pendant les fix matins fuivants Mon-
£eur ulèra du bol ci-joînt, avalant par
deflus chaque dofe une ou deux rafles
dlnfufion de feuilles feehes de citronel-
le préparées à la maniéré du thé , avec
îa précaution_de repurger à la fin,.
B & L, ^
Prenez; quinquina en poudre un Êrrir-
puie ; poudre de guttete douze grains y,
faflran de mars apéritif préparé à la ro-
fée du: mois de maifix grains ; pilules de
cynoglofle deux grains ; faites un bol
pour une dbfe avec le fyrop capillaire..
On le. divifera en trois^ ou quatre pilu¬
les.. ■ '
è Ê ‘ M E g ÎÈ e I N' C- fr
Pendant les fix rnatîtïs fuivants , bii
reviendra aax mêmes bottillons, & toitÉ
de fuite au même bol & à la même in-
fufîon auffi pendant fix nouveaux ma¬
tins , réitérant la même médecine à la
fin.
Moniîcur boira enfuite pendant dou¬
ze matins un grand verrè , ou uirô
écuellée médiocre de petit lait, qu oiî
tirera du lait de chevre caillé avec là
prefure ordinaire , & quon feparera
pendaiît la liuic de fon frornage , en le
iaillànt égoutter à travers un lingei On
le clarifiera le matin avec le blanc d’oêiiî ,
Sc on y jettera pendant cette clârifîcai.
tian une pincée de fommités de petrté
centaurée, auxquelles on donnéra uné
ébullition de quelles minutes avec lé
blanc d’oeuf , y éteignant en mêmé
tems quelques morceaux dé fer rouiliéè
& rougis au féü. ‘
Suppofé que le petit lait paiîè bien, biî
le continuera encore pendant dix ou
douze matins , êc on pourra eiï dbiî-
ùer Une fécondé prifé vers les‘quâtfè ôiî
cinq heures du foif, avec la préêàiÉiôil
de repurger après le terme marque pôuf-
f ufage du petit lait, éc de dilïoüdré
dans chaque ptife un peu de fuerey
A
iz Consultations CHOISIES
Les chaleurs étant arrivées , ou, t*
faifou permettant de recourir au demi-
bain domeftique y Monfieur le prendra
le matin pendant cinq jours de fuite ^
avalant à la forcie un bouillon de pou¬
let altéré avec les feuilles de chicorée
âmere , ou de creiTon de fontaine. S’é-
tant repofé quatre ou cinq jours,.il re¬
viendra au même demi-bain & au mê~
me bouillon de. poulet, finiffànt par la
médecine ordinaire.
Après une intervalle de dix ou douze
|ours Cl Monfieur a bien fupporté le
demi-bain , il elTayera le bain entier
&.le prendra pendant fix matins , bu¬
vant à la fortieune écuellée de petit lait
préparé comme il a été dit o-defiiis „
êc s’étant repofé quatre on cinq jours ,,
& les bains réuififiant d’ailleurs , il
les réitérera encore pendant fix autres;
matins avec la prife. de petit lait à la
fortie^
On èxaminera après ces douze baiiîs
cqmraent le malade s’en eft-trouvé 5, &
s’iravoit lieu d’être content de leur ufa-
ge après, une fufpenfîon de. neuf on
dix jours J. il rcviendroit denouvcan m.
bain , ou au demi-bain', pendant deux
leprifes. de fix jours chacune avec les
DE M e d e c I n 1, îf
circonftances déjà marquées ^ & on em*
ployeroit le purgatif a la fia.
Pendant le tem's des bains, fi Mon*"
lîeur avoit quelque frillon , on lui don -
neroic le foir à l’heure de fon coucher ,
de jour à autre , uir petit bol fait avec
dix-huit grains de quinquina Ôc douze
grains de poudre de guttete qu’on in-
corporeroic avec tant foit peu de fyrop
de capillaire.
Suppofé que Monheur pallè de mau-
vaifès nuks , il eft abfolurnent néceflaire
qu’il prenne le loir à l’heure de fon
coucher les pilules de cynogloflè ,
eorrimençant par quatre grains, & en
augmentant la quantité par grain, juf*'
qu’à être parvenu au nombre de huit.
On pourroit fubftimer aux pilules de
cynogloflè , la teinture anodyne de Sy¬
denham ^ commençant par huit ou dix
gouttes , que l’on mêleroît avec une
cuillerée d'eau ou de vin. On augmen-
teroitdans la fuite la quantité des gout¬
tes , de deux en deux , ou de trois en
trois, juiqu’au nombre de-vingt, vingt-
cinq , ou même trente, fi le malade s’en
trouvoit bien.
En cas que pendant le cours des re¬
cèdes il fur vînt des palpitations, de
ï4 Consultations choïsiïs
cceur , & des foiblefTes ou intermittent-
CCS de pouls confidérables, on fe fervi-
roit durant les attaques de la potion
fuivante.
J V L E P,
Prenez eau de mclilTe fimple trois on¬
ces ; eau de fleurs d’oranges une once j
d'iiîolvez-y poudre de guttete & fuccin
préparé,de chacun quinze grains; tein¬
ture de caftorcam vingt gouttes ; fyrop
d’œillet ou d’écorce de citron fit drach¬
mes ; fartes-un julep qui fera pris par
cuillerées.
On ne croit'pas devcît confeîller des
remedespour l’automne , fans avoir été
informé des effets qu’auront produits
ceux que l’on vient de prefcrire ; ainfl
dans ce cas-là on en donneroit avis &
on envoyeroit tout eafemble un précij
de ces remedes.
On paflè fous fllence le régime de
viVre, parce qu’il en a déjà été aifez par¬
lé dans les autres confultations,. On ne
lèauroit fe. laflèr d’exhorter Mônficur à
s’aguerrir fur fes accidents , & même
à les méprifer ^ s’il efl poflible ; ou pour
le moins à. ne pas fe laîfler abbattre d’ir-
'Mû maniéré fi forte à rnèfurê ^u’il fur-
BeMed-îCIIîî. ïf
'^ent de nouvelles attaques ^ ou qu’il fe
mêle quelque accident nouveau. La
diffipation & l esercicc conviemienÊ éga^
iement.
A Montpellier le 16, mars i 7 4 4^
Sigm jMontagne,
CONSULTATION l I U
Sitr me fievre maligne ,
L a maladie pour laqueRd on demaii-^
de confeil ^ femble avoir déjà fair
des progrès très-cenfîderables j & lî
l’on fait attention à la fievre continue
accompagnée de redoublemens , à l’é-
ryfipele qui a porté fur tout le viiâge ^
au gonfismeiit des amygdales qui s’eft
mis de la partieà l’affe.i£rement de la
tête du malade , & enfin à fon étacd’af*
foup^Ülèment qui neft pas équivoque 3.
puifque les paupières relient fermées ^
l’on verra qui! eft ici queftion d’une fie¬
vre putride , mais qui porte avec elle
quelque chofe de fourd , ou un fond de
malignité particulière. Les pullules qui
fe font formées à la face^, & qui ont pa—
iS Consultations cuorsifs
ru charbonneufes , ceHe qui eft placés
fur la langue , & qui devient noire pen¬
dant le redoublement ,, & enfin le hoc-
quet que Ton remarque auffi dans le
furc du redoublement, confirment ce
que Ton vient d'avancer , & rendent le
prognoftic que l’nn peut porter très-
defavantageuxjpour ne pas dire funefte,.
On ne fçaurait difcoiivenir que les ac¬
cidents que l'on vient de détailler n’^ayent
été produits par on fang extrêmement
feCj englué, & acrimonieux , & que cet¬
te diipoficîon des liqueurs ne Toit aélueî-
iemenc entretenue par une pourriture
très éxaltée , & que les premières voies
founiiflènt continuellement à la maflè
du fang.
L’état d’aiToupilîéraent donne Heu de
foupçonner un engergement des li¬
queurs dans la tête , >=/ le hocquet doit
faire ei'a,i.adre une difpofition inflam¬
matoire dans, rorifice luperieur de l’ef-
tornicdont les progrès relient fort in¬
certains. , ;
Les vues que Ton doit avoir pour ti¬
rer tout le parti poffible de l'état pré-
f, nt de Monfieur, fe réduifent à préve-
nir les inondations',, ou les dépôts,dans,
îes, priiivspaux, vifeeres, 5, nuis. fur-Louç.
. » E M E D £ C I N E. 17
(^ans la tête , dont les parties fuperieu-
res font attaquées d’éryfipele • à délayer
& addoucir la maffe du fang trop fou-
CTueafe -, à évacuer la pourriture qui par
Ion mélange avec, le fang en entretient
le défordre , & enfin à calmer , ou à
faire tomber les redoublements. Lorf-
qu’on aura fufSfamment vuidé la pour¬
riture furabondante , ,on fe flatte que
ces indications pourront être remplies
par les remedes fuivants.
Les fecours les plus propres pour
prévenir ’ les engorgernents du fang
dans les parties les plus néceflaires à la
vie , font les faignées auxquelles on a
déjà eu recours , mais dont on ne fixe
, poinç le nornbre , ni les efpeces parti¬
culières , par rapport aux pieds ou aux
bras. Il n’eft donc permis de propo-
fcr un plus grand nombre de faignées,
que d'une maniéré conditionelle , ni de
donner la préférence à celle .du pied ou
à celle du bras , ne connoiflànt point
jufqu’od on les a portées , ni leurs,
effets particuliers ; ce fera à Monfîeur
le Médecin ordinaire à décider fur une
matière qui nous efl inconnue , Sc à Ce
regler fur 1 état des forces & fur les
circouftances qui accompagnent la
ladie.
vi’g CoNS^Ti;TÂtI'Oî« CHOîilES
Il eft dit dans le mémoire qu’on a dé¬
jà fait un grand ufage des adoucifTants ;
•ainfi on eft d’avis qu’on le continue , &
qu’on fè fervc de la ptifane de poulet, ô
. onpeut facilement avoir de quoi la faire
eu bien des ptifancs émulfionnées, ou ■
des ptifanes de ris, oud’avenat. Oa eft
aufli d’avis que l’on donne pour nour™
.riture au malade des crèmes de ris ou -
d’avenat à l’eau , alternativement avec >
des bouillons qui ne foient pas forts ,
•-& qui feront fots avec le poulet & la'
jeune volaille.
Suivant ce qu’on avance dans la rela¬
tion , le malade n’a pas encore été pur-
-gé , ainft on ne doit pas perdre-un mo¬
ment pour en venir à la purgation, s’il
n’y a rien qui s’y oppofe, & l’on choi-
fira l’intervalle de deux redoublements'
pour donner la médecine. On lacom-
.pofera fuivaiit cette formule.
TV RG AT 10 N.
Prenez une once de pulpe de tama-
-Æins *, rhubarbe concaftee une drachme j
-fleurs de pêcher & de violettes de cha-
•cunes deux pincées -, faites bouillir dans
;Une fiiflifante quantité d’eau de fonrai-
D 1 M i 1 -K t. Î9
jïi ; mettez infufer à froid dans une li- '
vre de colacure deux drachmes , ou
deux drachmes & demi, de fenné mon¬
dé ; diflolvez dans ia liqueur coulée une
fécondé fois, deux onces de manrie de
Calabre -, faites une potion pour deux
dofeSjqui feront prîtes le matin à quatre
heures de diftance l’une de l’autre.
On aura foin de faire prendre un
bouillon dans l’intervalle des deux ver¬
res de Jâ purgation , c’eft-à-dire deux
heures après le premier & deux heures
avant le 'fécond.
Suppofé que le malade eût des foi-
bleffes, ou le pouls abbatu, on fè fer-
vîroÎE de tems en teitis entre les bouiU
Ions de la potion fuivante donnée par
cuillerées.
J V L E F.
Prenez eaux de chardon-benît & de
'bardane de chacune deux onces ; difTol-
vez-y confedîon alkermes 5 c d’hya¬
cinthe , de chacune un gros ; fyrop d’œil-
îets une once ; faites un julep qui fer®
pris par cuillerées.
Comme il eft abfoîument nécefïat-
re de procurer une évacuation abondaus
io Consultations choisies
te , s’il eft permis de la faire ayant
egard à l’état des forces , on ajoutera
deux ou trois grains de tartre ftibié au
premier verre delà médecine ci-delfusj
on eu ajouteroit même quatre,, fi îê ma¬
lade étoit aUbupi ; mais s’il ne fe trou¬
ve pas dans cette fituation , on fe con¬
tentera de deux ou trois , &, fuivailt
l’effet qu’ils produiront, on en ajoute-
roit un ou deux au fécond verre , ou
bien on s en difpenferoit fi les premiers
avoient agi fiiffifamiUent.
. Les lavements émollients 5 e' rafrai-
chiffants doivent avoir, leur place. Si on
le jugeoit nécefiàire , on rendroit ces
lavements purgatifs, en faifant bouillir
dans la décoftion la pulpe tirée d’un
quarteron de cafTe en bâtons, ou bien en
dûTolvant dans la décodion coulée une
once de catholicum;
Pendant les redoublements, fi la nc-
ceflité l’éxigeoit, on auroit recoprs à la
faignée , qu’on feroic plus ou moins
grande fuivant les indications.
Si le malade paflbit de Tetat d’aflbu-
pifTement à celui de l’infomnie , on don-
neroit le foir une émulfion ordinaire
avec demi-once , ou fix drachmes^de fy-
. rop de pavot blanc.
D E M E D I C I N E. Il
Le trakePxienc des maladies de cette
efpece fe réduit ordinairement à purger
de deux en] deux,ou trois en trois jours,.
avec des remedes en deux verres, &
fuivant la formule donnée ci-delTus.On -
a foin d’aiguifér le premier verre par
l’addition de quelques grains de tartre
ftibié ; ou bien l'on s’en difpenfe , fui-
vant l’abondance des évacuations,
. On a confeillé de mettre du fenné
dans la Kiédecine ci-delTus, parce que
l’on ne parle d’aucune .tendon doulou-
reufe dans le bas ventre -, mais d cette
dtuatîon avoir changé ,. on retranche-
roit le fenné , ou bien on en diminue-
roit lar quantité , ajoutant aux médeci¬
nes la pulpe de calfe,qu’on ferait bouil¬
lir avec les tamarins & là rhubarbe,
Suppofé que le hocquet fut vioJent, 5 c
qu’il parût même hors du redoublement,
on éviteroit d’aiguifer la médecine par
le tartre ftibié.
Le train de la maladie le permettant,
on obferveroic’ de purger de deux eil
deux, ou de trois en trois, jours avec la
même médecine toute dmple & fans
tartre ftibié , auffi fouvent qu’on le ju-
geroît néceffaire, n’étant pas permis de
fixer le nombre des purgatifs j on coii-
l ^ Consultations choisies
dnueroit l’ufage des mêmes ptifanes ic
la meme nourriture 5 on placeroic à
propos les lavements, ou la potion pref-
crite ci-deflus, ou enfin Témulfion avee
le calmant, luivant les variàtions des-'
accidents,
Suppofé que le redoublement réfiftât
à-l’a<âion des purgatifs fouvent réitérés,
©n donneroit dans le tems du calme ,
dans les intervalles des redoublements
line décodion de quinquina.
Il n’eft pas permis de propofer une
plus longue fuite de remedes, parce que
les événements de la maladie peuvent
changer tous les projets , ôc dans le
fond on ne fçauroit avancer rien dans
îetat où le malade fe trouve que d’une-
maniéré condîtionelle. On laide à la-
prudence de Monfieur le Médecin ordf-
ïîaire les difièrentes modifications qu’il
pourra convenir d’employer dans la
difpenfatîon des remedes.
A Montpellier le î 8. mars 17 ^
S^né , M O K-T A G N I.
DE M e D E C I K E.
îf
CONSULTATION IV.
Siir la maladie épidémique
d’Aiguemortes.
Tievre maligne èpâemique .
■^T Ous fouffigaés Gonfeillers’ Mcde-
dns dù Roi, PtcfeïTe.urs en l’U-
niverfité de Médecine de Montpellier
nous étant tranfportés le jour d’hier ^9.
de.ee mois à la ville d’Aiguemortes, &
ayant viiité tous les malades le foir de:
notre arrivée,& tout aujourd’hui, avons,
trouvé ce qui fuit, fur environ.vingt-
cinq malades que nous avons examinés.
Cette'maladie commence d’ahord par-
un grand froid , des maux d’eftomac,
fouvent des vomilTements ou des envies
de vomir, & un grand abbattement- de
forces : enfuite fuccedent une »;fievre>
avec un peu de chaleur, un pouls, fai¬
ble , petit, inégal, & peu fréquent, qui
eft fuivi d’une douleur de côté ordinai-.
nement vers le bas des côtes , que nous
avons jugéetre en même tenus intérieure
& extérieure. Alors il furyient de tema
en tems.une toux^fans.crachat pour i’or-
14 Consultations choisifs
binaire , quoique pourtant quelques
înalades ayent craché dù fang ^ ainfi
qu on nous la rapporté. Parmi les ma«i
lades quelques-uns fe plaignent de la
tête, & la plupart l’ont libre. Le bas
ventre eft pour l’ordinaire élevé, & ten¬
du , & même douloureux. Les malades
ont prefque tous la langue chargée , &
pluiîeurs feche & brune fans être alte- •
rie ; il n’y a d’ailleurs aucun change- '
ment conliderable dans les urines. Les
déjedions font bilieufes & piquantes
& l’on nous a rapporté que quelques
malades avoient fait beaucoup devers
par haut & par bas. 1
Nous n’avons obfervé des éruptions
que dans trois nialades j fçavoir dans
deux des parotides ,& dans un feul du
pourpre rouge ; outre cela nous avons ,
védeux malades qui ont foulFert des
hemorrhagies^onfi'dcrablesj’un par les
Barines, & l’autre par le fondement.
Pour mieux découvrir la nature de ce
mal, nous avons fait ouvrir en notre
préfence les cadavres de deux hommes,
©ù nous avons obfervé ce qui fuit.
Le poulmon s eft trouvé fort adhérent
des dfux côtés , tant à la plèvre qu’au
diaphragme , extérieurement livide en
plufieurs
!>^eMedecine, l~f
plufieurs endroits , enduit d’une ma¬
tière lymphatique d’un jaune verd ,
fort vHqueufe ; toute la lubftance du
pGulmon étoit engorgée d’un fang noi-
tâtreî,’& d’une lymphe épailîè de même
couleur à peu près, & de même con-
fiftance que celle qui enduifoit la fur-
face de ce vilcere. La plèvre étoit pàrfe-
mée de plufieurs points gangreneux,&en
phlogofe prefque da ns toute fonétendue.
Enfin nous avons trouvé dans laeavké
^e la poitrine de ces deux fujets une
médiocre quantité d’eau d’un jaune
verdâtre , & dans l’un des, deux de
cette même eau dans la cavité du pé¬
ricarde plus qu on y en trouve ordi¬
nairement.
Ayant enfuite pâlie au has-ventre
nous n’y avons trouvé rien de particu¬
lier , excepté que dans l’un des deux
cadavres la bile étoit verdâtre.
De ce qui vient d’être obfervé nous
avons conclu que cette maladie eft
une fievre maligne épidémique qui por¬
te principalement à la poitrine ; & ce
qui confirme cecaradere de malignité
c’eft que la plupart des malades font
bien-toc faifis, qu’ils perilTent en nom¬
bre , 8c qu’ils font enlevés brulquemeut
Tome IL B
2(j . CONSÜITATIONS ÇHOTSIES
k quatrième OU le cinquième jour de V
leur maladie , quoique peu de tems i
avant leur mort ils parufïent ne pas de¬
voir périr fi promptement.
Ayant procédé à Texamen des caufes
qui ont pû donner naifiance à cette ma- •
iadie populaire , nous en trouvons trois . '
qu’on doit regarder comme générales, '
1°. Les accès de fievre opiniâtre qui /î
avoient régné l’été & l’automne der¬
niers. x°. Les mauvais aliments dont
les pauvres gens ont ufécet hiver , & ;
fur-tout ce carême,s’étant nourris de har
ricots , de mauvaifes châtaignes, de ;
merluche gâtée , de poifion Talé appelle ' ]
vulgairement harençades , de figues fe-
ches , &c. 5 ^. L’intemperie de l’air qui
a été fort froid çet hiver & pendant
long tems,
A ces caufes générales l’on doit ajou¬
ter les caufes fuivantes, qu’on peut re-. /
garder comme particulières aux habi¬
tants d’Aiguemortes. Sçavoir Les.
raauvailès eaux, & le mauvais air du
pars. 1 °. L’imprudence où font tombés.,
ja plupart de ceux qui ont fuivi les exer¬
cices de la^ miffion , qui, fortant des
Egliffes où il faifoitfprt chaud , s’expo-
pofifient fans gar^r aucune précaptipiv
à i-’air froid, '
© E M S » E C I K 1. if
Uon doit ol>lerver que ce qui a rcii-
4 u eacGçe cette maladie plus meuttriere ,
c’eft que la plûpatt des pauvres qui ont
été attaqués, n<>a-feiilemeiat iront point
appelle du fecours dans le commence¬
ment , mais meme ont fait quantité
de remedes très - dangereux , les uns
ayant pris l’huile avec le duc de rhue j
d*autres du Yinalg^te, de Teau falée , des
foupes fort chargées cfail , &c , Sé
n’aïant voulu ni fe faire f^ùgner ni té
purger.
De ce que nous venons de dire, il eft
évident que jufqu’à préfent cette mala¬
die a été funefte au plus grand nombre
de ceux qui en ont été atteints, & qu’il
eft à craindre qu’elle ne fe foutienne en¬
core quelque tems fi le froid perfiftè,
3 c fi l’on ne remedie à la nature des
aliments & à la mauvaife conduite des
malades, ce qui interefie le public.
Pour prévenir les fuites fâcheufes de
cette maladie, nous eftimons i®, qu’il
faut procurer aux pauvres de bons ali¬
ments , & aux malades de bons bouil¬
lons,
1°. Qu’il faut avoir attention de leur
fournir les fecours dont ils ont betbiii
dès l’entrée de la maladie, les empêchant’
Bij
iS Consultations choisihs
d’emploïer les remedes populaires ^
pour cet effet obliger les parents des
malades j & à leur défaut les proches
voifîns,d’avertir Meffieursde la police,
dès qu’ils fçauront que quelqu’un vient
de tomber malade , afin qu’on leur en¬
voie au plûtôt des Médecins , ou au¬
tres perfoiines de l’art, comme Chirur¬
giens ou Apoticaires.
3 A l’égard du traitement nous ne
içaurions donner qu’un plan général
pour fervir de guide dans les cas par¬
ticuliers.
On mettra d’abord les malades au
bouillon, qu’on leur donnera de qua¬
tre en quatre heures pendant tout le
‘cours de la maladie , & pour boifTon
■«Drdinaire de la ptifane de capillaire dé¬
gourdie , qu’on leur fera prendre abon¬
damment.
On faignera les malades dans le com¬
mencement 5 fur tout lorfque le pouls le
permetcra,qu’ils fe plaindront de la dou-
■ leur du côté"; qu’ils auront difficulté de
refpirer , mal de tête, ou quelqu’autre
fymptôme qui demande la faignèe. On
ne tirera chaque fois que cinq ou fix
onces de fang ; il eft . mieux d’y revenir
que de faire de grandes, faignées, pour
B E M £ D E C I N E.' ^ 19
éviter l’abbatement dü pouls qui arri¬
ve facilement aux malades -, cependant
on ménagera le nombre des faignees
& on s’en abftiendra , lof Ique le pouls
ièrafoible ou mauvais. *
Le remede le plus elîèntiet eft le
purgatif; il faut donc s’eii fervirle plu¬
tôt qu’il ferapoffible , & faüs perdre de
tems. On donnera la préférénce à lâ
manne, & à la calïè, dans quelque înfu-
fioii adoucilTante & laxative , comme
de fleurs de mauve , de violette , de
pêcher j on joindra toujours à ces pur¬
gatifs de la poudre' aux vers , & , dans
le cas ou le bas-ventre fera douleureux,
de l’huile d’amandes douces. On don¬
nera ces purgatifs en lavage en deux
verres & quelquefois entrois. On.pour-
ra ajouter dans certains cas , comme par
exemple , iorfque le bas-ventre ne fe¬
ra pas douloureux , un grain de tartre
ftibié foluble à chaque verre, dans la vtie
d’aiguifer le purgatif On pourra aufli
employer quelquefois le fenné , mais
en petitê dofe, c eft-à-dire environ deux
drachmes ou deux ^drachmes & demie ,
obfervant d’ajouter à cette infufion de
fenné demi-poignée de fleurs de mau¬
ve ou de violette, & faifint dilToudre
B iij
JO CoHSULTATIONS CHOISIES
deux onces de manne dans le premier
verre & une once & demie dans k fe^
cond.
On purgera de deux jours l'un, au¬
tant qu'il .kra poffible ; & même lorf-
que les forces le permettront, & que la
pourriture parokra abohdante , on
pourra foutenir l’évacuation du joui
précédent, en faifant prendre les jours
d’intervalle une legere ptikne de fenné
êc de poudre à vers^
On ne négligera pas les iavements ,
que l’on donnera tous les jours, même
de la. purgation , lorfque l’évacuation
n’aura pas paru fufSfante , & les jours
d’intervalle. Ces lavements feront faits
tantôt iimplement avec Tèau & l’iiuile,,
tantôt avec une décoétion de graine d;e
tn & de fleurs de mauve , 3 c deux ou
trois onces d’huiles d’amandes douces ,,
tantôt avec la décodion de cinq ou Cm
onces de bâton de caffe concaflee,
une poignée de mauve.
On donnera de tems en tems de pe¬
tites potions cordiales, où Ton ajoutera
de la coraline en poudre , & où l’on
a emploiera pas le mercure doux.^
A l’égard des narcotiques , on en
afera febrement & en psîite dofe
» E MEDECINE. 31
{*euîefflent dans le cas pu le pouls fe
fôütîendïà ,Sc lorfque les malades fouf-
friront des douleurs vives.
Comrne lexpedoratibn éft difficile
on donnera dé terns en tems du felana
de baleine à là dofe d’'une deini-drach-
me, ou d’une drachme y dans que^ües
cnillèreés de bouillon chaud. Enfin l’on
pourra ajouter quélqüefôis aux potions
cordiales, vingt ou trente grains d’anti¬
moine diaphorêtiqüe , ou uiie derïiw
drachme de thériaque vieille.
Délibéré à Aiguemortés le 30. mars
2744. Sigfié , Hagdenot, Fixés,
CONSULTATION V.
Sur un rhume de fmfrine.
L e rhume de poitrine hc la toüX plus
ou moins fa'tîguàiïtè dont Mon-
fiéur a été attaqué cet hitêr , & dône
il lui rèfte encore des împreffions, ôè
ceux qu^'il à efïüyés depuis quelques àil-
fiées , pareillement chaque hiver , Ont
été produits par la cottftitütion vicieüfe
de la lymphe bronchiale,devenue grbC,
Biiij
yi Consultations choisies
uere, acrimonieufe, & propre à s’arrêter
dans Tes couloirs , à les engager , & à
occanonner une diftribution gênée du
fang dans les capillaires voifins des glan¬
des gonflées, & obftruées, & par ce
moïen une légère dirpofition phlogtf-
tique , & une fenfibilité , à laquelle on,
doit rapporter les fecoulTes de la toux.
Comme les évacuations de la peau à
la faveur de la tranfpiration, & celles
des poulmons, font extrêmement dinii-
nuées pendant Thiver, les matières qui
dévoient s’échapper, par ces organes fe-
cretoires ^ font retenues dans le fang
qui a déjà pris une plus, grande confîften?
ce, en augmentant le volume, & le ren¬
dant plus falin & acrimonieux. Ges
changements doivent fe communiquer
à toutes les liqueurs qui compofent la
maflè du fang , & cela eft arrivé d’une
maniéré plus marquée chez Monfleur
dans la lymphe bronchiale, chaque hk
ver depuis fix années,.
Pour en être coavaincu, on remar¬
quera que les rhumes de poitrine ont
.pris la place d’un rhumatikne fâcheux
dont Monfîeur fat faifl par l’adion d’un
froid auquel il fut expofé. Il eft donc
aaturel de penfer que les matières qui
B E MEDECINE. 3 J
Teftent dans le fang chaque hiver par
le défaut de la cranfpiratioti, ont trou..'
vé plus de difpofition à former un al¬
liage avec la lymphe bronchiale qu'a¬
vec la lymphe mufculaîre , qui dans le
commencement avoit été dérangée par
préférence.
Les vues que l’on a eues dans le
traitement du rhume de Monheur, ont
été de diminuer le volume du làng , &
de prévenir de plus grands engprgei
ments dans lés tuïaux capillaires 'des
poulmons, de calmer les irritations
les fecouflTes de la toux , de rectifier les
digeftions, & enfin de divifer avec
beaucoup de ménagement la maflè dii
fang,_& d’en corriger l’acrimoniedomid
liante. Voici les remedes qu’on a d’a¬
bord eraploïés pour remplir les pre-i
mieres indications, auxquels on joindra
ceux qui font propres à remplacer ceux
qui font reliés en arriéré à caeife du dé¬
part du nialade. -
' On a d’abord fait faigner deux fois
Monfîeur du bras, &' on lui-' à 'fait
prendre chaque'Ibir un.julép avécVqtiâ^
tre bu cinq cuillerées d’eau de lys-, &
fix drachmes de fyrop de pavot blanc.
Il a ufé pour fa boi^n d’une ptifahé
^4 CoNSUXTATtONS CtlOISIES:
taire avec les feuilles feches de capillaîk
le les fleurs de violettes infufées à
la maniéré du thé. Apres les précau-
«îons ,, oii Ta purgé fiiivant cette for¬
mule»
TURGATtONo.
Prenez moelle de cafle récemment
extraite non mondée de fes noiaux
deux onces j pulpe de tarharins fix
drachmes -, rhubarbe eoncaflée une
drachme j fleurs de violettes deux pim
céesj; faites bouillir dans l"eau de fon¬
taine ; diflolvez dans huit onces de co*
lature deux onces de manne de €ala-
i>re J: faites- une potion qui fera prife le-
înatin.,
Monfîeur a bu enfuite pendant dîk
^tlns un bouillon aînfl compofé.,
ÏÏ O V I L L oisr..
Prenez deux. éerevilTés dé rivière?
étouffées dans l’eau ehaude y. Si pilées
dans un mortier de marbre; feuilles de:
bourrache & de chicorée Jàuvagè de:
chacunes une dèmipoigiiée ; feuilles de
lierre ter relire feches une pincée ; feites
un bouillon avec, un, moreau de collefe
de mouton».
ni MEDECINE.
On le repurgera avec ta même mé¬
decine y ou ici , ou dans l’endroit où il
dpit le rendre. Immédiatement après
Monfîeur prendra pendant douze matins
sette opiate-.
O F I A T E,
Prenez conièrve de buglofe trois
drachmes 5 aiitiheâtique de Poterius, &■
blanc de baleine, de chacun deux drach¬
mes ; conferVe d’aunée & benjoin en
larmes, de chacun une drachme & de¬
mie ; extrait de rhubarbe une drachme ;
faites avec le fyrop de capillaire une
opiate, qui fera divifée en. douze prifes
égales..
Monfîeur boira chaque matin par
deflùs ta prife de cette opiate une écuèl-
iée de petit lait qu’on tirera du lait de
êhevre ou de vache , caillé le foir avec
la prefure ordinaire ^ & qu’on féparera
de fon fromage en le laifîant égoutter
pendant la nuit à travers un linge, le
clarifiant le matin avec le blanc d’ceuf..
On difîoudra dans le petit lait coulé un
peu de fucre roïal ^ & on aura recours
au même purgatif à la fin..
Suppofé <^ue Monfieut relie traiiquiL-
3 <3 Consultations choisies
ie dans fon quartier apres ces remeder ;;
il prendra pendant dix - huit ou vingt
matins une écuellée de lait de ehevre ou [
de vache ainlî prépare. • '
Prenez douze onces de run ou Tau- ■
tre de ces laits, & douze onces d’infulîon i
de feuilles feches de eapill^ke préparée |
à la maniéré du thé, que vous jetterez ■
dans un vaiflfeau propre pour expofer
le mélange à un feu très-doux ; on écrê- 1
mera à mefure que la pellicule fera for- j
mée , continuant de même jufqu’à la
diminution du quart. On dilToudra dans
la préparation du lait coulé un peu dé y.
bon fucre , & on finira par la même ;
médecine. : * i
Uautomne prochain, pour prévenir ~ j
le rhume quia accoutumé de venir dans
l’hiver, Monfieur reprendra les mêmes
bouillons , la même opiate âvec îe petit
lait par defiùs , & enfin te même lait '
coupé , avec les, précautions confeillées
ci-defiiis.
La fituation où Monfieur fe trouve
nç. permet pas qu’on le charge d’un
grand nombre de remedes. j mais, il elt
abfolument néceflaire qu’il 'obferve un
bon régime de vivre, & qu’il fe nour-
rifie avec des. potages à la viande j dn
DE MEDECINE* 57
bouilli Sc du rôti-, s’abftenant des ra¬
goûts , des falades , des fruits cruds ,
& de tous les aliments grolïie'rs, îndi-
geftes, pu échauffants. Monfîeur boira
très-peu de vin & extrêmement trem¬
pé ; & , s’ileft accoutumé à prendre dû
caée ou du chocolat, il doit en aban¬
donner l’ufage , & boire à leur place le
matin une infuhon de capillaire, ou une
infufion de thé avec les fleurs de tuffi-
lage., -
A Montpellier le lo. mars 1744»
êigm ,Montagne.
CONSULTATION VL -
Snr une fièvre quotidienne,
L Es accès de fièvre intermittente de
diffèrentes efpeces dont Monfieur a
été fatigué depuis très - long-tems, 8 c
qui fubfîftent encore fous la forme de
quotidienne,doivent naturellement être
attribués au caraéfere épais & vifqueux^
de la lymphe digeflîve, quî;,if aîant tra-
yaillé qu’imparfaitemeiit les aliments
CoNSTILTATrONy CHOrStîff ' I
expofës à (bn abtion , a communiqué fés i
mêmes qualités vieieulès au chyle, &r '
È ar une luice nécelTaire à. toute la maf-
: du £àng avec laquelle il s’en: mê¬
lé journellement.
L’état de la ly mphe digeftive, & de
toute la malTé des li qu eur s ,que l’on vienc
Rétablîteft démontré par les obftruc-
tions que Ion diftingue dans le lobe ^
antérieur du foie „ par îa renîtence & la
douleur fixe du côté droit à la hauteur
des cartilages des fauffès côtespar les ■
. Tents & par les envies de vomir aux? :
quels le malade efo fujet..
Les fatigues de îa guerreles blelEi* ‘
les confidérables ^que Monfieur a rç- i
fucs , îè féjiour dans un pars extrême- i
ment marécageux:, le mauvais airreair J
& les autres aliments chargés dé fübf- i
tances grolîîeres & falînes dont îîa fait |
tifagc, ont agi de concert pour dé- :
langer les digeftions’ Sc troubler Tcecou ;
Komie des differentes dépur^ions fi néi
ceflaircs à. l’entretien; dé la fanté j &
comme leur impreflibn à été permanen- ;
te, 5c qu’elle' a duré loag-tems:,, les i
changem-cnts qut font forvenus onr été |
difficiles à corriger ^ 8 c ont réfiffé àan€? i
grande qua-vâté de Eienedes. dont ou ^ '
ufage;.
DE Médecin;F.-
Fout délivrer Monfieur des accès 3c.
^es autres accideiics; qui fout le lùjet:
de cette Confultatioh , ou doit fe pro^
pofèr dé reétifier lés digeftions , de dî--
vifèr la malle du fang fans y mettre fe
feu, de earriger les embarras qui fe
trouvent dans le £bie ^ & de lui redon¬
ner , aulîî-bîen qu’aux autres couloirs.,
la liberté dé fes fonélions^ On efpere
que ees indications lèront remplies pac
fe moïen dés reœedes Vivants..
Monfieur ,,étant arrivé chez lui yCom-»
mencera par s’y- repofer pendant neuf
©u dix feurs, après léfquels on lui ti¬
rera deux palectes de fang du bras j,.fe
purgeant le lendemain, avec cette mé¬
decine.
FVRGATtON^
Prenez rbubarbe èoncalTée une drach¬
me 5 . fleurs de pêcher deux pincées j;fai*-
tes bouillir dans l’eau de fontaine -, in^
fulèz dans huit onces dé eolature follfe
eules de fenné une drachme & demie ^
& diflblvez dans la liqueur paflee une
feconde fois fyrop dé i ofes folutif une
©nce ; tartre ftibié trois grains ; faites.
^ potioii qui fera prtfe fe matiii^
4-0 . Consultations choisies
Snppofé que dans la fuite Monfieüc
ne -pût pas garder les médecines en H-, j
queur , on le purgeroic avec ce bol, i
lui faifant boire par detlus plufîeuts caf-
fes d’une légère décodion de fleurs de ;
pêcher.
BOL.
Prenez rhubarbe en poudre une de-
mi-drachme',poudre de Cornachini quin*-:
ze grains -, faites un bol avec le fyrop de
chicorée compofé,
. Immédiatement aprèsMonheur pren- ;
dra pendant neuf ou dix matins vers '
les iix heures un bouillon fait avec un ;
morceau de collet de mouton , une |
drachme de racine d’énula campanà" i
concaifée , 5c une poignée en tout des [
feuilles de creflbn de fontaine &. de
chicorée amere. On jettera dans le pot I
fur la fin de la codion dix ou douze |
cloportes lavés & étouffés dans le viri i
blanc 5 on diflbudra dans deux ou trois i
- cuillerées du bouillon coulé dix-huit ou
vingt grains de tartre kalibépu martial
foluble, 5c on réitérera la potion purgai
tive à la fin fans vomitif, fi Moiifieuf ,
peut la garder,, ou à fon défaut le bol
BE M ï Æ) E C I N E. .45
confeillé ci-deiTus avec la décodioii de
fleurs de pêcher.
Pendant tout le tems de l’ufage de
cés bouillons, Monsieur boira ve^rs les
dix ou onze heures du matin, & les
quatre heures après midi ^ un verre d’u¬
ne décoftion faite avec une drachme &
demie de quinquina, & une petite poi¬
gnée de feuilles de chicorée amere, dans
une quantité fuflSlante d’eau de fontaine
pour qu’il en relie deux verres, dont on
fera prendre la colature aux heures
marquées.
Après ces remedes, s’il relie des ref-
fentiments d’accès , MonlicuE aura re¬
cours à l’opiate fuivante , qu’il prendra
pendant dix matins, lailTant un jour
d’intervalle de tems en tems , d’une
prife à l’autre, s’il fe trouvoit échauffé,
& âiant foin de fe repurger à la fin.^
OPÎATE,-
Prenez poudre de quinquina, & çon-
ferves de petite abfynthe & de kynor-
rhodon, de chacun trois drachmes j faf.
fran de mars apéritif préparé à la rofée
du mois de mai une drachme & demie 5
cloportes préparés, & extrait de rhu-*
4 î CoNSulTAtlOpfS CHOrSIÊS ^
barbe , de chacun une drachme -, faîtes f
avec le fyrop de capillaire une opiàte |
qui fera partagée en dix prifès égales. |
Monfieur avalera par deffùs chaque. |
prile une ou deux taflès d’infufion de ■
feuilles feches de ckrônélle préparée à
la maniéré du thé. -
Pendant le cours de ces remedes, >
Mônheur uîera de tems en tenrs entre 1
les deux repas pour fa boitTbn ordinaire v
de rinfufîon d’un noüet de fix dracftj-
mes de limaille de fer rouillée dans reau ::
de fontaine ; ou bien de l’infufion de la ;;
boule d’acier , qu’on laîlïera dans l’eau ;
de fontaine autant de tems qu’il fera i
nécelTaire pour que l’infufion prenne la
Couleur de la petite biérre avant de reti¬
rer la boule. ,
Suppofé que ces remedes n’acbevafl ,
fent pas d’emporter les accès , Monfieut --j
boiroit pendant neuf ou dix matins les i
eaux de Curenfac qu’il feroit apporter |
chez lui , ou bien celles de Vie fur les
frontières d’Auvergne. On àuroir foin ^
de faire dégoudir ces eaux en lesbuvant, ;
difloivant le premier jour de la boiflbn
dans le premier verre deux- onces de
iyrop de fleurs de pécher & vingt-cinq '
gros de rhubarbe en poudre.^ ce quo»
Î> F. M E D I C I N E. 45
oBfèrveroit auffi d*exécBter le dernier
jour de la boiflfon dans le dernier ou
pénultième verre.
Pendant tout le tems des eaux Mon-
fieur prendroît vers les quatre heures
de haprès midi , ou tous les jours ^ ou
pour le moins de deux en deux jours>
une drachme de quinquina dans un ver¬
re d’eau de fontaine.
Moniîeur aura foin pendant la durée
de ces accès, qui viennent ordinaire¬
ment le foir,. de le priver du fouper
de fe contenter ou d’un bouillon , ou
d’un ris au bouillon, ou d’un potagej,
ou après la fin de Taccès ,, ou pour le
moins deux heures- auparavant s’il ar-
rivoit dans la nuit. Il doit auffi d’ailleurs
garder un régime de vivre pendant long-
tems , & fe nourrir avec des potages à
la viande, du bouillli & du rôti ; s’abs¬
tenant des ragoûts , de la patiflètîe, de
la friture, des lalades, des fruits cruds
des légumcs>& de tous les'aliments’grof.
fiers, indigeftes ^ ou incendiaires.
A Montpellier le 8. avril 17 4 4»
Sj^né J, M O N T A 0 N E.
44 Consultations choisies
CONSULTATION VIL
Sur une AffeUion hyftérique,
L Es pefanteurs que Madame a reffèn-
ties depuis long-tems à la tête, & qui
fe renouvellent encore par intervalles j
les coilvulfions qui ont paru dans les
differentes parties de fou corps , & qui
étoient de peu de durée; les palpitations
qu’elle rapportoit, tantôt au cœur, tan¬
tôt à l’eftomac ; les douleurs pafTageres
dans quelques endroits de fon corps ;
les gonflements qu’elle juge fixés à la
tête , au col, & .même à la langue ; la
difficulté de prononcer dans'certains cas;
les laffitüdes dans les bras ou dans les
jambes ; les agitations confidérables
avec des vertiges qui s’y joignent à l’ar¬
rivée d’un bruit imprévu, ou de quel¬
que accidein particulier ; les battements
légers qu’on diftingue quelquefois fur
la paupière ; les petits tiraillements des
levres ; les vents qui fortent fréquem¬
ment de labouche ; mais fur-tout les idées
triftes ôc défagreables que ces differents,
accidents excitent dans fon efprit; la
DI M E B E C I N ï.' 4 j
crainte de tomber dans une'apopléxie on
quelqo’autre maladie fans rcflburce, ôc
la maigreur qui fubfifte il y a déjà plu-
fîeurs années ; tous ces accidents, dis-
je; ne permettent pas de méconnoître la
tnaladie pour laquelle on demande con¬
seil, & que l’on doit regarder comme
une afFeâiion mélanchoUque ou yapo-
reufe, & ftérique..
Pour peu d’attention que Pon fâlîè
à la nature des differents fymptômes
que l’on vient de détailler, mais iur-tout
aux agitations, à la grande feiifibilité ,
& aux peines d’efprit auxquelles Madame
eft devenue fiijette, fans pouvoir s’en
défendre, à l’arrivée de la moindre cîr^
conftance inopinée, on conclura qu’ils
loue les productions d’un fang fec , acri¬
monieux, & fufceptible de mouvement
tumultueux, & en même tems de la
roideur ou tènfion fpafmodique de tout
le genre nerveux.
Comme Madame avoir beaucoup
d’embonpoint avant Ibn mariage, on
juge que les grolîeiïès qu’elle a déjà e£-
fuyées ont détruit le baume Sc le mucir-
1 âge lé plus fin de la maffe du fang , &
que ces defordres ont été confîdérabler-
ment augmentés, pat les digeftions de-
4^ Consultations choisies
venues fougueufes, mais fùr-tout pa^
ies reflexions continuelles,& inquiétan-! "
tes qu elle a faites fur fès incommodités,
à mefure qu elles fe font développée s y
& fe font rendues opiniâtres. Les ali¬
ments Jalés & épicés dont elle a abufé,
ont pareillement contribué au dérange¬
ment des digeftions, & à l’état vicieux
tîu chyle qui s’eft formé journellement
& a- pafle dans le fang.
Pour traiter méthodiquement les ac¬
cidents qui font le fujct de cette Con-
fukation , on doit fe propofer de rec¬
tifier les digeftions , de rendre la maflè
du fang plus fluide & plus coulante, d’en
corriger la fougue .& l’acrimonie qui
ont pris le deftus , d’aftbuplir le genre
nerveux, & de diminuer la force & la
vivacité de fes ofcillations. On efpere
que ces indications feront remplies pat
le moien des remedes fuivants.
Il ne paroit point que la faignée fok
indiquée 5 cependant s’il y avoir des
marques d’abondance de fang , ou que j
fon remarquât un mouvement de chaf« j
leur dans le pouls, on feroit une fai-r
gnée du bras, dont on fe difpenforoitû '
la malade étoit dans une fituation con^
traire, & on purgeroit de cette maniete,
S> E M E D E C I N E.’
TV RG AT I O m
Prenez pulpe de tamarins fîx drach¬
mes y rhubarbe conçaffée une drachme ;
fleurs de mauve & de pêcher, de cha¬
cunes deux pincées. Faites bouillir dans
l’eau de fontaine, & infiifex dans huit
onces de colamre une drachme & de¬
mie de fenné mondé 5 diflblvez dans la
liqueur palfée une fécondé fois deux on¬
ces de manne de Calabre 5 faites une
potion qui fera prife le matin.
Immédiatement après Madame boira
pendant lîx matins un bouillon fait avec
un morceau de maigre de vea,u, une
drachme de racine de pivoine mâle con-
caflee , deux écrevilïes de riviere étouf¬
fées dans l’eau chaude & écrafées, dans
un mortier , & une poignée eh tout de
feuilles de creffijn de fontaine & de
chicorée amere. On jettera dans le pot
fur la fin de la codion une dixaine de
cloportes lavés & étouffés dans le vin
blanc.
Pendant les fîx matins fuivans, Ma^
dame ufera de l’opiare ci-,joiuce , ava¬
lant par defiùs chaque prife une ou
deux talfea d’infufioa de feuilles fecheî
%8 ■ Consultations choisies
<dc citronelle préparée à la maniéré da
thé , & réiteranc la même médecine à-
Ja£u.
O ? I AT E,
Prenez conferve de kynorrhodon
ideux drachmes ; poudre de guttete une
drachme & demie ; cachou & confer-
■ve'd’aunée , de_ chacun «ne drachme ;
extrait de rhubarbe deux fcrupules. Fai¬
tes avec le fyrop de capillaires une opiate
^ui fera partagée en fix prifes égales.
' On reviendra enfuite aux mêmes
l)ouillons,& d abord après'à la même
opiate , & à la même infufîon pendant '
iîx nouveaux matins chacun, avec la
précaution de finir pat le même pur-
gatifi^ ,
Ces préparatioiisaiant précédé,Mada¬
me boira pendant douze matins un
grand verre ou une écuellée médiocre '
de petit lait de vache caillé avec la pre-
fiire ordinaire, & qu on féparera de Ibn
fromage,en le laifTant égoutter à travers
un linge pendant la nuit, pour le clari¬
fier le matin avec le blanc d’un œuf.
On y jettera pendant cette clarification
htdt cloportes lavés &: étouffés dans le
vin I
, ^S> E l^ï î D E C I N S. 4 ^
■Vin blanc , & une pincée de flears de
fureau ou de tilleul, auxquels on don¬
nera une ébullition de quelques tninu-
tes avec le blanc d’eeuf, y éteignant en
même tems quelques morceaux de fer
îoaillés & -rougis au feu ;j on -ditroudra
<îans le petit lait coulé un peu de fucre
îoïal, & on repurgera à la.fim
On examinera avec attention TefFet
de ces remedes, & , fi Madame s’eri eft
bien trouvée , on lui redonnera les mê¬
mes bouillons ,& enfuitela mêmeopia-
te^avec la même infufion par defîus pen¬
dant fix autres matins cbacun :; & aiant
eu recours à la même médecine , on réi¬
térera pendant douze ou même quin¬
ze matins la préparation de petit la't
que Fou vient de preferire , avec la pré¬
caution d’emploïer le purgatif à la fin,
5’il furvenoîc des mouvemens convutllfs
on fe ferviroit de cette potion,
J V L E F,
Prenez eaux de mélKTe fîmple , trois
onces ; eau de deurs dbranges une on-
. ce , di(lblvez-y poudre de guttete vingt
grains ; teinture de caftoreum vingt-qua-
tre gouttes ; fyrop de limons fix drach-
Tme IL C
jë Gonsultatioks choisies
mes ; faites une potion pour prendre par
cuillerées.
Les chaleurs étant arrivées, Madame
prendra pendant cinq matins le demi-
bain domeftique tiede , oii elle demeu¬
rera une heure ou environ chaque fois ;
buvant à la fortie une ou deux taf-
fes d’hifufion de feuilles feches de citro-
nelle , ou de fleurs auffi feches de til¬
leul. S’étant repofee trois ou quatre
jours , elle reviendra au demi-bain ôc à
rinfufion à la fortie pendant cinq nou¬
veaux matins j & enfin après une autre
fufpenfion de trois ou quatre jours , el¬
le reprendra cinq autres matins le de¬
mi-bain avec l’infufion.
Huit ou dix jours après les derniers
demi-bains, Madame boira pendant dix
ou douze matins les eaux d’Amphion ,
mais tiedes, ou dégourdies. La quantité
de ces eaux par rnatinée n’excedera pas
celle de'deux pintes mefure de Paris, On
dïflbudra le premier jour de la boiflon
dans le premier verre deux onces de
manne & vingt-cinq grains de rhubar¬
be en poudre. On en fera de même le
dernier jour dans le dernier verre.
Si ces eaux ne p'afloieilt pas bien, &
<5u elles càufaflcht des maux de tête,
® î M e d ec i-mî,
Il faudroit en abandonner Tufage, &
|5urger Madame-en les quittant.
L’automne -procbain on aura recours
à la même médecine, aux mêmes bouil¬
lons 5 & à la même opiate avec la mê¬
me infudoii pendant deux alternatives
de fîx jours chacune J. comme il a été
marqué déjà ci-deîTus, & avec la pré¬
caution d’emplofcr le purgatif donné
dans le même ordre 5 pour commencer
après ces vingt - quatre jours le petit
lait J & le continuer pendant douze ma¬
tins , repurgeant de même.
Immédiatement après Madame pren¬
dra pendant un mois ou cinq femaines
le lait d’âneffe entier, commeiaçant par
un grand verre, 5 c montant peu à peu
ju^ues à la quantité d’une écuellée.
On mêlera à chaque prife une couple
de cuillerées de la fécondé eau de chaux.
Fpendant tout le tems du kit Mada¬
me avalera de deux en deux jours dans
la première cuillerée de foupe à l’heure
de ion dîner une poudre faite avec dou¬
ze grains de poudre de gutcete, & huit
grains de faffiran de mars apéritif prépa¬
ré à la rofée du mois de mai.
Pendant le cours de ces rcmedes ,
Madame obfervcra un bon régime de
Gi
Consultations-CHOISIES
vivre , & fe nourrira avec des potages
à la viande, des crèmes de ris au bouil¬
lon ou à l’eau, du bouilli &” du rôti ;
elle s’abftiendra des ragoûts, des fala-
des , des entremets , des fruits cruds,
des légumes, & de tous les aliments
greffiers, venteux ,indigeftes,ou échauf¬
fants. Elle fe diffipera par la promena¬
de à pied , à cheval, ou en voiture ,
par la fréquentation des concerts & des
compagnies, où elle pourra s’amufer
d’une maniéré agréable , & par toutes
les occupations propres à croifer le
penchant qu’elle a à faire des trilles
attentions for les incommodités.
A Montpellier le i 6 . avril 1744*
Signé , ,M o N T A G N E.
consultation VIII.
Sur une Lepre.
L e Confeil alîèmblé a vilité & exa¬
miné avec toute l’attention poffible
le corps du jeune malade en entier & à
nud , il a trouvé que les deux extré¬
mités inferieures depuis le haut des cuif.
fès jufques aux pieds, & les deux fu-
périeures depuis les épaules jufques au
CE MEDECINE. ^ J
poignet , étoient couvertes de dartres
crouteufes, ou écaîlleufes, & blanches,
qui dans difïèrents tenus, mais fur-tout
dans rhiver,étoient beaucoup plus con-
fidcrables, fourniiîbient de grandes fup-
purations, & caufoient continuellement
dans la nuit une démangeaifon infiip-
portable. Le malade ell forcé quand il
eft échauffé dans le lit, ou même avant
de s’y mettre , de fe gratter rudement,
êc jufques à faire couler le fang avec
abondance ; 8c de tems en tems, Ior£-
que les dartres font dans leur force, il
a beaucoup de peine à étendre les ge¬
noux , les jarrets reftent un peu pliés.
Comme l’état dartreux dont on vient
de faire mention a été la fuite d’une
mauvaife teigne que le jeune malade
eut au vifage & à la tête _ peu de tems
apres fa naiffance , 8c qu’elle s’eft foute -
nue depuis jufques aujourd’hui, malgré
Un très-grand nombre de remedes ex¬
térieurs &'intérieurs qu’on a mis en
ufage chaque année régulièrement,
le Confeil croit pouvoir regarder , fans
craindre de donner dans des idées ba¬
zardées , la maladie comme une lepre
confirmée , & comme l’e^t de la dif-
pofition feche, épaifïè, & acrimônîeufe^
C üj
^4 CoNSUlTAXrONS eufoiSIES;
de tout le corps de la lymphe ôc par
conféquenr de toute la malTe du fang ,
qui peut fe communiquer fur - tout en,
couchant dans- les mêmes linges, ou pair
les habits. ^ "
Quoique le peu de fuccès des reme-
des dqa emploïés çaroiflS: exclurre tou¬
te efpérance de guérifon , le Confeil eft -
d.’avis de faire une nouvelle tentative ^
& , pour parvenir à la guérifon , on va
fe propofer d’entretenir les digeftions
dans le bon ordre 5 , de procurer à k
lymphe, & aux autres parties întegraiv
tes du fang mie diviiion douce Sc mé-
- nagée , de les humecïer & les adoucir ,
eny jetrant beaucoup de fahftances onc-
tueufes mucilâgineufes -, & enfin de
lecaurir au remedeTpécifique que l’ex-
périenee a démontré le plus folide pour
deifecher & détacher les croûtes dar^
treufes, & détruire la caufe particulière
Sc cachée, à-kquelledn-doit les rappor¬
ter. On fe flatte, autant que le carede^
" re de la maladie le permet ,,que ces in~
dications. feront remplies par le moïen
des remedes fuivants.
On commencera par feigner incef*
famment le malade du bras, & le lende¬
main on le purgera, avec une once de
Jtî E M 5 D È C I N, E. 55
faîtiarins, une drachme de rhubarbe
concafTée , & une demi - poignée de
fleurs de violettes, dont on fera une dé-
Godion, dans un grand verre de laquel¬
le on laiflèra infufer pendant la nuit à
froid deux drachmes & demie defenné ,
diflolvant le rnatin dans rinfufîpn coulée
trois onces de manne. Cette médecine
fera partagée en deux verres qu’oti
donnera à deux heures de diftance l’uii
de l’autre.
Immédiatement après le malade boi-r
ra pendant dix matins un bouillon fait
avec un morceau de maigre de veau ou
de collet de chevreau, les cuilïès de cinq
ou fix grenouilles écorchées & écrafées ,
une once & demie de chair fraîche de
ferpent du pais coupée par tranches &'
pilee dans un mortier , & une poignée
en tout de feuilles de creflbn de fontai¬
ne & de beccabunga , réitérant la
me médecine à la fin.
Il prendra enfuite pendant dix matins
îe bam domeftique tiede, ou il demeure¬
ra une heure chaque fois, avalant à b
fortie une écuelle de petit lait qu on
aura préparé en caillant le lait avec la
prefure ordinaire, Ôc féparé enfuite de
fbii fromage en le laiflant égoutter à
’C ii i|;
jS CONSTÎXTATÎONS CHOISIES
travers un linge , &c que Ton aura enffii
.clarifié avec le blanc d^ceuf, avec la pré¬
caution de revenir au même purgatif
après la dixaîne,, pour recommencer le
même bouillon marqué ci-defTus, & le
continuer pendant dix autres matins
avec le purgatif après ce terme ^ qui fera
fuivi de Fufkge des mêmes bains domef.
tiques , du petit lait pendant une autre
dixaine qu on terminera de même par
la médecine ordinaire.
Après ces remedes le malade ufera pen*
dant vingt matins d’un bouillon fait avec
la chair ^ le fang , le foie,&: le cœurjd’une
tortue d’une grolîeur raifonnable , deux
ccrevifTes deriviere étoufl-ées dans l’eau
chaude & écrafees dans un mortier , & •
ùne poignée de feuilles de crefTon. d*eau
ou de chicorée amere. Aiant repurgé à
k fin des bouillons ^ on réitérera les
bains domeftiques le matin pendant
une douzaine de jours ^. Ôc après une
intervalle d’une disaine de jours le ma*
lade boira pendant neuf matins les eaux
d’Yeufet » mais tiedes ou dégourdies. On
difibudra le premier jour de la boifToii
dans te premier verre deux onces de
manne & vingt-cinq grains de rhubar¬
be en^udre j on en fera de même le
t> 1 M E D î CI Nï. 57
«fernîer jour dans le dernier verre.
Monfieur s’étanc repofé une femaine,
& la première boiflon des eaux aiant
bien réufîî ^ ü reprendra les mêmes eaux
pendant une fécondé neuvaine avec les
mêmes précautions ; enfin après une
interruption d’une douzaine de jours ,
& vers la fin du mois d’août, on au¬
ra encore recours aux bains domefti-
ques , Sc au petit lait pendant douze
ou quinze jours. Ces préparations aiant
précédé, le malade fe rendra ici pour
prendre le feul remede que l’on regar¬
de comme capable de fournir des refi-
fources de quelque efficacité.
Pendant le cours de ces remedes le
malade gardera un bon régime de \n-
vre, & il fe nourrira avec des fou pesa
la viande, des crèmes de ris au bouil¬
lon ou à l’eaudu bouilli & du rôti ,
s’abftenant des ragoûts, desfalades , des
fruits cruds, des légumeÿ, & de tous les
aliments“groffiers , indigeftes, ou incen¬
diaires. Il fe feryira pour calmer les de—
maiigeaifons incommodes de la pom¬
made qui lui fera donnée par un des
Confultants, 'fur-tout s’il s’en trouve
bien,
A Montpellier îe ïz. mai 17 44.
Signé , Mo N t A e M 4 . C v
Consultations choisies
C O N S ^ L I U M: I X..
-Byfuria-^, &c^.
'» T T Rîhæ excredo ,, modb.'fïîllâtrnr. -
s»- pleno canali fabta -
asaliquodes: fed' rarius fangpinis- cuiui
aapauco fed ffeqnendus cum multo,
aadotio- permixd, incerpolatus miétiis -
j 5 rn©do magis ,,iBodb- minus incommo-
» d'a dyfuria j-xhordæ; a radice pénis ad-
a extremum balanum tenfæ fenfado
âj-modo magis modo minus ingrata ; co-
a» Io£ interdum^ urihæ flammeus , iiliufl.
que- multis pardçulis filamentofis &:
2» gludhofîs confperfum- fedimentum ÿ
s» talîa j^ïnquam, {yjmpcomiata _,.quibus h ..
pliiribus annis clariffitnus ager aâredusv
^ eft, crafTæ frefînofæ, melancholicaj^
SD làifæj fanguineæ ma(îæ- diathefî ^
^-debili fblidorum-colii veilcæ-, illiurque;-
» quorumdam. vaforum fangmneorumî
Æi; varicofo contextuii,, fuos.. natales de^.
® buiiTé cenfémus .
Yariarum eauiarum dbplîcisvrdîj^
» œm? felldotum tum fluîdbrum fèdulan^r
bic: de: induâria, filenti»
È E MEDECINE.
sf praetermittimus , ut pote quæ îii aliis
» confulcadonibus explanata fît.
« Supra affignatis fymptomatibus
» illorumque ancecedentifcfiis adjundfcis
» exâûs perpenfis, co dirigendara cu-
» ram præprimis ftatuimus , uc digef-
» tioiium laudâbilis œconoœia fervare-
» tur , ranguini débita fluxilitas ferva-
» retur , nimia falfedo demuiceretur ,
* folidorum eollivefîcae débilitas ^va-
>» ricofîa fanguineorum vaforum difîpofî-
» do corrigercntur.- Prædiâis . imica.-
» tionlbus lenientium , mucilasinofo-
» rum ,, & bâlfaiïiiçorum remèdiorum
» longo ufu in bac urbe eonlukum fuit ^
» & in futurum eafîletn indicatioiies im-,
a» plere fiibfeqûentiuïn 'medicaminum*
» auxUio pro vkili conaBimur.
JS Redux in patriam æger per aliquof
js^dies otio induîgebir , & deindedeca-
j» bitur Tena cubiti & extrahentur ran'--
as guinis unciæ od?co'; per ;fex dies fin--
3» gulo- mane capiet hoe jufculum.- '
» Semin. papaver. alb. eontus.. 8C
s» in nodul. fufpens,^^. fi folior. pimpi--
3» nelL êc cetêrac. aa. m. cunï guilL
^ gaHinae. junior;,. f., jufeulumv
« Sequentt uidmuî& jufcuïlîns:' maii^
£& CoNStTLTATIOHS CHOISIES
J* ^ Tamarind.. pji’g- 1* j- pulp. caC
» récente extrad. &c à nucl. non put-
» gat.|. ij. fal Epfon. 5- )• malv. p.
M ij. bull.,in».aq. font, ad, | riij. in co-
» laruE. dilîblv. mann., Calab: ij. f..
â» pot. fumenda mane, cum regimine.,
M. Bibét poftea per aliosfèsdies ma».
» ne fùprâpræfcriptuEn jufculum^& fa-
» binde uteatur æger clariffiim5& hoca
P feptima matuxina balneo domeftieote-
» pido per decem dies. Potabk pcÆ
w egreffum libram nnam feri e lade
« capriâo eum fioribus cynacæ fylvef-
aatris extradi ôc parati, & fecunduœ!
» artetn eîariÉcatî , addendo clarifica-.
» tîonis rempote flor, gaiEi lutei p.
» Interjedo uiiius bebdomadæ inter-
» vallo balneum domefticum & ierum;
» tadis per novos decem dies mane-
»9 îterabuntur.. His rcmediis abfolutis ^
» purgabitut corpas.
9î Ineunte menfîs odobrk futuri fine ^
^ ufum ladis afinini incipiét æger illuf-
& per duos roenfes ilium fîngu-
»Io mane continuabk , admixtis cuique
» dofi fécundæ aquæ calcîs- cochlead--
as ribus duobus, & addito al ternis diebus.
*» primo ejufdem ladis coehleaxi fequen-
D 5 M 1 D E C r N R
'» 'iL Carallior. rubror^ præparator.
> gr. XV, lacrymar, fanguin. draeon. &:
» terr. Japoiiic. aa. gr. x, mifcef. pulvis
» pro una dofî.
« Hora ceQæ pet duos aiSgnatos
» menfes ofiàm vel cremorem aryzæ
» cum la^te vacGino vel caprilio corne*
» dat æger ^ futnpto laâris iiiitio & fî*
» ne catbarcica jam praifcripto.
Ineunte mcnfe marcio facuro feea^
» bitur ruflfus venacubitij & edecenmr
»unci<2 Hovem fanguinis , exhibita
» eadem potione purgance ,.^îabitur peir
» decein d/ies mane hoc jufciiium.
« Radie, nymph. 5 ’ vj. femini.
» quatuor, frigidor. major, in iioduL
** fufpeiifor. ^ f cane, ftuvîat. in âq„
»» calii. excinét. Ôc în mprtar. marmoE.
» conçus. n°. ij. foUor. fcolopendr. &
» chicor, fylveft, aa. m. f. balauftioEo.
» p. j. enm fruftuL carn. vitulin. f. juC-
s» culuna.
»» Sumetur cathartîcum jufculis finitiSj^.
M & poftea ad laétis afîhini ufum màns
,»■ ad decimum ufque dicm teaü pro--
a» cedetar , obfervata , ut iam diltura
» ell , cum illo aquæ fecundæ caU
a* cis mixtione, fîmulque affiimpto ù~
methodo puhere fupra
CONSWXTATÎO'NS CHOISIIS '
» gnato & iteraco pharmac© purgaRte
» in fine,.-
arToco æftatfs fuiuræ eurrîculo ai-
«•ternatim adhibebuntur per deecm;
»• dies mane primum jufculum Sc bal-
w nea dom'eftiea cam fero ladîs poib
» egreifam e balneo relidis mterval-
» Iis convenientibus ^ & ira proeeden-
» do lit vigihti iufeula & tocid'em balneæ
» cum fero làdis- interpolare & fiiccel-
» lîve capiancnr,. - - ' .
M Exaduni viræ regimen oblervabie
39æger claiiffimus jlufculis- & offis ear-
neis y creœoribus orizæ cum jurcul®
V vel aquâ fadis . earnibus elixis & af-
» faris fed boni fucci & fadlis codio-
» nis vefcetur. Omnibus alimentis nL,
» mio fale veî lubftantiis aromaticîsü
â» çcnfperils , flatuofîs, & pardbus craf-
»> ficribas onullis, vel fiomaclium quo-^
» quo modo gravantibus y vino & ii-
» quoribus omnibus ardentibus abftine--
»'btt. Titabit præterea rhedaS j.curfuSy,
3> 6 c .omnes peregrinationes quæ fine’
» fuccufriGnibü& vioientis peragi mm
» poiTunto.
I>arum*MonrpeBidîg:iisiï^, jam
•Mou ^ Ei.
rssFMEiïrcî'îî' 2.
TradnSüon de h Cbnjdration ÿréhsdent^i„
I A fortie de Tudi-ïe quf (èfrfcquer^
^ quefois goutte à goutte, & très-
fbavent à plein* canal 5; la fortie d’une
petite quantité de cette liqueur qui eft: '
quelquefois-,, mais rarement accompa¬
gnée de lang qui fe trouve plus fou-
vent dans une grande quantité d’urine
une dy.fùsie tairtôt plus tantôt moins in¬
commode j: le fentiment -d’une corde:
tendue depuis la. racine de la.verge juf- '
qu’à rèxtrêrnké du gland'; la couieur
.quelquefois enflammée de l’urine , èc
fon fédimenc parlèmé; de beaucoup de
particules fîlamenteufes Sf gfuantes ; ces.
accidents dis je , qui fatiguent le ma¬
lade depuis plufleurs années , font l’effet:
dune dîfpofltion épaffle, téfineufe y mé-
Jàncholique-, Sc falée de la mafle dit
feng, ôt en même tems de, la* foiblefle
du tiflu des fblides dont le eoldela veC-
fie efl compofé, de la difpofition vs-
Biqasufo (te quelques vailleaax fanguinsï
de cette partie»»
Mous nous difpenforons dé faire rcS
h. Eed^-diÆ des diverfes-, caufos. élol-
6^4 CoNSTJLTATiaNS- CHOÏS-lEff
gnées de ce double vice des folides ic »
des fluides , parce que nous l’avons faî¬
te dans d’autres coiifultations j mais
après de mures réflexions fur les acci-
dens d’âne nous avons fait rénumera-
tion , & fur ceux qui y étoient précé¬
demment [oints y. nous eftimons, corn»;
me nous Tavons fait ci-devant ^ que
l’objet du traitement doit être d’entretei-
îiir l’œconomie louable des digeftions ^
& la fluidité convenable du fang, d’en,
adoucir racrimonie qui a pris le defluS jj,
de rétablir tes folides qui compofen-t-
le col de la veiîie , & de remedier à k
difpofitioii varîqueufe de fes vaifleaux-
fanguins.
Il nous paroît que ces indications fe¬
ront fuffifamment remplies par l’ufage
des remedes que nous allons confeiller,,
& que c’efl avec raifon qu’on a em¬
ployé pendant îong rems dans cette vil¬
le les remedes adouciflâiis , m.acilagi-
neux ^ & baliamiques.
^Le malade étant de retour chez lur^
fe repolè'ra pendant quelques jours
puis il fe fera ouvrir la veine du bras ^
d’où on lui tirera hait onces de fang ; ît
prendra enfuite tous les matins peiî^
dant fis jours ie bouillon fuivant.,.
de MEDECINE. <35
B OV I L L O N.
Prenez graine de pavots blancs con-
caiTée, & enfermée dans un noüet, une
demi once; feuilles de pimprenelle & de
cetefâch, de chacunes une demi-poi-
ghéc ; faites un bouillon avec un jeune
poulet. '
Le lendemain du dernier bouillon >
le malade prendra le matin la médeci¬
ne fuivante.
BVRGATÎON.
Prenez pulpe de tamârins une once 5
moelle de caflTe récemment extraite , &
non moiidée de fes nofaux, deux onces j,
fel d’Epfom une drachme ; fleurs de
mauve deux pincées î faites bouillir le
tout dans l’eau de fontaine , & diflbî-
vez dans huit onces de colature deux on¬
ces de manne de Calabre ; faites une
potion pour prendre le matin.
Le lendemain delà médecine le ma¬
lade fe remettra pendant fix nouveaux
matins à l’uiàge des bouillons précé-
dens, après îefquels il prendra pendant
dix jours à fept heures du matin le baia
Consultations chcnsïls
domeftique tiede. Il boira à la forti'e
du bain une chopine de ped't laie tiré du
lait de chevre en le failant pailler avec
les fleurs de la chardonnette , qu’on
clarifiera fuivant les réglés de fart, & ;
cù l’on ajoutera dans le rems de la cia-
rîncation une pincée des fleurs de eaillc-
îait jaune.
Après une fufpenfion d’une femaine
le malade reprendra le bain domeftique
& le petit lait pendant neuf autres jours ^
ayant foin de fe repurger à la fin de
leur ufage.
A la fin du mois d’odobre prochain
le malade' fe mettra à Tufage du lait :
d^âneflè , qu’il continuera tous les ma¬
tins pendant deux mois , mêlant dans
chaque prife deux cuillerées de là Te-. '
conde eiu de chaux , & de deux jours
Tun dans la première cuillerée de laïc
là poudre fuîvante.
POVDRE, "
Prenez corail rouge préparé 'quinze
grains ; fang dragon en larmes& ca¬
chou , de chacun dix grains j faites une
poudre pour une dofe^
Le malade praidra à fbn fouper pem
Ü E M E D ï C I N I»
cane roue l’ufage du laie d anefle, une
foupe , bu une crème de ris, au lait de
vache ou de chevre , fe purgeant au
commencenaent & à la fin du lait avec
la medecine ordinaire.
Au commencement de mars prochain
on faignéra encore le malade au bras ,
d’où on lui tirera neuf onces de fang • de
après lavoir purgé avec la même mé¬
decine , on lui donnera les dix matins
fuivants un bouillon compofé comme ü
fuir.
bovillon.
Prenez racines de nénuphar fix âvachr
mes ; des quatre femences froides ma¬
jeures pilées & enfermées dans un noüet
une demi-once ; deux écrevîfles de ri¬
vière étouffées dans l’eau chaude , &
pilées dans le mortier de marbre ? feuil¬
les de fcolopeiidre & de chicorée fauva-
ge, de chacunes une demi-poignée; ba-
kulles mae pincée ; faites un bouilloit
avec un morceau de veau.
On reprendra la médecine à la fia
des bouillons ,, & on recommencerai
le lait d’ànelTe tous tes matins jufqu’aii
dix de mai, obfervant, comme il a étc
dit d’y mâer cous. Les jouraîa feco&r
1
68 Consultations choisies ’
de eau de chaux , ôc de deux jours fuu f
la poudre abforbente , fe repurgeaiit k l
la fin de l’ulage du lair. ^ ?
Pendant tout l’été prochain le maîa- j
lade prendra alternativement le matin
pendant dix jours le premier bouillon ,
& les bains domeftiques & le petit lait à
la fortie, laiflant entre ces remedes les
intervalles convenables , & fe condui-
faut de maniéré qu’il prenne alternati-'
vement vingt bouillons & autant de
bains fuivis de petit lait.
H obfervera un régime éxaél, vivant
de bouillons ÔC de foupes gralTes , de
crèmes de ris à l’eau ou au bouillon de
viande , de bouilli & de rôti, mais de -
bon fuc & ailes à digérer. Il s’abftien-
dra foigneufement de tous les alimens
falés , épicés, venteux , & chargés de
fuc épais , ou qui pefent far i’eftom.ae
par quelque caufê que ce foit ; du vin ,
& de toutes les liqueurs ardentes. Il évi¬
tera encore toutes les voitures & les'
voyages , qui ne peuvent fe faire fans
des fecoulTes violentes»
Délibéré à Montpellier le j. juis
î74p. Signé ^ Montagne.
© E M E D E C^I N £.' 6 ^
CONSULTATION X.
Sur HfiejHppuraùon a roreille , avec damé
dôme.
L a fuppuratîon furvenueil y a déjà
quelques années à l’oreille droite ,
& qui, quoique prefque finie, a lailfé de
ce côté-là à Monfieur une dureté d’ouic
très-confiderabie ; celle qui a paru de»
puis à l’oreille gauche & qui fe trouve
accompagnée d’une petite carie placée
à l’entrée du canal extérieur, fournillànt
aéluellement un peu de pus & ayant oc-
cafionné une dureté de l’ouie moindre
du côté gauche, doivent être regardées
comme l’effet de quelque petit abfcès
formé dans le canal extérieur de chaque
oreille.
Il eft naturel de penler que les glan-
'des febacées qui féparent la liqueur jau¬
nâtre de ce conduit ont été naturelle¬
ment foibles, ôc que cette même liqueur
devenue grolîîere & acrimonieufe s’efl:
arrêtée dans Ton filtre , & y a produit
quelque petit phlegmon qui s’eft ab-
cedé en differents tems ^ & s’eft rendu
yO CoîïSlTSyATIONS CHOISIES
fiftuleux , pour le terminer prelque fans
remedes du côté droit, au lieu que le
petit ulcéré placé du côté gauche n'a
pû encore fe delTecher par rapport à la
carie que Ton touche en fondant l’entrée
du canal.
Comme la dureté d’oreille plus forte
du coté droit & moindre du côté gauche '
îi’a jamais été précédée de tintements,
ni de bourdonnements , on juge que la
membrane du tambour a été aéèétée &
que fa ftruéfure naturelle a été déran¬
gée ; ainfî c’eft à ce défordre qu’on doit
attribuer la diminution de l’oufe.
Le caraétere épais & acrim.onieuxde
la liqueur Jebacée dent on vient de par¬
ler ci-defîus en fuppofe un fembiable
dans la lymphe , & dans tout le rehe de
la mafTe du fang, fans qu il foit permis
de déterminer précilement s’il y a quel¬
que vice héréditaire qui s’y trouve ca¬
ché , & dont on n’a pas de marques cer-,
raines.
Pour tirer tout le parti poffible de la
dureté des deux oreilles qui fait le fu-
jet de- cette confulration , on doit fc
propofer d’entretenir les digeftions dans
le bon ordre , de procurer Une divifion
douce &ç ménagée à la mafle du fang ,
DE M E » E C I M E. yi
d*eii corriger l'acrimonie dominante ,
de détruire la carie & la fuppuration,qüe
Ton diftiiigue fur-tout du côté gauche ,
& d’emporter le* vice organique que
Ton a droit de foupçonner dans la mem¬
brane du t ambour des deux oreilles-. Ou
fe flatte que ces indications feront rem¬
plies, autant que le progrès de la ma¬
ladie peut le permettre, en fe fervant des
remedes fuivants,
Mônfîeur, étant arrivé dans le lieu ou
il doit faire quelque féjour , prendra
pendant une douzaine de matins le bain
domeftique tiede, où il demeurera une
heure chaque fois, avalant à la fortié
un bouirion fait avec un jeune poulet,
une drachme de fquine coupée par tran¬
ches , Ie 5 CLiiflès de cinq ou ux grenouil¬
les écorchées & écrafées,& une poignée
eu tout de feuilles de chicorée amcre
& de creflbiî de fontaine. On aura foin
de purger à la fin des bains & du bouil¬
lon fuivant cette formule.
P V RG AT TON.
Prenez pulpe de tamarins fîx drach¬
mes 5 rhubarbe, cortcalfée une drachme j
fleurs de violettes & de pêcher de cna-
7z Consultations choisies
cunes deux pincées ^ faites bouillir dans
l’eau de fontaine , êc infufer dans huit
onces de colature une drachme & demie
de fenné ^ dilTôlvez dans la liqueur pal-
fée une fécondé fois deux onces deman-
ne de Calabre j ,faites une potion pour
prendre le matin.
Pendant les doi ze matins luîvants ,
Monlïeur boira une écuellée de petit lait
qu’on tirera du lait de chevre caillé le
fbir avec.la prefure ordinaire , & quoii
feparera de fou fromage en le laiflant
égoutter pendant la nuit à travers un
linge , pour le clarifier le matin avec
le blanc d'œuf. On y jettera pendant
cette clarification. huit cloportes lavés
& étouffés dans le vin blanc , & une
pincée de lommités feches & fleuries
d’hypericum , auxquelles on donnera
une ébullition de quelques minutes avec
le blanc d’oeuf^ dilîblvant dans le petit
lait coulé un peu de fucre roïal.
Immédiatement après , Monfieur
boira pendant dix matins les eaux d’Yeu-
zet, ou celles de Somaret, qu’on fera
tiédir en les buvant. On aura foin de
diffoud] c le premier jour d^ns le pre¬
mier verre deux onces de manne &
deux gros de fei d’Angleterre, On ,cii
bïMedecine. 75
fera de même le dernier jour dans le der¬
nier ou pénultième verre.
Pendant le cours de ces remedes on.
lavera foir & matin les deux oreilles en
y injedant avec une petite ieringue un
peu du remede fuivant.
1N1EC7ÎON,
Prenez rofes rouges, fleurs de roma,
tin & de camomille , de chacunes une
pincée ; faites-les bouillir légéremenc
dans une chopine d’eau de fontaine -
diflblvez dans la colature deux onces de
miel derNarbonne 5 faites une injeCHon
pour iufage.
Ayant employé cette injeéfîon pen¬
dant quelque tems, on pourra le ièrvir
enfuite de l’eau de frene qu’on tirera
des branches vertes dé cet arbre qu’on
brûlera par un bout , ramaflànr par
l’oppofé l’eau qui s’écoulera , & y mê¬
lant quand elle fera ramaflee le tiers
d’eau de vie ordinaire. On fera couler
un peu de cette eau dans l une des oreil¬
les alternativement, engageant le mala¬
de à refter un peu couché fur le côté
oppofé.
Dans le mois d’août Monfieur pourra
Tome /, D
74 Consitltatioms • choisies
fe rendre à Bagnols , & s’y faire donner
quelques douches à la tête, obfervant
dans le terns de la douche de tenir un
peu de cotton effilé dans le conduit
externe de chaque oreille. On ne fixe
pas le nombre des douches, cependant
elles n’excederont pas celui de cinq ou
üx ou fept tout au plus. On pourroit
tenter de feringuer un peu d’eau de la
fource dans chaque oreille , & conti¬
nuer deux fois' par jour cette înjedîon , '
fi le malade s’en trouve bien ; mais on ■
Tabandonneroit fur le champ fi elle
caufoit quelque défordre.
Monfieur le nourrira pendant le tems
de ces remedes avec des potages à la
viande, dea crèmes de ris au bouillon
ou à l’eau , du bouilli & du rôti : il
s’abfciendra des ragoûts , de la patifiè-
rie , des entremêtsv, des falades , des
fruits cruds, & de tous les aiimens grof-
fiers , indigefies , ou incendiaires. Il
garantira Tes oreilles contre le grand
froid,& l’humidité', fur-tout s’il voya-,
ge.
A Montpellier le 11. juin 174 4.
Signé J M O N T A G N E. ^
DE MEDECINS.
7S
CÔNSULT ATON XL
Sur des ulcérés ferophuleux & ‘vénériens
au palais.
L Es uiceres qui ont paru depuis .
quelque tems au fond du palais de
Moiiüeur , ôc qui ont déjà fait des pro¬
grès coiifîderables , rabbaidètrsenc du
voile de ce même palais fur lequel les
ulcer-es ont beaucoup travaillé ,& celui
de la luette qui a été forcée de fuivre
fallongement du voile , de telle , forte
que ees deux corps appuyant far la balê
de la langue & fur les amygdales &
gênaut plus ou moins la déglutition,font
les elFets & les produârlons des fucs
épais & âcrimonieux dont les parties
font arrofées, & principalement de la
^mufcofité falivale.
La grande quantité de raufcofté d’ün
mauvais caradere qui fortit par le nez
du malade , il y a un an ou environ, 8 c
"’k perte de Todorat & du goût qui fe
mirent de là partie , donnent lieu de
foupçonner quil fe paffe depuis long
tems quelque chofe de fourd dans les
7^ Consultations choisies
lames offeufes du nez & dans la menw
brane pituicaire qui les enveloppe. Com¬
me le malade a eu des glandes au col,
on a lieu de craindre que le levain
écrouelleux a travaillé clandcftinemenc
fur les lames fpongieiifes du nez , ya
capfé une carie qui a peut-être même
porté fur les os palatins, & occafîonné
les ulcérés qui ont percé le voile du pa¬
lais , fon allongement, la defcente
& celle de la'^lueite.
lîes fridions que Monlîeur a reçues
la derniere fois , Sc qui avoient été pré¬
cédées par de très-longues préparations,
paroiflent avoir détruit le levain véné¬
rien compliqué avec le fcrophuleux jain-
fi le^Confeil ne juge pa? , du moins pour
le préfent , qu’on doive s’attacher au -
levain vénérien , mais feulement au
fcrophuleux. On 'conviendra pourtant
que l’alliage de ces deux differents le¬
vains rend la cure du vénérien très-diffî-*
■cile-, mais en abandonnant la vue de ce
dernier, oiypourra mieux feconvaincre
s'il conviendra de travailler encore fur
îles réftes, fi tant eft qu’il s’en trouve. ^
Pour procéder avec réglé dans le trai¬
tement des accidents qui font le fujët
• de cette confulration , on doit fe pro- '
Bî MïDîCINE. 7/
pofèr d’entretenir TtEConomie des di-
geftiônSjde procurer une divifipn douce
& ménagée à la malTe du fang de !uî
redonner de la douceur &c de ronduo-
iîté, de guérir les ulcères qui fe préfen-
tent 5 de détruire la carie que l’on a lieu
de craindre dans les lames fpongîeules
& les os palatins , & de redonner au
voile du palais ,& à la luette le rellort
qui leur manque en les fixant dans leur
première fîtuation. Les remedes que
Ton va dérailler ont femblé au Confeil
les plus propres à remplir ces indica¬
tions.
Süppofé que le malade n’ait pas été
purgé depuis quelque terns , il Iç fera
avec la ^édecine ordinaire , qu’on tire¬
ra des autres confuitations;& immédia- '
tement après , il prendra pendant une
vingtaine de jours un bouillon fait
avec un morceau de jarret de veatï,unc
drachme & demie de racine de fiquine
coupée par tranches, la chair , le foie,
le cœur, & le fang, d’une tortue d’une
groileur raifonnable , & une poignée
en tout de feuilles de beccabunga êc de '
crefion de fontaine. On aura la précau¬
tion de repurger à la fin de ces bouil-
Jons. /
fS CoNSUiTATIONS CHOISIES
Le malade prendra enfuice pendant
dix matins le bain domeftique tiede,où
il demeurera une heure chaque fois, &
avalera à la fortie une écuellée de lait
de chevre coupé avec parties égales d’u¬
ne legere décoétion de fquine,&: écrémé
jufqu’à la diminution du cinquième ou
du quart.
Après cinq ou fîx jours de repos ,
Monfîeur boira pendant neuf ou dix
matins les eaux d’Yeuzec,mâis tiedes ou
dégourdies , fuppofé qu’il puiffe les avar¬
ier, fans urie grànde contrainte. Oi#dif-
foudra le premier jour de la boilTon dans,
le premier verre deux onces de manne
& viqgt grains de rhubarbe en poudrCi
Onen ferade même le dernier jour dans,
le fermer verre. :
• Le malade^étant relié tranquille pen¬
dant une dixaine de jours,feprendra en-^‘
core pendant une fécondé dixaine lés
bains domeftiques , & il-boira à la for-^
tie un bouillon fait avec un jeune pou¬
let , une drachme Sc demie dé racine
■^«ie iquine coupée par tranches , & une
• poignée de feuilles de crelTon de fontai¬
ne. On finira par le purgatif.
' On éxaminera pour-lors avec atten¬
tion l’état de la bouche de Monfieur, §6
D E M E D E C I K E. 7^
îe ckaiigeraeut furvenu dans lesixlceres
& dans les differentes parties du palais ^
& Cl on remarque que les chofes aient
pris un meilleur train , on pourra enco¬
re avoir recours aux botiiilons de tor¬
tue pendant dix-huit ou vingt jours, &
on (uivra la compofition qui en a été
déjà donnée , purgeant au commenee-
cement & à la fin. On pourra auffi don¬
ner durant ce même tems le foir à rheu-
re du coucher une écuellée de lait de
vache ou de chevre écrémé, 8 c coupé
avec parties égaies d’une décodion de
fquine.
Mais fi,malgré lesremedes propofés
ci-deffus , les ulcérés avec les autres ac¬
cidents fe fouteiioient ,ou avoient .aug-'
mente, on aura foin d’en informer.
Pendant tout le cours de ces remedes ,
on panfera plufieurs fois dans la jour-
‘née les ulcérés avec le feul miel blanc,
bien choifi, qufoii étendra fur un petit
morceau de linge , ou fur un petit plu-
naaceau très-mince. Comme il fera dif¬
ficile que le plumaceau ou le linge avec
le miel tiennent bien, on réitérera fou-
vent le panfement, ou bien on frotte¬
ra les ulcérés avec le miel tout fimple-
So Consultation s choisis
On fe fervira en même tems de Tean
de Balaruc pour gargarifer une couple
de fois par jour j on pourra même e
feringuer par les narines,mais avec dou¬
ceur , ou bien en faire refpirer par le
malade , afin qui! en palTe par le nez.
Suppofé que les eaux de Balaruc ne
produifent pas un effet alfez avanta¬
geux , on pourra employer à leur place
le gargariie Imuivant.
G ARG ARIS ME.
Prenez des feuilles de crpllon de fom
taine & des fomœités de ronces, ou à
leur place des feuilles de vinca pcrvm^-
CA, de chacunes une bonne demi-poi¬
gnée ; .^d’^écorce de grenade concalTée
demi-once; de balauftes & de rofes rou¬
ges dé chacunes une pincée, dont on fe¬
ra une décodion dans la quantité d’eau
néceflàire pour qu’il refte une livre de
coiature, à laquelle on ajoutera quatre
onces de gros vin rouge, dilTolvant dans
le mélange deux onces du meilleur miêi
blanc & deux onces de teinture de lac-
^que, ou à fon défaut pareille quantité
d’eau vulnéraire. Ce gargarifme fera
mis en ufage en le faifant tiédir à mefure
qu’on voudra l’employer.
DE M E D 1 C I N E. §I
^11 auraikfoin plufîeurs fois pax jour
'de relever la luette & le voile du palais
avec une petite fpatulc. On aura aujE
recours une ou deux fois par jour à la
poudre füiyante, que l’on portera fur la
luette & le voile du palais avec la même
fpatule, laiflant cette poudre attachée
aux parties , & retirant la fpatule.
PO V DRE.
Prenez d’amidon , de balauftes en
poudre,& d’antimoine diapborétique,de
chacun deux drachmes, dont vous com-
poferez une poudre.
On pourra dans la fuite fe fervir de la
poudre fuîvante à la place de la pre¬
mière. .
AVTRE POVDRE.
Prenez de tutie bien préparée, de ca¬
chou brut réduit en poudre, & de co¬
rail rouge préparé , de chacun trois
drachmes ; d’a um de roche réduit en
poudre,une drachme, que vous mêlerez
exadement eniemble pour former une
poudre. i
On obfervera de fe fervir de ces dif¬
ferents remedes alternâcivement,& non
D V
8 l CoNSFLTÆTÏONS CHOISÉES
tout à ta fois ; & après différentes teiï-
tatives ^ on donnera la préférence à
ceux qui paroîtront les plus utiles. -
A fégard du régime de vivre, Mon-
fîeur s^en tiendra à celui qui lui a déjà
été prefcrit dans les autres confuira--
îions, donnant avis de tenis en tems. de
fon état.
A Montpellier le 13.juin 1744,
, M O N T A G N E.
CONSULTATION XII.
une àffèBion hyflerique & cacheÜiqm^
D Ans la relation, qui nous a été comv;
muniquée on ne dit rien fur les
difpofîcîons du fang de la famille dont
Madame eff fortie4 ainfî on laifTe indé¬
cis fî elle a hérité de quelques difpofi-
tions fcrophuleufes, fcorbutiques, ca-
cheétiques, &c.
On aifùre dans cette meme relation'
que Madame a des obftruétions dâiis le
bas-ventte , qu^on a diftinguées claire-
snent en les touchant 5; mais on ne déter-^
laine pas quels font les, vifceres aâèéiés %
DE MEDECINE/ 0y
on avertit fimpleanent que dans certains
tems elle couchoit avec peine fur les
côtés, mais fur^tout fur le gauche.
La fteriîité dans laquelle Madame eft
tombée , & la fuppreffion ou. petite
quantité de fes écoulements menftruels,
qui ne paroiflent que très-rarement,dont
lient lieu de foupçonner quelque/vice
local dans la matrice -, ainii il auroic été
convenable qu’un accoucheur expéri¬
menté, & bon anatomifte ^eût examiné
avec attention l’état de ce vifeere j '&
qu’on eût-eu la précaution de nous en
informer.
Dans l’énumeration des remedes
qu’on a employés pour le traiternent dé
Madarhe J on parle du mercure :& des
pilules de Belofte , dans lefquelles le
mercure entre très-certainememenr. Lei
praticiens les plus expérimentés regar¬
dent ce remede comme fpecifique peur'
les maladies-de galanterie^ On aîièu de
foupçonner que l’époux de Madame en
a été attaqué ou avant , ou depuis foii
mariage , & ipi en avoir communiqué
des impreffions qui éxîgeroient Fufage de
ce fecours. Dans cette fuppofition , il'
auroit été nécedaire qu on eut expliqué
les accidents de galanterie de Monfietîr
D'v|
84 Consultations choisies
leur traitement, ceux dont il avoir fait
part à Madame /Se la méthode fuivie
dans la cure.
Comme on eft perfuadé de l’habile¬
té & de l’experience de la perfonne qui
a dreffé la relation , on juge que fi les
<iirconftances détaillées ci-delfus avbienc
lieu en partie ou en total, elle auroic
eu la précaution de ne pas les palîèr
fous filence. On va donc tabler préci-
fement fur ce qui eft énoncé dans la
reiation pour en tirer les indications qui
peuvent conduire à une cure methodL
que, nous réfervant le droit de la chan*
ger , fi on nous donnoic de nouveaux
éclairciflements.
Les accidents dont Madame eft fati¬
guée , & qui ont pour époque un avor¬
tement fâcheux qui lui arriva il y a fix ans
ou environ, doivent,fuivant la relation,
fe réduire à une dimmution très-confi-
derable des réglés, qui ont paru depuis,
quoique très-rarement 8 c en petite quan¬
tité ; à des obftruélions dans les vifee-
rcs du bas-ventre très rnarquées ; à des
douleurs rhumatiques mêlées de bouftëes
de fievre , & accompagnées d’une op-
preffion de poitrine très-incommode j
à des accès de fievre tierce furvenus de
DÉ MEDECINE.
tems à autre ; à une douleur de tête
violente, à un dégoût prefque conti¬
nuel , à de l’iéquentes, i omgueSj & for¬
tes convuliîons, à des douleurs dans
lé bas-ventre avec une conftipatioh ha¬
bituelle , & à -une inflammation qui a
paru fur. la gorge & conftamment iîxée
fur les ïéux ùc les paupières qui fe trou¬
vent très-gonfiées J & abreuvées d’une
lymphe épaiffe , avec des douleurs plus
ou moins vives dans les ïeux , difficul¬
té à fupporter la lumière , des tiraille¬
ments dans ces parties ,&c une infom-
nie trop fréquente. Les paupières d’ail¬
leurs fe trouvent collées le matin l’uné
contre l’autre , par une chaflie épaiflé.
Madame a perdu la couleur naturelle
de fon tein , qui tire préfentement für le
pâle ou le jaune j elle fe plaint d’une pe-
fanteur dans les membres Ôc d’une pa«
refle qui font journellement des pro¬
grès J elle a été fujette à des boutons
qui fe font diffipés par l’ufage des to¬
piques.
Pour peu d’attention que l’on fafle
au grand nombre d’accidents que l’on
vient de décrire , on ne fçauroit mé-
connoitre le caraéiere de la maladie pour
laquelle on demande confei4& qu’on
CoNSTfLTATION'S CHplSlES
doit regarder comme tine affedion va,*
poreufe hyfterfque , & mêlée de quel¬
que chofe qui tient du cacliictique. Oiî
conclurra de plus que tous ces iymptô-
mes, malgré leur complication, ont été
produits .^font aéluellement entrete¬
nus par la fechereliè , répaiffiiiement ^
êc la faumure , de la portion lymphati¬
que du fang & des autres parties inte*
grantes qui le corapofent. ^
La furpenfion ou diminution confi-
derabie des écouiemencs menûruels a
beaucoup contribué à troubler la dépu¬
ration & l’affinage dont la malîe du
iàng a befoin, & mêrhe a caufé les obfc,
îrudions des vilceresdu bas-ventre qui
ne nous font connues que Confufement,
Les digeftions fe font reïTenties niécel-
fair ement de la diipoffiion vicieufé de
la lymphe digeftive, §c le mélange con-
îinuel d'^un cbyle mal travaillé dans les'
principaux tuïaux de la circulation ^
multiplié de plus en plus le défor dre des
liqueurs quia ffiivil-avortement, ouïes
eaufes qui Tont précédé,& fur iefquelîes
nous ne pouvons rien dire de précis.
Pour fuivre les réglés de la bonn^
ptàtiquedans le traitement des accidents
4écailiésci-deffiis 3 , le Confeil juge qu^
DE Médecin î. 2j.
l’on doit fe propofer de rétablir Toeco-
nomie des digeftions , de rendre la lym¬
phe & les autres parties intégrantes dtî
fang plus fluides ôc plus coulantes, d’en ,
diminuer la raumure qui a pris le delFus ^
de débarrafler les vifcerés du bas-ventre
qui font obflrués & de leur redon¬
ner la liberté de* leurs fonctions, 8 c
en particulier à. la matrice , celles
des écoulements menftraels. On efpe-
ïe que ces indications, pourront être
remplies par le fecours des remedes'
qu’on va avoir l’honneur de confeiller»
Suppofé que les ïambes de Madame
ne foi eut point enfléeSjComrne on a lieu
de le croire,on commencera par une fai-
gnée du pied, dans laquelle on tirera
deux palettes de fang , & le furlende-
main de la faignée on purgera fous cette
formule,
P V R G jit IO jsr.
Prenez rhubarbe concaffée une drachi-
me ; fleurs de violettes deux pincées
faites bouillir dans Teau de fentaine
dilîblvez dans* huit onces, de colature
deux onces de manne de Calabre , &
une once de fyrop de fleurs de pêcher,
f âites une potion qui feraprifelernatiru
dt Consultations ^ choisies
Si cette médecine ne. purgeoit pas af-
fez, on y ajoiitefoit une drachme de
follicules de fenné.
Immédiatement après, Madame boi¬
ra pendant fix matins le bouillon fui-
vant.
BOV IL ION.
Prenez racines de pivoine mâle con-
calTées une drachme; deux écievilïes de
riviere étouffées dans l’eau chaude , &
pilées dans le mortier de marbré ; feuil¬
les de pimprenelle &c de fcolopendre de
chacunes une demi-poignée ; douze clo¬
portes lavés vivans, & écouffés dans» le-
vin blanc ; faites un bouillon avec un
ieune poulet. -
Pendant les fix matins fuiyants Ma¬
dame üfera du demi-bain domeftiqué
tiede, ou elle demeurera uneheure cha-^
que fois , avalant à la fortîe une on
deux taffes de feuilles feches de meliffe
ou citronelle préparé^ à la maniéré du
thé , pour revenir pendant fix nouveaux
matins aux mêmes bcMÎllons, & réité¬
rer le même purgatif à la fin.
Madame boira enfuite pendant une
dixaine de matins cette préparation de
petit lait.
3b E MEDECINE.
PETIT LAIT.
Prenez une chopiiie de petit lait tiré
du lait de chevre en le faifant cailler
avec les fleurs de chardonnette , & fé-
paré de fon fromage en le laiflant égou-
ter à travers un linge j clarifiez-^le avec
le blanc d’ceuf , , ajoutant dans le tems
de la clarification fommités fleuries &
feches de mille pertuis une pincée , &
huit cloportes lavés vivans & étouffés
dans le vin blanc , de maniéré qu’ils
bouillent légèrement pendant le tems'-
de la clarification ; diflblvez dans la co-
lature autant qu’il faut de fucre roïal.
On tentera de nouveau d’abord après
le demi-bain domeftique tiede pendant
neuf matins avec l’inflifion de feuilles
feches de citronnelle à la fortie,pour re¬
prendre encore le même petit lait, les
demi-bains étant de nouveau finis ^ pen¬
dant dix nouveaux matins , terminant
ces remedes par la médecine ordinai¬
re.
Vers le vingtième du mois d’août
Madame boira pendant fix matins les
eaux de Spa ^ qu’on aura foin de faire
dégourdir ou tiédir en les buvant. La
$0 CoNSULTATÏOKS CHOISIES
quantité de ces eaux pour chaque ma¬
tinée n’excedera pas celle d’une pinte
demie dans le commencement,& celle
de deux pintes mefure de Paris dans la
fuite, lî elles palTent bien. On diffou-
dra le premier jour de la boiHbn dans
le premier verre deux onces de manne
& vingt-cinq'OU vingt-huit grains de
rhubarbe en poudre -, on en fera de
même le fixiéme jour dans le pénultie- .
me verre..
Avant de commencer la boidbn des
eaux , on examinera fi les pieds ou les
jambes de Madame font enflés, & dans
ce cas-là on éviteroit la boiflbn. On en
feroit de même fi les.obftrudions du bas*
ventre étoient très - confiderables, ou
fi les eaux ne paflbient pas bien. Mais
fi au contraire leur boiflbn a bien réuf-
fi pendant le tems marqué ci-deflus, on
lahîèra repofer Madame pendant quel¬
ques jours , après lefquels elle recbrn-
mencera la boiflbn & la continuera
pendant fix matins avec les mêmes pré¬
cautions pour le purgatif.
Les chaleurs de l’été étant tombées,
Madame fera relfaignée du pied & re¬
purgée avec la même médecine, pour,
prendre immédiatement après pendait
B E M E D ï C I N E.
neuf matins ce bouiilonjréicerantla mê-^
me médecine à ia fin.
BO,V ILLO N,
' Prenez racines d’année & de pivoine
mâle concafTées, de chacunes une drach¬
me ; deux écrevilîès de rivière étouffées
dans Peau chaude & pilées dans le mor¬
tier de marbre ; feuilles de chicorée
fauvage & de crefTon de fontaine , de
chacunes une demie poignée ; douze clo¬
portes lavés vivans, & étouffes dans le
YÎn blanc ; faites avec un morceau de
veau un bouillon ; & diffolvez dans trois
cuillerées de la colature tartre martial
fbluble dix-huit grains'; avalez cette fb-
lution & buvez par deffus le relie d®
bouillon.
Pendant les douze matins fuivants
Madame aura recours à la même pré¬
paration de petit lait'confeillée ci-defl
fus, avalant crois quarts d’heure,ou une
heure auparavanr^ce bol^ & employant
à la fin le meme purgatif.
B 9 L.
Prenez poudre de guttete & falTra»’
Consultations choisies
de mars apéritif préparé à la rofée da ;
mois de mai, de chacun douze grains ;
cloportes en poudre Sc extrait de rhu¬
barbe , de chacun fix grains 5 faites un
bol pour une prife avec le fyrop des
cinq racines.
Suppofé que ces remedes eulTènt pro¬
duit de bons effets , on redonneroit à
Madame les mêmes bouillons, le mê¬
me bol , & le même , petit lait dans le
même ordre,& avec les mêmes circoiif-
tances prefcrites pour leur premier ufa-
, ge-* ■
On pourra baffiner les ïeux une ou
deux fois-par jour avec ce collyr^
. CO L LT R E.
. Prenez eaux de fenouil de rofes ,
de chacune quatre onces ^ dilToivez-y
une once de vin émétique •, faites un
collyre qui fera employé tiede.
Si mieux on n’aime employer celui
cjui fuit.
^VTRE COL ETRE.
Prenez graines de fenouil ' doux une
drachme j fleurs de camomille & de me-
DE MEDECINE. 9^
îilotde chacunes une plncée;faites bouil¬
lir légèrement, puis infufer dans une
chopine d’eau de fontaine, DilTolvez dans
la colature un gros de tuthie préparée ,
& deux gros de fucre candi • faites un
collyre pour s'en fervir au befoin<
Pendant i’hiver Madame ufera trois
fois la femaine dans la première cuille¬
rée dé foupe,à l’heure de fon dîner, du
faffran de mars apéritif préparé à la ro-
fée du mois de mai, à la dofe de huit à,
dix grains.
On paîîè fous hlence leTrégime de vi¬
vre, comptant que Monfîeur le Méde¬
cin ordinaire pourra le confeiller plus
. à propos, & fe regler fut les differents
changements dont la maladie eft fufcep-
tibie, & qu’on ne fçauroit prévoir.
A Montpellier le 2.0. juin 174 4.
Sigrié , M O N T A G N E.
04 Consultations choisies
CONSULTATION XI IL
Sur ms ajfeÜion mèlancholiqus
& hyfierique.
L Es maux & la pefantcur de tête ’
les éblouilîements, le vertige, l’ab-
batement de refprit, le trouble & la
confülîon des idées "dont Madame eft
fatiguée, fur-tout dans le tems de Tes at¬
taques de vapeurs ; la fufîbcation plus
«U moins violente; la palpitation da
cœur ; l’envie de vomir ; le vomiiïement
communément mêlé de matières bilieu--
fes ; les cardialgies & la foibielTe qui
les accompagne -, le gonflement & les
grouillemens qui fe font fentir dans le
bas - ventre ; les inquiétudes quelques
fleures après avoir mangé, êc même le
matin fans avoir rien pris ; les coliques
très-fréquentes; la douleur des reins;
les laflîtudes générales ; les douleurs va¬
gues; la' couleur jaune qui paroît de
tems en tems dans différents endroits
de la peau ; les pertes blanches qui pré--
cèdent ou fuivent les rouges ; l’augmen--
tation de prefque toutes les incommœ-
BE MEDECINE.*
Allés ënopcées avanc !e dévelopemenc
des mois ; leur fufpenfion trois ou qua¬
tre jours après qu’ils ont fini, &: leur
retour après ce terme j la^ fenfibiiité de
la malade au moindre chagrin ; la craiiT-
te 6c latriftelfe qui agitent prefque fans
ceflè fon efprit *, & les idées défagréa-
bles qui redoüUent dès qu’il Survient
quelque nouvelle circonftance j tous
ces accidents, dis-je , càraderifent par¬
faitement la maladie pour laquellé on
demande confeil, & que l’on doit re¬
garder comme une afiedion aiélancho-. ■
Tique hyltérique. ;
Cette foule de fymptomes, malgré
leur complication, dépend néai^Tsoins de
deux caufes également fimples, c’eft-
à-dire , de répaiffiflêment & de la fau-
mure de la mafiè du fang, & en naême
tems de la trop grande élafticicc ou ten-,
fion fpafmodique du genre nerveux.
Le tempérament vif & bilieux de
Madame prouve clairement l’état vi¬
cieux des fluides & des folides que l’on
vient d’établir , ^ qui a été confidéra-
blement augmenté- par les mauvaifès
digeftions, & par les embarras qu’on
a lieu de foupçonner dans le foie. L’a¬
bus que la rnalade a fait des alimenEs
5<5 Consultations choisies
cruds ■& indigeftes en afavorifé le'
progrès, auffi - bien que les embarras
de la matrice, marqués par les pertes '
blanches. A toutes ces caufes on peut
joindre les groiïélTcs déjà nombreùfes',
-& très-incommodes, par lefquelles 2vla- ‘
dame a pâlie.
Pour-tirer tout, le parti poffible des
accidents énoncés ci-delTus, on doit fe
propofer de rcdreflèr les fonctions de
ieftomac,de le rendre moins fenlîble,
de procurer une divilîon ménagée à la
jmafle du fang, d’en diminuer la faumu--
rc qui a pris le deflus, de redonner au
foie 6 c aux couloirs utérins la liberté
de leurs fonétions , & enfin d’alïouplir.
& de détendre le genre nerveux qui a
perdu là foupleire. On efpere que ces
indications feront remplies par le moïea
des remedes fuivants.
On commencera par donner quatre ;
foîrs de fuite à l’heure du coucher le re»
mede ci-joint. . '
POTION.
Prenez d’eau de menthe 8 c d’arthe- -
mile, de chacune deux cuillerées ^ de fel i
d’âblynthe quinze grains j de fyrop de J
limons^ <
B î M E D s C I N E. ' ^
limons fix drachmes ; de teinture ann-
dyne de Syndenham quinze gouttes ,
dont on fera un mélange exaét.
Après quatre jours d’ufage de ce petit
pilep , Madame fera purgée avec deux
lcrupules de rhubarbe concalîee , deux
pincées de fleurs de pêcher, & une pin¬
cée de fommités de petite abfynthe ^
dont on fera une décodion , dans un
grand verre de laquelle on laiflera in-
fufer pendant la nuit à froid une drach¬
me & demie de fenné , dîffblvant le
matin dans nnfuflon coulée une once &
demie de manne & une once de fyrop
de chicorée compofé.
Pendant les cinq matins fuivants
Madame prendra un bouillon fait avec
un morceau de collet de mouton , une
drachme de racine de pivoine mâle con-
caflee, d'eux écieviflès de riviere étouffées
dans l’eau chaude & écrafées dans un
mortier , & une petite poignée de feuil¬
les de chicorée amere. On jettera dans
le pot fur la fin de la codion huit ou
dix cloportes lavés & étouffes dans le
vin blanc,que l’on fera légèrement bouil¬
lir durant quelques minutes avant de
couler le bouillon.
Pendant les cinq matins fuivants j
^l'orne ll^ E -
.«sS C^ÎNSUtTATlOîîS -SHOTSÎES
Madame ufera de ce bol, avalant paf-
rdeffùs une bonne talfe d^infufion de'
feuilles feches de citroneiie préparée à
h maiiiere du thé.
B O L. ,
Prenez de poudre de guttete ^ de
conferve de kynorrhodon , de chacun
quinze grains- d’extrait de genièvre & de
îhubarbe.de chacun huit grains ; de tein¬
ture anodync de Sydenham fx gouttes 5
mêlez le tout enfcmble , & y ajou¬
tez quelques gouttes de fyrop de ca- '
piiiaire pour former un bol.
Aiant réitéré la même médecine à
îa fin de ces remedes, Madame pren-
ÆÎra pendant cinq matins le demi-baia
domeftiquetiede^où elle demeurera uaë
heure chaque fois, buvant à la fortie le
fooinlion concilié ci-deffiis ; pour re¬
venir d^abord après au même bol & à
îa même infufîon pendant üx autres
•matins , qui feront fuivis du mên^
purgatif -
Madame, s'étant repofée pendant une
femaine , aura recours au demi - bain
domèftîque tiede pendant fix matins V
fe fervant de la même infurion de eh-
-s "E M e D E Cl N'E.
-trcnélle à la forcie, &, après quatre jours
de repos, elle ufèra encore du demi-
î)am'& de l’infulion pendant iix autres
•matins..
Après une iufpeolÎGn d’une Semaine
la malade boira pendant fix matins
les eaux d’Yeuzet, mais dégourdies-oà
îîedes. La quantité de ces eaux par ma-
;tinée n’excedcca pas celle de deux pin¬
tes, ou de deux pintes ôc demie , mefu-
re de Paris , qu elle avalera dans Tefpa-
'Ce de deux heures en différentes repri^
fes. On diiibudra le premier jour de la
boiflbn dans le premier verre deux on¬
ces de manne , -& vingt grains-de rhu-
ibarbe en poudre. On en fera de même
le dernier jour dans le dernier verre.
Si les eaux ont bien palîe.. Madame
en interrompra la boiflbn pendant cinq
■ou fîx jours, après lefquels elle la re¬
commencera, pour la continuer pendant
fîx matins avec les précautions déjà
prefcrites. .
On verra après ces remedes l’état oâ
la malade fe trouvera , , fi les demi-
Isains lui avoient été favorables, elle ea
reprendroit encore une demi-douzaine
le matin avec l’infuhon de méliffe à la
ibrtie.
lOO Constjltatioks choîsies
L’automne prochain Madame , aiant
été purgée , emploiera pendant cinq
matins les bouillons prefcrits ci-defTus
& d’abord après le bol, auquel on ajou¬
tera huit grains de cloportes en pou¬
dre , avec l’infufion de mélillc pendant
fix nouveaux matins -, & aiant réitéré le
purgatif 5 elle reviendra aux mêmes
bouillons & au même bol, avec l’infu-
.fîoii durant cinq matins chacun , finif-
fant par la même médecine.
. Suppofé qu’avant de recommencer
les premiers touillons le vomiiTement
fubfiftât g on fe ferviroit pendant quatre
foirs du julep antiémétique , avant de
venir au purgatif. -
On compte qu’après l’ufage des bouil¬
lons & du bol que l’oii vient de fixer à
dix jours chacun, l’eftomac fera en état,
de fupporter le petit lait ; ainfî peardant
les dôme matins fuivants, Madame e»
boira un grand verre qu’on tirera du lait
de vache ou de chevre caillé le foir avec
la, prefure ordinaire , ôc qu’on féparera
de fon fromage en le îaiiTant égoutter
pendant la nuit à travers un linge, pour
le clarifier le matin avec le blanc d’œuf.
On y jettera pendant cette, clarification
.Luit cloportes lavés &: étouffés dans le
DE MEDECINE^ lOÏ
vin blanc , &: une pincée de fommités
de menthe , auxquels on donnera une
ébullition de quelques minutes avec le
blanc d’œuf, y éteignant en même tems
quelques petits doux touillés & rougis
au feu. On diflfoudra dans le petit laie
coulé un peu de fîicre roïal, & on re¬
purgera à la fin. On fuppofe pour l’exé¬
cution de ce remede que Madame ne
devienne pas enceinte.
Pendant l’hiver, Madame ufera trois
fois la femaine. dans la première cuil¬
lerée de foupe à l’heure de fon dîner ,
du fafîfau de mars apéritif ptiéparé à
la rofée du mois de mai, à la dofe de
fix ou fèpt grains; fuppofant toujours
l’exemption de grolîeffè.
Il eft abfolumenr nécefl^ire que Ma¬
dame garde un exaéfc régime de vivre ^
quelle fe nourrifife avec des potages à
la viande, du bouilli & du rôti. Elle fe
privera des ragoûts, de la friture , de
la patilTerie , des falades , des fruits
cruds, des légumes 8 c de tous les alt-
ments venteux , indigeftes, ou échauf¬
fants.
Les remedes 8 c le régime de vie que
l’on vient de propofer feront très-inu¬
tiles , û Madame ne prend le parti de f®
E iij
'toi. 'CôNSTrLTATïONS CMOîSîES
îraiiquillifer, & de modérer fes inquié- ‘
tudes, & Tes vivacités. Elle a befoiii de
fe diffiper par la promenade , par la:
fcéquentation des compagnies, ou elle
pourra prendre des plaifîrs honnêtes 3,,
& par toutes fortes d’occupations amu-
fentes, & propres à croifer le panchant
quelle a à, réfléchir fur Tes incommo^
dites, & à s’allarmer fur le. dénouement
qu’elle en doit attendre.
A Montpellier le 14. Juin 1 7'4-,4^
St^fîé ,, M O K T A G N. E.-
CONSULTATION Xi^
Sur un flux hémorroïdal avec enflure auxc
. chevilles ^ gante aux orteils , jamijfâ^-
m vïfage & aux leux , dijpcuhé dé-
rejpirer'-, flethore ^bourdonnements d.o^-
reille , &e.
L e flux hémorroïdal dont MonfleuÉ'
a elfuyé depuis, quatre ans dîffereiiv
tes attaques,, tantôt plus fortes & Ion-'
gües,, tantôt moins violentes & moins;
fréquentes mais qui pourtant n’ont:
EoiiîE .cédé.; en. entier ni.au. tems j ni aux:
B ï M f D E c ï k^e; rof
yemcdes j les légères enflures qui ont’
paru pendant un an aux chevilles ; les-
accès de goûte’ qu il a Icntis aux gros
orteils des deux pieds , mais qui n’ont
pas eu de fuite 5 la couleur jaune da
fort vilâge & du blanc des ieux ^ la di-
' minution de" fon embonpoint de fès
forces y quoiqu’il ait confervé fsn ap¬
pétit ; la difficulté de refpirer qui fur-'
vkrtt lorfqu il fatigue ou qu’il monts ;
l’état de plénitude & de force de foff
|?oals, fans fievre 5 le battement fixé dans:
Fintérieur de la-tête , fur la poitrine ,
fur l’épine jufqu à l’os fàcram , avec un
bourdonnement d’oreille; la fortie d’une;
hémorrhoïde qui donne priacipaiemenf
du fang lorfquil va au baffin ; fe, pe«'
■fanteur d’èftoœae ^ les rapports dcfo-
deur des: œufs couvés r-l’état pâteftx de"
là bouche ;; la plus gtande conlifteneç'
& i’acreté de fa falive^ i’augmentatioffi
des battements des artcres de là tête j,
qui précédant l’arrivée du âiix hémor.»
rhbidaf; & enfin la douleur qui fur vient'
par fois aux deux genoux avec înfom-
nie ou interruption du fommeil 5 tous>
ces accidents, dis-ic; font les produc¬
tions d’un fàiig^fèc 5. épais , & acrim©^»/
204 Consultations choisies
La conftitution vicieufe des liqueurs
que Ton vient d’établir , & qui étoit at¬
tachée au tempérament bilieux , fenfi-
ble , & plein d’ardéiir & de feu, du ma-
iadCj, a été extrêmement augmentée par
foii intempérance dans le boire & le
manger, dans le commerce avec les -
femmes , par les fatigues outrées de là
chalïe , & par celles qu il s’eflr données
fans aucun ménagement pour fuivre les
événements, de fes affaires domeftiques.
Le flux üémorrhoïdal extrêmement
abondant, en diminuant brufquement
la quantité du fang néceffaire pour les .
fonctions de la vie, en a troublé l’oeco- '
nomie > Taffinage qui doit fe faire jour¬
nellement de la maffe du fang dans le
fyftême vafculeux a été dérangé ; les
digeffions font devenues imparfaites, &
félon toutes les apparences la feparation
de la . bile dans le foie n’a pas été libre\
comme Tiétere , Sc la couleur jaune du
vifage le prouvent évidenîlnent» Les
changements furvenus dans les. fluides
ont porté leur impreflîon fur les foli-
des , qui ont perdu leur foupleffe, &
font tombés dans un état de roideur
ou tenfîon fpafmodique,.
Il neft pas également aifé de déter*
»s Medïciîte, 105^
toiner fî les deux gonorrhées viruleii-
fes dont Monfieur à été attaqué autre¬
fois , n’ont pas influé & n’influent pas
encore dans le dés^elopennent, & l’o-
pinârreté des fymptômes détaillés ci-
deflùs , parce que l’on ne connoîc
point les remedes emploies pour le
traitement des deux maladies de ga¬
lanterie , ni quel a été leur caradtere.
On ignore fl elles font tombées fur les
bourfes ,, fl elles ont été accompagnées
d’accidents violents ^ fl on les a fuppri-
mées par des inledions, fl on s’eft fervî
de remedes convenables-, fl pendant
leur ufage le malade a gardé le régime
de vivre néceffaire pour que les fecour&
travaillent folidement fur la-caufe^
En attendant dTautres écTairciflements',
fl on juge à. propos de les' donner , le
Confeil croit que,pour fliivre les réglés
de la bonne pratique^on doit fe propofeir
de reélifler les digeftion', de divîfer la
mafle du fang fans y mettre le feu
d’en corriger l’acrimonie qui a pris le
deflüs , & de:, redonner au fyflême
des fciides. k fouprelle qui fui manque.
On efpere: que ces indications feront:
ïempfies pat le moien des remedes fuii-
€ôksultatiow« choisies
Suppofé que le flux; 'hémorrhoïdà!:
ïi’exifte pas aduellement, on commen¬
cera à; purger. Moiifîeui fuivanc cetce-
forraule.--
■ EU R G AT 10 M
Prenez pulpe dé tamarins une oncc^'
inoëlle dé calfe récemment extraite, &
BQU mondée de Tes noiaux deux onces"--
riiubarbe concaflee & feï d’Epfom dé;
cbacuii une drachme v fleurs de mauvé:'
de, pêcher, de. chacunès une demi-
poignée; faites bouillir dans l’eaudê fon¬
taine dîflblvez dans une. chopine de-
ccslature deux onces & demie dé man- .
ne; dé Calabre ; faites une potion pout:
^lîx dofes , qui ' ferontpriles de matin
îaîflànt entre elles, deux heures d’inter—
Valico
Mais il en- recevant cette Cônfaita^-.
Hon,, Ip malade avoit fon flux hémor—
îhoidal, on attendrok qu’il fût fufpendu ;;
ôn pcurroit rnêmé faire une pecite lai—
' gnée du bras, II on la jugèoit néceflaire,.
jLÎna , foit que l’on purge , foit que l’on .'
ïenvoïe la purgation, on donnera pen¬
dant. dix; matins un bouillon fait avec.:
.ma.jéwnê-’pQ.ukt. ^ leseuiilès dé quatre.:0a-r
' JJX' M"e B E C Î N I; ÎÔ7
dnq’grenouilles écorchées & écrâfees ^
^eux- écrevîfTes de rivierè étouffées
dans rèau chaude & écrafées dans un
mortier, & une poignée en tout de feuil¬
les de pimpinelle & de millefeuille, Sc
de fommités d’orties gtiéchès, fe fer¬
rant de la liiédecine confeillée ci-dedus ■
à la fin,. '
Pendant les douze matins fîiivants 3,
Monfîeur boira^aine-écuellée de petit'
Jàit qu on tirera du lait de chevre ou
de vache caillé le foir avec la prefùre^
■ordinaire , 8 c qu’on féparera de fon fro¬
mage en le laiflant égoutter pendant la-,
nuit à travers un linge , pour le clari--
fîer le matin avec le blanc, d’œuf. On ‘
y jettera pendant cette clarification une ’
■pincée de fommités feches & fleuries-
d’hypéricum , y éteignant en même"
îëms quelques morceaux- de fer -rouil--
ll's & rougis au feu,.. On difloudra dans:.i
lè petit lait coulé deux cuillerées de fuc^
d’orties bien dépuré un peu de fùcre-'
roïâl, Tepur|eant. à-la fin avec le
me rernedl. ^
Gn pourra' tenter enfuite' pendane:
îîeuf matins le demi-bain 3,. & mêmffî
dans la-ifuite le bain domeftiqae entier ^
âlié"demi=^aüiïéüfEt.ç.où'ie rmiade-dd»'
io8 CoNStîLTÂ'noîrs cîtoisîeî
nieutera une heure chaque fois, ava-^-
lant a la fortie unt bouillon fait avec
uu jeune poulet, deux écrevilTcs , Ôr
une demie poignée de fommités d’orties
gtiéches. Gn aura foin de faire tenir les
pieds hors du bain , par rapport aux
leaeres attaques de goutte qui ont para
autrefois^
Si ees remedes jnr eunn bon fticcés ^
qu’il ny ait point d’enflure marquée
au pied , ni d embarras dans le bas-
■¥entre,.cu la poitrine , qurpuiflènt s’y
©ppofer 3, Monflêur prendra pendant '
neu f jours les eaux de Cranfac, ©u celles
de Vie , mais tiedes ou dégourdies. Oa
difloudra le-preçnier jaur de la boifloa
dans i'e premier verre: deux onces de-
manne & une onœ de fyrop de rofes-
fokîdf • on en fera de-même-le dernier
|0ur dans le dernier ou pénultiémeverrew
Oivexatminera lequel de ces deux re-
medes a p-aru leplus favorable-, & ,après
quelques jours de repos on réitérera©a
îes bains,, ou la boi(rQadeseaux.,iaver
les mêmes précaurons , fuivant que-
Fon. croira devoir donner la préféren¬
ce à l’un ou à l’àutreo,,
L’automne prochain , Monfleur res*
fxeoditâ pendant dix. malins, les. pre-r
9 % M S' » ï C T N tf. î<5^
ïnîers'bouillons conlèiliés ci - deflus 3,
auxquels on ajoutera une douzaine de
cloportes en vie quon aura lavés Ss
ccouiTés dans le vin blanc y& d’abord
après la même préparation de petit lais
avec les mêmes précautions pour le
purgatif déjà prefcrites pour le premier
uTage de ces remedesî
Suppofé que le petit lait ait bien paC.
fé , & qu’il n’y ait ni obftruétion dans
le bas - ventre ni enflure aux jambes
qui méritent attention, on aura recours
d’abord après au lait d’àneflè entier, que
Monfleur boira le matin , & qu’il con¬
tinuera pendant une couple de mois ,
ill’eftomac s’en accommode, rnêlant à.
chaque dole. deux cuillerées de la fecon--
de eau de chaux» Le lait du matin aians
bien pafle, pendant une dixaine de jours,,
îe malade mangerait le foir à l’heurç
de Ton fouper ou un. ris, ou un avenat,
ou une foupe, au lait de vache ou de
chevre , fe purgeant, a la fin avec la me-
me médecine.
On a'oucera de deux en deux, jours à
îa première cuillerée du. lait du matin
mie poudre faite avec vingt-cinq grains
de corail rouge préparé , & douze grains
4 e-cachou brut léduit en poudreu
ITO CÔNSyflT'ATTbm- CHÔÏSÏES-
On poLirroit au refte quand le maîa-i-
de fera, préparé emporter avec lè fer.
rhemorrhoïdè qu’on a remarque four=-
nir beaucoup de fang, puifqu elle pa—
roîc lorfque le malade va au baffin ^
s^il s’èn préfentoic. quelqu’autre ou fe.-?
fêrviroic de la même opération.
Durant l’biver j.Mbnfîeur uferà de
tems à'autre 3,.ou le foir ou le matin
du lait de vache en guife-d’aliment, &'
trois fois la femafne dans la première *
èuiiierée de foupc a Tiieure de fan dî¬
ner, du fafE'an-de mars apéritif pré'-"
paré à là rofée du mois de mai la .
dofe dé huit -OU dix grains.
Pendant le cours de-, ces remedes g,
Monfieur doit fe nourrir avec des po¬
tages à la viande , du bouilli & du rod y,
s’abftenaot des ragoûts ,^^d& là friture ,,
de la patiiïérie. ^ des falades, dés fruits-
cruds, & dè tous les aliments venteux^,
groiïïers 3 Jndigeftes-,.ou échaupàncs#
ïî s’en tiendra à une maniéré de vicf
très-frugale, boira. très-peu de vin ôc"
extrêmemèm trempé ; •&, s’il paiîojtder
mauvaifes-.nuits , on lui donneroit le;’:
&1C 5,,„ou Ib fyrop dè*:'pavot blanc avscs
dèuxoM-troii.cuiileréesid’eaü-de.pjanciiivs'
V ç M e'd e c; I K- Ei, ■ ïa
0U îès gouttes aaodynes de SydenEam j.,
ou les pilules.de cyiioglolTe,-
A ^Montpellier le juin 1744,.
Signé M O N -T A s N K.
CONSÜLXÀTI-ON- XV..:-
^ m rhumatifme , avec engourdïjfements
tinîemênt doreille , fluxion au nez,, rou^ -
geur , dartre, jvivje a la face , hémor^.-
rhoides^.
E rhunîatiiîné dont 'Madame-a été' •
affligée peu dé tems après quelles
réglés ont difparu ': lés engo.urdiiièraents-
de differentes parties du corps y,qui lui
ont fuccedé qui fe font fentir fur— ,
îout“à::ià tête, avec des tintements d’o—
'reille ; la ffuxion qu’elle? a au. nez?
puis une de fes couches ; les ■ rougeuîss
& la dartre vive dé la face & enfii!:?
lés violentes attaques d’hémorrhoïdes ^,
reconnpiffent pour câufes fépaîffiflè—
ment-, la fecEerelTe, &: racreté, des li¬
queurs ^ . rabondance: du fang , & uner'
trop grande fenffbilité & tenfion dans.-
le genre nerveux,, Ea - nature particui-
liere det toutes - eeS'ffndifpofidons- dé—
fmcnîrê:. le.- eâraclere; qqe- ao.us. établi!^.
'élï CoKSUlTATIONS CH^rsiÊf
fons dans la raalïè des humeurs , Si
prouve claireraenc, que les fucs lym-r
phaîiques en ont reçu une impreffioiî
rrès-forte. Quoique le mémoire qu’oie
nous a communiqué lailïe quelque
choie à delTrer fur-tout ce qui a piécé-
dé ^ & ne nous inrtruife point alTez des:-
eaufes éloignées qui ont pu delTecher le
faiig J & le rendre acrimonieux l’on en:
découvre trois qui ont produit ce fâcheux
effet j fçavoir le tempérament vif & fec
de la malade naturellement propre
à faire prendre aux liqueurs cette .
tournure vicieufe , les, groflèfles & les-
couches nombreulês ^ fo-it bonnes foie
mauvaifes, qu’elle- a eiTuyées, & qüL
ont dû nérc{r.iîrement répuifer , 6e pri¬
ver le fang de la partie ondueufe
balfamiquê , & enfin la terrible épreu¬
ve oi elle fut mife l’a^nnée paflee par¬
la perte de Monfieur. fon fils aîné ^ qui ^
|ettanc un dérangement général dans'
rœconomie des -folides & des fluides,, a
agité- irrégulièrement la ma-ffo de ceux-
ci 5,& en a diflîpé Les parties-, fereiifes .
& volacileSo: - • •
Pour ce qui concerne la tr-dp.^ grande^
quantité du iang ,,eUe eft ici b'enconf-
tàtée par k conftitution phléEoriqiie
D E M 1 D E C î N ïr î î f
ûiiguîne de la malade par les- réglés
abondantes qu’elle avoir autrefois ; par
les pertes confidérables qui fuivoient fes^
couches, fans que cela les rendît plus
fâcheufes ÿ & enfin par les fymptômes
qui font fut venus , ou, qui ont augmen¬
té, depuis que l’écoulement périodique a
eeflTé , comme boutons , rougeurs à la
face y hémorrhoïdes. Enfin Tirritation
& l’ébranlement du fyftême nerveùx qui
conftituent ici des vapeurs naiilantes ,
font bien prouvées par l’attention que
Madame fait à fcs maux , par la fraïeur
extrême qui lui fait craindre un acci¬
dent finiftre, fans que Ton voye un fon-
demerit folidc de cette crainte , par les
tintements d’oreiile,& autres circonftaa-
ces. Cet état des nerfs & de tous les fo^
lides dépend des caufes déjà énoncées
qui ont defièché & appauvri le fang, &
aînfi roidi & tendu les filets nerveux..
Les chagrins fur-tout furvenus dans le
tems de la ceffation des réglés , ont eu
îa principale part à cet effet.
A tout ce que nous venons de dire^
nous devons joindre le vice des digef-
tions , le grand nombre des gtoiTeifes,,
la pléthore , îa tenfion des nerfs, 6c le
mauvais caractère des liqueurs j, aiani:
'sr4 Consultations choisies;
dû de touce néceffitéintcreflTer l’eftomas"
’ &- les fucs digeftifs ; & les rougeurs auî
Tifage avec la fatigue que Madame-
éprouve après le repas, nous indiquenc:
que la digeftioii eft précipitée: 8c tumuU
uieufe & que fon ceconoraie' naturel*
îe eft troublée. . ' '
Toutes ces caufes étant étabiies ,,11-
•fera aifé de déduire en particulier teus^
les maux qui affligent Madame j.. de la-,
diftention ôc engorgement des yailTeaux:
%mphatiques des parties membraneu-
fes, ou des ctmloirs cutanés par des
fijcs englués & acrimonieux :,dela corn-
,preffion que foufSrent en conféquence’
les vaiffeaux fanguihs , déjà furchargés-
d’un fang fuperâu j.ûonî rîfiûe ordinairr
Sii: fermée ; du plus grand abord de ce;
fang vers les arteres & veines hémpr-
rhoïdales ,,,qui ne lui permettent pointr
ane libre fortie ; de la cqiigeftion de ce^
, même fang vers les parties, fupérieufes'i;
êc enfin dés fecoafies irrégulières deS'^
filets nerveux. ■
Le mal ^.tel qtfil eft aujourd’hui,, ne'
préfente rien de fort dangereux, & qui'
puitïè porter coup à la durée des joursi
de Madame 5 'il fera rébeliè ^ difticite'
à. détruire 5 , L’expériencet'nous âppre?.
© E M E D 2 C î N F. Tlÿ:’
Ifraiit que tout ce qui eft rhumatifanc
dartreux , ou vaporeux , réfîfte affèz'.
opiniâtrement aux remeàes; ron croit:
cependant pouvoir fe flatter d’adoucir
infiniment toutes ces incomn;îodités^, ôc
d’en obtenir même à la longue une
guérifon parfaite..
Pour atteindre à ce but 5,. les indica¬
tions que l’on a à remplir ^^font de tenir
les digeftions en réglé , de donner à,
toutes les liqueurs leur fluidité naturel¬
le , fans y jetcer la fougue & Pincendie 3.
d’en émouifer & d’en temperer l’acre-,
té , de diminuer le volume du fang ^
' d’eir empêcher le trop grand abord ver^
la tête, ôc de rendre les filets nerveux,
■ Couples & flexibles.
Le Coirfeil foufligné ëfl: unânîme-
ment convenu de fatisfaire k toutes^
ees vues par les remedès fuivahts..
L’on commencera d’abord par tirer
à la malade deux palettes de fang da
pied. Si cette première faignée la fou»
lageoit notablement, en en feroit une:
autre du bras le lendemain. On pur-^
gera.apès avec la médecine fuivante.
P V .RG AT 10 N..
Prenez, moaile; de.caflè: récemiflenè:
î ï Consultations choisies
extraite une once & demie 5 fleurs de
mauve & dé pêcher, de chacunes une
dcmi-poignce ; rhubarbe choiiie & con-
caflee cryftal minéral ^ de chacun
une drachme ; faites bouillir légère¬
ment dans une rufiifante quantité d’eau
de fontaine 5 diflplvez dans douze on¬
ces de colature , trois onces de manne
de Calabre j mêlez,& faites une potion,
pour deux dofes qui feront prifes le
matin.
Madame prendra enfuite tous les ma¬
tins pendant fix jours le demi-bain do-
meftique d'eau tiede où elle reftera
une heure , & au fordr elle avalera un
bouillon fait avec un jeune poulet, les
cuiflès de quatre ou cinq grenouilles, ,
une écreviflè de rivïere lavée au para-
vant & étouffée dans Peau chaude , une
drachme de racine de pivoine con-
caflee Sc une poignée de feuilles de
chicorée amere de jardin. L’on ne doit
ajourer les grenouilles & tout le refte
.au poulet, qu à.ia derniere heure de la
'^coétion.
Madame ufêra après pendant cinq
fours des eaux de Vais afïbiblies, en j
ajoutant le tiers d’’eau commune. Elle
cnavakra tous les matins douze verres.
B E MEDECINE, llf
ôbfervant d’ajouter au premier , le pre¬
mier jour, deux onces de manne , de
même que dans le dernier du dernier
jour. L’on examinera ii les eaux ne por¬
tent point à la tête , dans lequel cas ou
en fuipendroit l’ufage, & on les ren-
droit enfuice purgatives le troifiéme
jour avec la manne. L’on réitérera en¬
core deux fois alternativement les
bains que l’on prendra en entiers, fi la
malade les fupporte, avec le bouil¬
lon par delïlis, & les eaux minérales.
L’on ajoutera aux fix derniers bouil¬
lons cinq à fix cloportes lavés & étouf¬
fés dans le vin blanc.
Après quelques jours de repos, Ma¬
dame avalera pendant douze jours cha¬
que matin, un grand verre de petit lait,
tiré du lait de vache ou de chevre cail¬
lé avec ta prefiire ordinaire , qu’on fé-
parera de fon fromage en le laifiànt
égoutter à travers un Unge,,pour le cia-*
rifier d’abord après avec le blanc d’œuf.
On y fera bouillir pendant la clarifica¬
tion , une bonne pincée de feuilles de
fumeterre. Après-le petit lait. Madame
fe purgera avec la médecine ordonnée,
& pafièra tout de fuite à l’ufage du lait
^ âneire,qu elle continuera jufqu au mois
’îlS CoKSÜLTATIONS_, CHOISIES
de janvier. Elle en prendra cTaborâ
le matin une écuelléej quelques jours„ ■ ,|
-après .. Cl elle le fupporte bien , on lui 1
■en donnera le matin ôc le Ipir,, aiant 1
•foin alors de fouper vers les fix heüres
avec une crème de ris à l’eau au bouil¬
lon ou au lait de vache , ou un avenat,
©U une foupe ordinaire. On ajoutera au
lait d’ânelTe une ou deux cuillerées de
la fécondé eau de chaux , Sc pendant
• tout le tems de fon ufage , l’on prendra
trois jours de la femaine une poudre
compofée avec dix grains de cachou
brut, douze grains de coraux rouges ‘
préparés, autant d’ieux d’écrcvilTes, &
•de poudre de guttete.
Pendant l’hiver , Madame prendra
le matin une tdffe d’infiîhon de mé-
■ liflê-ou citronelie,-faite à la maniéré da '
thé, avalant akernativemenn pendant
, ûx jours vingt grains de poqdre, de
guttete, ou neuf à dix grains de faffiraa
de inars apéritif préparé à la rofée du
mois de mai , la première le matin &
la dernicre dans la première cuillerée de
foupe.
Au .printemps prochain , fon fera
«ne fa%née du bras à Madame ( ce fe- -
cours doit être emploie cet automne.
® î M S 3 > £ C î-îT
êc méirs plus fouvent, fi i aboodancÆ )
du faug pxenok le deflus. j Uon xepur-
gera Madame, elle reprendra les bouîl-
Ions,&le petit lait dans lequel on étein¬
dra trois doux rougis au feu, demême
que dans celui de l’automne, ce qa’cia
.avoit oublié de marquer. Elle paflera
ièniuite à l’ufage du lait de chevre^^ .
quelle prendra mêmedeux fois le jour,
éc qu’elle continuera long-tems, fe pur-
îgeant ap/ès. Dans les chaleurs de l’été
•die reviendra aux bains êc aux eaux
minérales.
La malade dok manger peu, s’abfte-
mir des ragoûts, fritures ,pacii΀ries^
-& de tout aliment de haut goût, fe
nourrir de crèmes de ris , d’avenat,de
rôti, de bouilli, de poiffon frais de ri¬
vière cuit fur le gril ou préparé à i’eau
& au fel, & d’autres alimënts humec-
îants On lui confeiile de faire tous les
Jours un peu d’exercice,, d’éviter toute
idée triftede fe diffiper & de varier
ies amufemeris. Ce genre de'vivre fer-
vira autant que les remedes à mettre
- jen fuite fés maux, qui d’ailleurs noue
rien de dangereux & d’allarmant.
A Montpellier le ti. juillet 1744»
Signés , LazermEj Montagne,
CouB-ïIAIGNE , G 0 MBAI.US JEB.^
îio Consultations chotsîes
CONSULTATION XVI. ^
Sur une virole douteufe.
L Es petits ulcérés qui parurent il y a
quelque tems fur la couronne du
gland , & fur la peau qui couvre inté¬
rieurement le prépuce de Monfieur,
avoieiit été produits par les fucs lym¬
phatiques &fanguins devenus trop grof-
iiers,&quf,apres s’être arrêtés dans les
glandes fébacées du gland, & du pré¬
puce, avoient formé de petits phleg¬
mons , & pris la tournure d’une fup-
puration imparfaite , comme la liqueur '
jaunâtre qui découle de ces petits ulcé¬
rés ne permet pas d’en douter. Le re¬
tour de ces petits ulcérés arrivé depuis
reconnoît la même caufe , & une nou¬
velle fuppuration dans les glandes feba-;
eées de ces mêmes parties, où les ulcé¬
rés fe font renouve' liés.
La formation des petits phlegrpons
dans les glandes fébacées dont on a fait
mention, fuppofe un état d’épaiffiilè-
menc & d’acrimonie dans la matière
lymphatique qui s’écoule naturellement
dans ces glandes, & par conféquent la
même.
®E Me»ECIKE. lit
inlme conftitudon vicieufe répandue
dans toute la maffe dufang -, mais il n’eft
pas il ailé de décerroiner fi le dcfordre.
des liqueurs cft une fuite du tempéra-,
raent du mabde & dbne caülè ordi¬
naire , ou fi fon doit l’attribuer à un
levain vénérien caché dans le faiig, &
quia été communiqué par Tapprochc
d’nne femme gâtée.
Il eft confiant que les petits ulcérés
ont paru pour la première fois après
un commerce fufpeft, & les perfonnes
qui les ont exajninés d’abord ont jugé
qu’on devoit. les regarder comme ^e
petits chancres-, cependant ils fè font
diflipés dans peu de jours par de fîm-‘
- pies lotions d’eau tiede. Le retour de,
ces petits ulcères donna lieu à un nou¬
vel examen, Se püifque le Médecin ou le
Chirurgien ont été d’a,vis d’emploïer la
ptifane fudorifique qui diffipa ces acci¬
dents, ils ont cru qu’ils étoient entre-
I tenus parmi levain vénérien.
On a eu occafion de voir quelqu’uns
de ces petits ulcérés en dernier lieu , Sc
on les a trouvé défigurés, 5 c femblables
à de petites écorchures, fans callofités
& làns aucun fîgne démontré de vérita¬
ble chancre.
Tome JL V
il! CONSÜLTATIONS CHOISIES
Sur ce que l’on vient d’avancer , il
refte un foupçon violent que les petits
ulcérés qui font le fujet de cette Con-
fultarion , reconnoillènt pour caufc pri¬
mitive un levain vénérien, qui a paffe
dans lefang de Monfieur par le moïen
du commerce qu’il a eu avec une fem¬
me d’une vertu très-fufpeéte. Cette idée
paroit d’autant plus folide qu’il eft d’un
tempérament fain , & extrêmement ro^
bùfte, qu’il n’a jamais eu d’autres maux
vénériens , qu’il fort d’une famille où
l’on jouit d’une bonne fanté, & qu’il
n’avoit jamais été fujet à de pareilles in¬
commodités avant le commerce en quef-
.tion.
Pour ne-pas. donner dans un parti
qui tienne de la précipitation, le Cou*
icil eft d’avis que l’on commence par
redifier les digeftions, & par adoucir,
en même tems humeéter, lâmalTe du
farig ; aiaiit foin^de joindre quelques lé-
gérnncififs, dans la vue de corriger
-le fond d’épaiffiftement & d’acrimonie
qui eft démontré dans les liqueurs. On
fe propoieraen même tems d’emporter
la caule de ces petits ulcérés ^ fi elle eft
(impie & non vénérienne , ou de pré¬
parer le fang au feui remede fpécifique.
SB MirvïCïSE; îi^
Capable (ie guérir radicalement , il le
levain vénérien a occafionné ces ulcé¬
rés. Monteur aura d’ailleurs le tems de
s’obferver , & de s’allùrer par les évé¬
nements il ce qui e,ft eaeké dans le
fang ne le développera pas par des
figues non équivoques. On va donner
un-détail des remedes qui paroifient le
plus propres à remplir les indication*
combinées qu’on vient de propofer.
Monfieur commencera par prendre
pendant dix matins les .eaux d’Ÿeuzet
qu’on aura foin de faire tiédir , ou dé¬
gourdir , en les buvant.. On difloudra le
premier jour de la boifibn dans le pre¬
mier verre deux onces & demie de-man¬
ne , & vingt'grains de rhubarbe en
poudre ; on aura les memes précau¬
tions le dernier jour dans le dernier on
pénult-îéme verre.
Immédiatement après, Monfieur bor-’
ra pendant une douzaine de matins un
bouillon fait avec un jeune poulet, ou
un .morceau de maigre de veau, une
drachme & demie de racine de Iquine
coupée par tranches, deux écrevîfièsde
riviere étouffées dans l’eau chaude &
écrafées dans un -mortier , & une poi¬
gnée en tout de feuilles de chicorée
F ij
IZ4 CoNStri'TATIOKS CHOISIES
amere &de pimprcnelle *, il fera purgé à
la fia avec une once de tamarins ; une
drachme de rhubarbe concalTée , & de-
mi-poignée de fleurs de mauve ; donc
on fera une décoélion , dans un grand
verre de laquelle on laiflerainfulèr pen¬
dant 4â nuit deux drachmes de fenné j
dillolvant l'è matin dans i’infufion deux
onces de-manne. -
Pendant- les vingt ou vingt-cinq ma¬
tins fuivants--, Monfieur prendra une
icuellée de lait de vache ainfî préparé. '
Prenez douze onces de décodîon
d’orge-entier '& autant délaie de va¬
che-, que vous -jetterez dans un Yaiflèaii.
propre pour expofer le'mélange à uii
feu très-doux -, on écrémera à rriefurc
que la pellicule fera formée , & on
continuera de même jufques à diminu..
tion dd quart, di flot vaut dans la co^
iattire Un peu de fucfe roïah, & aiâht
ïeco.urs-^ au même -^purgatif à-la fin. f
" Monfieur bafîînera là partie-affedée
de tems'en tems le matin, avec un
mélange de parties égaies d’eau tiede
4 c de vin- blancou bien avec un pe*
0 E MEDECINE. ï i f
^’eau tiede à laquelle il ajoutera quel¬
ques gouttes d’eau-de-vie ordinaire ,
ou bien d’eau vulnéraire, autremenc.
dite eau d’arquebufade 5 il pourra aülîî
jetter un tant foit peu de cerufe en,pou-
dre fur les petites écorchures fi elles s’ir-
ritoient, ou bien fe fervir de l’onguent
rofat bien récent, ou d’un cerat com-
pofé avec l’huile d’amandes douces , &
la cire blanche, & récemment faicjèït
y ajouteroit ou un peu de cerufe , ou un
peu de litharge réduite en poudre im¬
palpable..
Enfin, Monfieur peut emploïer un
peu de charpi râpé , & l’appiiquet
îûr les endroits entamés , :faifànt cou¬
ler le prépuce furie charpi , &lè teUant
fixé par le moïen d’un bandage for l’en- ,
droit affeété ; il changeroit deux fois
par jour le charpi, qui dans fa fimpli-
cité fournit un des fiecours les plus fo-
lides pour pareilles incorhmodités.
Le printemps prochain , Monfieur
fc fera faigner du bras , & fe purgera
avec la médecine confeillée ci-deflus ,
pour prendre d’abord après les mêmes
bouillons, auxquels on àioutera les coif¬
fés d’une^ demi douzaine de grenouil-^
les, & qui feront fuivis du lait de cher
'^4 COHSULTATIOKS CHOISIES
Yre coupé avec la décoétion d’orge,
obfervanc le même ordre & les mêmes
précautions prefcrites pour rautomne.
S’il furvienc quelque chofe de nou -
veau, Monlîeur aura la bonté d’en don¬
ner avis, & s’il paroifllbic quelques fï-
gnes de l’exiftence d’un levain vénérien , -
B prendroic fa derniere détermination
pour paffer par le grand rcmede ; ce
que l’on l’exhorte auffi de faire abfolu-
Eient s’il venoic à fe marier, pour fe
mettre en tranquillité fur les événe¬
ments qu’il devroit craindre ,-Sc pour
î«i-même.& pour fon époufe , ^ pour
les-enfants qui poüxroient provenir de’
fon mariage.
Pendant lé cours de ces remedes,
Monfieur fe nourrira avec des potages
à la viande, du bouilE & du rôti-, il
évitera toutes fortes de débauches &
d’exçèsj&s’àbftiendra des ragoûts,des en¬
tremets , des falâdes , des fruits cruds,
& de tous les aliments groffiers , in-
digeftes , ou écbaufFaiits.
Délibéré à Montpellier le 25. feptenî-
bre 1744. Signé ^ Montaoke..
DE MEDECINE. lij
CONSULTATION XVII.
Sur uneGou'étre a la Nuque,
L Es deux tumeurs contiguës & pla¬
cées à la. partie poftérieure &
périeure du col qui om commencé à fe
former depuis fept.ou huit ans ou envi¬
ron pour s’augmenter jufqu’àu point où
elles font aujourd’hui, doivent leur ori¬
ginel: leur âCcroilTement à là congef-
tion d’une matière lymphatique dans
.quelques glandes conglobées ,&à celle
d’une matière fébacée ou grailfeufe dans
les véficules ou poches du corps cellu.-
laire qui fournit le fîege des tumeurs.
Il eft très-difficile de déterminer fans
donner dans le hazard , s’il y a une ex-
travaration réelle des matières ramaflées
dans les tumeurs , ou fi elles font enco¬
re renfermées dans leurs tuyaux de con¬
duite qui fe font prêtés à leur adioa &
à leur volume ; mais en maniant les tu-
fheurs dans toute leur étendue , on dîfi-
tingue clairement des duretés lympha¬
tiques dans le voifinage des parotides,&
Mil gonflemeac molalfe dans le centre
F iiij
,'ï;hg Consultations choïsies
de chaque tumeur, 6 c dans l’endroit de
leur adoiïement.
Le caradere épais & groffier de la
lymphe 8 c de la matière fêbacée ou hui-
leufe contenue dans les tumeurs eft une
fuite nécelïàire d’une femblable confti-
tution répan Jue dans toute la malle du
fang. On ne fçauroit y méconnoître
d’ailleurs un fond d’acrimonie , fi on a
égard au tempérament plein d’ardeur &
dé fendu malade , à la fatigue occàfioiï-
née par Ton commerce 6 c fes voyages-,
êc enfin à l’abus qu’il a fait du vin de¬
puis long-tems» Les indigeftions aux¬
quelles il eft fu}et,& la diarrhée bilieufe
qui terminent cette incommodité , ne
permettent pas de douter que les fonc¬
tions de l’eftomac n’aient été dérangées",
& . que le mélange d’un chyle mal tra¬
vaillé dans le fang n’ait entretenu fou
état vicieux , auffi bien que fes prtf-'
grès.
Comme il n’’eft point permis de fe
fervir du fer pour détruire les tumeurs
qui font le fujet de cette con fui ration ,
êc qui ont beaucoup de rapport aux gbuë-
tres, ou aux loupes de differente efpece,
^on va feulement fe propofer de reftifier
les digeftions , de rendre la malTe da
C î M E D E c î K ï. 119
îâiig plus fluide & plus coulante , d'ert
corriger l’acrimonie qui a pris'le deflùs ,
& de préparer ^ un égout aux matières
renfermées dans les tumeurs, (ans expo-
fer le malade aux inconvénients de l’o¬
peration par le fer. On fe flatte que ces
indications feront remplies par le moïen
des renredes fuivànts.
On a confeillé à Monfieur d’allei:
boire les eaux de Balaruc,dans îidée dé
remplir en partie la première indication, '
d’autant plus qu’il eft extrêmement fu-
jet à la bile.; Après qu’il fe fera rendu
chez lui,, & qu’il y aura pris quelques
jours de repos ,.onle faignera du bras,
& on lui tirera deux: boniaes palettes
de £ang ,, pour le purger le lendemain
avec une once de tamarins , une drach¬
me de rhubarbe concaflee & deux pin¬
cées de fleurs de pêcher , dont on fera
une décoction,dans une.livre dé laquelle
on laiflèra infufer pendant la nuit deux
drachmes 5 c demie dé fenné, diflblvânt
le matin dans l’infu.fion coulée deux on¬
ces ou deux onces & demie de manne.
Cette médecine fera partagée en deux
Terres que Monfleùr boira à deux heu¬
res de diftance l’un de l’autre.
Fendant les dix matins fuivànts, Mon-
Ev
ifo CoWSTJITATIOW CHCîrsrES
fieur boira un bouillon fait avec un moti
ceau de maigre de veau „ ou de coller
de mouton , une drachme de racine de-
fquîne coupée par tranches , deux écre-
vilTes de rivière étouffées dans l’eau
chaude , & écrafées dans un mortier ,
tme poignée en tout de feuilles-de cref-
fon de fontaine, & de chicorée amere^
On jettera dans le pot fur la fin de la
eoffion douze ou quinze cloportes la¬
vés, & étouffes, dans le vin blanc. Oit
réitérera la même ‘taédecine à la fin.
Pendant les douze matins fuivantsî
Monfieur ufera du bol fuivantV& ava¬
lera par deffus une ou deux tafïès d’înfu-
fion de théou de feuilles feehes de cfi-
Êronelle préparée à. la maniéré du thé,,
terminant l’ufage du bol par le purgav
tif'prefcriî ci-deffus^
B O U
Prenez antimoine diaphoretique ^
cloportes préparés ,, de chacun quinze-
grains ; faff an de mars apéritif prépa¬
ré à la rofée de mai, dix grains ; extrait:
de rhubarbe fix grains •, faites un bot
avec une ruffifante <q«antké de %rop de
çâf iliaire^ ^
B E M E D E C I H 1. r^T
Monfîeur boira enfuite pendant doû-
ze ou quinze, matins une écuelléede pe¬
tit lait qu on tirera du lait de vache le
fbir avec la prefure ordinaire, & que
î’on réparera de fon fromage en le laifL
faut égoutter pendant la nuit à travers
un linge ^ pour le clarifier le matin avec
le blanc d’œuf ; on y jettera pendant
Gctte ela-rification huit cloportes lavés
&: étouffés dans le' vin blanc , que l’oft
fera légèrement bouillir durant quelques
minutes avec le blanc d’oeuf, y étei¬
gnant en même tems deux ou trois
doux rouiilés & rougis au feu , & re¬
pu rgeant à la fin avec la médecine or¬
dinaire^
Pendant l’hiver 'Monfîeur prendra afc"
teniativement trois fois la femaine un
bol fait avec quinze grains de cloportes
en poudre qu’on incorporera avec quel-"
ques gouttes de fyrop de eapiiîairejpour
avaler ce bol le matin, & par deflùs une'
©U deux tafîés de thé , ou dix grains de
faffiran de mars, qu’il enveloppera dans
la première cuillerée de loupe à l’heure
de fou dîner^
Le. printemps prochain on aura re--
■cours- aux 'mêmes bouillons , an pre--
Eiier. bol ^ &. en&ite au petit laitol^
ï ji Co-ïC5irî.TA7IOK& CHOISÎfS
férvâiit en tout ce qui a été confeiire:;
pour le premier ufage de ees remedes.^
On pourra durant cette mêtne fàifoii
appliquer aa centre de chacune de ces
tuniears une pierre à cautere , feifant
même l’application d’une fécondé pierre „
fi l’on jugeoit que l’efcarre de la pre¬
mière n’eût pas porté aflèr loin dans le
corps de la tumeur. Cette opération
pourra fe faire en deux temsjî on le ju¬
ge néceffaire, laiflànt deux ou trois jours,
dlatervalle de l’une à l’autre.. On mé¬
nagera la- féparation des efcarres fui-
vant les réglés ordinaires, & on les élar-*
gira avec le biftouri-, fi cette attention
paro-ît nécefiaire. On entretiendra ces
deux égouts, & fi l’on voyoic que les
tumeurs dimmuaflënt beaucoup par leur
moïen on prqfiteroit de cette dirai-'
nution' pour les détruire peu à peu en
entier fuppofé que les ckconftances
favorifaflènt cette entreprilè , qui der
mande beaucoup de prudence une
parfaite connoiflance de la bonne Chi^*
rurgie. Si dans la fuite- on ne trouvoit
^s fon cornpte à faire durer - ees-deux
égouts 5,on les laifièroit fermer , comme
on a accoutumé de le pratiquer à l’égard'
<&s cautères, ordinaires^.
/ E M E I> E C î- N E, Î5 J
Pendant L’ufage de ces remedes Mon-
£cur gardera un Wn régime de vivre ,
& fe nourrira avec des foupes à k vian¬
de , du bouilli & durod il boira trcs-^
peu de vin,& extrêmement trempé- ;;, ref-
tera-tranquille chez lui, & s’abftiendra
des ragoûts, de la padflèrie , de la fri--
ture, des éalades-, des fruits craàs, des
legumes , & de tous les aliments giof-
fiers, indigeftes, ou échauffants^
A. Montpellier le i8» offobre 1744,
-Signé , M O H T A, G N- É.
C O N S ü L T A TIO K XT I I I.
Sur une- Coliqm Néphrétique-.
O N voit très-clairémenrpar la rela¬
tion qui nous a été communiquée
que Madame la-Confultante eft fujette
à des attaques de colique néphrétique
depuis un an environ , durant lequel
tems elle a fouffert dix attaqucsî On à
foin de nous faire obferver dans le mé>
naoire, que ces attaques précédent de
quelques jours fécoulèment. menftruel
êc qu elles font terminées par des fables
qui font châtiés dans les urines^
1^4 CoNsmirATro^s choisîis
Monfieur Hori nous a aufli fait re-
marquée que la mere de la Confultante
cil fujecce à de pareilles attaques de co»
lique , qui, à la vérité font moins vi-
Tes & moins fréquentes.
Cette maladie reconnoît pour caufê
une foibleflTe dans les reins mêmes ,fea--
Toir une délicatelTe’ & un relâchement .
dans les tuïaux fécrétoires de Turine ,,
avec un état d’épaifîîflement dans laiym--
phe i ainli la matière deTurine en paflTant
dans fes propres tuïaux fécrétoires n’é-
t?nt pas âÎFez fluide coule avec peine; leÿ
vailfeaux urinaires étant un peu foîbles
ne peuvent chafler & fouetter cette ma¬
tière fèreafe /thargée de parties fablq^
nëufês. Il arrive donc que les petits
grains de fable s’y dépofènt Sc par fau¬
te de véhicule , à la fuite du tems s’yr.
, accumulent à Un point quils engorgent
çà & là ces canaux ^ ce qui détermine
mie attaque de colique néphrétique ^
qui fubfifle jufqu’à ce que ces graviers;
foient tombés dans lès uretères 6c dans;
h. veffie. , '
. Cet état de foibleffe dans les reins y,
êc cet état d’épaifliflfement dans la paî^
tie Hanche du fe.ng ^ fe préparoient de'
ïong tems chez Madame la- Cmîfultaii-
& E M- î: D i e’ r N-1. rjf
te, §C naturellement on doit foupçpn-
Her qu’il eft ancien,quoiqu'elle n’ait Ibufi-
fcrt d’attaques que depuis un an.
, Âinli quant au prognoftic de cette
maladie, pu doit s’attendre quelle ré-
fîftera Imig-tems aux remedes , & que
fi on lés negligeoit tant foit peu les at¬
taques deviendroient & plus- fortes^
plus ftéquentes dans- la mite ; que ce
n’eft que par un ufagelon^ & métho¬
dique des remedes appropiiés dans ce
cas qu’on peut prévenir ces incom-^
modités ^les guérir ,, ou du moins les-
Éendre beaucoup moins fréquentes,, Sc
moins domioureufes j, la malade eft en¬
core à tems par fon tempérament êc
parce qu elle s\ prend de bonne heure.
Les vues qu’on doit le prop'ofer pour
J parvenir font de fecourir la malade:
dans te tems même de l’attaque , êc eit^
fuite dé travailler à en prévenir d’autres..
C’eft pourquoi dans l’attaque de coli¬
que , il faut faigner la malade du bras
fiiivant fon état de fuivant la fievre
une fois,, deux fois que l’on ne peut
abfolnment déterminer , ôt que nou^
lailTons à la prudence de Monfietir le
Médecin ordinaire..
Dans le même tems ;le plus fâ r m
Co-ÎÎWStTATIONy ca©ISrES
mede , eft de donner à la malade une,
potion anodinecomme il- paroîc qü’on
a déjà fait, ajoutant uii grain del'auda-
aum- à. la prenaiere prife ;■ &/uppofé que
la malade n’en reifentît pas du foulage-
ment, une heure après environ on luf;
donnerok encore un demi grain , même
ou un grain de laudanum,dans quelques
cuillerées d’eau de lys ou autre eau
convenable , ou bien on le mêleroic:
avec deux onces d’huile d’amandes dou¬
ces récemment tirée.. Monfieur le Mé¬
decin qui a. déjà, ordonné des remedes à
la maladp , rçaura mieux la quantité de
calmant qu’il faudra dans ce cas..
Durant, l’attaque oii boira ou de l’eau
de poulet , ou de l’eau de ris ,, ou de
l’infufion des fleurs de mauve & on era
boira beaucoup. On fe tiendra alors à
des bouillons fort légers non point
fiicculents..
Quant aux vues qu’on doit fe propo-
fer pour' empêcher le retour des' atta¬
ques,, il faut s’attacher à reétifien les.
digeftions qui doivent fe faire très-mal
chez Madame la Gonfulcance , à les feu-
tenir toujours-en bon état j on doit en-
feite humeûer la maffe du fang U de !»
- graphe ^ l'a divifex doucement ^.fans f
BêMeDICINE. IJ-y
occanonner de fougue, l’adoucir un peu,
& enfin on doit tâcher de rendre les
Euïaux urinaires plus fermes , en leur
refticuant leur ton naturel.
Pour cet effet on commencera ,auflî-
tôt après la confultation reçûe , les re-
medes fuivants, évitant de ne rien fai¬
re pendant, l’écoulement des menftrues ,
& pendant les attaques fufpendant les
derniers remedes, fe contentant de ceux
que nous avons^marqués ci-défliis.
On fe fera faigner du bras , à la va¬
leur d’environ neuf onces de fang : le
lendemain on fe purgera en deux verres
avec fîx onces de.^batons de cafTe c6n-
cafîes, qu’on fera bouillir pendant demi-
heure dans ce qu’il faut d’eau pour for-
mer deux verres de médecine. Sur la fin
on y ajoutera une drachme de fel d’An-
.glererre , ou à fa place une drachme de
fel polychrefte , ou de fel végétal. Ort
lai fiera ainfi le tout julqu^au lendemain
fur les cendresxhaudes, pendant la; nuitt
ayant coulé ôc partagé en deux prifes ^
dans la première on fera difioudre deux
onces de manne , & dans la fécondé
une once feulement.
Le lendemain de cette médecine on
commencera les. bouillons faits avec dét
158 CONS.ULTATIONS CHOISIES
mi-livre de veau , ou autrement huit
onces de veau, ou de collet de mouton •
une drachme de racine d^'énula campa-
na concaflèe ; fur la fin de la codioti
on ajoutera deux petites éereviffes de
riviere lavées & écraiées en vie , & une
poignée de chicorée amere de jardin t
ayant laille bouillir ainfi après ces ad¬
ditions environ un gros quart dlieure ,
011 exprimera bien le bouillon 5 on ne
prendra rien après jufqu’à midi.
Ayant pris huit ou neuf de ces bouil¬
lons , on fe repurgera comme ci-deiTus, ,
pour paffer de fuite à fufage du lait d*à-
nefle , ou du petit lait de vache , ou bien *
à ropi.ate fuivante, qu*oii employeraau
cas que. la malade ifeûc pas reftomâc
en bon état, & que Monfieuc le Méde¬
cin ordinaire jugeât cette opiate néceC
faire pour mieux faire palTer ie laitage,
O ? I AT E,
Prenez pour chaque prifè demi-
drachme de conferve de fcynorrho-
don , quinze grains de terre figillée pré¬
parée , autant de. corail préparé J fi 011
a de bon extrait de rhubarbe , on pour¬
ra y en ajouter quelques grains j mêles
deMidïcîne. «35"
îetout enfemble avec ce qu’il faut de
fyrop de lierre terreftre , ou de tuflik-
que pour former un bol.
On prendra ainfî cette opîate pen¬
dant quatre ou cinq matins , avalanr
par deffiis une tafTe d’infufion de méiiiîe
en maniéré de thé.
Après quoi de fuite on pafFera au laie
d’ânelTe qmon continuera ^ fi on peur ,
pendant un mois & demi ^ à la valeur
d’environ douze onces chaque matin ,
y ajoutant un peu de fucre en poudre j
on ajoutera encore à ce lait deux cuille¬
rées de la fécondé eau de chaux , cha¬
que matin des premiers jours , & fi le
lait pafle bien enfuiie , on l’ajoutera de
deux jours Tun feulement.
Pendant l’ufage du lait, on prendra
trois fois la lèmaine une poudre com-
pofée avec douze grains de terre figillée,
& autant de coraifidans quelques,cuille¬
rées d’eau de fleurs d’oranges.
Si on n’a pas commodément du lait
d’âiiefiè, on prendra le petit lait de va¬
che fait avec la prefure , à la même do-
fe ^ & avec les mêmes attentions, qu’on
clarifiera avec le blanc de deux ceufs, y
jettant alors une bonne pincée de fleurs
d’hypericum 5 qu’on continuera peiv
Ï40 CONSULTATIOHS CHOÏSSES
^ant trois femaincs, ou un mois, fioii .
peut. Pendant îe refte de l’hiver on fe
repofera , prenant feulement trois à
quatre fois la femaine, fept à huit grains
d’acier préparé à la rofée , à la première
cuillerée de foupe , & le matin on ava¬
lera une taffe -d’infufion de mélilTe eii
maniéré de thé.
Au printemps on refera tous ces mê¬
mes remedes , continuant le lait d’ânef.
fe alors pendant trois mois environ, ce
que nous préférons au petit lait de vache.
Dans l’été on prendra trois dixaines
de demi-bain domeftique j un chaque
matin, avalant à la fortie un bouillon
de poulet tout hmple. On y reliera en¬
viron une heure -, on fe repofera douze
a 'quinze jours d’une dixaine à l’autre.
Dans l’intervaîlé on prendra cinq à
fix: jours > ou huit jours même, les eaux
d’AvailleSjObfervant d’y ajouter la man¬
ne à la première & à la derniere prife;’-
en n’en boira que trois à quatre livres
chaque jour ,, & on les fera dégourdir
auparavant., Nous confeillons- d’ufec.
une fois lemois duremede de Monfieur
de Baville , décrit dans. Monfieur Tour-
nefort & dans Chomel, ne faifant alors
pendant les deux jours d’autres reraedes
DE MEDECINE. I 4 Ï
Tous ces fecours fout inutiles, fi
en n obferve un bon régime de vivre •
iis feroient même nuifibles, £ ou n’y
etoic pas attentif, pendant l’uiage fur-
tout des laitages. C’eft pourquoi on fe
eondiiita avec fcrupule de la. maniéré
•fuivailte pendant un an environ, fur-
tout au moins pendaÿit les remedes.
On fera toujours gras , fçavoir , en
foupe bouilli & rod. On ne mangera
point de ragoûts , ni autres chofes qui
foieat épicées ou trop falées -, on ne
mangera point de viande noire, ou très
p.eu -, on ne mangera point du tout de
cochon ; on évitera de manger du fro¬
mage, des confitures de quelque ^efpéce
qu’elles foient, des fruits ou fecs ou ré-,
cents 5 des herbes Ç des racines ,, des
châtaignes , des laitages outre ceux que
, nous avons marqués ,& non point au¬
tres niets qui foient préparés avec le lait,
de crainte qu’ils ne s’aigriflent dans l’ef-
tom.ac de Madame i elle ne mangera
pas non plus'de patifTerie *, elle pourra
feulement manger au deffert quelques
bifcuiîs fort légers Si Vieil cuits ; elle
boira de bonne eau de fontaine , y ajou¬
tant ta nt foit peu de vin, évitant les ii-
- queurs ôç fyrops-, elle aura foin de ne.
Î42. Consultations choisies
pas beaucoup veiller , ôc elle fe cou¬
chera de bouiie heure ; elle évitera de
s’échauffer ou par le travail , ou par
des exercices violents, ou par conten¬
tion d’efprit : toutes ces attentions font
abfolumenc néceflàires & eflentielles
pour guérir. Nous faifons obferver
qu’on ne donnera point 2e lavement
pendant l’attaque de colique néphréti¬
que ; on ne faigne'ra même pas pendant
ces mêmes attaques.
Délibéré à Montpellier le 12. novem- I
bre .1 7 4 4- Signés Montagne,^ |
F i Z E s 5 & P E T I O T. i
Le remede dont Monffeur dé BavlIIe
Intendant du Languedoc , s’eft ifî. bien j
trouvé dans lès attaques de colique né--. i
phrétique efl: décrit dans Chomel pa-^ ♦
gedeux cent vingt-cinq tome premier,&:
dans Tournefort, hiftoire des plantes
ffes environs de Paris , page treize.
Yoici la copie de trois differens mé- ;
moires compofés fur fonufagejqu on ne
fera point fans doute fâché de trouver icL- |
D E î^î E B E C 1 N E. ' 14^
I. M E M O I R E.
Sur les vertus admirables de la poudre
de chaujfetrape ( calcitrapa)
pour guérir la colique néprhétique ^ qui
. fe prépare fidellement par les fieurs Par-
talez. & Teifinniere , ApoPicaires Ar-
tifies 4 Montpellier,
C Ette excellsnte poudre a guerî dans
cette Province un grand nombre
de perfonnes qui en ont ufé , parmi
îefquelles il y en a d’un grand mérite.
De fi heureufes expériences lui ont don¬
né dans l’Europe une grande réputa¬
tion , qui en produit un débit confîdc-
rabie. Les fenfibles douleurs que cette
maladie caufe , obligent tous ceux qui
les refièntent à chercher des remedes
pour s’en délivrer - ils les trouvent dans
Tufage de cette poudfb. On Ta donnée
ci-devant différemment ; les uns la don-
noient feulement le vingt-huit de la
lune , les autres en donnoient trois prî-
fes durant trois m,atins de fuite ; préfen-
tement on a reconnu qu’il étoit plus fur
4‘e guérir le .malade en lui en «^nnaiie
144 Consultations choisies
lîx prifes pendant trois jours coniecutifs
matin & loir, dans quatre onces du
meilleur vin blanc qu’on trouvera , &
de conamencer a en prendre lorfque la
douleur commence.
Et pour faciliter au malade une plus
prompte guerifon , on lui fera prendre
pendant lefdits trois jours fur le midi.
huit onces de ptifane faite d’eau de fon¬
taine, d’une pojgnée de pariétaire;, d’u¬
ne drachme d’anis & autant de falEafras,
dans laquelle on fera^ fondre une once,
de fucre candi, qu’on fera boire le plus
chaud qu’il fe pourra^
Cette plante decakkrapa,ou chardon
étoilé, croît en France en divers en¬
droits , & on a reconnu que celle qui
vient autour de cette ville fait un plus
grand effet que les autres ^ étant prépa-’
rée fidellement dans le tems que toute-
la vertu de la plante réfide dans la raci¬
ne , cueillie le jour de la lune qu’on a
remarqué qu’elle fait plus d’effet, choi-,
fie exadement, rejectanc le cœur dt .
■ première peau, ne prenant que la moyen- '
ne où réfîde fa vertu , qu’on fait fecher
à l’ombre entre deux papiers, & on
ajoute à chaque prife compofée d’une
dïachine . dix grains de fon fel iis;e pour
et MtDECINS. '
î& tendre parfaite , qui Tanimant de
1 enciere vertu de toute la plante , lui fait
produire de très-bons eflèts,d’où s’enfuit
la guerifbn du malade.
Pour éviter le retour de eette coliqaej
&: de -femblables, douleurs , on prend
fîx prifes de cette poudre ; fçavoir, trois
prifes les-trois derniers jours de lâ lune ,
ïe matin à jeun , & les autres trois pri-
fcs les trois premiers jours de la lune ,
le foir en fe couchant ^ on peut conti-
îîuer autant de lunes qu’on le jugera
iréceflkire.
^ î I. M E MOIRE.
Remede pour ta Collfue Néphrétique. .
O ,N fait cueillir vers la fin du mois
de feptembre la racine de chauflè-
trape, en latin cardans ftetlams ou calci~
trapa. Après qu’on en a une .certaine
quantité, que l’on a bien mondée , 011
n’en prend que la petite peau , qui ell:
une pelure fort fine , brune par dehors
& blanche par dedans, que l’on fait fè-
cher à l’ombre, & à l’abri de la poulEe-
re. Quand elle eft bien feche , on la met
Tome IL Q
14^ Consultations choisies
' en poudre fubtile ^ dont on .prend une
drachme le vingt-huitième jour de la lune
de chaque mois, le plus matin que Ton
peut, dans quatre ou cinq doigts de viii
blanc qui ne foit ni aigre nï au bas Le
ioir du même jour que l’on a pris cere-
mede , on fait infufer le remede fui-
vaut. On met dans un pot de terre qui
Ile fert qu à cela , & qui ne tient qu'un
peu plus de demi-feptier d’eau .,une poi¬
gnée de pariétaire , herbe qui croit aux
vieux murs. On la nettoye bien de tou¬
tes ordures & on la lave , après quoi
on la met dans le pot avec une drachme
der-bois de falTafras, uiiè drachme d’anis
& pour un fol de canelle fine. On met
ie pot devant un feu clair pour le faire
bouillir l’efpace d’un m'tfirere. On re» ■
tire apres le pot de devant le feu, on
le couvre de papier & de fon couvercle,
& on le met fur les cendres chaudes.
Le lendemain^vant de prendre le re..
mede, on remet le pot devant le feu
clairç, pour le faire rebouillir un autre
efpace d’un ^mijenre-. Quand cela eft fait
on met dans une écuelle d’argent deux
onces de fucre cand^en poudre. On
verfè riiifufion par deflus avec e;xpreCp
fion du marc, C^and-le fucre eft fon-
DE M ï B 1 C ï N 1, ï 47
éa , on le prend le plus chaud que l’oa
|)eut, & on demeure après trois heures
ians rien prendre, ce qu’il faut obferver
âuflî après la prife du remede précédent*
I I î. MEMOIRE*
Remede la Colique NéphrMque ^
^our la Goûte.
I L faut prendre le vingt-huitièmejouf
de la lune de chaque mois-, le plus
matin qivil fe pourra / une drachme de
poudre de calcitrape, dans un verre de
vinhlanc , & relier enfuite trois heures
{ans rien prendre. Le même jour fiir le
foir. I on mettra dans u0 petit pot qui
ne fervira qu’à cela , un demi-feptieç
d’eau J une poignée de pariétaire, une
drachme de bois de lalTafFras , une
drachme d’anis , 6 c pour un fol de ca-
nelle fine , ôc l’on fera bouillir le tout
devant un feu clair, Tefpace d’un mjè~
rere ; après quoi l’on couvrira le pot
d’un papier & de fôn couvercle , & on
le laillera fur les cendrés chaudes. Le
lendemain matin l’on fera bouillir ce
pot comme ci-devant j cependant Ton
148 Consultations choisies
mettra dans une écuelle une once de
fucre candi en poudre , îk 011 coulera
par deiïus rinfufion avec expreffion du
marc , Ôc dès que le fucre lèra fondu ,
l’on prendra ce remedé le plus chaud
que l’on pourra , ne prenant rien que
trois heures après. L’ufage de ces deux
remedes ne change rien , foit à l’égard
de d’exercice que l’on fait ordinaire,
ment, ou du régime de vie.
, CONS Ü LT ATION XIX.
Sur une gomrrhêe en imagination.
M Onfieur fe plaint depuis quelques
■années de dôuleurs plus ou moins
inquiétantes, 8 c d’un feu prefque contL
ttuei à la verge , dans le canal de Tu.-
rethre., fur - tout dans le voihnage du
gland, aux tefticules, 8 c au perinée. Ces
fentiments de chaleur & de douleur s’é¬
tendent iufques dans le bas-ventre. La
déleciion de l’urine eft; accompagnée
d’ardeur , 8 c elle fort involontairemt nt
quand le rbalade veut la trop garder j
il .coule dans la journée quelques gout¬
tes d’une matière jaunâtre 8 c qui tache
D E M E D I C I N i; I49
m peu la chemife. A ces accidents fè
joignent quelques douleurs dans la poi¬
trine après des applications ou des fati¬
gues un peu confîderables & il femble
à Monfîeur que dans ces circonftances
le poulmon s’attache aux côtes.
Comme ces dilFerentes incommodC
tés font farvenues , ou fe font fait fen*
tir après le traitement d’une gonorrhée
virulente & lès reraedes appropriés pour
une guérifon folide , le malade craint
^ue la cure qu’il, a effuyée n’ait pas.
été complette , qu’il ne lui refte encore
un levain vénérien dans le fang, & que
ïa gonorrhée virulente ne recommence;
Le Confeil ne voulant rien négliger
pour mettre l’efprit de Monfieur en re¬
pos , en lui fournifllànt toutes les rellour-
ces qu’il peut attendre de la Médecine ,
juge qu’il convient de faire les réflé-
xions fui vantes
La gonnorrhée virulente ayant été
un peu négligée pendant quelques jours,
on prit le parti de recourir à plufieurs
faignées , à des ptifanes rafraichiflàntes
êc tempérantes, à des bouillons adou-
cilTants, à des émulfions, & à une dicte
convenable. Le grand feu & les acci¬
dents âïant beaucoup diminué , on pur-
îf® CONSUETATIONS CHOÎSIIS.
gca avec une médecine en deux verres ^
on vint à Tufage du petit lait, on fè fer-
vic des pilules ou entroient les prépa¬
rations de mercure- adoptées pâr les
meilieurs praticiens, & on les continua
pendant vingt-cinq jours pour le moins^
On ne négligea pas de donner la pti-
fàne fudorifique pendant vingt ou vingt
cinq jours. On fit fuivre l’umge du lait
entier ou de fes préparations, aulîi-bien
que la boilîbn des eaux minérales d’Yeu-
zet , des bains domeftiques , & enfin on
donna des friétions aux cuilîes , au pe-
linée, & dans le voifi nage,avec la pom¬
made mercurielle ordinaire..
Les praticiens les plus experimentls
M qui fe piquent de traiter les maux vé-..
aériens avec plus de régularité, ne fçau-
roient difconvenir que lé traitement ne-
jfoitdes plus méthodiques, & qu’il tfâit
été- éxéeuté julqu’àu fcrupule, fur-tout
s^àgifTant d’une gonorrhée virulente qut
ae tomba point fur les bourlçs ,,qui îie>
fut point cordée, ôc dont l’écoulement a;
toujoiKs été abondant & long.
Quoique Tbii dut naturellement regar¬
der le- malade- comme- radicalement
guéri après la cure énoncée ci-délfus 5,
fout le. m,i£.ttre dans, uneruteté. à toute:
DÉ Medeci né.
cpfenve , on Ta depuis fait palTer par le
grand remede. On l’y prépara par vingt-
cinq bains ou environ , par le petit lak
qu’il prit da,ns le mêaie tems , par les-
faigiiées & les purgations ordinaires en
pareil cas-, & par un régime très-régu-
fier 5 il reçut douze ou quatorze £ric~-
tions & eut tout le corps entierensent
couvert ; on employa fix onces de pom¬
madé faite dans la proportion reçue dé
tous les praticiens. Le féjour dans les
linges fut de trentèrciiiq ou trente-fix
^ours , les urines fournirent avec abon¬
dance J le remede fut terminé par une
lignée & une purgation , & pendant
toute la durée le malade but le lait deux
fois par jour,& obferva une diete éxaâfe.
ïl revînt dans la fuite à l’ufage des eaux
minérales & du lait ; on joignit même
celui du baume de Canada par rapport
au petit écoulement qui fublifte après
le grand remede.
Ces faits , qui Ibnt connus au mâhêe^
& dont ilj ne Içauroit difconvenir , ont
engagé le Confeil à donner toutes lés
attendons pour porter une décilion con¬
forme aux réglés de là plus laine prati¬
que , & il juge que les accidents qui fub-
fiHent encore ne font nullemenc de^
G, iiij
Consultations choisies
pendants d’une caufe vénérienne , mars
plutôt de râereté du fang attaché au
tempérament , d’une foiblelîe des glan¬
des du canal de l’urethre , ou des prof-
tates , & des impreffions qu’ont foufFer-
tes les paxties affedées, principalement
pendant la vigueur &c la durée de la go¬
norrhée. Il femble thème qu’on pour-
roit aflfurec qu’on a en quelque maniéré
abufé des remedes , far-tout dans le
traitement dé la maladie,qui donne très-
rarement la verole lorfque la cure eft
des plus défedueufes.
Les vues que l’on doit avoir préfente~
ment fe réduifent à divifer avec beau¬
coup de'douceür la mallè du fàng , à
modérer fa fougue & fon acrimonie , à
diminuer la fenfibilité du canal de l’u¬
rethre & du col de la vêflie, à redonner
uux parties qui paroilTent encore affec¬
tées le reffort qu’elles ont perdu, & en¬
fin à deffecher ou tarir la foiirce du lé¬
ger écoulement qui rettc. On efpere
que ces indications feront remplies par
le moien des remedes fuivants.
Monfieur pourra commencer par fè
faire faigner du bras, & te îendemaih
de la faignée on le purgera avec une on¬
ce. de tamarins la pulpe tirée d’mii quax-
es Medîciîîî. Tf3
teroii de cafîè en bâton fans la palTer,
fine drachme de fel d’Epfom , de demi-
poignée de fleurs de mauve , donc on
fera une décodtion , dans deux grands
verres de laquelle on laiflèra infufer
pendant la nuit à froid deux drachmes
de feiiné ^ diflblvant le matin dans l’în-
fufion coulée deux onces & demie de
manne. Cette médecine féî-a partagée
en deux verres quon donnera à deux
heures de diftance l’un de l’autre. ’
Immédiatement après ,, Monfieut boi¬
ra pendant dix matins un bouillon fait
âv^c un jeune poulet,dans le ventre du¬
quel on mettra demi once de femences
froides-, on ajoutera deux écreviflès de
riviere étouffées- dans? feau chaude &
écrafées dans un mortier , & une po:i-
gnee en tout de feuilles de chicorée
amere & d’endive, ou chicorée blanche,
avec la précaution de repurget à lafiii
avec le même-, remedé-
Pendant les vingt-cinq qu trentè jours
iuivants , Monfleur boira une ' écuellée
de lait de vache, ou de chevre, que l’on
aura légèrement écrémé à un feu très-
doux 3 y mêlant chaque fois., deux cuÜ-
îerées de la fécondé eau de chaux
le lait du matin a.bien pafle pendant : une;
Cot^SülTATIONS CHOISÏÎÎ
«iixaîne de jours , il mangera le foiir âs
fe):n fouper une foupe/ou un ris au lait
d'e vache. 0'n purgera à. la fin, avec la-
îïiédecine ordinaire.
Suppofé que Monfieuc ne put pas-;
avoir commo-.iement du làit de vacher
©U de che.vre s.ji fe contcnteroit de boi-
Ee le: matin une écuellee dè lait d-’âneflè;'
h laquelle: 5 n ajouteroit deux cuillerées?:
de la. fécondé eau de chaux , .finifiant:
©oujoufs par le purgatif..
On, aura foin d’ajouter à la premierer
^.iuillèrée dii.laît du matin , d’abord fept:
©U huit, Sc enfuite une dixaine de gcuit=-
tes du'baume qu’on a dbnné''iGi.
Cès, remedes étant finis j.,on aura re-.
cours à? l’înjeélion fuivante , que l’ons
|>ou(ïeFa.dàns,lè canal de Türethre à lài
:^veur d*uhe ferihgue foir 6 c matin
aya-nt foin chaque foisvde remplir lé cas¬
sai deux ou trois fois , & d’y: recenk
cette liqueur pendant quelques inftants-,,
;©bfervânt de la, faire tiédir légèrement
en s’èn fervâim, & delà troubler eii‘;re=^
siuanc: la bouteille auparavant.;
• MN^jEQrw‘U:, ,
itenez. eau^de pIaMUî.&: de dfe
3 E MEDECINE.
chacune cinq onces j vin de Canarie oa
mufcat, deux onces .j difTolvez dans ce
mélangé tuchie préparée & trochifques
Blancs de Rhafes de chacun une drach¬
me i faites une injeétîon pour l’ufage.
On continuera l’ufage de cette injec¬
tion pendant une dizaine de jours, après
kfquels on la fufpendra pour la réitérer
enfuite fi la néceffité l’exige..
Suppofé que les accidents & l’écou¬
lement n’aient pas fini le prîncems
prochain , Monfieur reprendra vers le
commencement ou le milieu d’avril les
mêmes bouillons , auxquels on ajoute¬
ra les çuilTes de cinq ou fix grenouil-les^ ^
faifant précéder la faignée & la purga¬
tion, ôc réitérant cette derniere à la fii>,
t our revenir d’abord après à l’ufage du
lit d’ânpire,ou à celui de chevre entier,
qu’on donnera le roadn .à la dofe d’une
écuellée avec le mélange de l’eau de
chaux comme il a été dit & qui fera
continué pendant un mois , terminant
&n ufage par la médecine ordinaire.
Pendant l’été Monfieur prendra deux
ÆiFe-rentes dixaines de bains domefti-
queSjOU le matin,mu t’après-'rfiidi vers les
quatre heures ,, lailTant un intervalle de
^uze joup d’une dizaine à l’autre , &
G vj
15^ Consultations cnorsrESf
<îans le mois d’août prochain , il bofr^
pendant dix matins les eaux d’Yeufet,,
ou celles du Cap verd dans le Bigorre ,
qu’il fera apporter chez luiv H aura foin
de les prendre tiedes., & il düToudra. '
îe premier jour de laboilTon dans-le pre¬
mier ^erre deux onces & demie dé
manne , & trois dradimes de rel d’An-'
gleterre -, il en fera de même lé dernier
jour dans le dernier verre^.
Monûeur fe nourrira pendant le cours
de ces remedes avec des foupes à la.
viande du bouilli êc du rôti ; il s’àbf- ,
tiendra des ragoûts ^ des falades, des.
fruits.. eruds:^.& de tous les- aliments de
Êauc gout;^ greffiers indigeftes ,.ûit
échauffants -^maisil doit ptinGipalement
âba-ndonner les préjugés qu’il- s’eft for^
mé fur fou état préfent, & être perfua-:
dé q.u’îl 11 a-rien à craindre du côté dit
levain vénerien^qui a été plus-que fuifie
famment détruit, après les remedes fei;
plus efficaces & les , plus appropriés dont:
' üa fait un fl long u{kge„.
A, Montpellier le rô novembre -i 74^$^
. ^ M Q-.N. T A. G N.E..
B- E M E D’ E C r N E.
^S.7
CGNSULTATrON: XX.
, ^,tÿ:r def vapeurs convuljîms , ou -plutôt épi^
leptiques',
L Es vapeurs convulfives (Tout Mon-
fieuE a déjà eiluyc differentes atta¬
ques depuis, le vingt - fepc novembre
fept eent quarante-trois font ciaire-
meiic (Témoiitrées- par les differents
fymptômes détaillés dana la relation ,
mais fur-tout par les mouvements con>-
vülfîfs que l’onarcmarquésAans les-dif-
ferentes parties du.; corps, pendant l’ac^ ,
CCS, par les convulfions prefque géné¬
rales , & par la perte de connoiflànce
qui s*eft mife dé la partie.-
On doit regarder les, attaques de va¬
peurs convulEves, qui- font, le fujet de-
cette confuitation ,, comme.,dépendan¬
tes dü caraâ:ere-cpais., lourd^.& pefiint-a
de la malË du fang^., êc d’un vice orga.»
sique fixé dans le eerveau.-
L’état de& liqueurs que l’on vient d’é¬
tablir eff prouvé par lé tempérament'
gras de MbnfieuT, par h. vîé fédéntaire:
qufil a. coutume de. mener *,jgar L’abus
^5*8 CoNSÜlTATIOîîS CJHOISÏÏÎ-
qu’il'a faic des aliments pris en trop:*
grande quantité 5. & par ion ,peu d’at¬
tention à éviter ceux qui font pefantg-
& iiidigefteSo-
Le vice organique que l’on foupçon^
ne dans le cerveau 3, femble démontré’
par les maux de tête & les pefanteurs»
de cette partie , qui précédent & fui^
vent leS' attaques, mais principalement,
par les obfervations anatomiques ,, qui?
ne permettent pas de douter de ce que-
Lbn vient d’avancer fur le vice local que;
Bon a füppofé contribuer au retour des-
attaques.
Il eft d’ailleurs naturel' de convenir
que les mauvaifes digeftions marquées-
par les pefanteurs d’éftomae, par lesf^
naufées'. , par le vomiCfement , Sc par
Tes bons effets qu’ont produits les pur--
gatifs , ont eu beaucoup de part au dé¬
veloppement des premières; attaques; y,
& doivent enoccauonner de nouvelles
i Bon ne prend le parti d’employer 1 er
moieiis les plus efficaces, pour en réta—
ilir,Boeconomieo,
Pour fuivre les réglés de îa Bonne"
pratique dans le traitement des vapeurs'?
©onvulffves ,,ppur lefquelles on denfan—
«le Gonfeil^, 011 doit fe pcogofer de.
î3 SF M'E" îT^E crr N-r^
îa'é Tes cîîgeftions en réglé , de rendre^
îk maflè du'fang plus-fluide:&5 plus cou¬
lante de la- faire rouler avec liberté*,
dans les vailîèaux da cerveau ^ & de.'
corriger,s’il eft poffible, le vice organi¬
que que fouffre ce vifeere. Gii eipere:::
que ces: indications feront remplies pm
le moien; dés remedes fuivants..
On commencera d>abord par une fâw
gnée du pied j..daiis laquelle on. tireras
Muic onces dé fang, êc on pourroic mê¬
me la réitérer vingt-quatre ou vingt-fî»:
heures après de l’autre pied', s’il y avoiEc
dès figues d’abondance de fang , ou s’il*
y avoir déjà ibng-tems que lé maFadec
n’eût- été faigné. On purgeroîc lé len¬
demain ou le furièndémain dé la pre¬
mière ou fécondé.faignée de-la maniéré*
fiiivante^.
2 V:RG AT I O
■ Ffenez" rhubarbe * eoneaflTée & feî
d’Epfem de chacun une.dfachme ; faites;,
bouillir dans l’èau dé. fontaine, & met-
©ez infiifer dans une livre dé c-olature
dèu» gros^ Sc dèmi dé fènné ^ difiblvez:
dans, lai liqueun palTée une fécondé fomj
^i£.Qii£e&s dê; manne, de Calabre
CoksuitAtioks choisies^ '
tes une potion pour deux dofeSjqui fe«
sont prifes à trws heures- de diftance
î'une èe l'autre;
On dilToudra feulement pour cette
fois dans le premier verre trois grains
de tartre ffiibié ,, ou trois- drachmes de
vin émétique^
Immédraremenf après Monfîeur
prendra' dix matins un bouillon fait avec
un morceau de collet de mouton , une
drachme de racine de valériane fauva-
ge concalTée , quatre ferupules de celle
de pivoine mâle auiîî concalTée , deux
écrevilïes de riviere éroultéeS’dans Teau
chaude & écrafées dans-un mortier-, &,
une poignée en- tout de feuilles- de chi¬
corée arpere de crelTon de fontaine;
On jettera dans le pot hir la. fin de* la
coétion une douzaine de cloportes lavés
& ét(^ffés d'ans le vin blanc , réitérant.
Ik même, médecine àda- fin., mais fenss
vomitif.
Pendantl’êS'dix* matfns ruivantSjMdn-
fieur ufera de Topiace feivanteavalant
par deffus chaque dofe une ou deux taf-
fes'd’infiiltomde feuilles feches deeitro-;
belle: y. préparée à la maniéré du tbé:^
ic; ayant recou i s au mâme purgatif fin®-
pleag-tès ïà.dixâin£u„ , . ...
DE M E D E C I NE.
O P I AT E.
Prenez conferves d’année & de kyiior-
rhodoiî de chacune deux drachmes &
demie ; poudre de guttete , & antimoi¬
ne diaphoredque de chacun deux drach¬
mes 5 racines de valériane iauvage en
poudre & cloportes préparés , de cha>-
cun quatre fcrupules extrait de rhu^
barbe une drachme ; cinnabre d’anti¬
moine une demi-drachme -, faites avexr
le fyrop des cinq racines une opiate qui
fera partagée en dix prifes égales.
Vers le quinze ou vingt mars pro¬
chain on reviendra aux mêmes bouil¬
lons & à la même opiate ,, obfervant les
précautions déjà confeillées pour le pre¬
mier ufage de ces remedes.
Ces purgations aïant précédé, Mon-
fieur boira pèndant une quinzaine de
matins une écuellée de petit lait qu oa
tirera du lait de vache ou de chevre ^
caillé le fohr avec la prefure ordinaire j,,
& qu^oii feparera de fou fromage , ea
le laiffant égoutter à travers un linge
pendant la nuit, pour le clarifier le ma¬
tin avec le blanc d^’œuf. On y jettera
pendant cette clarification une pincée;
I(j 2; CoNSifflTATrONS CHorSTES
de- fleuxs de tilleuil,, & buic clop'orres
lavés & étoufFés dans le vin blâne ^
auxquels on donnera une ébullition de
quelques minutes avec le blanc d’œuf
y éteignant en même'; tems deux ou
trois petits doux rouillés & rougis aœ
feu^Ôn dilFoudra dans le petit laitcoua.
ïé un peu de fucre roial j, & on repur»,
géra à la fin avec la médecine ci-deiruSy
Tans addition d’émétique.
Cette préparation du lait- aïant été
eniployée y u Ton peut avoir facilement
les eaux de Balaruc y Monfieur les bow
ra pendant trois matins-dilïblvant fe
premier jour de la boijfibn dans le pre¬
mier verre deux onces de manne êc
trenté grains de rhubarbe en poudre ^
& aïant la même précaution le dernier.
pur dans le pémiltiéme ou dernier ver¬
re^
' 0h compte qu’après ces précaution^
Monfieus: pourra fupporterle lak entier^;
ainfi. on lui donnera le matin peiidanç
un mois ou cinq femsaines le lait d’ânef»-
fe ©u de chevre entier , commençant'
par un grand verre montant peu à
peu jufques à la" quantité d’une écuellée.^
©n y mêléra chaque fois une couple de
cuillerées dè la. fécondé eau. de chaos y
© E . M E 0 E C 1 W Sv 1^5;
Iforgeant à la fin avec la médecine or-
dînaire^
Pendant tout le terns dü lait , Mon-
fieur prendra de deux en deux jourç
îe bol fuivant , avalant ua moment:
après fa prile de lait».
^ O L,
Prenez poTU Jre de guttete douze grains ^
cloportes préparés, fafFran de mars ape-
titif préparé, àlarofée du mois de raar^^
dé chacun huit grains ; çinnabre d’anti¬
moine deux grains Éites un bol avec:
le fyrop de chicorée compofé..
Les chaleurs de l’été étant arrivées
Monfieur prendra pendant huit ou rieuiF
matins le demi-bain dbmeftique ou
il demeurera mie heure chaque fois ; bu-^
vaut à la fortie une ou deux taflès d’în-^
jfiifion db feuilles fëches de- cicronelle.
Après fept ou huit jours dhntervalle ,,
Monfieur reviendra aux mêmes bains»
s’il s’en eft bien trouvé, & prendra, e»
fbrtant de ce demi-bain un bouillon fait
avec un-; jeune poulet, deux écreviflès»
en vie-, éc. une poignée de feuilles de
chicorée amere-. Oirterminera cef> te-
siedeagar le purgatif oïdinairei,
ï é,4 CONSiriTAXIONS ghoisîes
On examinera pendant dix à douzç
jours l’effet desclemi-bains,.& s’il a été
favorable ^ après une quinzaine de jours
de repos , Monffeur réitérera les demi-
bains dpmeftiquès pendant une dixain*
de matins & avalera en forrant une
écuelle de petit lait préparé comme ii a
été dit ci-deffus ^ ayaiu foin de recoiirîs'
à la médecine à la fin,
Suppofé qu il arrive dés attaques pen¬
dant le cours de ces remedes ,, le" Coru
féil eff d^vis de laifièr le malade en re¬
pos durant l’accès,, à moins qu’il ne fût
accompagné de quelque accident qui
menaçât de devenir funefte..
L’automne prochain on pourra ufer ,
des remedes confeillés pour le printems,
dans le même ordre ^èc avec les mêmes
précautions & fi le lait d’àneflè du ma¬
tin avoir bien réufli, on en coiitinueroit
l’ufage plus long-tems.
Tous ces remedes deviendront inu.-
îiles, fi Monfieur n’obferve un éxaéi
régime de. vivre. Il doit pendant quel¬
que tems éviter toute forte de con¬
tention d’^erprit èc d’agitation de l’ame
mêlée de- vivacité. Le commerce des
femmes doit être auffi fufpendu. Il s’abÇ-
«kindra des ragoûts ^ des falades des
I) £ MEDECINE. l
fruits cruds, des légumes , des chatai-
!gnes , & de tous les aliments de haut
^ûc. , propres à former des vents
g-roffiers , indîgeftes , ou échaulîànts. Il
fe nourrira avec des potages à la viande,
du bouilli & du rôti, fe contentant de
deux repas par jotTi:, & foupant très-
frugalement.; il boira très-peu de vin,
& extrêmement trempé.
Délibéré à Monrpelliej: le i®. Jan-
’ider 1745 Signé , M o n x acné.
CONSULTATION XXL
Ssif Hu Délire imniaqHe,
O N a lu avec beaucoup d'attendon
le.mémoire qui nous a été ,com¬
muniqué on auroit, même fouhaité
qu’on y eût parlé des difpofiîions de la
famille du malade ; mais on laiflè indé¬
cis s’il y a quelque chofe d^héréditaîre
dans la maladie qui fait le fujet de cette
confultâtion. On va fuivre pied à pied
Æe qu’on a trouvé à propos de nous ap<.
prendre , & on va en profiter pour
^epiifeiikr Ifs remèdes que i’expérience
CONSULTÂTIOT^S CHOÏSÎK
a démontré les plus efficaces dans de
iemblablescas.
Le dérèglement que ron remarque
depuis quelque tems dans les occupa¬
tions les difeours g la maniéré de pen-
fer , & dans toute la -cotrduite de Mon-
fieur , l’emportement, l’air de hauteur
& de dérifiou , & les autres circonftan-
ces qui accompagnent le déiordre defa
raifbiî, ne permettent pas -de mécon-
lîoître la maladie pour laquelle on de¬
mande des remedes & que l’on peut
regarder comme un délire maniaque.
Il n’eftpas également aifé de détermi¬
ner les caufes qui ont occafionné ce dé-
lire| mais , comme Monfieur étoit d’un
tempérament robufte & vigoureux , &
que d’ailleurs depuis une vingtaine d’aiv
liées g il avoir été attaqué de violents
accès de méiancholie , qui tantôt i’a-
voit jetté dans une humeur fombre ou
contrariante , tantôt dans des fcrupules
outrés en matière de religion , tantôt
4ans an dégoût pour la focieté & la
compagnie, & tantôt dans des trans¬
ports amoureux, on a droit deconclur-
re que la maflè de fon fang s’eft trouvée
originairement épaifîè , rérîneure,& fuf-
ceptibiéde mouvements tumultueux
39 E ME.©Et:iîîE. 1^7
,êc q«e les fibres de ion cerveau ont été
trop tendues^ trop élaftiques^ & diljpo-
iees à des aftêdions fpaimodiques.
-Cet état vicieux tant des folides que
des fluides a été d’abord excrêmement
augmenté par le délire mélancholique
qui a duré pendant plufieurs années,& a
fait des progrès %. con-fidcrables que le
iélire maniaque a pris la place du œé-
lancholique , à mefure que la mafiè du
fang efl: devenue plus épaifiè & plus ré-
^ueufe, & que les fiferes du cerveau,de-:
venues plus racornies ôc plus élaftiques ^
ont rendu riœpreffion des objets extrê¬
mement forte, & capable de retran¬
cher à famé la liberté de bien diftin-
guer les idées , de les lier entr’elles ^
de les comparer , & de-juger & raifon-
uer conféquemment, C^oique la chute
que Monfîeur fit il y a quelques annéef
puiflè avoir lailTé quelque impreffion
fur le cerveau , il ne parole pas qu’on
doive la regarder comme la caufe prin¬
cipale de la maladie , dont il eft ici
queftion $ d’ailleurs on n’explique point
dans la relation fi le coup porta violem¬
ment' fur la tête , fi le malade perdit la
connoiCfânce , ou s’il tomba dans qùeL
que aecidêiiî particulier qui air prou-
1^8 CoNSUXTATIOT4S CHOISIES
vé une commotion dans le ccryeau*
■Comme cette maladie a commencé
depuis très-long tems, & qu’elle eft en¬
tretenue par des caufes qu’il eft très-dif¬
ficile de corriger ,oa ne fçauroit difcon-
venir que^la guerifon ne foit très-incer¬
taine , & cela d’autant plus que l’indo¬
cilité du malade croifera l’ufage desre-
medeSjSc les differents fecoiirs que l’on
pourroit emploïcr pour changer fa ma¬
nière de penfer,, & l’engager à occuper
fon efprit par des objets entièrement
©ppofés.
Pour tirer le parti poffible de l’état
préfent de Monfteur , on doit fe propo-
îèr de reftifier fes dîgeftions , de ren¬
dre la maife de ion fang plus fluide &
plus coulante, d’en diminuer la fougue
Sc h raréfadion tumultueufe , d’aflbu-
plir le fyftême des folîdes,, & de dimi¬
nuer la force & la vivacité des ofcilk-
tions du genre nerveux & des fibres
même du cerveau. On eipere que ces
indications feront remplies par le moien
des remedes fuivants.
On commencera inceflàmment par
fâigner Monfîeur du pied, êc on lui
tirera huit à neuf onces de fang, réité¬
rant vingt quatre heures après la fai-
gnée
: ■© ’E M 1 -ï) Ï c î îî E, '
<g:i|re (îe l’autre pied , tiratK la inêîîie
quantité de fang. :
Imriîédiaterrsent après on efFayera
4ô baignée Monfieur , &: de ki don¬
ner un tain domeftique - d’eau Irmple-
meat dégourdie, avec la précaution de
lai jetter de la même eau fut la
Supposé -que le malade fbit afTez docile
.pour fe iaiilir baigner ^,on -lui fer-à pren¬
dre deux baiiiE par jour , où il deneuïre--'
îa trois' quarts d’àeure ou-utie beure cba-'
que-.fbis -; on continuera de même jiff-
^U'à ce qulcrn en air atteint le -iiombrc
de douze , 'quinze ou dix - huit ; ôn
donnera ' à la fortie de celui du ma¬
tin uii bouillon fait avec un morceau de
veau GU un jeune pbulet, demi-once des
femences froides mondé^ de enfermées '
dans UH nouer i; & une poignée en tout
dès feuilles de chicotée amere de- de
chicorée blanche.
î?endaiic le cours de ces remedes il eft
.abfolument .néceif^te' , que Z^hheur
prenne le laudanum pour le moins le
foir à l’beure du coucher , comroençanc
par deux grains , & augmenfâiit enfuL
te le calmant grains par grains, jufqu’à-
ce qu’on trouve le point de le tranquilw
fer en procurant le fommeil. .
Tome IL H
irjO- CoNSULTATlOÿîS .'CHOISIEg
Suppofé que le malade ne veuille
point avaler le laudanum , on elTayera fi
on peut le lui donner fous la forme de la¬
vement avec l’eau fimple , à la même
dofejque l’on augmentera de même par-
grains; dans la fuite., fi la nécelîîté lexi. :
g^. Ges lavements feront faits au quart
de la dofe ordinaire , dillolvant le lau- ,
danum dans cette quantité de liquide j .
on pr^ud:cette précaution pour que le-
iavement réfte dans le: corps. : :
Si on ne peut pas xecoucir aux lavéi
mentS jjion donnera le calmant dans le
vim, ou dans; quelque liqueur que le
malade-aime , ou dans les aliments;
Si on ed alfez heureux, pour que Mon-'
fleur donne dans: rufage des bains &■'
d.^ns celui des calmants , après qù’îl aui-
ra. été rafraîchi. & humeé& pac quiiize^
ou dix~huiçd3.ains. , on.-le purgera avec
une ptifane ainfî compoleei.
. JP T h s-Mm E,
T!rene;z;-uiie/oncc;de tamarins, la pul- -
pe tireej de: quatre onces dê caire en bâ- .
ton fans la palTer, & une drachme de fel
d’Epfom , dpntrôn fera un#décoâ:ion',
dans une livre: de laquelle on lailféra'^
E>E MEDECIN î. t76
înfufer pendant- la nuit crois drachmes
-de fené -, diflblvant le matin dans l’infu-
fioii cQulëer trois onces de manne.
La médecine ainfi préparée ferapar-
. îagéeen .deux verres, que le malade boi¬
ra à deux heures de diilance lun de l’au¬
tre. On pourroit ajouter , fi on le trou-
- voit à propos, au premier verre deux
-grains de tartre émétique ; on en féroic
de même dans le fécond.
Mais fi le malade par lôn indocilité' ;
ne veut pas ufer de la médecine qué
l’on vient de prefcrire, on diflbudrà
huit grains détartré émétique dans une
chopine d’eau de fontaine, & on la lui
donnera en quatre dofes dans l’efpacê
de deux heures.
Ayant laifle repofer le malade pen¬
dant dix jours après les bains & les
bouillons , on pourroit revenir pendant
une fécondé neiivaine aux bains deux
fois par jour , & on feroit boire à la
fortie de celui du matin un bouillon fait
avec un morceau de jarret de veau ,
deux écrevilfes deriviere étouffées dans
l’eau chaude & écrafées dansun mortier,
une poignée delfeuîlles de chicorée blan¬
che ou verte, & dix cloportes lavés &
• étouffés dans Le vin blanc réitérant k
H ij
Ï72 . Consultations choisîîs
médecine ordonnée ci-deffus. Ou bieii
le tartre émétique diilôut dans l’eau. Ou
continueroit en même tems l’üûge du
Jaudanum une fois par jour -, & , fl Ig
malade n’écoit pas tranquile dans la jour¬
née, on lui en feroit prendre une demi.
<iore le foir.
Oiv fuppofe pour l’exécution de ces
remedes que le malade le lailfera diri-
ger ; mais fi par opiniâtreté il ne veut
prendre aucun remede / on employera
tous les moyens poflibles pour l’obliger
à recevoir du fecours ; on fe fert quel¬
quefois des expédients violents , & on
efi: forcé de maltraiter les malades j
■mais ces fortes de telTourees deman¬
dent beaucoup de fagefiè & de précau¬
tion. Il convient pourtant de trouver
q[uclqu.e perfonne qui foie capable de
prendre une fuperiorité , & de faire
craindre ces fortes de malades.
Si je’ malade fe trôüvoit dans une fi-
tuatîon d’erpri.t contraire , qu’onpût
le déteaminer à prendre des remedes /
on lui donneroit pendant vingt jours
uneécuellée de petit lait de che-vre bien
.clarifié le ,matin ; &, s’il palTokbien, ôn
lui en feroit prendre une fécondé dofe
-vers les cs^-uatre heures après midi. .Qn ,
H t M É D E e I K Ê. 175 '
éîÉiidtok davantage l’ufage de ce petit
fait s’il réaffilToit ; on pourroit même
entremêler.des bains avec feifu Ample¬
ment dégourdie , faifant avaler da piife
de petit lait à* la fortie du bain.
Enfin Tuppofé que le malade por¬
té à continuer ces remedes , oir aurok'
fpin après un long ufage du petit lait
de lui donner le lait de chevre entier
le matin , à la dcfe d’une écuellée,
& le foir à fon fouper une foupe an
même lait, continuant de même pen¬
dant un mois, ou un mois.Sc demi, Sc
employant de tems en tems le purgatifs
On auroit recours à de nouvelles faig iéès
du pied pendant êes remedés, fi on le
jugeoit nécéfiaire , '& le laudanum ne
fèroît pas oublié chaque jour. On pour-1
roit fe fcrvirde tems en tems dc lapou-
dre de guttete à la dofe d’une douzaine
de grains , qu’on donneroit de deux en
deux jours dans mne ou deux cuillerées
^eau. de fl surs d'brangesj êe-un moment
avant le petit lait ou lait du matin; :
Si ces remedes produifoient un bon
effet, & que l’on remarquât une difpo-
fitiontranquiledans l’éfprit du malade ^
on pourroit lui procurer une fociété j,
®u même le conduire à’ la campagne 5:
Hiij -
'».74 Consultations choisies
pour tâcher de le diftraire de fès premîe-
les idées, & de lui en fournir de nou¬
velles J & en même tems oppofées. On
réîtereroic Tufage des bains domefti-
ques, du petit lait, &c.
. Tous ees remedes que Ton vient de
propofer demandent que le malade foie
devenu docile 5. mais, s^l eft dans une {î-
tuation contraire , on fera forcé d’A-
- bandonner les remedes, ou de lui faire
prendre ceux que Ton pourra.
A régard du régime de vivre , on jxu
ge qui! eft inutile de la détailler, on fe¬
ra cependant en forte de nourrir le ma¬
lade avec des aliments doux & dune dî-
geftioii aifée .& on réglera pour ce¬
la fur Tavis de Mon Geur le Médecin or¬
dinaire , qui pourra mieux-s’accommo-
der à la difpojition de fon efprit, & aux
variations qui arriveront plus ou moins
fpuvent» ■
; I>élibéré à Montpellier le 17. février'
1 74 5. Signiy M ON. T A G H
D E MEDECINE. ,
- GONSirXTATTON XXII.
Sur‘me anafar^ue,
L ’Enflure ædémateuife,, qui,après avoîï
commencé par les jambes , s’eft
étendue dans toutes les diiFérentes par¬
ties du corps , mais fiir-tout furlaEace
& les autres extrémiTés fupérieüres ; la
fièvre '& la rfoif qui ifanc ^ la partie
le dégoût., la foibleffe très-confidér-able ,
,& l’aflbapîflement dont M^nfieui: efl:
attaqué-depuis -quelques mois , 'font les
produétions dua fang épais, pefant, &
faumuré’i mais dont la portion féreufe
iè trouve ârréguiieremenc mêlée avec
les autres parties intégrantes.
Cet état des liqueurs avoît ^été an¬
noncé dès la treiîtKme année de l’âgê
du malade,par des attaques d’aftfcme afl.
fez violentes & fréquentes , •'& ^nfui-
te par un afthme aéfcuel, qui a-duré au¬
tour de quatre ans. Maïs la vie féden-
taire & méditative , & l’abus que Mon-
fieur a fait de l’eau--de-vie, & delà,
fumée du tabac , ont fceaucoup contri-
à augmenter ces premiers 'deiôr»
H iiii
*7^' C'OMSïîLTÂTICfNS CHOÎSliS;
dre&j foie en troublant rœconomie dcÆ
digeftionsfoit en dîffipaiu le mucila¬
ge le plus fin de la. maflè du fang ,, &:
en- racornifTant fa partie fibreufe ôr g!o<*
buleufe. La bile.d’ailleucs s’eft relTentie.
des. mauvaifes difpofitioiis des liqueurs
en général, & a formé des embarras
dans le.- foie , & peut-être même dans
(quelques- autres vifeeres- du bas-ventre-».
La ié.rofîté furnageante a relâché le-
liffu: fibreux de tout-le fyftême vafem. ,
leuxmais fur-tout des vailTeaux blancs,,
■êc a’eft arrêtée dans le corps cellulaire-^
^oiK .y produire les enflures j; on a mêi.
me- lieu, de foupçoniier: que les-fibres duî.
eerveatt ©ut fouflférc par raétion-de la '
.même: camfe comme HafFoupiÉlement:
parok i'e- prouver , aulE, - :bieu que la.
grande fciblefle».
Pour tirer çout lé parti poffibledè-
Mtat: préfent; de Monfieur, ou doit
propoier de rétablir les digeftions , de-
rendre la maflè; du.fang plus fluid'e Se.
plus coulante ,,d’en corriger la.fâümure '
qui a pris le.delTus de procurer ufi mé¬
lange proportionné, des autres parties
intégrantes, du fang. ayee la féroficé^ &
jde- 'déterminer celle' qui .fiirabonde k
.l£rieéyac.uée.QUvpâx. les.felks., -ou par:
DE M E-D E C IN E. I77-
ïcs filières urîneufes. On- efpere que ces
indications feront remplies par le moïen
des remedes fuivancs. •
Comme les forces- de Monfîeur ne.
permettent point de le purger d’une,
maniéré à caufer,. des évacuations cpn,--
fidérables, on aura d’abord recours à,
ià médecine fuivante.
iVRG ATIO
Prenez, tamarins une once 5 .rHub^r-.
Be concaîTée deux fcrupules flèu.rs
pêcher une pincée ; faites bouillir d^ns
une Tuffifante quantité d’eau .da-fomai-
ne J & dilRiudre.dans huit onces.de ço^~
Fature deux onces de manne, de.,-Gaiâ~,
Bré.^&.un.gros de cpnfeétiqn haœech:^
Êiîtés une,potion qui Fbra.prifé. le mæ,
'tin.- ■ 7. . -,
Immédiatement apres Monfieur.boi-
m: pqu.daat. cinq matins ,..,un ^bouillon
ïajx .avec uné livré ou unedfvie & de-
mîe'de ^.aîgre de veau,, qu’on, ,coupém
en/ bmèBesiôuitranches allez minqes.j.
une'drachme deiracine d’énula, campa-
na concaïFéé, autant de celle d’angelh
que ajflPcoîicairée, y., dés feuilles. de:clii^
sofééiamejxi &- de-crefion de fontaine
TJ$. CoNSUlTATtONÎ CHOISIES
bien hachées , en .tout deux poignées
de rhubarbe en poudre demi -drachme.-,,
de fàfE an de mars apéritif préparé à la.
ïofée du mois- de- maiune drachme-
&c demie,.qu’on mêlera avec la rhubar¬
be pour former une poudre,, dix-huit
®u vingt doport.cs. la.vés &étoufFés-.dansi
te vin blanc.-
On placera les roueHes de veau, lès;
plantes hachées & lesTacines-concafTées,^
couche par couche dansun pot de terre;
dhine grarîdfeur CGnvènàbie,.& ganu'dè; '
ion couvercle,. Oh jettera fur ces cou¬
ches de la. poudre faite avec la rhu¬
barbe. & le fàfFran; de mars^.entremê-
îàné,les dopoTtes; ;à proporcioihj oœ
continuera, de même jufqu’à ce que on;,
aura;, emploïc. toutes les drogues , & oin
Yf ajoutera uiT verre d’eau;: de fbntaine
ayant de placer le- couv ercle fur le pot
&: le lutér.. Ces précautions âiant été-
©bfervées on mettra le pot dans uios
bain-maric ,‘IeTQir vers lès cinq HeUrés ^
on donnera- afci matières qui y Ictlt
contenues une ébullition dé llx hèurea-
OU; environ.. Oii déliitera lé matin , &
«Jncoulera avec expreiïion pour don^
îier le bouillon à. Moniîeur avee le de-»-
gte,' dé clwlést éoriveiiablÊ .5.' réicérâiÆ
ÏS E M E D E G I K E.
la même médecine à la fin , ïuppolê
pourtant que l’état des forces le per-;
mette.
Pendant les, cinq matins fuivants,
Monfieur ufera d’un fuc de plantes ain-
fî préparé; ■ V ' ■ ! ' ' ^
SV c.
Prenez cinq onces ou environ _cîé fuc
de Grelin de fontàaïé ,■ & dé cfiicoTéd
amere, bien dépurés, que,vous, niettrez
dans ün petit-vaideaU ou pot de téf re ,
y mêlant une dixainè de clo.portçs lavés
& étouffês dans le viiv blanc , & vin^t ^
grains détartré yitriblé j àïanx, couvert
le vaiflèau on le plâcêrà furdes cendre»^
médiocréaleiit cbaudes bn làîder^
fiifurer ’ lès'màtîer'és ’pfettdaiit quelques
%ures 3; ajant coûté te macia avec ex-
pteffion , qn fera prendre à Monfieiir
Ik'toîature,^^ ■ 'd'. ''d - ■ ^
On aura rccqür-s a îà'medecîné le fi--
^éme jour ^pour reyénfr'aux mêmes
l'quillons confeîllés ci-deflùs V pendant
cing nouveaux matins, & les termincc-
|àf le purgatif...
Pendant te cours de ces remedes on
ItenéEâi dansi lav|bu^êé:'des cuiil^
CTcmSTJiTATTQjSrS. choisies-'
de la. potioiv fuivauie pour, foutenir. lèfc
ébrces^
.J- U L.E El ' '
Frënez eau dé eKardbn -henîrtroi^:
©nces ; eau de fleurs d orangés une on»
ee J, diflblvez dans liqueur confec--
tioris alksrmes & d’hyacinthe de cha^
euoe. une, drachme i;^iy.rpp dbeillets uner
©aceafâUes..iiûejû|ep',a',p,reh 4 te£arrrqiU- ‘
îetées,. ' ' ^ '
Ivlonfieux. boira;, enfuite,.pendant', jfir
matins umgrand>erré dè;peuc lairqu’pii'
èrera, du? lait, dé 'vacHê c-aiîlé lé 'foir
aEstec. la,.prefure ordinaire ,. qu ùn Té--
jiarera...de:lp.n iipmage: en, lé, la^flaiic
e^puter pen^nç, 'la, nuit,, à'{tràvé'rs-, up;-
Bhge’pour: léxlarifeX Te madn aXec,- lê}
B.tanc d-opufl' On y: jettera péhdânt çéi“-
îe^darificatian huit clopoiteS: layés.ôéî
étouâes dans le vîïi blanc ,, une pin—
eee- de.ibrrMpit.és dé |>ent chêne'^ ap^“
quelles’, on. donhera ühe- ébplliçipn dbi:'
quelques minutes lé'blànc d'cédfX y-
éteign^rnt eh- même tems une couple ,cid■
.e^6.uXirouil^és&rQug^s_a^.feu.Ondî^^bar-
te. dans le, petit lait coulé un peu dér
&eîâU;r.QîâiJ, repur^ra.»Ja. fin ^
B B M^e.d E-c rN" r. i5te
^otxr revenir pendant- cinq autres ma^
BUS àl’ufage des mêmes fucs5.&y,aïans
emploïé. le. purgatif à la fin ^..au même
petit lait pendant fix nouveaux matins
après' lefquels- on redonnera la; niême.*
médecine- - ;
On croît devoir oSferver qu’bn a&
jngé. nécelTaire ,,à' caufe de la. foibleffe
de. Monfieur „de. fe. fervir d’un purgatif^
êît reniement. 4'oux *, .mais fi les> £orcea
avoient, augmente;,* on.ajouieroic dm
feiné,..On daifièoe c,|iangemenKà la.pru-
dènce de Monfieur le; Médecin ordinai¬
re^. M ais fi-au contraire le malade étoic:
extrcmement abbattu j. on.ménageroic:
glus ou moiiis^ la.fprce du pur.gatifi, SC.
on le:: donneroit moins fouvento... ; .
L’état: de.Monfieur déterminera aprèss
ees remedes 5.isîi|'dbkd.es'^GontinBèrv- '&'
on dbnnera. la. préférence, à ceux. quL
auront le mieuxnéuffii,.
; .boitrons ordttîaire fera une ptîfa--
. ne faîte avec le.s,feuilles..fecbes:,de^ca,-
pfllàiiei-gi céfiès.yè fcoloperidré/aJa-
quelle, qn,. ajaureEàlunrnoikt.^deT demV
©ricè de limaille de fër rouillé, & qu’om.
préparera apres une léger-e; ébullîtibm à
la; manière- du. thé;. On pourroit' fttbfti;^
^j:. à.cme 0ifaae: une. dé£aéi:ioa.,iàfeî
îSTï. CofNSULTATi'ONS Cl^OlSlSlS
racines de chiendent, & de fruit de fey.»
norrhx3îion: ou grattecul *, aloutant'àcha--
que bouteiUe de cette ptifane une de^
mi-drachme de tartre vitriolé.
Oit nourrira le-malade avec de bpnÿ
bouillons , quelques- foupes, & üit peuî
de bouilli & dé rôtiféulemenc au dî¬
ner,. Il pourra faire ajouter un peu de
viiï à fa ptifane à l’heure des repas
^ prendre même daus là-journée quel¬
ques rotiesvUu: vin alRîibli par dé l’éau.1'
Oit joindra- à cettê ’ nourriturq qnef.
que jaune d%uf.. îdonfieuf. s’àbftiendfai
de tous' les^'aliments de^ haut', goût, éé
''de tous-ceux: qui: font cruds, grolïïers.,,
& iiidigeftes ou pr-opres - à. inonder, 'le
âng,;- - - - ’ -
Délibéré à Montpellier le févr^
1.745. » Mfe HT A G H E.
CO N S D'L T A TJ 9 h: XXEÏ.i
mt ûoÜqHe'inteftlndt &'
A Près av-oî« lu avec attendoiy la re¬
lation très-détaillée qui nous à-hb
^somioauniquv.^; ÿ/ieftÎBne-ic^elsimaiâd^
B'E. M H-D E G r N
«font la jeune Dame eft tourmentée
avec tant d’obftinattoiT, eft une coli¬
que inteftinale-hyftérique caufée par les;
vents, par racrimonie du fuc inieftinals,
& par lesfpafmes dés Jibres des mtef-
tins. Les caufes qui entretiennent ainft
cette colique , font les mauvaiiès digei-
tions, & le mauvais, caraéterc du fang ^
qui eft épais foc,, & acrimonieux..
Les dérangements des- réglés, & les
pertes de foiigqai ont précédé, font voit
qu’il y, a long-tems que le couloir Dceriui-
n’eft pas libres & ces embarras de 1^
matrice- prouvent que la. portion lym¬
phatique du £àng étoît déjà épailfo dc;.
puis, plufteurs années e mais comme h.
l’occafton de ces embarras du couloir
utérin le iàng fe portoit trop abon¬
damment vers: quelques vaifléaux fon—
guins dé la: matrice que d’ailleurs
Madame étqit ^dit-onpléthorique , ces
vaifléaux forompoiént^ & le fong uteria:
couloir abondamment par hémorrha¬
gie j & cfoff en conféquence de ces hé-
îâorrhâgies ré-iterées que^ le fo,ng
épuifé & appauvri' dé ce mudiége déuit
& balfamiqué, dont il a befoin pour
être- dans une fluidité homo-geae 5 drifo
âant déjà, épais devenu -eacM^
rSî^L CÔNSüLTJbTîONS' CHOISIE?-
plus , ôc en même tems fec & acrimooi
nieux jxç qui a OGcalîonné trop de roi—
deur & de fechereflè dans le fyftêmev
nerveux& la- dîfpQÛtion prochaine:;
aux fpafmes. à;la: moindre occafion.
Un fang tel que- nous venons de lei
îepréfènter ^, fournit des fucs digeftifs.
de, même qualité ^.c’eft-à^^dire épais ^ te¬
naces ^&àciimonieux, d’où il réfulte des
digeflions- imparfaites & fougueufes,,,
avec produdian de ventsdê patticifc^
les gr0ffieresv.& d’acrinaonie,^ ; '
Les vues que.. Ton doit avoÎE- poag:
sraiter^ ave© fuocès eette, maladie/.font:
de mettre, les digeftions en réglé-^.dèi
à>nner au fâng de-la fluidité , en rincL-
fant: légèrementle détrempant & 1 -a-^
douciïTant y.: de readre libre le couloir:
îiterin dé dosner du calme à la-ma-r-
làde continuellement 5,,averd{ranE'qw’om
ne fqaurair venir-à bour d’une telle raa-r;
ladie-qu’au moïen dun sraitemeiiE:
long & méthodique d un régime de-
vivre bien obier vé. >'
Ç!ëft pourquoi d entrée on- purgerai
f& malade '’vec une once de racme de
polypode5,..ôcdemî-poignée:de'fleurs, ae^
wolètces ^. dontron fera:. ei> demi-heureî
#axi.v.eireside 'dé]co^:oiîï^
n i M E D t c r N E.
en (fifToodra dans le premier verre de'^*
onces de manne 5^^ de dans le fécond
once de manne , ajoutant à chacun
ces ven-es une onte d^uile d’àm’and^^
douces tirée fans feu , & récemment'’'
L’on prendra le fécond verre deux heu¬
res après le premier , & un bouillon de:
veau deux, heures après le fécond verre.^
Le lendemain de la purgation ,, ôn
commencera^l’ufage de bouillons faits,
avec huit ances- de m^ou dè veau , deux,
écrevifles de rivière' pilées em vie f & k
feur défaut dix. ou' dbuxe cloportes la¬
vés, & écrafës-.en vie ): deux drachmes-
déraciné, de pivoine mâle, mie drach¬
me de, racine de valériane làuvage
une poignée- de credbn dé fontaine.
Âïant pris ces Bouillons douze jours
de fuite on fe purgera comme aupara¬
vant pour pafler enfuite à, l’ufage dfc
Fopiate fuivante.,
O F I A T E.
Prenez confèrves de fe’^ilorrhodoiT^
daunée, de chacune deux drachmes dt
demie;: racines, de valériane fauvage „
fiiccin blanc prépare, & cloportes aufli-
ftégaréii ^ de. chacun deux- drachmes.
ïSô Consultations choisiïs
pilules de cynoglolîe deux fcrupules 5
cachou brut eu poudre quatre fcrupu-
les ; faites avec le fyrop de chicorée
compofé une opiate molle , dont la dofe
fera de deux drachmes, .
L’on prendra le matin à jeun deux
drachmes de cette opiate dans du pain
à chanter , avalant -demi ^ heure apres
ïin bouillon fait avec huit onces de
collet de mouton , demi-poignée de
uhicorée amete de ij-ardin,
Aïant pris cette opiate quatre jours
l’onprendra tout de fuite le petitdait de
vache, caillé par le moïen-de la crème
de tartre ou de la prefure. La dofe de
ce petit kit fera de douze à quinze
onces, que i’Ga prendra le matin à:jeu%
mais 011 y éteindra trois doux de la
longueur du petit doigt, rougis au feu,
Qu le clarifiera avec le blanc de deut
œufs ,yfaiknt bouillir pendant la cla¬
rification dix cloportes lavés dc écrafés
en_vie , & raïant, coulé on y fondra
une cuillerée de, fucre fin en poudre, ôc
011 y ajoutera une cüiUcrée de k fécon¬
dé, eau de chaux t mais un moment:
avant de prendre ce; perit kit, on ava¬
lera vingt grains de poudre dé guttete
dans deux au trois cuillerées d’eau de
UE Médecine. 1S7
fîcurs d’oranges. L’on prendra, ainiît
cc petit lait fix jours de fuite , après
lefquels l’on reviendra à l’opiate quatre
jours comme auparavanten fuite à lîx
jours de petit lait ; encore à quatre jours
d’opiâte , & enfuite à fix jours de petit
lait. Après quoi on fe purgera avec la
médecine indiquée.
L’on palïêra enfuite à Lufage dès
bouillons qui feront faits avec un jeune
pouletdeux écreviffes de rivîere pilées
en vie , une drachme de racine de pi¬
voine mâle , .une once de racine de va¬
lériane fauvâge 5 demi-poignée de pim-
prenelle de jardin & autant de chicorée
àmere aulE de jardin.
Aïant pris ces .bouillons dix matins ^
on fe purgera comme auparavant, pour
pâfTer enfuite à l’ufage du lak de chè¬
vre , que l’on prendra le matin à jeun
avec un peu de fucre jufqu à la fin de
juin ^ obfervant i®. D’ajouter a la pti-
fc du lait , les huit premiers jours,,
deux cuillerées de la fécondé eau de
chaux. 2®. De prendre le refte du tems
de l’ufage de ce laitj. de trois en trois
fours ^ un moment avant le lait, une
poudre compofée de douze grains de
facciû blanc préparé. ^ de douze grahii,
r§'8 CoNSüLTATi-oKs GHorsrïï
^ cachou brut , de huit grains de çlow
portes j,& fîx grains de fàfFran de marff
apéritif; oii ava-lera eerte poudre dans,
un peu d’eau de fleurs d’oranges.- 5®. De
fe purger avec la. médecine ordonnée
en quittant, ce lait,^
■ Je confeille de plus dès à préiènt de'
fc mettre dans un ufage habituel duf
laudanum ^ fans quoi les remedes ne
réuffiront gueres-; ainfl tous les'jours’
l'a maiâde doit prendre quinze ou vingt
gouttes de laudanum liquide de Syden--
fiam dans deux cuillerées- d’eau de fleurs'
d’oranges, ce que Ton répétera dans la
journée lorfque les - douleurs feront
violentes. Au fotplus la iKturriture fera -
du bouilli ,, , du rôti fin , & de la foupe à
dîner &. à fouper (; & point de. viande à
louper ) du poiflbn bouilli à l’eaU j OU-
au court bouillon moitié eau moitié vin y
t oînt de patiiièrie , bien peu de Tel, ôc:
I boiflbn fera, toujours de l’eau pure,
A Montpellier te 24. février
s fïZ£S.
CONSULTATION XXiV.
^ur me fifinle lachrymde smmen^ânte^
O N ne Tçajiroiî: encore détecminer
bien pr-écifément fi Monfieur le
^■Çonrultant efl;:atcaqné d’ane fiftule Ta-
chrymale ^ parce qu on n’a pas vû le
pus évidemment fortir du coin de rceil
Iprfqu’onJ’a prelTé ^ & qu’on n’a pu
bien vérifier fi Tinjeâion faite -par les
points laclirymaux lae pafferoit pas dans
les nariaes,;cependan£ comme il eft atta¬
qué d’un larmoyement depu^ un an ; '
que le grand angle de roeiî ^roîc fonE
altéré J que d’ailleurs Monfieur Gomba-
lu.fier dijc lui avoir exprimé une matière
purulente par le grand angle de l’œil 5
on eft fort porté à croire qu il eft atta¬
qué d’une fifiiule lachrymale, du moins
que cette maladie fe prépare très^-pror-
chainement,
La caufe de cette maladie doit être
rapportée _,tant auximpreffions qu’ont
caufées à cet ccll les vents violents, & le
froid auxquels il a été expofé Long-tems
.dans l’endroit que le malade habite
tç'o CaNSTTLTÂTÎONS «HOISISS
ce qui a épaiffi la matière , des larmes •
qu’à la conftitution de la lymphe , qui
eft épaiflê .& même acrimonieufe , ce
qu’on déduittant des enchifrenements
auxquels il eft fi fujet , que principa¬
lement de la chaffie abondante &: épaif-
le que l’on voit au bord des paupières dé
l’œil aftedé avec inflammation de fesd|
bords , & de la face inté4?ure des p^u-
pieres. L’on peut même prélùmer que
les larmes ont entraîné une partie de
cette matière épaiCe , qui a concouru à
boucher le fac nafal, & a donné lieu
à la formation de la fiftule lachrymale.
Sur quoi le Confeil fouffigné eftime
qu’avant, d’en venir à l’opération , il
faut efla^r de rendre le cours des lar¬
mes libre par le moien des injections
que l’on fera long-tems par les points
lachrymaux.
C’eft pourquoi inceflamment l’og ih-
jeéterâ deux fois le jour par. les points
l’achrymaux de l’eau de Bareges tiede,
&, au défaut d’eau de Bareges, de l’eau
d’orge.
- Si cette injedion vient à paffèr dans
quinze jours ou plutôt dans la narine ,
pour-lors on fera dans la fuite l’injec¬
tion avec un mélange de parties égales
BE MlDECINSr Ï^I
d’eau cîe Barlaruc & d’eau de Bareges,
ou d’eau'd'orge.
Mais s’il n’y a pas moïen après un
certain terns de faire palTer rinjedioii
( aiant été bien faite ; il y a peu de
Chirurgiens qui connoiffent bien'éette
Hianceuvre ) pour-lors ce fera une mar¬
que que la fiftule eft bien formée ; ce que
i’on ■ oonnoicra atiffi fi l’on s’aflure, en
expdmanr qu’il fort du pus par le grand
angle de-l’œil : alôVs il faudra venir a
i'opéfâri'on , mais reulement-au mois de
ïïiâû ' ■ '
Mais, foit qu’il faille en venir àl’o^
pération, ou non , les injeélions de¬
vant être fuffifantes, dans l’un & l’au¬
tre cas comme la portioii lymphatique
du fàng eft- épaifîe & acrimonieufé , foit ’
pour préparer àTopération; fok pour
'favorifer l’efîèt des injeéfcions , & mieux
procurer la déterfîon des voies des lar.
mes , il eft nécelfàîre de fe conduire
comme il fuit.
Deux ou trois jours après être arrivé
chez foi, le malade fe fera faigner du
bîas', d’où l’on tirera environ huit on¬
ces de fang. Le lendemain de la faignce
il- fe purgera avec une once de tamarins
dont on fera deux verres de décoélion.
Consultations choisies
'OÙ Ton fera infufer toute la nuit fur les
cendres chaudes deux drachmes de fen-
né, demr-poignce de fleurs de pecher
& demi-poignée de fleurs fle violette •
diflblvant le lendemain m^tin dans le
prcsiicr verre -de colature deux onces de '
manne , êc dans le fécond .une once
reulement.
L’on -paflèra enfuice à Pufage de
'bouillons,qui feront faits avec ilx onces
de collet de-mouton, deux écrevides.
de rivlere pilées en vie , une drachme
■Se demie de racine d’énula campana, &
aine poignée de creflon de fontaine^
Aiant pris ces bouillons neuf matins,
^n Te purgera comme auparavant, pour ,
.paflèreh mite à Pufage du laie de cheyre,
•que Pon preudra le matin ù jeun juf-
•qu’en mai, à la dofe de douze à feize '
onces, avec un peu de fucre, fe pur¬
geant en quittant le lait comme aupa-
j;avanr„
Mais pendant'Pufage du lait, on
prendra de trois en trois matins uirrao-
ment avant le lait, une poudre compo-
fëe de huit grains de cloportes prépa^
ris J de dix grains de cachou brut, &
de dix grains de fuccin blanc préparé,
avalant cette poudre avec trois cuille¬
rées d’eau de fleurs d’oranges. En
DE M E D E C T N E. ïpj
En mai on déterminera fi on doit fai¬
re l'opération.
Cependant on obfervera un bon ré- .
gime de vivre, faifant gras, mais feule¬
ment en foupc , bouilli, & rôti, & ne
fàlant prefque pas les aliments. L’on
pourra aufli manger quelquefois des
ceufs frais, & même du bon poilibn ;
mais feulement bouilli, ou à l’eau, ou
mu court bouillon moitié eau moitié vin,
fans épiceries, ou fur le gril, fans aucun
aflaifonnement. L’on boira l’eau fimple-
ment teinte de vin , & l’on évitera le
vent, le froid, l’humidité , la fumée, &
la pouffiere.
Dès à préfent on baffinera rœil
deux ou trois fois le jour avec un col-
Jyre fait avec trois onces d'éau de ro-
fes, deux onces d’eau de plantin, & de¬
mi-once de mucilage de graine de coin ,
8c lorfque l’inflammation <ies paupières
fera paflee, avec Teau de Balaruc , em¬
ployant toujours ces lavages tied.es.
Délibéré à Montpellier le i<5. mars
Signé^ FizES , COMBALUSIER.
Î54 Consultations choisies
CONSULTATION XXV.
Sht me goûte feraine imparfaite.
L a diminution confIdéraBle de la yuc
furvenue à Monfieur le Confultant
depuis quatre mois, & qui eft allée tou¬
jours en augmentant , (ans aucùn-vice
coufidérablc que l’on puilîe appercevoir
d’ailleurs dans les ïeux , excepté un peu
d’opacité dans les corps tranfparents,
caraderilè une goûte feraine imparf îte
dont lacaufeeft l’cbdruél'on imparfaite,
de la fubftance médullaire du, nerf op¬
tique ou de la rétine , ou bien le trop
de dilatation des vaifïèaux fanguins
delà rétine, qui compriment fa fubfl
tance médullaire & pulpeüfe , où doi¬
vent fe faire les impreffions des bouts
des pinceaux de lumière pour la vifion.
Il y a cependant lieu de préfumer vio¬
lemment une obftruétion aux nerfs op¬
tiques ; de préfumer encore une dif-
poiîtion paralytique des nerfs auditifs ,
puifqu’on fe plaint de dureté d’oreil¬
le ; & celle des nerfs des jambes ,
puifqu’on s’y plaint par fois d’engour-
Î5E MeDICïNE. ‘ Ï9f
^ifïcments, & concinuellement de foi-
blefle.
Quoiqu’on puiflè rapporter la pro-
àudion de cette goûte ieraine aux dif¬
ferentes intempéries de l’air, auxquelles
on s’eft louvent expofé , il y a cepen¬
dant lieu de croire que ça été principa¬
lement le vice des fluides ^-qui en a"été
ia caufe principale j puifqu’on ne peut
pas douter que la mafle du fang ne foit
épaifle , feche , ôc acrimonieufe , fi Ton
fait attention que Monfieur eft fort fu-
}et aux vents, qu’il eft fort /conftipé , &
qu’il a été fujet à la fciatique & aux
hémorrhoïdes
Quoiqu’on ne puillè pas Ce promet¬
tre pofitivement de rétablir la vue, Ton
ne doit cependant rien négliger pouf
cela , puifqu’on y a eu réuffi quelque¬
fois j que d’ailleurs cette goûte feraine
n’eft pas bien ancienne ; que de plus les
remedes que l’on fera,bien loin de nui¬
re à la fanté, lui feront toujours pro¬
fitables 5 que par-là on pourra encore
prévenir d’autres incommodités , qu’u¬
ne pareille mauvaife difpofition du fang
pourroit occafionner.
C’eft pourquoi deux ou troîs jours
après être arrivé chez foi on le purgera
lij
i5>^ Consultations choisies
avec fix drachmes de racines de po^
lypode, dont on fera un verre de dé¬
codion , où l’on ferainfufer deux drach¬
mes de follicules de fenné j demi-drach¬
me de rhubarbe concaflTée -, demi-drach.
me de rapure de fantal citrin, & demi-
poignée de fleurs de mauve , diflblvant
dans le premier verre de colature deux
onces de manne, & dans le fécond une
once de fyrop de rofes pâles.
- Le lendemain de la médecine on com¬
mencera fufage de bouillons, qui fe¬
ront faits avec huit onces de collet de
mouton , deux écrevjlfes de riviere pi¬
lées en vie , une drachme de racine de
valériane fauvage , autant de celle de
pivoine mâle, ôc une poignée de chico¬
rée amere de jardin,
t Aïant pris ces bouillons dix matins,
on fe purgera comme auparavant, pour
paflèr enluite à l’ufage du petit lait ,tiré
du lait de chevre par la crème de tartre,
La dofe de ce petit lait fera de douze à
quinze onces , que l’on prendra le ma¬
tin à jeun, mais on le clarifiera avec le
blanc de deux œufs,y faifant bouillir pen¬
dant la clarification douze cloportes la¬
vés & écrafés en vie, & l’aiant coulé
on y ajoutera un peu de fucre & 'deux
cuillerées de fuc de cerfeuil.
DI Midïcini. Ï97
Aïant pris ce petit lait un mois de fui¬
te , 011 fe purgera comme auparavant,
pour paflèr tout de fuite à l’ufage du lait
de chevre coupé avec partie égale d’une
décoétion d’une drachme & deiîiie de
racine de fquine ^ y ajoutant un peu de
fucre j obfervant de prendre dé trois en
trois jours , un moment avant ce lait
coupé , & dans deux ou trois cuillerées
d’eau de fleurs d’orange, une poudre
compofée de dix grains de cloportes,
dix grains de fafïran de mars apéritif ,
& de dix grains de fuccin blanc prépa¬
ré. En quittant ce lait vers la mi-mai,
on fe purgera comme auparavant. Alors
on viendra à Balaruc y prendre huit
douches à la tête,en arrofant de cette eati
le devant des ïeux ouverts. L’on trem¬
pera auffi cinq ou fix fois les jambes
dans la fource. ^
Trois ou quatre jours après être revenu
chez foi, on reviendra à l’ufage du petit
lait déjà preferit, & on continuera pen¬
dant un mois, fe purgeant avant 8 c après
tout comme ci-devant. Dans^la fuite du
tems on prendra- trois fois la femaine,
le matin à jeun, une grande talTe d’in-
fufîon de m élilïe ou citronélle en ma¬
nière de thé , avalant avec les deux on
liil
spS Consultations choisies
trois premières cuillerées huit grains
de poudre de cloportes.
Cependant des à préfent & dans la
fuite du tems , on fe baffinera les ïeus
trois fois le jour avec de rinfufion fui-
vante que Ton aura fait tiédir.
C O LLT RE.
Prenez de la racine de valériane fau-
vage mife en poudre grofEere,demi-on¬
ce ; de la rhue hachée une bonnç pincée ;
on mettra le tout dans une bouteille-
âvec une livre de vin blanc clairet, bif¬
fant toujours infufer le marc ^ & tenant
ïa bouteille bouchée 5 on refera de cettè
infuEon autant qu*il fera nécefbire dans
la fuite.
Au furpîus on fera gras, mais feule¬
ment en foupe!, bouilli & rôti fin j oii'
pourra manger quelquefois des œufs
frais, & même du poiuoivfur le gril, ou
bouilli à feau, ou aii court bouillon
moitié eau moitié vin. On boira le vin
trempé , & Pon ne fouffrira ni froid ni
humidité à la tête.
Délibéré à Montpellier le lê. mars
1745îZE s,Co mbalîIsî.£R»
DE Mej>ECINE.
^99
CONSULTATION XXVI.
Sur une Dartre creuteufe a la face.
L a dartre crouteufe qui à paru de¬
puis quelque tguis fur la levre,rupé-.
rieure de Monfieur, principalement du¬
rant le froid, a été produite par l'épaif-
fîdèment & racrimonie de la lymphe
cutanée, qui ^ s’étant arrêtée dans quel¬
que glande fébacée delà partie affec¬
tée , y a occafionné une légère fuppura-
tion , & de petits ulcérés devenus
crouteux dans la fuite.
L’état de la lymphe cutanée que
Ton vient d’établir en fuppofe une
femblâble, & dans le corps de la lymphe
en général , & dans les autres parties
intégrantes du fang comme les petites
glandes lymphatiques que l’on remar¬
que fous le menton, ^ qui font d’un
caradere skirreux , ne permettent pas
d’en douter. Ce qui eft encore confirmé
par le temipérament plein d’ardeur &
de feu du malade.
Les fréquentes courfes à cheval, ,îès
1 iii]
ioo COKSUITATIONS CKOîSIïS
veilles & la grande activité de Monileur,
dans ce qu'^il fe propofe d^exécuter ^ ont
beaucoup contribué à retrancher de la
malTe du faiig le mucilage le plus fin ,
& àdéterminet les progrès qu’ont faits
les difpofîtions vicieufes qui fe trou-
voient déjà dans la maffe des liqueurs.
Pour guérir la dartre qui fait le fu-
jet de cette Confultàtion, & en préve¬
nir les retours dans la fuite , 011 doit fe
propofer de reétifier les digeftio-ns, de
procurer une divifîon douce & ména¬
gée à la malle du fang, & d’en dimi¬
nuer la fougue ^ l’àcrimoiiie, qui ont
pris le delTus. On efpere que ces indi*
cations feront remplies par le moïen des
ïemedes fuivants.
On commencera par faigner inceC-
famment Monfieur du bras, & le len¬
demain de la faignée o>n le purgera avec
une once de tamarins, la pulpe tirée de
quatre onces de calfe en bâton fans la
palier, une drachme de rhubarbe con-
calTée , & autant de fel d’Epfom , dont
on fera une décoétion, dans une livre de
laquelle on lailfera infufer pendant la
nuit à froid une drachme & demie de
fermé , dilTolvant le matin dans l’infu-
fîon coulée deux onces de manne > la
6 i M E D ï C I K 1. lût
îhédecine préparée fera partagée en
deux verres qu’on donnera à deux heu¬
res de diftance l’un de l*aucre.
Pendant tes dix ou douze matins
fuivantSy Monfieur boira^ un boui^pn
fait avec un morceau de collet de mou¬
ton ou d’agneau,fix drachmes de ràSfe-
ne de lapamm acutum , les CuifTes de
cinq ou fix grenouilles écorchées &
écrafées , deux écrevifiès de riviere
étouffées dans l’eau chaude & écrafées
dans un mortier , & une poignée en
ïont de feuilles de chicorée amere &
de crefibn de fontaine, repurgeant à la
fin avec la même médecine.
Pendant les quinze ou dix-huit matins
fuivans, Monfieur boira un grand verre
GU une écuellée médiocre de petit lait
qu’on tirera du lait de chevre caillé
le foir avec la prefure ordinaire ^ &
g l’on féparera de fon fromage , en le
iflànt égoutter pendant la nuit à tra¬
vers Un linge , pour le clarifier le ma¬
tin avec le blanc d’œuf. Onjettera
pendant cette clarification une demi-
poignée de feuilles de furaeterre que
l’on fera; bouillir durant quelques mi-
aiïtes^ avec le blanc d’œufy éteignant-
^ îïïênsc temS' deuxr ou trois- petits*
à02 CoNSULTATrONS CBOISIES
doux touillés 5 c rougis au feu , & fiiifC
iànc par le purgatrfe
Après ces remedesfi Monfieur peut
tecouvrer facilement des tortues , i[-
prçüdra pendant une vingtaine rie jours
t que matin un bouiHon fait avec un
rceau de maigre de veau ou un jeune
poulet,, la chair ^ le foie lé fang & le
cœur,d*une tortue d’une grofièur raifon^
lïabîe ÿ une ctracbme Si demie de raci¬
ne de fquine coupée par trancbes ^ 8 c
inné poignée de feuilles de chicorée
amere» On aura foîn de recourir à la
médecine ordinaire à la fin, de ces bouil¬
lons..
Les chaleurs de i’érê étant arrivées 3,
Monfieur prendra pendanc'neuf ou dix:
matins fe batn domeftique tiédè , ou
B d’emeutera une heure chaque fois,,
îf pourra boire à la foi de un bouillom
ie: poulet altéré avec un peu de biaiie
Æelaitue &'un peu de cerfeuil.
S’étant repofé pendant quelques
|oors, il boira pendant dix matins lès
eaux d’ifeuzet, qu’il pourra feire tranf-
f orter chez lui , fi mieux il n’àime a:lleiî
ir les iîéux. On difibudra fe pemier
|Qut <fe la boiiïoa dans. le preniier: verre
UE M E D E C r lî E. 2:05
îRanne j 011 en fera de même le dernier
jour dans le dernier verre.
Enfin , Il Monfieur s’eft bien trouvé
des bains domeftiques, il en reprendra
encore une fécondé neuvaine, quel¬
ques jours après avoir fini les eaux mi¬
nérales..
Comme les dartres dépendent d’uns
conftitution de fang dijfEcile à corriger ^
êc que celle de Monfieur reparoîr ordi¬
nairement danS' l’hiver , il pourra vers
le quinze ou vingt de feptembre pro-
ehain fe faire refaigner du bras,& fé pur-^
ger le lendemain, pour réitérer pendant
Une vingtaine de matins les bouillons
de tortue confeillés ci-defliis , & , lés
àîant terminés par le purgatif , il re¬
viendra pendant autres vingt matins au
petit lait de chevre préparé comme il
a été dit, & qui fera fuivi d’une inéde-
cine.
On n*efi: point d’avis que Monfieut
fé ferve d’aucüne application fur la dar¬
tre ; mais pendant le cours des remèdes
confeillés il - gardera un bon régime de
vivre , fe nourrifiant avec des potages
à la viande , du bouilli 6 c du rôti, 5 c
s”abfiemnt des ragoûts des falades
desftuitseruds de tous les alirnents
Ivj
204 CoNSrtTATlOK'S CHOISTES
grofïiers , indigeftes, ou échauffants^
Délibéré à Montpellier le jo. mars
1745. Sifflé. ,, M ON.T A G N E.
CONSULTATION XXVIL
Skt des objiruBions au,foieata foitrmei:
L a douleur plus ou moins, violente*
que Madame reiTent à la hauteur
des fau (Tes côtes du coté droit, & d'une*
maniéré plus marquée, dans un certain;
endroit de rhYpochondre. d*d même côtéy,
«elle qui eft fixée entre les. épaules ;; la
tenhon & le goniementque Ton diftiii-
gue dans le foie 5 la difficulté de refpi-
ler après la moindre fatigue J la foif ex¬
trêmement, incommode ,, les bouffées de
chaleur Sc d’agitation dans le pouls^,.
fcr-tout pendant la nuit- ou fur le foir ^
h. diminution de Tembonpoint 8 c les in¬
quiétudes qui fe mettent de. la. partie
durant la nuit -y, tous- ces àccidens doL»
vent être rapportés à ladifpofitionépaijC-
fe ôc âumurée de la, maffè du‘fëhg , &
des embarras qu’bn a lieu de fbupçon.-,
Ber dans les poulmons mais qui font
démontiés. dans 1 e. foiè.
E M E D E C r K E" 2Crf
Les grandes maladies que Madame
a effiiyées, & qui ont toujours été pro¬
duites par un fond de porrrrrture, prou^-
vent clairement que fes digeftions font
dérangées depuis très-long^ tem^ ; ce
qui avoir été annoncé même avant le
mariage par un vomilfemenr habitué
pour lequel on employa beaucoup de
remedes. Les nombreufes groHèlFes par
lefquelles la malade a palTéjGnt augmen¬
té le défordredes digeftions,.& dépouillé
la malîè du fang dé fes parties- onélueu»
fés & balfamiques , comme le vomilïê-
ment qui arrive fréquemment , dans
lequel on remarque les aliments avec
leur caraélere ordinaire très4ong tems
après qnils ont été pris ne permet pas
d’en douter. Le volume ëc la pefantcur
des enfans pendant leur féîour dans la
matricea beaucoup troublé l’ordre dé
- la. diÜribuiion du fang dans les parties
inferieures , 8 c a occafîonné la foiblelîè-
de certains vailTeaux de l’eftomac , avec
fe vomiïTement de fang qui a: par-u dans
certaines groflèires. Pat l’adion réunie
dé toutes CCS caufes la bile s’eft refleiw
tie des changements vieieax delamaffe
des liqueurs, & a formé des embarras
dans le foie on a même Mea de feup^-
10(5 COKSITLTATIONS CHOTSIES
conrrer que la lymphe bronchiale , Sc
celle qui roule dans le fyftême lympha¬
tique, y ont participé, comme l’oppref»
lion qui arrive après le moindre exerci¬
ce femble le prouver.
Pour fuivre les réglés de la bonne
pratique dans le traitement des accidents
qui font le fujet de cette confultation ^
on doit fe proposer de rétablir l^œcono-
mie des digeüions ,, de divifer avee'
beaucoup de douceur la malTe du (ang ^
d'en corriger la fàumure dominante 5,
de lever les embarras du foie, & de
rendre beaucoup plus libre la dîftribu-
sion du fang dans toute retendue des
poulmons. On efpere que ces indica-
dons feront remplies par le moïen des
remedes que bon va confeilier.
On commencera par faigner Macla=.
me du bras,, & on lui tirera deux paier¬
ies de fang pour la purger le lei^emaiii
av«;c cecte médecine..
FVRG^'TIO^^
Prenez rhubarbe concalfée une dracii-
me ; fieurs de pêcher & de violettes de
chacunes deux pincées ; faites bouillir
dans l’eau de -fontaine 3, & dîffoLves^
BE MeD-ECïKE, I®f7
^ans huit onces de colature deux onces
ie manne de Calabre , & une once de^
fyrop de roTcs folutif ^ faites une potion
qui fera prifc le matin, .
Immédiatement après, Madame boi¬
ra pendant dix matins un bouillon faic
avec un morceau de collet de mouton ^
©U de maiùre de veau , une drachme de
raeine d'^énula campana , les cuii&s de
quatre grenouilles écorchées & écraféeSy.
deux écrevHTès de rivrere étouffées dans
Feau chaude & éerafées dans un mor¬
tier , & une pec'te po'gnéc en tout de
feuilles de, chicorée amere , & de creff-
fondé fontaine. Oh jettera dans le pot
fur la fin de la coction dix ou douze clo^
portes Pavés 6 c étouffés dans le. viœ
blanc J Sc on réitérera la même méde^^
ci ne- à la fin.
. Fendant les ffx matins fuivantsMa,-
dame ufera de Fopiate ei-jointe, ayalanr
par defïus chaque dofe une grande taf-
£c d’infufion de feuilles fèches de lierre
serreftre- ^ préparée à. la, maniéré im
shéo. ■
& F r A T
Prenez conferve de kyiiorrhodon deux:
drachmes j antiheéïiqîie de Poterias.,
ZO? CoNSULTATIOîlS CHOrsiES
conferve d’aünée,de chacun une drack;
me ôc demie j clapottes préparés deux
icfupules ; excraic de genievre &r de rhu¬
barbe ,, de chacun une demi-drachme ;
faire& aree ïe fÿ^rop de capillaires une
opiate qui fera-diviféeenllx prifes égales,.
Madame boira enfuite pendanr^fîx
nouveaux matins un grand verre ou une
écuellée médiocre de petit lait qu on ti¬
rera du lait de chevre caillé le foir avec '
laprefuîe ordinaire, & qu’'GiT feparera
de fon fromage en le laifîant égoutter
îa nuit à travers'un linge, pour le clari¬
fier de grand matin a-vec leblauc d’œuf,..
On y jettera pendant cette clarification
huit cloportes lavés & étouffes dans le
vin blanc , Sc un nouée de feuilles fe-
i|hes; de lierre terreftre, auxquelles on
donnera une ébullition de quelques mr-
Butes avec le blanc d’œuf. On difibudra
dans le petit lait coulé un peu dé lucre
roial ayanrrepurgé le feptiéme joury
©n reviendra à la même opiate avec
l’infufion pendant fîx matins;,, èc au mê^-
me petit lait pendant fîx antres matinsr,,
âïantfoîn de-recourir au pmrgatif après&
fe-dernier jour du petit lait,
€fei éxamiiiera l'efrerque les remede^
Siâtont produit g, & fi leS' bomUona-osf.'
i> E Médecine. lof _
Heti réuffi, Madame les reprendra penr
dant une fécondé dixaine de matins ,
&, les aïant terminés par le purgatif ^
on lui redonnera le même petit lait pen¬
dant dix-huit ou vingt matins , Sc ü fon
eftomac s’en accommodoit bien, elle en/
prendroit une féconde dofevers les qua¬
tre heures du foir , obfervant d’employer
la médecine ordinaireà la finde ces re-
medes»
Suppofé que Madame'palTe de mau-
vaifes nuits ,. elle boira le foir à l’heure
de fon coucher un julep fait avec trois
ou quatre cuillerées d’eau de pavot rou¬
ge , une cuillerée & demie d’eau de fleurs
d’oranges, & dembonce de fyrop de pa¬
vot blanc. On ajoutera fept ou huit
gouttes de teinture anodyne de Syden¬
ham , fl le fyrop de pavot feul ne pro-
curoit pas aflez de tranquillité , & daijs
la fuite on augmenteroit le nombre des
gouttes fuivant le befoîn.
Pendant Tété Madame pourra alter¬
nativement prendre unbouillon fait avec
un jeune poulet , deux écrevifles &
une poignée de chicorée amere , durant
une dixaine de matins , ou bien le petit
lait preicrit eî-delTus, maisdonton se-
tranchcroît les cloportes ^ fi on le tron»
'210 Consultations choisies
ve à propos. On purgeroit à la fin de
Tufage de ces remedes fuivant le befoin.
Mais fi Madame pouvoir recouvrer
des tortues à la place de ces derniers
remedes , elle prendroit pendant les
chaleurs de Tété un bouillon fait avec
un morceau de maigre de veau j la chair,
le foie, le fang^ & le cœur, d'une tortue
de grofièur raifonnable ; deux écrevilTes,
ôc une poignée en tout de feuilles de
chicorée amere & de pimprenelle ; la
' médecine ordinaire feroit employée
apres vingt jours de ces bouillons.
L’automne prochain on pourra réité¬
rer les remedes confeillés ci-defiùs, fi
Madame s’en eft bien trouvée , ou bien
elle feroit donner avis de fon état aupa-
/ ravant.
Il eft abfolumenE néceftaire que Ma¬
dame garde un éxad régimefte vivre ,
& qu elle s’abftienne des ragoûts, de
la friture & de la patiflerie , des falades,,
des fruits cruds , des îegumes, des châ¬
taignes de tous les aliments grofliers,
indigeftes, ou échauffants,
A Montpellier le 51. mars 1745.
SJgaé Montagne,
BB MîDECINE.
Jllî
CONSULTATION XXVIII.
Sur des fleurs blanches.
I L paroîc que tous les fymptômes dont
la malade eft affligée ne provien¬
nent que de la difficulté que le fang
menftruel trouve à s’écouler par les ex¬
crétoires, ce la matrice j car , cette diffi¬
culté étant uoefsîs pofée, il fera fort ai-
fé d^’expllquer tous les maux qu^elle
fouffre, ava43f, pendant & après Té-
coulement, dont cependant le détail
feroit ennuïeux, & affèz. inutile. Cette
difficulté ne peut provetitr que de l’une
des trois caufes fuivantes; fçavoir ^ bu
de la grofliereté des liqueurs, ou de la
vélocité de leur mouvement , ou enfin
du rétreciflèment des couloirs mêmes.
Car fi lès molécules fe trouvent
trop groffieres, elles ne pourront paflcr
qudvec peine par les couloirs. St
les humeurs circulent avec une trop
grande vélocité ,, elles ne s^rrêtent pas
affez pour diftribuer les liqueurs conve¬
nables aux vaîffêaux collateraux, 3®^,
Enfin.fi le calibre des vaiifeaux fecretoi-
111 Consultations choisies
res ou excrétoires iè trouve rétréci, îi
eft évident que la fecretion ne pourra fe
faire qu’avec peiné.
Cependant la maigreur de la malade
& fon tempérament délicat femblenc
donner l’excludon à la première caufe ,
qui peut avoir lieu dans d’autres occa-
fions 5 &,quoique le même temperamenç'
nous faffe foupçonner la fécondé caufe,
nous regardons la troifiéme, ou le ré^
trecilfement des couloirs,comme la cau¬
fe principale j la feule durée de la mâla-^
die femble confirmer cette, alTertion.
Il s’enfuit de cette théorie que
indications curatives doivent rouler fur
les remedes qui humedent, qui relâ¬
chent , & qui font en état d’adoucir lé¬
gèrement.
On commencera par une faignée du
pied. Le lendemain, la demoifelle fera
purgée avec deux verres de ptifane roïale.
Après elle' commencera l’ufage des bains
domeftiques,qu’elle continuera jufques
à la fin du mois d’août , lailfant quel¬
ques jours d’intervalle fi elle fe trou¬
ve fatiguée , & dans ce tems elle pren¬
dra pendant fept jours de petites eaux
ïafraichifiàntes , comme celles de Mai¬
ne , de Lodeve ou de fembiables. Ces
DE MEDECINE.
eaux lui fer virent pour boiiîon ordinai¬
re , ou routes pures , ou en forme de
ptiiane y mettant le capillaire , ou la
fcolopendre.
Au commencement de feptembre ,
elle fera encore faignée & purgée com¬
me ci-deifus. Four lors-elle commen-
CÆrale petit lait chalibé,le matin à jeun ,
Sc elle le continuera pendant dix à douze
jours. Après elle fera encore purgée dou¬
cement , & pour 4 ors elle commencera
l’ufage du lait d’ânelTe le matin ; à midi
elle prendra une loupe au lait de vache,
& le, foir de même pour fpuper.
A Montpellîer.5/^iî7e. F i l z g e r a l d.
^CONSULTATION XXIX.
Sur une vomicjue de_s poulmons.
Mémoire.
M Adame eut il y a quelques années
une fluxion fur les jointures, qui
lui caufa de grandes douleurs ; cette
douleur fe jetta enfin fur la poitrine, &
faivant les fymptpmes apparents , lui
caufa une peripneumonie., Depuis ce
iî4 Consultations choisies
tems-la elle a rendu une grande quan-
dcé.de pus , confervant toujours fon
einbonpoînc, & eft devenue enceinte j,
comme lî elle étoit en parfaite fanté.
On ne peut pas dire que ce pus vienne
d un fchirre qu’elle avoit dans le poul-
mon , qui fiippure à préfent, comme
quelques Médecins de cette ville l’ont
prétendu 5 puifque, fi cela étoir, elle au-
roit eu difficulté de refpirer, avec fievre ^
& foiï embonpoint n’auroit pas fubfifi.
zé. Le pus ne vient pas non plus d'un ul¬
céré du poulmon , puifqu’il eft impoflî-
ble qu’il y ait un ulcere, & que la maf-
fe du fang n’ait pas été infedée , depuiy
que cette dame rend une quantité de
pus fi confiderable, & fi puant. Le ma-^
rafine l’auroit bientôt iuiviCj & elle
n’auroit pu réfifter long tems. Nous
croyons donc que c’eftune véritable vo¬
mique occaiîonnée & produite par une
acrimonie du lang , Sc par la mauvaife
difpofition du poulmon. On ne fçau-
roic douter que lé pus ne foie dans un
kifté qui empêche que la maflè du fang
ne foît infedée ; on peut même afturer
que dans le tems que le dépôt fe fit fur
îa poitrine, quelque ^véficulé du poul-
mon fe rompit, & le fang qui s’extra*
DE M E D E C I N E.
rafa alors, duleiidanc les autres, & fou
cours fe trouvant trop gêné, il le fît
une poche , où il s’épancha dès qu’u¬
ne fois le fac fut formé ; le fang s’y
déchargea de fes impuretés , ainh on
ne doit pas être furpris de l’embonpoiiit
de Madame , puifque la vômic^ue eft
comme l’égout de tout le corps.
REPONSE.
. Nous fommes d’abord d’avis qu’on
s’en tienne aux conjectures de Mon-
fieur Fabre , que nous croyons três-vé^
ritables , & très-conformes à l’indifpo-
fîdon de Madame. La toux dont elle
eft travaillée depuis trois ans ou envi-
ion , & qui lui fait cracher du pus nuit
Séjour, vient réellement d’une vomi¬
que quelle a dans le poulmon. La gran¬
de puanteur des matières qu’elle rend
en touftant fans maigrir , lans fîevre
îente, & fans oppreiTion , en font des
marques évidentes. Les mauvaifes dif»
pofîtions quelle a d’origine dans fou.
poulmon , ont bien donné lieu à cet
abfçcs,mais celles qu’elle a dans fon fang^
fin font la caufe principale , à raifon
des humeurs corrompues qu’il a depo»
lié Consultations choisies
fées fur cette partie au commencement
■de fôn mal, èc de celles qu elle, re-
(çoit tous les jours , & qui fortent pu«
rülentes des vailTeaux, comme il arrive
ordinairement à toutes les humeurs reii,
fermées dans-un kifte. Comme le pus du
kifte eft extrêmementpuant^ilfaut qui!
ne fe vuide pas abfolument, Sc qu il y
ait divers linus dans lefquels il croupit.
La malade fe maintient dans fon em¬
bonpoint , & elle eft fans fievre, par¬
ce que le pus ne fe mêle pas avec la
malTe du fang. Si elle fênt quelqueop-
■p'r'effion , en le couchant du côté droit,
cela vient des lobes oppofés du poul-
ïnon qui compriment fabfccs & le-s
bronches vqifins, que le cotjrs du fang
a déjà rendus moins libres que les au¬
tres.
Le mal étant tel que nous venons de
l’établir , nous jugeons qu’il eft très-dif¬
ficile de le guérir; mais qu’on doit pour
tant l’entreprendre , puilqu on a vu des
perfonnes qui ont été heureufement dé¬
livrées , en mettant en ulkge les reme-
des que nous voulons emploier dans
l’ordre qui luit.
La malade commencera par un lave¬
ment fait avec parties égaies de lait 8c
i5i Medecïhï. ilf
le l'eau d’orge , une once de moelle de
caflè, & du miel rofac.
Le lendemain du lavement on lui ti¬
rera huit à neuf onces de fang du bras»
un ou deux jours après elle le purgera
avec deux onces de manne , une once
de moélie de calïe , dans un bouillon
fait d’un poulet & d’herbes rafraichiflan-
tes. ^ ■
Après la purgation elle prendra dix
matins un*bouillon fait avec un pou¬
let , de un morceau de veau , des écre-
vifles de riviere , avec trois drachmes de
racine de guimauve , des feuilles de
chicorée fauvage , d’aigremoine,de pim-
pinelle^ôc de buglotTe, en tout une pei¬
gnée ,& une pincée de mille-feuille.
. De deux jours l’un elle prendra une
demi-drachme de térébçnthire avec
deux drachmes de caCTe en bol dans du
pain à chanter. Elle fe purgera à la fin
des bouillons comme ci-deflus.
Si le lait peut fe concilier avec la foi-
blelTe de fon eftomac , elle prendra de
celui de vache le foir à fept heures avec
un morceau de pain, ou de la crème de
ris, d’orge , ou d’avoine , qui lui tien¬
dra lieu de feuper & , fi elle s’accoir-
tume au lait, elle le prendra enfin pouc
Tome IL K
CONSULTATIOKS CHOISIES
toute nourriture jelle ufera pour-Iors.^
de deux jours Tun , de lopiate fuîvanl
te.
O P 1 ji T E.
Prenez çonferve de capillaires trois
onces -, corail rouge préparé, quinquina
en poudre, & yeux d’écrevifks de ii_
viere, de chacun trois drachmes ; faites
une opiate avec le fyrop de rofes fei-
çhes..
Elle prendra aufll après le dîner trois
verres d’hydromel fait de deux parties
d’eau de fontaine , & d’une de miel de
Narbonne , deux fois^la femaine,& plus
fouvent s’ils fe peut, ou s’il le faut. On
pourroit lui ordonner, Ci elle avoir des
infornnjes, trois ou. quatre drachmes de
fyrop de pavot dans un petit verre d’caa
d’prge.
A Montpellier. Signé, Vergneî
G A U T E B. O N , L A Z E R M E.
[CONSULTATION XXX.
Snr un Priapijme continuel.
L ’Envie forte & prefque continuelle
qu’on a de connoître les femmes ,
(Se la néceffité prerque indifpenfable, oà
l’on eft tous les jours de goûter de leurs
embraffèments, font une fuite ncceflai-
re d’un vice de iafemence , & du fang.
Cette première étant ramaflee dans les
réfervoirs qui lui font deftinés, ayant
un caradece d’acrimonie , qui irrite &
a^ace comcinueilement ces parties, & y
détermine une plus grande quantité de
fluide nerveux, Fétend & leroidit, pré¬
cipite & avance ainfi le plaiûr de Fa-
mour. Mais la ièmence ne fçauroit être
capable de ce défordre , fi le fang qui
eft la fource de tout ce qui fe paftê dans
les réfervoirs particuliers , n etoic d’une
même nature, &: s’il ne produifoit lui-
même en roulant dans tout le corps des
irritations, des échauffements, & des
ardeurs, qui contribuent à animer les
parties, & à préparer le cerveau & Fi-
luaginadon a s’ébranler à la moindre imw
2.2.0 Consultations choisies ’
preflion du fexe. Nous fomtnes même
perfuadés qu’en combattant cette der-,
niere caufe , le vice de la femence ne
tiendra pas long tems , de maniéré que
nous réduifons nos principales vues
à rafraichir & à calmer le mouvement
du fang, pour pouvoir, enfuite 1 adou-
‘ cir 8c lui redonner les particules douces
& balfamiques, dont il paroît manquer.
Nous comptons même qce ce ne (eroit
pas une afFaire de longue durée, fi l’on
nous avoit prévenus à tems j mais com¬
me on a aidé & foutenu cette difpofition
en fe préfentant volontiers à ces efforts
qui ont dû nécelîàircment épuifer le
corps, qu il fe réduiroit même à un
état de langueur, & de defièchement,
fi on ne fe hatoit d’employer les reme-
des fuivants. On commencera par une
faignée' du bras ; on prendra quelque¬
fois un verre d emulfion avec une once
<îe fyrop de nymphéa , & le jour, de la
ptifanc de cette racine. Après s’être ain*
fi humecté quelques jours, on fe purge¬
ra comme il fuit.
TV RG AT I O N
dPrenez pulpe de tamarins une oncej
DE îiÎEDECiNE. 211
faites la bouillir dans un fuffifante quan¬
tité d’eau de fontaine 5 infufèz dans la
colature deux drachmes de fenné rhon-
dc, fleurs de pêcher une demi poignée ;
coulez avec expreflion, & diflblvez dans
flx onces de colature une once & demie
de manne de Calabre. Faites une potion.
Le lendemain de la purgation on
commencera des bouillons de poulet
farci de ris & graine de pavots , dans le¬
quel on mettra les feuilles de chicorée ,
d’endive,& de laitue. Apres ces bouil¬
lons on fe purgera comme ci-deflus ,
pour en venir aux bains dot;nefl;iques,&
aux eaux de Camarez , qu’on prendra
à l’ordinaire..
Nous fommes d’avis qu’on fe mette
inceflamment à l’ufage du lait, qu’on
pourra couper au commencement avec
la décoétion d’orge , 5 c qu’on prendra
cnfuite entier, &légérement écrémé, fup-.
pôle que l’eftomac du naalade s’en accom¬
mode. S’il eaufoit quelque défofdre, on
pqurroit y remedier par quelque prife
d’opiate abforbante, ou une drachme de
corail préparé , avant d’avaler le lait.
On n’obfervera pendant ces remedes
aucuns jeûnes ordonnés par l’Eglife ; on
fe nourrira avec des aliments doux 5c
K iij
x% 2 . Consultations choisies
&: ragoûts faus épicerie, évitant les fritu,
r.es;oii aura fur-tout foin de boire le vin
trempé , & de. ne faire aucun exerdce
confîderable, co;mme auflî de fuir le
eommercedes femmes dont lâipréfence '
pourroii éveiller Jes premières ardeurs
encore mal éteintes.
Délibéré à Montpellier ce i. mai 1731.
Signé ,”M O N T A G n s , H a g u e n b t^
f O U B. N I E R.
CONSULTATION XXXI.
Snr me Jaunijje avec f de fimg -
l^^riadiqnt, ,
I L paroît par le mémoire qu^on nous
a remis que la jaunille dépend des
embarras qu’on a remarqué dans le foie.
Or les obftrudions de ce vifcere.dépen¬
dent du dérangement des dîgeftion.s j
de forte que le chyle étant 'aigre &
greffier a épaiffi- le fang , & la lym.-„
phe,qui ont produit à leur tour desem.-
barras dans les vifeeres. C^elt encore,
à cet épaiffilTement des liqueurs qü’on
doit rapporter le piffiement de fàngpério^
,'BE M.E D I C I N E. -lif
dique que fouffre le malade. Il y a tou¬
te apparence qu’il s’eft forme quelque
varice dans les organes qui fervent
à la fécretion des urines ‘ ces varices lè
rempliiTant & fe defempliffànt -pàr in¬
tervalles , font le retour périodique du
piflement du fàng.
Pour prévenir les fuites de cette ma¬
ladie , & redifier les digeftioiis, il faut
déboucher les vilceres obftrüés, & re¬
donner aux liqueurs la fluidité iiéceP-
faire pour quelles circulent librement
dans ces parties. Le malade fe fera donc
tirer deux palettes de fang du bras. Le
lendemain il prendra quinz-ê grains d’i-
pécacuanha en poudre.
^ Deux jours après on purgera le ma¬
lade de la maniéré qui fuît,
F V R G A T l O N.
Prenez fenné mondé trois drachmes^*
rhubarbe concaflfée & fél véptal,de
chacun une drachme* fommités d’abfyn-
the , & femences de conande , de cha¬
cunes une pincée j faites bouillir danè
l’eau de fontaine , & dîflbIvez’- dans
douze onces de colaturé trois onces de
manne de Calabre. Faites uire potiô»
pour deux dofes. ' . "
K iiil
iii4 Consultations choisies
Le malade lailTera palTer une greffe
heurè d’une prife à l’autre. Quatre jours
après on le purgera avec la même mé¬
decine , & deux jours après il prendra
à jeun le bouillon fuivant.
B OV I LL O N.
Prenez racines de chicorée fauvagc
te d’afperges, de chacunes une once *,
racines d’aunée & d’ache de chacunes
une demi-once; faites bouillir le xout
pendant une heure dans du bouillon de
veau / ajoutant fur Ja fin de la coétion
feuilles d’aigremoine, de chicorée fau-
vage , de capillaires, & de fcolopendre,
une poignée en tout ; faites bouillir léi
gérement, & coulés avec cxpreffioiK
PO V DRE.
Prenez tartre martial, poudre de
cloportes, &^rhubarbe en poudre,’de
chacun une demi-drachme ; faites une
poudre.
, Le malade prendra cette poudre.avec
quelques cuillerées du bouillon ci-def-
fus , 8c boira le refte immédiatement
après. Ces bottillons feront çontinuéi
©ï MEDECINE. 22,f
petKÎant une huiraine, & le malade, s'é¬
tant repurgé, fe mettra à l’afage de l’o -
plate luivante.
O P I A TE.
Prenez fafFran de mars apéritif une
demi-drachme ; fenné mondé , & rhu¬
barbe en poudre, de chacun deux drach¬
mes ; cajfia lignea , fel d’abfynthe, de
chacun deux drachmes ; jalap & dia-
grede de chacun une drachme ; canelle ,
fel ammoniac , & fafFran oriental, de
chacun demi-drachme 5 mettez le tout
en poudre 5 c faîtes avec le fyrop'des
cinq racinces une opiate , dont la dofe
fera de deux drachmes.
Il faut continuer cette opiate pendant
huit à neuf jours, après lefqueîs oh fe
purgera comme ci-defTus.
Si cependant par fufage des apéritifs ,
le pifîèment de 4 ng augmentoit, il fau-
droic les fufpendre pendant ce tems-
là.
Après l’opiate , le malade prendra îe
petit lait de vache bien clarifié, dans;
lequel on aura fait infufer à chaud pen¬
dant une demiO heure mi gros de: faf-
fcan de mars apéritif dans un noüet af»
Ky
*■^6 CoNSir^LTÆTîONS CHOISIES
fèz lâche , & cela pendant douze jours-
confécntifs. Il fe purgera enfuite & re¬
prendra l’opiate apéritive pendant neu£^
jours. Les quinze fuivants ,, il- prendra
vingt grains de fafiFran de mars dans la
première cuillerée de foupe j enfuite iî
prendra dés, eaux coiivenablesdont on
laiffe le choix au Médecin ordinaire ^
&, comme cette makdie fera opiniâtre »
îkutomne prochain ïe malade prendra
les mêmes remedes.
Il fera toujours gras, skèffiiendra de
îpus les aliments falés , ou indigeftes 5 ,
vivra de bonnes foupes , de bouilli, de
ïoti ; boira de bon vîn trempé -, évite¬
ra les veilles, les excès , ôc les trop vio^
lents exercices» , '
Donné à Montpellier. , Lazermk
CONSULTATION XXXII.
Sur me Epilepjte^
L Es accidents dont Monfieur eft'at¬
teint , ou il a perdu la connoiflan-
ce & eu des mouvements convulfîfs
fcne des attaques d^épilepfié» La c,aaf®
B t M 1 B E C I lî ÊV 117
ie cette maladie eft une mauyaifè con¬
formation des vaifîeaux fànguins du
cerveau qui fe trouvent trop dilatés én
certains endroits , de forte qu’ils vien¬
nent par fois à s’engorger inégarement: /
fçavoir iorfque le fâng devient trop
-abondant, ou trop épais , ou trop raré¬
fié ; ;par la fubftàhce du cerveau eÈcom-
priméednégalement , d’où vient la per¬
ce pâlTagere dé tous les féiis avec les
inouveménts eonvulfîfs dés bras .3 ôt en"
care d^autres parties, qu’on n’à peut-être
pas obfcrvés. : '
Gétce maladie elt très - dijfficile à
guérir, & on defofpérèroit àbToluiïiènc
d’en venir à bout , fi lé füjet avoir at-
reint vingt-cinq ans j mars . comme fort"
corps croît encore , puîfqu’il n’en a pas"
dix-fept , il y a lien d’erpérer quedès'
varices j ou les anevryfmes de fon cer-"
veau poÉrrfont fe corriger par raccroiP
fèment , dé maniéré que fort fang- né
fera plus ainfi expofê à s’arrêter dans la"
fobffancé du cerveau.
Les vues que l’om doit avoir font dé'
maintenif 1er digefaons en' bon état\ÿ
d^empêcber la furabondancé du fong ^
St rentrcténÎT' continueliemeiït dansi
Boe fulSfonte fluiditêy Four remplis
îaS Consultations choisies
toutes ces indications^ on fe comportctà
de cette manieie.
On fera d’entrée une fatgnée du pied*
Le lendemain on fe purgera comme U
fuit.
TV K G AT 10 N,
Prenez fenné monde , deux drach-*-
mes ; fel végétal une drachme j, faites
înfufer le tout dans une fufEfante quan¬
tité d’eau de fontaine J. dilTolvez dans fîx^
onces de colature deux onces de man¬
ne de Calabre , & quatre grains de tar*
îre ftibié foluble. Faites mie potion qiiî
fera prife le matin.
Le lendemain de la purgatiqu on /è
îepofera, & le jour fuivant on com¬
mencera Tufage de bouillons qui feront
faits avec un morceau de maigre de
mouton , avec demi-drachme de racine
d’énula campagna > deux drachmes de
racine de valériane fauvage , & un£
drachme de racine de pivoine mâle*
I Aïant pris ces bouillons dix m.âtias,
on fe purgera comme cï-deflus, en
iuppriraant le tartre ftibié j enfuite on
fe contentera de purger une foisJemois,^
|u%u’avi commeneement du mois d’â>5
DE Médecin Ei 225
■’frîl, où ron fera une fàignée ùu pied ,
recomnaençant les remcdes? marqués
ci-delTus ÿ mais après la purgation qui
fuir les dix bouillons on ufera de l’opia-
le füivante.
O ? I A T E.
Prenez fâffraii de mars apéririf trois
drachmes ; racines de pivoine mâle ,
& de valériane fauvage , en poudre ^ de
chacunes deux drachmes -y cinnabre
d’antimoine une dracbrhe& demie ; dia-
grede & jalap, de chacun une drach¬
me ; trochifques alhandaî douze grains ;
faites avec le fyrop de chicorée com-
pofé une opîate , qui fera partagée en
neuf dofes égales.
■ On prendra -cette opiate le matin à,
jeun, & une heure après on avalera
un bouillon fait avec un jeune poulet 6c
un poignée de chicorée amere.
Deux jours après avoir fini l’opiate
on purgera avec la potion marquée,fans
émétique j on prendra enfuîte pendant
vingt matins , environ douze onces de
petit lait clarifié ^ auquel on aura ajou¬
té deux onces de fuc de fumeterre ; oie
purgera après le petit lait j & l’on pxenç
CôNStJLTATÏONS CÏÎOlSrîS
dra enfuite vingt jours le lait d’ânef]^ ’
purgeant après qu’il fera fini.
. Mais Tarticle eirentiel , eft d’obfer-
ver un régime exact pendant plufieurs*
années, laiis quoi on ne (e tirera pas
de cette fâcheufe maladie j on mangera
fobrement, & feulement pour foute-
nir ; on évitera les ragoûts, les aliments
groffîers , ôc ron boira le vin trempé,
. A Montpellier , , F i z e si
Consultation xxxiil
Siâr me Hydroÿifie ^fcke,
I L paroît bien par le volume du bas-
ventre , par ,1e gonftement qUou y
fent en frappant dellus ^ qu’il y a des
eaux épanebées 5 mais auffi o-n a lieu dé
foupçoiirrer une tumeur dans fa matri¬
ce , ou les parties voifines, par h
douleur que la malade a de ce coté di^
bas-ventre, depuis le commencement
de fa maladie, aiant perdu fe& réglés de¬
puis plufieurs années j dé forte qrfo»
doit regarder cette maladie corauie
Compliquée , & par-là','di^ciie à guérir f
B î Me d te in I,
èc fore dâiigereufe j ôc comme la tiî-
iiieür doit être la caufe de 1 épanché- •
ment des eaux , il faut auffi travailler à
la refoudre , s’il eft polîible, fans pour¬
tant négliger les remedes qui peuvent
évacuer les eaux.
Pour cet effet, on purgera la mala¬
de avec la médecine qui luit.
P V RG AT ion:
Prenez fènné mondé deux drachmes;
îhubarbe concafTée une drachme; fel de^
tamarife une drachme ; faites bouillir
dans une décoction de chicorée rauvage.
Dans huit onces de colature exprimée
dîlfolvez deux onces dé manne de Ca¬
labre ; ajoutez fîx grains de jalap en
poudre ,& faites une potion.
Deux jours après la malade ptendrâ
le bouillon fuivant,
BOVIL LO N
'Prenez une livre dé maigre de veau
coupé par tranches ; de rhubarbe en
poudre, & de tartre martial, dé chacun
une demi-drachme ; de fel admirable de
Glauber, une drachme ; des feuilles de
chicorée hachées une poignée ; du cer-
iji Consultations cîtoisiïS
fet^il deux pincées ; faites une couche
avec les herbes , mettant par defTus une
tranche de veau faupoudrée avec la
poudre cLdefTus j continuez de meme
jufqu’à ce que vous ayez emploie tou¬
te la matière', c^eft-à-dire les herbes,
la viande, & la poudre, obfervant que
la derniere couche foit faite avec les
herbes ; ajoutez cinq ou fîx cuillerées
d^eau de fontaine , bouchez bien le pot
avec un parchemin & le couvercle;
faites bouillir au bain-marie pendant
cinq heures ; palïèz à travers une fer-
viette, & exprimez fortement.
Le tems de l’üfage de ce bouillon
fera de neuf jours , après lefquels on'
purgera la malade avec la médecine or¬
donnée ci-delTus. Deux jours après elle
prendra le fuc préparé de la matière
qui fuit.
S V C.
Prenez feuilles de chi-'orée lauvage
&: d’api fauvage de chacunes une poi¬
gnée ; hachez, bien ces herbes, & ajou¬
tez vingt cloportes Javés dans le vin
blanc écrafés en vie j & use drachme
de faifr an de mars apéritif à mêlez le
DE MEDECINE.
tout enfemblc , & kifTez eu digeftion
toute la nuit entre deux plats, & le
lendemain on le mettra fur un peu
de feu , le remuant avec une fpatule.
Dès que les herbes feront allez échauf¬
fées pour rendre leur fuc , il faut paf-
fer le tout à travers un gros linge , &
& exprimer fortement. On partagera
le fuc en deux prifes -, la malade en
prendra une à jeun , & Tautre à qua-t
tre heures du foir.
Il faut continuer ce remede pendant
fix jours, repurger la malade à la fin ,
la mettre aux bouillons au bain-marie
pendant neuf jours , & lui redonner le
fuc pendant lîx jours. Setant repurgée
à la fin , elle prendra un mois de fui¬
te , tous les jours, eii fe mettant à ta¬
ble pour dîner , dix grains de falFrati de
mars apérifs, qu elle avalera entre deux
foupes.
Délibéré à Montpellier , ^tgnl ,
Lazerme»
Consultations choisies
CONSULTATION XXXIV,
Sur me Gonorrhée virulente,
M Onfîeur prendra pendant trois fe-
rnaines 5 ou même davantage, s’il
,efl; néçeiTairc , la ptifane faite avec l’al_-
thea , le nymphear, &, le fraifier ; ulànt
dans l’intervalle des émulfions cuites,
avec demi-once de fyrop de pavot ou
dé nymphéa , fuivant que . la douleur
fera plus ou moins forte. Lorfque h
cuiiîon fera palTée, que la matière ne
fera plus épailïe , ni verdâtre , mais au ,
contraire qu'elle Ce trouvera blanche ^
& lympide il ufera des ptifanes fa-
dorinqucs , mais n’en prenant que trois
ou quatre verres tout au plus par joue.
Un des verres fera pris le matin à fus
lever, le fécond deux heures ayant le
dîner-, le troifiéme quatre heures après,
& enfuite le quatrième en fe couchant.
Il continuera cette ptifane fudorifîque
faîte avec la falfepareiiîe, la fquine,
le gayac , le Ufïàrïfas , & un noüetd’a-
cier & de mercure ^ en ohfervant qu’il
entre environ demi-once de bois , ou
Medïcikï.
èc racines prifes enfemble , fur chaque
pot de pciiane 5 après quoi on pourra
lui donner quelques pilules mercurielles,
mais fur-tout obfervant de donner fur
la fin quelques fridions avec ronguent
mercuriel fait au tiers.
Il obfervera pendant l’ufage de tous
ces remedes un bon régime de vie, en
évitant les ragoûts , tout ce qui eft falé
ou épicé. Après avoir ufé des fridions ,
s’il reftoit un petit écoulement, on pour-
roit prendre vingt gouttes de baume de
copahu dans un peu de fyrop de capîllab
re , avalant par delTus un verae de petit
lait clarifié avec le blanc d’œuf..
CONSULTATION XXXV.
Sur une Hydrof ifie afche^
L ’Élévation de tout le bas-ventre de
la malade, qui s’eft formée peu à
peu depuis environ fept mois , & la
Iluduation qu’on y fent en dedans lorf-
qu’on frappe deiTus avec les mains, ne per¬
mettent pas de douter ici que ce ne fi>΀
une véritable afcite. Cette hydropifîe
s’efi: formée, félon toute apparence, pag
xi 6 Consultations choisies
le fimple deffechementdes tuniques des
boïaux, & de la veffieurinaiie, lefquels
n’âïant pu recevoir la tranTpiration des
parties voifines, ont donné lieu à cet
excrément de feramalTer en gouttes fen-
iîbles pour produire infenfiblcmcnt cet¬
te quantité d’eau répandue dans toute
la cavité du bas - ventre. Ce qui nous
donne lieu de foiipçonner ce -deflècbe-
ment des tuniques, & cet amas de tranf-'
piration, c’eft que la malade qui eft d’un
tempérament fort vif & fort fec, na
jamais eu aucun dérangement dans les
vifeeres de cette cavité , qu’elle eft na¬
turellement fort conftipée, & que l’hy-
dropîfte a fait beaucoup plus de progrès
, ces deux ou trois derniers mois, que
dans fon commencement \ ce qui rend
bien fenftble l’amas de tranfpiration ,
puifqu’en cette faifon on tranfpire
plus, & on urine moins. D’ailleurs la
malade a depuis quelque tems. des en-
ries d’rfriner, fans rendre beaucoup d’u¬
rine , parce que la veffie, deflècbéc &
rétrécie., eft obligée de fe contradcc
fort fréquemment, par le ftmple contaét
du peu d’urine' quelle peut contenir.
Get excrement fe fépare aujourd’hui
en petite quantité par les reins,non-
DE MEDECINE.
feulement parce que la tranfpiratioii eil
pins abondante vers le bas-ventre, mais
encore parce que l’eau manque dans le
fang, à proportion quelle s’extravalè
dans la cavité.
Si les obftrudions des vifeeres du bas-
ventre , qu’on a coutume de foupçon-
ner dans cette maladie, en étoient la
caufe J les differents apéritifs qu’on a
emploies jufqu ici , auroient du dimi«
nuer la tumeur, ou en empêcher le
progrès ; ce qui n’étant point arrive,
nous avons lieu de foupçonner le deC-
fechement ci-delTùs établi, & nous fe¬
rions d’avis qu’on commençât la cure
de cette hydropiùe , par l’opération de
la paracentefe , dans la vue de vuider
d’abord les eaux répandues , qui pour-
roient par leur long féjour produire de
Êcheux accidents , qu’il .Reçoit bon de
prévenir. On pourroic enfuite travail¬
ler plus âîfémenc à-rétablir le tiffü des
boïaux , & à donner aux urines leur
cours naturel J par le moïen des pur¬
gatifs hydragogues, & des diurétiques
appropriés. Nous craignons même que
ces remedes , emplbiés avant l’opéra¬
tion , ne -déçcrminent une plus grande
quantité d’eau dans la cavité, parce qu®
COKSUITXTIOKS CHOISIES
les inccftiiis Se les reins ne fçauroîent
être libros pour leurs fécretions, tandis
qu’ils feront preiTés de toutes parts par
les eaux extravafées.
Cependant fi, nonobftant toutes ces
railons, la malade ne peut fe réfoudre
à l’opération, pour laquelle elle nous
paroît avoir beaucoup de répugnance,
on tâchera de remplir les indications i
marquées par le long ufage des reme*
des fuivants. ' j
L A r E M E N T, ,
Prenez décodion ordinaire pour la*
vements raffiraichilfants & laxatifs une
livre; catholicon pour l’ufage interne,
une once ; miel violât une once ; faites"
an lavement qui fera pris à la com¬
modité de la malade, & réitéré toutes
les fois que le ventre fera pareflèux.
On fe purgera le lendemain avec ce
bol & cette potion.
BOL. I
Prenez poudre de cloportes quinze j
grains ; diagrede fix grains ; faites avec .
. peu de pulpe de calTe un bol qui j
SE M e D S C I K 1. 10
fera pris le matin à jeun , buyant paf
deûas ia potion fuivante.
POTION.
Prenez rhubarbe choifie concaiîec
groffiefement une drachme j faites in-
Bafer pendant la nuit dans une fuififan-
te quantité de décoétion de tamarins ;
dans cinq onces de colature faite avec
expreffion diflfolvez deux onces de man¬
ne de Calabre , faites une potion pour
iufage fufdit.
Le lendemain dé la boilîbn ^ on com¬
mencera d’ufer pour boilTon ordinaire
daine ptifane faite avec parties égales
de pîmpînelle, de capillaire, & de poly^
trie , qu’on mettra infufer dans une
fufEfante quantité d’eau de fontaine
bouillante ; le pot étant refroidi, on
vçrfera la liqueur au clair, pour s’en
fervir félon la foif, non - feulement
pendant le repas, mais encore dans
Tentre-deux la continuant auffi long-
tepQs qu’on s’en trouvera foulagé par
la voie des urines. On commencera auf-
fi dès le lendemain de la purgation à
î^endre une drachme de racine de pa-
iitjcus réduite en pDudre très - fine
,^40 Consultations choisiïs
délayée dans un verre de la fufdite
ptifane , le matin à jeun pendant dix ou
douze jours , au bout defquels on fiibf,
tituera à cette poudre quinze ou vingt
grains de fel admirable de Glauber,
dillbut dans - la même ptifane , qu’on
continuera pendant quatre ou cinq '
jours, inûûant fur celui des remedes qui
aura rendu les urines plus abondantes.
On peut auffi emploïer dans cette vue,
îa poudre des cloportes, ou feule, ou
mêlée avec les fuflits remedes.
Après les chaleurs de fété , on fe
tournera du côté des* hydragogues qui
pourront convenir le mieux j le jalap,
la feammonée , la coloquinte, & fur-
tout i’eâU'de*vie allemande , dofés fui*
Tant l’état de la malade.
A Montpellier , Signés ^ B e zac,
D E11) I E R .
CONSÜLTATIOK
ët MEDECî'H-E. 141
CONSULTATION XXXVL
Sur une Haemqphtypi^e périodique.
L e crachement cîe Êang que Monlîe^t
a eu -par intervalle depuis quelque
temsmarque la délicateflè des vàif-
feaux du poulmon-qui doivent être foi-
blés -, ôc par-là peu propres à réhftec
au fang, lorfquhl eft poulfè avec pluif
de force , & en plus grande quantité,
dans les poulmons. Le vice peut être
naturel aux petits vaiflèaux du poulmon ,
mais auffi on ne peut pas difeonvenir
-que la conftitutiondu fangacrimonieux^
Sc le tHïufoibie & trop lâche de ce vif-
cere , n'ait augmenté cette difpofitiondes
vailTeaux. Outre cette dclicatelFe des
vailîèaux du poulmon, & cette mau-
vaifc conftitutioiî des humeurs , le ma-^
làde a encore reftomac .foible &: déli¬
cat , qui digéré avec peine & fouvent
fort mal, de forte quil faut commen¬
cer par rétablir les digeftions , & don¬
ner un peu plus de vigueur à l’efromac,
. Pour cec effet, dès que Monffeur fera
, chez lui, & qu’ii fe.fera repofé quelqu^es
Tome IL ' . L
24 i Consultations choisies
jours , il fe fera faigner du bras , & fe
purgera le lendemain comme il fuie.
TV RG AT I O N.
Prenez rhubarbe concaiTéeunedrach-
me ; fleurs de violettes & fommités
d’ablynthe; de chacunes une pincée •
faites bouillir légèrement, & diflblvez
dans flx onces de colature deux onces
de manne de Calabre 5 faites une po¬
tion.
Deux jours après il prendra l’opfate
qui fuit.
O T J AT E.
Prenez conferve de kynorrhodon une ,
demi-once j eonferves d’aunée & d’ab-
fÿnthe , de chacune crois drachmes ;
cachou brut, deux drachmes ; antihec¬
tique de Poterius une drachme ; faites
avec le fyrop de rofes feches une opiate
dont la do(e fera de deux drachmes.
Le malade prendra cette opiate le
matin à fin lever , & le foir en fe cou¬
chant. Il prendra uii bouillon de poulet
à la chicorée une heure après la prife
du matin , ôtle foir il foupera avec un
©eMedecînî. 245
potage à la viande , & un morceau dé
pain après , trois heures avant de pren¬
dre i’opiate, Lorfqu’il en aura pnV fix
jours il fe repurgera , & le lendem'aia
il prendra le matin au lit un grand ver¬
re de lait d’ânefe, adouci avec un peu
de lucre -, &, afin que le lait ne-s’ai-
griffe pas, le malade prendra en fe cou-
ehanc Topiate qui eft ci-delTus
Dès qu’il connoitra que fon eilomac
fupporce le lait, il en augmentera la ,
doîe , & foupera avec une foupe au
iait.
L’été il prendra des bouillons faits
avec un jeune.poulet & fix grenouilles j
on y fera bouillir un moment une pin¬
cée de fommicés &de fleurs d’hypéricon,
de centaurée, de feuilles ce méliirej ôc
il continuera ces bouillons dix ou douze
jours. Il les prendra pendant le même
tems fur la fin d août.
En automne le.malade repurgé pren¬
dra le matin un bouillon de poulet
comme ci-deflus » il paflera enfuite au
-lait d'ânefle , & àla dicte blanche, s’il
eft pofEble 5 il pourroit cependant à
, dîner, manger une foupe grafle aux
écrevifîès. Afin de foucenir reflomac,
on confeille au malade de boire de l’eau
Lij
2.44 Consultations choi-sies
.pendant Tufage du lait. .On invite beau,
■coup àce dernier, parce .qu il n’y a rien
de plus propre pour engraiflèr le fang ^
U fortifier les petits rcfaux du pouL
mon ; il le continuera donc jufqû’aux
grands froids, parce qu’alors il ne con¬
vient pas -J & pendant cette faifon le
pialade fe nourrira avec des viandes, du
bouilli, du rôti, non Talé .ni é^icé..
Délibéré à Montpellier , S’il»/ ,
L A Z E K M E , F I Z E s , M jO N T A .G N E.
CONSULTATION XXXVIL
Sur un ^flhme humide,
L ’Aftbme .glaireux & humide dont le
malade eft attaqué depuis l’âge de
•quinze ans luppofe une grande mollef-
3 ou plutôt un relachemenjt du tilTa
Au p.oulmon , un grand épaiffilTe-
menx du lâng & 'de la lymphe- H pour-
,roit bien y avoir aufli des embarras*
.dans -les glandes de ce vifiiere , qui ne
oontribuent pas peu à cette inaladie. Il
eft vrai que le dérangement des digef-
xions -y concourt auffi j & on ne peut
D£ MeDEGINÏ. 24:^
en douter , fi on fait attention-^ au fou-
îage-ment que les émétiques ont procu-
îé au malade dàîis le tems de lès atta-*
qaes. Cependant il eft- certain que la
caufe principale de cette maladie eft le
relâchement du poulmon , de maniéré
que les vaiiïèaux de ce vifcere, aïant per,
du leur relîort, donnent oecafion aui
liqueurs de s’y arrêter , & même de s’y
épaiffir par un féjour trop long jor com-
medanschaque attaque d’afthmeles’i?aif-
lèaux' du poulmon fe relâchent de plus
en plus 3 on doit craindre aulïi que les
humeurs ne s’y arrêtent en plus grande
quantité ^ Sc ne caufent- quelque épan¬
chement confîdcrabie.
On ne peut pas corriger Te vice dur
pouîrabn ci-deflTus mentionné, & par
conféquenc il neft pas polSblc de güé,
rir radicalement cette maladie ; tout ce
' qu’on peut faire par l’ufage-des reme-
des , eft de diminuer le retour & la vio¬
lence des attaques, & de prévenir les
fuites, fàchèufesque cette maladie pour-
' îoit avoir.
Pour remplir ces vues, il eft néceflâîê
re de nettoyer l’eftomac, de rectifier les*
dîgcftions, '&: d’attenuer doucement les^
BtuttieurSi.
15 j'
24 <> Consultations choisils
Pour cec effet: dès que le malade fera
arrivé à Paris, il prendra pendant huit
jours de fuite ^ le matin à jeun , ui>
bouillon fait avec un morceau de mai¬
gre de veau, dans lequel on fera bouih
lit un peu de chicorée amere. Après l’u.
fage de ce bouillon on le faignera, &
on le purgera de la maniéré qui fuit,
P V R G A T 1 O N.
Prenez feuilles de fenné mondées deux
drachmes j rhubarbe concaflée & fel
végétal, de chacun une drachme 5 fom-
mité d^abfynthe une pincée. Faites bouil¬
lir dans une fufSfante quantité d’eau de
fontaine , & diffolvez dam la colatüre
une once de manne. Faites une .po¬
tion.
peux jours après cette médecine,
il prendra pendant neuf jours quinze
ou dix-huit verres, en cinq ou fix re^
prifes , des eaux de Balaruc ; le quatriè¬
me jour il fe purgera, & il reprendra
cnfuite les bouillons rafraichilïànts pen¬
dant cinq, ou fix jours, après le.fquets
îi prendra à jeun l’opiate fuivante'.
O ¥ î A T B,
Prenez faf&an de mars apéritif Sî
dîMedecine. 147
rhubarbe en'poudre, de chacun un
fcrupule J poudre de cloportes quinze
graiiis ; faites avec le lyrop de chicorée
compote une opiate pour unedofe.
Il prendra immédiatement après cet¬
te opiare un bouillon rafraichif^nt , &
en continuera l’ufage pendant neuf
jours / après lefquels il _ fe purgera une
fois le mois 5 & en décembre il prendra
pendant vingt jours de fuite vingt grains
d’acier préparé à la rofée, & bien tami-
fé, qu’il avalera à dîner entre deux fou-
pes. Pendant les mois de janvier & de -
février , il prendra trois fois la femaine
la poudre qui fuit.
P O V D R E, '
Prenez fleurs de fouffre & de ben¬
join , de chacunes vingt-cinq grains, tû-
cre roïâl autant qu’il en faudra -, faites
une poudre.
Il faudra prendre cette poudre à jeiin ^
& par detTus deux talfes d’infufîon des
vulnéraires de Suiflè, ou de çitronelle/
On eft aufll d’avis que le malade s’accou¬
tume à fumer. Si le malade a quelques
groflès attaques pendant l’hiver, on le
raignera , & on lui donnera une po-;
j 4:8’ CcmstrîiTATiONS, cHOîSîts.
©on cathartico-émétique , pour, déchar¬
ger l'eftomae des glaires quij pafTant dans
Je fang , Ce jettent dans le poulmon. Le
rnalade nous apprendra fon état dans
le printemps... Il ne mangera que des;
aliments de bon fuc ; il fe privera; des.
ragoûts j^patifferies , &c. il boira le vin-
lien trempe, & évitera le grand froid.,
I>élibc:ré à Montpellier , ,
C 0 :H:S IL L T A T'I-O^N XXXYLL.
me- Hemoptyfie.
L is fréquentes attaques dè crache¬
ment de fâng furvenues au malade
depuis le mois dernier , font une fuite
du rhume négligé qiiJl prit vers la'fiiidü»
mois de novembre de Tan née derniere^,
après s’être long tems expofe aux inju¬
res-d’ün air froid à la campagne , fans
afer d’aucune précaution. Ce rhume-
commençà par un fimple enrouement
parce que la tranfpiration arrêtée dans
le tillù du larynx gêna d’abord le cours
des. li^ipeur.^, dans les. mufcles- de,
D ï M E D'E CINE. 'z49
partie , & les empêcha de fe contrac¬
ter librement.
A cet enrouement fucceda bientôt
une toux forte & fréquente , fui vie de
crachats vifqueux, parce que fhumeur
bronchiale fe. ramalTe dans la trachée
arcere, ^ont elle ne peut fortir que par
reprifes , Ôc avec de violens efforts. •
G’eftpar ces violens efforts fouvent réi¬
térés que quelques petits vaiffeaux fan-
guins font forcés de s’ouvrir de fois à-,
autre dans b cavité desbronchesjOÙ
fournifïènt au crachement: de. fang. Il
y a même lieu de foupçonner que ce-
crachement eft entretenu par des coiii--
erétions skirrheufes du poulmon , (fou¬
tre Icfquciles les vaifîeaux fangjiins peu¬
vent fe déchirer lorfqu’ils font psuffés -
rudement par la violence de la toux..
Ges concrétions paroiffent défignées
par lè mairquc-de refpiratioB où fe trou¬
ve le malade, dès qu’il s’eft fatigué à-
marcherdans des lieux élevés & dtASci--
ies‘, & par les attaques d’afthmè.&-, de:
goûte auxquelles il écoiî fuiet.,.
Là plupart des-crachemeni de ' fang;
négligés ÿ,ou fouvent réitérés^ dégéne-
lænt en phthifies lorfqu’ùne -partie det;
mifîeaiîs: fanguihs; déchirés. tourne eiai
z^9 Consultations GHOrsiEst
fuppiiiarion 5 que le pus ,qui ne peut
tout à fait fortir par les eraehats fe
lucle dans le fang pour exciter une fiè¬
vre lente j & que celle-ci produit enfui,
te la maigreur de tout le corps. Dans
l’expofé qu’on nous a remis pour for¬
mer notre confultation, on ne mar-
que pas fi les crachats font purulens ^
ni s’il y a fievre lente j on expofe feule¬
ment une maigreur anterieure au cra¬
chement de fang 3. qui peut avoir été
produite par la longueur d’une toux vio¬
lente , & Ton parle de l’abondance des
crachats que le malade rend, fur-tout le
matin 3 à fon lever , & après le repas j
ainfi nous ne feaurions aflûrer que la
phthîfîe-foit encore formée. Mais, com¬
me il y a tout lieu de la craindre, nous
tâcherons delà prévenir , en nouspro-
pofant de modérer la violence de la
•toux, de faciliter la fortîe des crachats ^
de calmer, ou de prévenir la fievre
lente i & de rétablir rèmbonpoinr j in¬
dications _qu’on tâcltera de remplir par
une dicte convenable, & par le long
ufage dearemedes-fuivans:..
B B M 1 B E e I K iÿr
t A r E M E n t:
Prenez déco 6 tion ordinaire rafraîchir-
fante & laxative pouf des lavcmens ,
nne livre ; calTe récemment extraite,deux
onces miel rofat une once j Melez ,
faites un lavement, qui fera réitéré tou¬
tes les fois que le ventre fera parefleux,
La faignée ne convient ici que dans
îe cas où le crachement de fang fe trou¬
vera excefSf, que le malade.|era prefle
de la douleur dont il fe plaint quelque¬
fois dans rexrcricuf de la poitrine avec
difficulté de refpirer, & que le pouls-fe¬
ra affez plein & élevé. Il fera bon pour¬
tant d’ouvrir une fois feulement la vei¬
ne de l’un des bras , pour en tirer tout
au plus fix onces de rang, Gn commen¬
cera par fe purger le lendemain du la¬
vement avec cette potion..
fVRGATION.
' Prenez rhubarbe choifie concaiïeff
groffierement , & enfermée dans un
îïouëtjun demi gros -, poîypode de chê-
_me un gros ^ faites bouillir légèrement
«ne fuififante quantité de dé-
L vj
Consultations cHOîsïîSs
codion de tamarins 5 coulez avec fortes
expreflioii, & diffoivez-dans trois on^
ces de colature deux onces de manne/
choifie,; faites une potion ^ qui fera pri-^
fe le matin avec, les attentions: conve. '
nables..
Le lendemain dé là purgation on„
prendra le matin à. jeun , deux heures;
avant fortir du lit ,.une. épuelléede bon
Iait.d’âneflè, frais, tire, & un peu chauf-'
fé>^dans. lequel on aura fait fondre deux
drachmes de fucre candi réduit en pou¬
dre. On fe nourrira le. refte- du jour
avec.deux. bons, potages-à la viande^,,
l’un à, dîner avec du mouton bouilli
©u de là poule bouillie , ,fuivaat lapps-
tit , .& l’autre, à foupe.r avec la. moitié-
d’un poulet rôti ; & l’on ufera peur
feoilTon ordinaire .d’uneptifane faiteave-c,:
la fimple racine de la grande confoude,.,
flippolé queje crachement fubfifte ,.oa*
bien avec lé C4mphbrata Mdnjpelir/^fm 3 .^
fuppofé qu’il n’y ait point de crachementr
de fang, & qu’on foit fort pre0e de ki,
toux &.deroppreffion. On pourrafuf—
pendre quelquefois., la violence, de k:
toux pendant.la nuiten prenant le foh
avant,, fecouchep: demi-once de.fyrop'
dé payoLbkac, avec, trois.,cuiik,rées;d’.c»tti
B r M'E P E C î'H Fi 25^
âb- fleurs d’oranges, ou bien un grain.
de laudanum enveloppé dans de la cou—
ferve de rofes j .infîftant fur celui dé ces-;
narcotiques dont on s’accommodera lô:;
mieux, au jugement' du Médecin ordî^
naire ,, qui en augmentera la.dofe, lors¬
qu’il le jugera néeeflâire,:
Si l’eftomac; du malade smcçommo^-
de du lait d’âne de entier après en avom"
pris le matia'pendant quinze jours, ©115
en reprendra quinze autres jours le ma¬
tin & le fpir en fe mettant au Ht , fe -
contentant ppur-lors, dé prendre un
feut potage à la viande au fouper, qui fe
fera deux heures avant la prife du lait
dû ibir ; on fe privera auffi pour-Iors’^;.,
autant qu’on le pourra-, de l’ufage des ^
narcotiques.'
' _Après avoir ainfi ufe pendant un mois^
du lait entier d’âneffe, une ou deux fofs-
par jour , . on prendra le matm à jeurir;
lé lait de vache coupé , tantôt avec une
légère infüfion dè plantes vulnéraires dé-
Suilïè , pour faciliter la fortie descra-^
chats tantôt avec- une pareille infu-
fion des feuilles d’ortie j pour calmer le-
crachement de fang. L’on coupera auf¬
fi ledit lait avec une fimple décoclioix
^rge 5 Jorfqu’U fera queflion de. dé^
454 COîïSULTATlONS CHOISIES
terger , llippofc que les crachats parufl
fent purulcns , Sc àans ce dernier cas
on pourra ufer Je fois à autre de quin¬
ze à vingr gouttes de b iUme bUnc de
copahu , verfées fur une demi-cuillerée
de fyrop de capillaire & avalées enfem-
Ble un moment avant la prife du lait
coupé , qu’on prendra immédiatement
tprès cebaume.Ceîui-cî ne doit être pris,
que trois jours de fuite,faof à, y revenir
quelque tems après jdî Ton s’en eft bien
trouvé du côté des crachats , & q^u’oii
n’en ait pas été échautfé; eonrinüanç
pourtant ledit lait coupé autant de tems
que le Médecin ordinaire le trouvera
convenable ^ îaiiïant à fa fage conduke
îe foin de varier, les infufîons ©u décoc¬
tions marquéeSj/uivant Fétat du malade,.
Si malgré tous les fecours ei-defus
marqués II toux continue , îa maigreur
fübfifte , ou que k fîev re lente loit de
îa partie, il faudra néceflfairement re¬
courir à îa diete blanche , c’efï-à-dire
que Ton prendra le lait entier de vache
én foupe quatre fois par jour ^ fca^oirle
matin deux heures avânt fortir dû lit j.
environ à midi ^ vers les quatre ou cinq
heures du foir ^ & en fe mettant amlk^
;Gtiacune de ces fbûpes d®k fe
D i M E D 1 è I K ï, îjç
svec environ chopine de bon lait de va¬
che frais tiré , & fimpleroent chauffé
dans un poêlon fur le feu fans y bouillir,
& fans en rien oter. Ou y fait fondre
une fuffifante «quantité de lucre, fuivant
le goût du malade Ton verte ce lafc
ainfî chauffé dans une écuelle , où Toa
a placé des irancbes trcs-fines de boa.
pain blanc, en quantité plus ou moins
grande, eu égard à fappetit du malade,,
& à la portée de fon ellomac» Lorfqu’il
ne fe trouvera pas alTez nourri, par ces
quatre foupes, il mangera un morceau
de pain fec , ou quelques bifcuits,oiï
bien il avalera un ou deux œufs frais
cuits à la coque, fur-tout avec la foupe
du midi, qui tiendra lieu de dîner „ otî
^vçc celle du fôir qui conftîtuera le fou-.
per. Il faut abfolument bannir toute
autre forte d’aliment tant Iblide que'li¬
quide , à la réferve de l’eau panée ,, oiî
des ptilanes ci-deffus marquées , fuppo-
fé qffon foit prelTé de la foif, & non
autrement. Il n’eft du tout point nécef-
fàire d’ufer d’aucun purgatif ^ ni d’au«
cune opiate ftomaebique , pendant le
cours de cette diece, à moins d’une ex-^
trême néceffité ^ & il faut la continuer
aulfî long £sms qu’on pour-ra s’en
Coï^sjltations choisies
commoder, évitant du reftc avec attciiîi
don toutes les fatigues du corps & de,
Bcfprit qui ont.donné oceafion au prcr--
aiier rhume,.
Délibéré! Montpeîlièr ce 17. décerné
iie. lÿiS, Signé, YEiî.Ny,DtiD.
C O N SUX T A T ï O N X XXIX.'-
Sny dès mMx de tête , avec engoHrdijfe^
ment, de tentes U s,parties dncorp.
L Es pefanteurs de tête, les-aiToupiflè-
ments avec douleur que le Frète;
Eouis relfent^de rems ùautrC j marquent:
évidemment un fang épaiffi 5, dénué de?
partîcules .fines dont le mouvement,
fe rallèntit plus, confidérabîemen-c dans-.
îà tê:e , que dans lès autres- vifeeres 55
de man ere qu’y étant porté par les artè¬
res carotides , & ne pouvanrétre repris-
avec aifance par lès veines, jugulaires ,,
il doit néceirâirernent: féjourner dans?-
dès vaifTeaux. fanguins. Or ceux-ci 3,
• ffe- trouvant e sgorgés de liqueur ^ doi¬
vent nécelîâiremeùt comprimer lés fX-
Brilles., nerveuies s!tini:siit,uiae.di£i*
ni MiDîciîfF. i-)T
tenffon douloureufe avec un léger af-
foupilTement qui eft caufépar un défauC
de liquide nerveux , dont le cours eft
interrompu par le gonftsment ei-def-
fus marqué.
La foibleflè' du corps, la refpiratioiT,
& l’expectoration,qui ne font pas toue.;
à fait libres , confirment nos conjectu.*
res fur ce même épaiiîilïcment, &' nous..
prouvent que ce même fang croupit en¬
core dans plufieurs autres, parties, com¬
me dans le pottlmon , & dans Ictilîù de-
plufieurs-mo/cles. Pour ce qui eft der
pituites épaifles faillies , âcres , que le
malade rend , Bc dü goût amer qu’il
trouve àda bouche, ce font des fuites
certaines dès- indigeftions ^ qui, étant
favorifées par cet épaiffiflemcnc de fang
grolEflèni les molécules qui fe trouvent
dans ce liquidé ^ èc celui ci s’épaiflilTant-
dc plus en plus lailïè échapper la férofi-
té qui l’accompagne. D’ailleurs- l’àgC'
que le malade atteint' favorife beau¬
coup ces excrétions pitüiteufes, puifquc
le fang fe trouve alors dépourvu de ces
particules douces êc balfamiqucs qui-
ont entretenu pendant- le cours de 1 é^
vie le relTort, & lé jeu des parties.
Pour rejïicdier autant, qu’il, elî: poS?»-
1
i<;S Consultations choisies
ble à ces Inconveniens , on doit avoir
en vue deux chofes, la pre-miere dé ré¬
tablir les digeftions , par ralceratioa
defqueiles rcpaifTiiremenc du fang eft
toujours entretenu , ôc même augmen¬
té ; & la fécondé de fondre peu à peu,
8 c à la longue, ce même faag , après
avoir diminué le volume de celui |
qui fe porte à la tête. Cefl: ce qu’on
obtiendra par l’ufage des remedes fui- |
vans,
L J FE ME NT, '
Prenez décodion ordinaire rafaî-
chillante & laxative pour des lavemens, [
une livre ; caihoiicon , miel rofat,'dc
chacun une once j mêlez; faites un la¬
vement qui fera pris à l’heure la plus
commode , & réitéré toutes les fois
que le ventre fera parelTeux.
Après le lavement rendu , Ton ouvri¬
ra la veine de l’un des pieds pour en ti¬
rer huit à neuf onces de fang , ôc on
fe purgera le lendemain avec la potioa
&i vante.
f V R G A T I O m
. Prenez polypode de chêne deux onces %
B K Médecin î.
faites le bouillir dans une ruffifance
quantité d’eau. Faites infofer dans fix
onces de colature deux drachmes de
fenné mojidé ; rhubarbe & Te! végéta!
de chacun une drachme ; coule? une fé¬
conde fois, & diOTolvez dans la liqueur
une once & demie de manne de Cala¬
bre , ôc une once de fyrop de fleurs de
pêcher. Faites une potion, qui fera pri-
fe le matin.
Deux jours après on paflèra àî'ufage
des bouillons , quon fera avec demi-
once de racine, d’anonis ; autant de cel-
ie d’éringium ; demi-poignée d’aigre-
moine , autant de chicorée , autant de
pimpinelle , fîx écreviflès de riviere, &
un morceau de collet de mouton ; 8c
pn y mettra un nouer de vingt-cinq
grains de tartre chal^hè , & de vingt
grains dcirhubarbe. On continuera ces
bouillons, pendant neuf ou dix matins/e
purgeant à la fin comme ci-devant. Leg
bouillons étant finis , on vieiadra à l’o-
piate fulvante.
OTJATE.
Prenez conferves d’abfynthe & de
Icynorthodon ^ de^ chacune une demi-
s.êo Consultations choisies
once 5 ïeux d’écievitre de riviere une
drachme j opiate de Salomon & écor¬
ces de citron ^ de chacun une drachme &
demie 5 feLd’abfy.ntheune drachme - fai¬
tes avec le fyrop d’abfynthe une opiate ^
dont la dofe fera d’une drachme & de¬
mie, buvant par deffus un peu de viu
modérément- trempé.
Si l’eftomac ne. fe raecoraode- poiiir
par tous CCS remedes , ik que les di-
geftîons ne foient pas entièrement 1 éta¬
blies , OH prendra immédiatement après
le dîner une taffe de cafFé fans fucre.
On n’obfervera aucun des jours d’abf-
tînence ordonnés par l’Eglife , & on fe
privera des aîimens cruds, épais ; &de
difllcile digeflion ,, ne mangeant aucune
fritures ni Herbes,&, faifant toujours un
fauper fort leger^
Délibéré à Montpellier ce odbi*-
bre 1-72,^, Signés^ Eazirmb, Four>
35'’e Médecins.- ' t 6 i
CONSULTATION XL.
Sur m refie de Gonorrhée.
L ’Ecoulement qui fait le fujct de cet¬
te confultation , porte avec lui ua
caradere d’indéciiîon qui fe trouve ra¬
rement dans des pareilles maladies.. On
pourroit dans le fonds le confîdercr
comme une fuite de la première chau-
depilîe qu on fuppoferoit mal guerie ^
& par conféquent en état d’avoir laif-
fé dans le fang une caufe fourde ,«^ui
fe ferqit développée après quatre annéesj
inais comme les conféqueiKes tirées fur
ces fortes de faits demandent des éclair-
ciflemens particuliers qui nous man¬
quent pour nous déterminer ^vcc fon¬
dement on va prendre cette maladie
fous .une autre idée. ^ ■
On compte qu’avant le dévelopement
du nouvel écoulement, le malade a
connu quelque femme fufpeûe, dcTon
■regarde cette avanture comme une fé¬
condé chaudepiffe , mais plus déguifée
que la première, parce que Tes accidens
paroiirent plus doux ,6c plus capables
tët Consultations choisies
d’impofer. L on voit cependant dans U
pratique journalière beaucoup de chau,
depllVes bénignes en apparence, & qui
par les événemens font très-mauvaifes
Sc cfès-diftîcilesa terminer par rapport
à l’écoulement. Il s’agira donCjpuifque
tous les balfaroiques, les adoucilfans,
& les injedions, ont été inutiles, de
fuivre d’autres indicarions, & de tra¬
vailler a l’extiiidion du virus j de deCfe-
cher Tulcete qui fournit la matière de
1 écoulement ; & de donner du' reflbrt
aux parties afroiblies. Nous efperons
qj^eces indications feront remplies par
le rabïen des rcmedes que nous allons
confeiller. On pourra commencer par
une faignée du bras , & le lendemain
de la faignée , on fe purgera fuivanc
cette formule.
P V RG AT ION,
Prenez mercure doux vingt grains ;
faites un bol avec un peu de conferve
de rofes liquide , & que le malade boi¬
ve par deffiis la potion-fiiîvante.
Prenez pulpe de tamarins une once >
fel végétal une drachme j faite.s bouillit
dans Peau de fontaine , Ôc infufer dan*
lîE MEDECINE, Z<35
îluîc onces de liqueur deux drachmes de
fenaé -, diil'olvez dans la colature deux
onces de manne de Calabre. Faites une ^
pot'on qui fera pnfe le matin.
IiTimédiatemeiït après , il prendra
pendanc dix huic ou vingt jours la ptL
•faune qui fuit.
P T I S A N N E,
' Prenez racines de falfeparcille coupées
menu hx onces > rapure de bois de
guâïac trois onces j faites infufer è
chaud pendant fix heures dans vingt-
quatre livres d’eau de fontaine , puis
bouillir , jufqu’à diminution du quart ,
& gardez pour Fufage.
Gn aura foiir de garder cette ptifanne
dans des beuteiHes bien bouchées, &
le malade en boira trois verres par j6ur,
c’eft-à-dife, un le matin à jeun , le fé¬
cond vers les quatre heures de i’après-
tnidi, & le troihéme en fe couchant. Il
fera purgé après avoir bû cette première
quantité.de ptifanne , que l’on compte
hiffifaace pour neuf à dix jours ; oiïea
fera alors une fécondé dofe qu’il fau¬
dra boire de même, réitérant la même
purgation à la fin.
CoNSUtTATïONS CHOI-sraS
Pendant Tufage de cette ptifanne , c
donnera de deux en deux , ou de trois
«n trois jours, une petite fridion fur le
|)érinée éc les bouiTes avec la pommade
mercurielle compofée fuivant la mani¬
pulation <}ue fon employé pour les fric-
ÆÎons du grand4-ecnede. La quantité de
^cette pommade qui fervira pour chaque
iiiélion ne doit pas exceder une drach¬
me & demie ou deux. On appliquera
:furles endroits fridionnés une eompref
€e qui fervirÆ toujours ; pn pourra J’af.
Cujetir par un petit bandage , ii on le
juge nécelïâirc.
Après ce remède le malade boira pen¬
dant dix mâtins les eaux de Camarcts ^
■ de Vie en Auvergne ; on purgera
avant & appès la bbitlon de ces eaux.
Ces remedes étant finis,, ie malade fc
réglera fur Pétât où il fc îrouvera, fi
Técoulement fubfîfteon fe fervirad’u¬
ne opiatc compofée fuivant cette for¬
mule.
O P I ^ T E.
Prenez térébenthinè de Venîfe fis
-drachmes; fang dragon en larrnes, aluni
de roche ^ terre figillée, de chacun deux
drachmes Sc demie j fuccin blanc pub^'
îifé,
D E Me DE CI ne: s.g-p
tifë , & cachou brut , de chacun deux
drachmes 4 camphre deux fcrupules ;
faites une opiate pour lufage , avec un©
fufifante quantité de fyrop de rofea
fcches.
Il prendra le matin à jeun , & le foie
enfe couchant, une drachme de cette
opiate, & boira pardeffus chaqne prilè
une talTe d’infufion de plantes vulnérai¬
res de Suilfè préparée a la maniéré du
thé. On pourroit aufli employer l’in-
jeélion fuivante.
JJ^JECriON.
Prenez dëcodion de rapure de bois de
lentifque dix onces ; faites-y fondre
miel de Narbonire deux onces ; mer¬
cure doux réduit en poudre impalpable
■une drachme & demieîj faites une in-
jeélion pour l’ufage.
On employera cette injeâ’on tiede.
On aura foin de la troubler avant de
s’en fervir,j5c l’on laidera un peu fé-
journer dans le canal la liqueur injec¬
tée, '
Suppoféque tous ces remedes demeu¬
rent in luffifans , il y. aura tout lieu de
croire aue fécoulement nouveau eft'
Tome J /. M
tSS Consultations «hoisies
une fuic.e de la première chaudepilîè •
-qui ayant écé cordée entraînoic avec
elle un caradere de malignité 5 & dont
la caulè a travaillé fur les folides qui re-
tiennent la femence i mais il y a d aîL
leurs tout lieu de penfer que ces folides
âSbîblis font hors de la portée des in>
jedions, puilque celles qui ont été pra^
tiquées font devenues inutiles.
Le malade pendant ces rcmedes évi¬
tera lés alimens de haut goût, cruds, pe-
fants fiir reftpmac ,, & propres à échauf.
fer. Il fe nourrira avec les potages à la
viande, des crèmes de ris ,- du bouilli ^
êc du rôti ; il doit éviter pendant tout
ce tems-là le commerce des femmes.
Délibéré à Montpellier ce ad. mai 1719,
Signé y ■Mo N T A « N E , F O O R N1 E
CONSULTÂTiON;X L !.
• ■' Sur me rêîenüon D’uritie^
H Ous ne pouvons pas douter que
la-rétention ribdne que- rMonheur
fou0fedètems à;aurre, & qùiéft accom¬
pagné de doukuL&defievrej ne lois
9 1 Ml B 1 C 1 H E» l(3f
ae véritables attaques iecoiique^éphré-
tique 5 qui font , félontoutes les appa¬
rences , oGcafionnées par des matieref
glaircufès Sc épaiiïès qui, tirant leut
fource de la maSè du -fang , & étant
portées par la voie de la -cireulation auE
tuïaux|urinalress les engorgent, les dif-
tendent , empêchent la féctetion de cet
excremeiit , & prodaifent tous les fâ¬
cheux fymptdmes que le malade rcf-
fent. Il y a même lieu de croire que
ces matières glaireufes étant fournies
depuis fi iong-tems , ont altéré le tiiîu
des reins , 6c que le vice de cette par«
tie efi: préfentement de concert avec la
dîipofition du fang , pour produire ces
attaques fi vives & fi fréquentes | de
maniéré que, fi nos conjectures fe trou-
voient juftes furie vice de cette.partie,
on ne pourroit jamais fe flatter d’une
parfaite guéri-fon. Qn ne peut encore
l’attendre qu à la longue , quand bien
même- la feule difpoution du fang y
contribueroît entièrement. Nous devons
donc réduire nos vues à deux chofes ,
la première de fecourir efficacement le
raatade dans i’étatle plus preflànc ,c’efi:-
à-dire dans le paroxyfme , la fécondé
d’en diminuer la violence autant qu’il
Ml)
téS Consuj,tations çhoisiês
feiiâ poffibie,, & d^n prévenir le retour
autant que le vice des reins, Sc laçoiÆ
titutiondu fang paurron.t le permettre*
indications,-qu’on tâchera de remplir
par Tufage des.iemedes fuivans,.
A la première attaque que le mala,.
de aura, le lècours le plus efficace eft
celui de la faignée, quon réitérera plus
ou moins félonie danger de l’inflamma^
tion. On prendra enluite le laveipent
fuivant,
, L A r E M E N r;
Prenez déeodîoa d’orge une livre I
^iflôlvez-y pulpe de oaffe récente une
.once , huile d’anrandes douces tirée fans
feu trois onces ; faites un lavemenr qui
.fera donné à l’heure la plus commode.
Le maladevufera euffiite de la pcifauff
fulvante,
? T I S A NE.
I
Prenez fommités de pariétaire iine
poignée ; graine àq lin conçalTéc trois
drachmes ; faites bouillir pendant un
quart d’heure dans fix livres d’eau de
fontaine j ajoutez fur la fin de l’ébulli¬
tion une poignée de fleurs de meUt^tj
coulez avec exprelEom
Dï MeDICINÏ.
Comme les attaques ne font pas de
de longue durée , autant que nous en
pouvons ju2;er par la relation qu’ont
nous a adreflee j le malade fera bientôt
en état d’être purgé avec la potion fui-
vante^
FVRG JTIO N,
Prenez rhubarbe concalTée & tartre'
foluble ,de chacun une drachme • moelle,
de cafle fraîchement extraite , une on-,
ee & demie 5, graine ôe lin & fleurs
de mauve, de chacunes une pincée ; fai¬
tes bouillir légèrement dans une fuffi-
fante quantité d’eau de fontaine, & dif-
folvez danslacelature faite avec exprefo
fion deux oiïces de maiiné de Calabre^
Faites une potion.
Dès que les accidens du paroxyfme'
feront entièrement calmés , on doit
s’attacher à en prévenir le retour ; ainfi^
après avoir donnné quelque relâche au
malade , on lui fera prendre les bouil¬
lons luivans pendant une neuvaine»
B O V I L L O N.
Prenez racines de petit houx & d’afo
pctges , de chacune une once , un jeune
poulet faites bouillir pendant deux
M iij
27®' CoNSVÏ,TATlOî<fS CHOISIES
heures , ayant foin de bien écutnen
Ajoutez enfuite écorce mo'ienne desra.
ci nés de chauiTètrape fechées,, pilées, 6c
enfermées dans un nouet, une drach.
me *, ajoutez fur la fin de îébullition
feuilles de chicorée fauvage ^ de boura-
che, & de capillaire, une poignée en
îout J coulez, exprimez, & kkes pren*
dre.
Après l’üfage de ces bouillons, fi I^
malade étoit toujours tourmenté de la
même maniéré , ou qu’il ne pilTât que
difiicilement j. Se que les urines fufietît
îroubies èc tarcareufes , il uferoiî
tems àautre du remede fuivant..
/ NI V S 10 - N.
Prenez écorces de chaufifetrape dêf-
léchées êc concalïéesune drachme; fii-
ses infufer'pendant la nuit dàns huitonces
de bon vin bbiie ; coulez le matin avec
sxpreffion, ôc faites prendre au malade.
Mais on ne doit point s’attendre à.
une guérifou parfaite, fi le malade ne
fcnge amener un régime de vie conve¬
nable , ôc â-Ce priver de toute forte de
mauvais alimens.
Délibéré à Montpellier ce 20. j“lii
17 5 0. Sigxé J F ï T Z G s B. A 2^ O J f 9 ^
îî I
» È M ï D ï”c I N e;
â7ï
CONSULTATION XLII.
Sur m Vertige.
N Ous femmes perfuadés que les
viôleus maux de tête précédés
-de vertige donc la malade a été attaquée
en deux occafîons depuis (îx mois, font
les fuites d'un faiig épaiflî , 5 r en trop
grande quantité, qui roulant difScile-
ment dans le tilîù du cerveau,, occafibn»
ne par fa lenteur ^ fon gonflement une
eomprelEon dans les fibres nerveufes ^
qui doit produire néceffairement une
-douleur gravailve dans cette partie, &
Hii mouvement irrégulier dans les vaif=
iêaiix nerveux qui compofent la reti-
ùe. Nous croyons encore que tout ce
dérangement dépend de deux principa¬
les caufes , la première des embarras
de la matrice , qui, empêchant fécou-
Ibmeiit menftruel, doivent néceflaire-
ment augmenter la quantité du fang
dans tous les vailïeaux , & occafios-'*
ner par-là des dîfirenfions 8 c du trou¬
ble dans la circuiadon r la féconde dci>
digeftions , qui ,,étanr mal travaillées j,,
Tourniflènt au fàng; un chyle épais, acU
VJ% CoNStrtTATIONS CHOtISîEf
(de, qui épaiiEt tellement ce liquide
qu’il ne fçauroit enfuitc trouver avec
fon aifance ordinaire le pafl'age difficû
le des tuïaux du cerveau..: L’heureux
fuccès des purgatifs qu’on a employés-
(dans le tems de ces-deux attaques a(Fu-
re nos conjedures , & nous détermine
à remplir deux indications principales
la première de détruire les mauvais le¬
vains des premières voies, & d’en tarir
îa fource ; la fécondé de redonner fa
première fluidité au fang ^ & d’empor¬
ter les embarras de la matrice^pour que
les liqueurs y circulent à l’ordinaire ^ &
puiflenc s’échapper dans le tems maE-
que. C’eft ce qu’on obtieu-ira par l’o-
fagè des remedes fuivans.
Comme la. fâifon ne nous permet par
d’employer ajauellement les remedes
que nous' prefcrirons plus bas , & que
Fon a été faigné depuis peu ,.on com¬
mencera d’abord par la potion fiiivantc-
WR G AT ION.
Prenez fènné mondé trois drachmes j
fel végétal une drachme fommit-és
d’abfynthe & de petite centaurée , de
chacunes une pincée» laites bouillir leT
DE MEDECINE. 11^3
géremeut dans une fuffifante quantité
d’eau de fontaine. Diflblvez dans fix
onces de colature deux onces de manne
de Calabre , éleftuaire diacarthami une
demi-drachme ; faites un potion qui fe¬
ra prife le matin.
On commencera le lendemain de la
purgation les eaux de Vais, qu’on pren¬
dra pendant une neuvaine , ayant foin
de mettre dans la derniere verrée une
prife de fel polychrefte. Comme il faut
enfuite attendre la fin des chaleurs pour
paflfer à f’ufage des- renaedes fuivans ,
BOUS fommes d’avis que le malade ufe
trois.fois la fcmaine de l’opiate fuivante,
O F I A T E.
Prenez racines d’aunée, une demi-
ôiice j quinquina en poudre , une drach¬
me & demie ; corail* rouge préparé , &
ïeux d’écrevilfes de riviere de chacun
une drachnae ; fel d’abfynthe un fcrupu-
îe ; faites avec le fyrop de chicorée
compofé uneapiate,qui iéra diviféé en
trois parties, lefquelles feront prifes en
une femaine - lailfant un jour d’inter¬
valle entre chacun^.
Dès que les-ehaleurs auront diminué
M V
2.74^ ÇoNStrLTATÏO’NS CHOÎSIES
& que le tems fera, rafraîchi,on rciiouw
vellera la faignée du pied , prenant le ’
lendemain la médecine ci-deiTus mar¬
quée, &on palTera enfuice à l’bpiatc fuf
vante.
O PL AT E,
Prenez faftran de mars apéritif pré^
paré à Ta roféê de mai, une demi, once
rhubarbe & fènné en< poudre , de cha- k
cun deux drachmes ;.jalàp èc diagrede , '
de chacun une drachme;-, fels d’àbfyntlie j
& de tamari{c,, de chacun un fcrypulc;; (
faites avec le fyrop de chicorée compo- !
ieune opiate dont on prendra tous les ,
|ours depuis un gros jufqu’a deux à
jeun g, buyant-par deflùs un bouillon à la?
chicorée, fauvage , & le promenant fui-
vant l’ufage. ^
Onfe repofera pendant quelque tems.
après cette opiate, & nous fommes d’a- i
vis que la malade boive enfuke les eaux
de Balaruc avec les précautions ordh
naires. ,
Pendant Tufage de ces remedès om
tfobfervera aucun des jours d’abftinen-
ce ordonnés par TEglife -, on éviteras
iés ragoûts , les fritures, &' les alirnens-
de: difficile digeftion oa.fe. con tentera.
D I M I D ï c ï N E. lyj
de fouper très-légércmenc, & nous ne
{^aurions afîez recommander un exer¬
cice modéré qui ne puifle pas fatiguer
h malade , mais qui foit en état de
donner un- peu de mouvement à foii
.f&ng , & de diffiper la raélancholie.
Délibéré à Montpellier ce i. août,
î7 lo.Signé ,:C h î-c o y n e A u , Fou
N-I E R,-
consultation Lxin,
Sm uns cbal-eur dsnîràilles ^ & de poitm-
ne , uvsG des bmtons au vi/age,
L Ès boutons qui ont commencé à
paroitre furie vifage de la malade,
ëc qui s’y font foutenus la derniere fois
pendant toute rannée, dépendent^ félon:
toute apparenceVTuii fang épais,,acri¬
monieux, & chargé de particules grqf.
. .feres, qui, étant psulTées cfeiiE toutes
les parties, fe foiu.d’abord' Mr|tées atix;
glandes- de la- peau du- vifage. On ii£‘
doit pas être fürpris que cés mêmes par--
îicules ,.ayant ce caraétere d'épaiîïïTe--
-ment Sc- (Facrimonit Sc ayant - étf
17 ^ Consultations choisies
mêlées dans la malTe du fang,aient pro^
duic un mal d’eftomac , des chaleurs de-
poitrine,des démangeaifons,& des dou¬
leurs confiderables dans les extrémités ^
fjlon qu’elles fe font plus ou moins ar¬
rêtées dans difl'érens vikeres ^ ou dans
les parties extérieures»
Nous ne Içauxions déterminer e»
conféquence du mémoire qu’on nous a .
adrefle , fi c’eft la mauvaife conftitutioii
tîu fang' de la malade qui fe trouve l’o¬
rigine de tous ces défordres , ou fi ceft
quelque évacuation fupprimée qui lés ait
produit. Dans cette incertitude mous ab
Ions propofer les remedes que nous ju¬
geons, néceflaires. dans L’un & dans l’au¬
tre cas»
Suppofé que la mauvailè qualité du
fang fut la feule caufe de tous les acci-
dens donc fe plaine la malade , & quelle
ne fut pas encore fort épuifée on
commencera d’abord; par la faire fai-
■ gner de run des-bras, pour en tirer fept
à huit onces de fang- , & on la purgerat
' le léademain avec la potion fuivante.- i
?V. RG AT J O N:
ftenez pulpe de tamarins fix draefi-^
B E M' Ë D E C' I N £.
ïces ; graine de lin & dé coriandre, de
chacune une pincée ^fleurs cordiales 5 c
fleurs'de mauve , aufîi de chacune uae
pincée; faites bouillir dans Feau de fon¬
taine , êc dilToudrc dans iîx onces de co-
làttire paiïée avec expreflîon ,,une oncer
& demie de manne de Calabre une
once de fyrop de chicorée compoféi
Faites une potion qui fera prife le matins..
Que ft le feu delà porcrine fe txou-
voit extrêmement confideraÉle , on fe
contenteroit dé faire un feuf bouillon
de poulet, d’y ajourer une poignée dès-
feuilles de cEicoréé\^, & d’y faire diffou-»'
dre deux onces de manne..
Le lendemain de' la purgation on;
Êommencera tés bouillons fuivaiis..
BOVILLOM
Frenez un feune poulet écorche l.
dont on remplira lé ventre avec une'
poignée d’orge mondé deux gros de-
graines dé pavot blanc ; écumez foi—
^neufement, & après deux Heures d*une-
ébuliition douce, jetrez dans le pot feuil¬
les de chicorée fauvage , dé capillaire
& de taffilage , de chacunes une poi¬
gnée ; coulez avec expréffion pour um
Souillon^.
278 CoNSUtTATrONS CHGISÏÎS
On pourroit même , (1 l’ardeur de-
poicrine n’étoic pas conlîderable , ajoue
ter trois écrevil&s rougies-dans l’catt
Bouillante & écrafées dans un mortier
de marbre. On continuera ces bouillons^
pendant dix à douze jours on pren¬
dra tous^ les foirs en fe couchant un de¬
mi verre dè décodion de coquelicot tié¬
die , avec une. once: de iyrop de tuffila-
ge 5,àda: place duquel on metttoit derai--
once ou fix drachmes deTyrop dé' pa¬
vot blanc', fuppofé que la malade ne re-'
pofât point' dans îà nuir.
Après qu’on aura fini,ces- bouillons:
©n fe: purgera.comme cii-delBsi,! &,fi
chaleur de poitrine &' Textindion de-
voix continuoienr toujours ,, nous ne;
fçaurions cbnfeiüer rien de mieux que-
de fe mettre à':l’üfàge: du lait pour tou¬
te nourriture avec les- précautions or¬
dinaires , c’eft-à-dire qu’on retranchera
les foupes,. les panadés , & les- autres:
' alimens à mefiire qu’on augmentera la-
dofe du lait, ©n peut donner le matin:
celui d’ânelTe , & fair e en fuite les fou-
fes Se le ris avec celui de vache ,,00 de'
âievre , recommaadant qu’on ait feim
dès animaux dont on tire le lait y.i^ pre--
na.nt garde quuis ioient- nourtis-
4 è bo-iis-he-rbages*
9'E M E B E C IN E,
Que fî au contraire la fuppreffion de
i’évacuacion ordinaire au fexe produiroit
les accidens- de la maladie,, on feroit
an bouillon de poulet , avec les racines
de brufeus, deringium y ajoUtancr
des feuilles: de capillaire & polytric „ de
chacunes une demi-poignée,,dans lequel
on feroitdiiroudre v-ingucinq gmins.de.’
tartre chalibé»..
Après- l’iifage dé cès bouillons on par"
liera ineeflàmraent à l’ùfage d'uL lait cha-
libé , c’èft-à-dire a un.: lait'écrémé com=^
me àirordinaire g,,dans lequel'on met¬
tra un fer rougi au feu,.. On pourrofe
auffi ië couper avec parties, égales de-
décoétion dè faffirairde mars apéritif
préparé à la rofée. du mois-de. mal;
On fera: ufer pour boiflon ordinaire;-
d’une ptîfane faite avec le fer qu’onlaif-
lèrain fia fer dans Teau Grdinaire,& mieux,
encore dans de l’eau-de. Meyne fup»^'-
pofé qubnfe trouve à porrée d’en avoiro.
Oh emplbyera ces remedes pendant,
lès chaleurs de cette année., après les¬
quelles , fuppofé que /es chaleurs & le
feu de là poicrine fuirent un peu calmés ,
oh tenteroit.q'uelquesgra'ins d’acier dans;-
la foupe , & afin d’en prévenir les moin=-
dres. fuites , on fe déterminerok à. une-
%%h CONSUETATIONS CHOISIES
alternative & d’acier, & de lait pte»
nant deux ou trois jours Tua,revenant
en fuite à l’aurre.
Suppofé que l’eftomac de Ta malade
ne s’accommodât pas du lair,pn feraufer
de tems à autre de l’opiate fuivante^
cpiate:.
Frenez conferves d'e rofes une once5-.
corail rouge , &' ïeüx d’ëcrevilTes de ri¬
vière ^prépares ^efè chacun deux drach¬
mes ; poudre de quinquina une drach-
me & demie rhuBat&e en poudre une
drachme 5 faites avec le fyrop db'rofes:
feches,ou de tuffilage y, une opiate^doiic
îa dofe fera jufqu’à une drachme & de¬
mie. _ , . '
On n’bbfervera- aucun jour d’ahfimen--
ce marqué par l’Eglife ; on fe privera
de tous- les aîîmens faîés & épicés , de
fricures,.& de légumes 5011 évitera toute
forte de violeiit exercice , & de travaux:
fatiguans».
DélibéréràMontpellier ce rs. fuîfiëc
Signé 5, V E B.N Y J E O XJ I E
ht M Ê ô i c I N F,-
aSf
consultation: xliv.
Sur une mélanchoUe joinfe à ta vérole,
A Près avoir exaniiné avec toute PaC-
tenrion poffiblc les accidents rap¬
portés dans le mémoire qui nous a été
remis , on a connu qu’il- y a une corn»
plication de maux , & qu’outre la mé-
lancholie , & la difpofition fcorbucîque ,,
lé malade avoir auSî la vérole-. Le téms
que le virus a eu pour agir fur le fâng du-
malade, ta difpofitiôn naturelle que le
malade a eue dès fa jeunelïè à la mé-'
îancholie , Ton jetté dans l’état ou il
fé trouve à préfent, & dont on ne peut
le tirer que par une'fuite de remedes^
continués pendant quelque tems. tl-
nutilité de ceux qu’il a faits jufqu’ici
prouve qu’on a jamais attaqué la caule
principale de cette maîadre ; c’eft ce
qui a déterminé le Confeil -à prefcrire
un autre remede plus efficace & qui
puiflè combattre le virus vérotique donc
te fang efl; infeélé» Mais comme la fai-
fon n’eft pas encore favorable pour cer
remede que d’ailleurs, on ne peut" pas»
â’Sii Consultations ch'olsîls
«fperer de réudîr fans une préparation»
convenable , on eft d’avis que le mala¬
de falTe incefrarament les remedes qui
fuivcnt, tant pour rétablir fon eflomac
qui eft fort dérangé que pour humedet
& adoucir fon fàng. Pour cet effet on lui
tirera deux palettes dé fang de l’un des
l>ras, & le lendemain on le porgers
avec la médecine qui fuit.
V V R G A T I O K
Prenez fenné mondé deux drachmes j
rhubarbe concaffée & fei végétal de
chacun une drachme fommités d’afa-
fynthe Sc ie petite centaurée, de cha¬
cunes une pincée faites inftifèr pen¬
dant la nuit dans une décodion chau¬
de de pulpe de tamarins j diflblvez dans
douze onces de cblature trois onces de
manne de Calabre, Faites une potion
pour deux prifes,
Ott donnera ces deux prifes à deux
heures de diftance l’une à l’autre, Si
un bouillon ordinaire une.heure après le
dernier verre,, Deux jours après il pren-
le matin le bouillon qui fuit, -
B'OV IL L O N.
Prenez trois écreviffes de tiviere lavées.
ÜE M £,» S C r N E. iîf
^ans l’eati bouillante , & écrafées dans
un mortier; faites les bouillir doucement
pendant une heure dans un bouillon
de poulet ou de maigre de veau ; ajou¬
tez fur ta fin de la codion une poignée
de crefibn ou de feuilles de chicorée
:âuvage, des fommités de petite abfyn-
îhe, & de petite centaurée'", de chacunes
une pincée ; laiflez bouillir les- herbes-
un moment, palTez à tra vers une fervie-
ts 8 c exprimez fortement,.
Prenez demi-drachme de tartre cha-
Kbé 5 faites 4 e avaler avec deux cuille¬
rées de ce bouillon,prenant le relie par
delTus.
Le tems de ce bouillon fera de dou¬
ze jours , après lefquels le malade fe-
repurgera, & deux jours a^rès il pren¬
dra le marin au lit un grand, verre de
petit kit tiré du lait de vache clarifié
avec le blanc d’un œuf^ & adouci
avec un peu de fucre, dans lequel on^
éteindra deux ou trois doux rougis au
feu ; enfuke en y ajoutera trois- onces
de fiiG de cerfeuil dépuré. Le tems du?
petit lait fera de. douze joursaprès lef.
quels oit repurgera le malade avec la
médecine ordinaire deux jours après
il reprendra le bouillon. ci-delTus. avec
GoÿîSULTATlONS CHOISIES
k tartre, chalibé pendant douze jours
après lefquels il fe repiirgera.
Deux jours après cette derniere itié-
decine , le malade prendra le matin
au lit un gtand verre de lait d’ânef-
fe fraichement tiré , & adouci avec un
peu de fucre. Dès que Ton eftomac fera
accoutumé au lait , on en augmentera
l'a dofe jufqu’à une écueliée , & quel¬
ques jours aprèsil foupera à iîx on
fept heures du- -foir avec une foupe de
lait de vache. Il pourra manger après
la foupe’ un morceau dé paru ou ün
bifcuit, & il pourra manger de la vian¬
de au dîner , du rôti ou du bouilli. Il
faut continuer le lait jufqu’a la fin du
mois de mars, purgeant le malade lorf-
qu’on le jugera néceflaire.
Dès que nous ferons au mois d’avïil
le malade prendrà le matin du lait d’à-
neife, & le foir avant fouper le bain l
domeftîque où il reftera uiie heure. 1
Quelque tems après qu’il en fera forti]
il mangera une foupe à la viande & un
morceau dé pain pour boire un copp.
S’il aime mieux prendre lebain le manu,
il pourra lé faire', fe remettant au lit
en fortant du bain; & on lui donnera
ïe lait d'ânelTe. Il faut continuer le lait
B E M ï D E C î M 2 . ' 2 §,J .
^ânefîé julqu a la fia du snois d’avril |
de fiorte que le malade prenne vingt-
cinq QU trente bains domeftiques. Après
ce tems il fera purgé avec la médecine
ordinaire, & en foire il fe rendra ici pour
faire les autres remedes.
,On doit voir par :cecce préparation
quels font les menagemens qu’il faudra
garder pendant le cems des friétions,
fans quoi le mercure, qui peut être
d’une grande milité au malade ^ com¬
me nous rerperons ^ léroic .non - feule¬
ment inutile i mais encore dangereux,
pa.r les rayages qui! pourroit faire , s’il
n’étoic donné avec beaucoup de prudence
& de ménagement.
,On ne dit rien du régime de vie,
parce qu’on eft perfoadé .que le Méde¬
cin ordinaire en fait garder un c-onve-
nable^
Délibéré à Montpellier le décem¬
bre 17} I.» V,£ R.îiî I , L A Z :E R JT E J
Fourni Eja_.
CoNSUî,TATÎOKS CKOîSÏES
CONSULTATION XLV.
Sur m tintement £ oreille^
L Es tînEcmens & bourdonncraehs
qu’oti reffent dans les oreilles ^ &
.qui rendent le fentiment de l’ouïe obC,
■cm , font pour l’ordinaire des fuites
de quelque fluxion qui s’eft faite fur
cette partie. Quoiqu’on ne nous déter¬
mine point , fi le malade étant fort
échâüiïe s’eft expofé aux injures de
l’air s, nous penfons que c’eft un Ycm.
un peu froid qui a d’abord rallenti le
mouvement du fang qui fo diftribue
.dans cet organe par un rameau de la
carotide, & que ce fang, un peu épaif-
li , n’aïant pû être repris par les ra¬
meaux de la jugulaire, a produit peu
à peu un gonflement, êc une diften-
fion qui .ont gêné Bc comprimé les nerfs
de Cüîte partie , & par conféquent di¬
minué la fenfibilité de cet organe.
Si nous étions aflùrés du tempérament
du malade, nous pourrions con},edu-
fer ^ fi c’efl: un fang un peu trop épais de
laLmême, fujet d’ailleurs à produire
D S M É P S c S N g. . %tj
fluxions, qui a formé celle-ci; mais
ûQ ne nous marque rien de pofîtif fur
cela. Il n’eft pas même poflîble de dé*
cider fl, cette fluxion s’eft formée en
deçà ou au de-là du tambour, à moins
qu'on ne remarquât quelque élévation
vers les parties extérieures de l’oreille ^
qui fit ioupçoiiHer que les vaiflèaux .
euflènt plus prêté en dehors qu^en de¬
dans.. Mais comme ces éclairciflèmns ne
dérangent point les indications , &. la
route qu'il faut tenir pour la maladie
en queftîon J nous fommes d’àvis qu’on
le mette inceflamment .à l’ufage des re*.
medes fiiivans.
L A r E M E N T,
Prenez décoÆion ordinaire rafrau
chtflaate & laxative pour les lavemens ^
une livre ; catliolicon pour l’uCage in-
cerieur une once & demie ; miel Viola.c
une once ; faites un lavement qui fera
pris à la commodité du malade.
Après le lavement r.éndu l’on ouvri¬
ra la veine de l’un des pieds ^ pour en
tirer huit à neuf onces de fang , oii
fc purgera le lendemain avec une po-;
flou ordinaire.
iSS CoNSULTATïONS ' «HÔISIEi
Gomme ces remdes ne font prefcrics
que pour diminuer un peu la fluxion
de l’oreille , en diminuaiit le volume du
;fâng , & lui donnant un peu plus de li¬
quidité J i>QUS fommes d'avis que pour
emporter en entier ces bpurçlonnemens
on Ce rende inceffammenE à Balaruc
pour y prendre la douche , aïant un
foin particulier de fe tenir la tête
chaude. On évitera au.ffi de s’expofer
aux tems pluvieux^ Du xefte on Ce pri-
/vera de tout aliment gcoflTi.er , & de dif¬
ficile djgeftioii , capable de fournir au
iàng un chyle épais, êc dénué de par^,
ticules fines, & on n’obfervera aucun
Jes jours maigres ordonnés parTEglife^,
Délibéré à Montpellier le 30. pdo’- '
bjc 1J17. Signé , FIZ e
CONSULTATION XLVL
S«r me ab£ces an col de la vefie.,
L ’Ardeur,.d’urine, les enyïes fréquen¬
tes d’uriner, la douleur que Monfieuf
telîèntoit depuis long-tems au bout de
M verge ^ fur-tout lorCqu’il achevoit de
pi (Ter J
©Ï Medecïms. 1S5
pifïer , nous firent foupçonner , ou des
urines âcres & ardentes , ou une ten-
fioft inflammatoire de l’urechre ,ou une
pierre dans la veffie. Les figues de la
oaufe de cette maladie étant équivo¬
ques , nous nous déterminâmes à le faire
fonder, ce qui fut fait par Monfieur
Barancy , qui întroduifit diverfes fois
des fondes d’argent Sc de plomb avec
fa dextérité ordinaire fans trouver au¬
cun corps étranger dans la vclSe ; ce
qui décruifît le premier foupçon que
nous avions du calcul. On continua
i’afâge des fondes de plomb pendant
quelques jours pour tâcher d’emporter
les embarras de Turethre qui s’oppo»
foient au libre palTage de la fonde ^
pour dilater ce canal , & fraïcr aux.
Urines un chemin plus facile. Pendant
ce tems-là on n oublia pas les laignéeso
On doiinoit au malade des étnulfîoas*
des bouillons rafraichilTans & adoa-
ciflans faits avec.les femençes froides,’
la femence de pavot blanc., dç on lu!
faifolt ufer d’une ptifane faite avec les
racines d’althea, de nymphéa^ les fleurs
de mauve , & le criftal mméral. Ge«
pendant les accidens fo foutinrent à
peu près les mêmes, jufqu’à ce qu’en-,
Têms IL N
^^0 CoNSU-LTÂTIONS CHOISIES
hn le malade rendit une grande quan^
iicé de matières épailTes , gluantes , &
blanchâtres, que nous jugeâmes avoir
le caradere de pus, avec .d’autant plus
•de vraifemblance que l’écoulement de
ces. matières s!efi: arrêté peu à peu , &
qü’il.avoit été précédé d’un pifTement de
iang. Nous ne doutâmes plus alors que
,1e malade n eût un abfcès vers le col
de la véffie ^ qui^ a'iant .crevé j foit par
par rintrodudion de la fonde , ou par
la troprgtande dilatation du kifte , avoir
,fourni les matières purulentes qui for?.
roient .avec les .urines, & qui étoient
la caufe de tous les accidens dont il
étoit travaillé. J e çpnfeillai pour - lors
au niaia.de de prendre le lait de vache
coupé avec beau d’.orge , .ou là décoc¬
tion de iairepareiil.e de prendre auffi
dit -thé n’^ec du lait j & de continuer
ufage de la ptifane , aiant foin de fe
pàrgeoxer .de t.ems en tems avec la dé^
cocHon des herbes rafraichiirantes, la
-cadès la rhubarbe, la manne , le crif-
îâi minéral, & la femence de lin *, aïanf
loin auffi de lui tenir le ventre libre
par de fréquens lavemens faits avec la
£aSh P l’huile d’amandes douces ^ la
^écQÛio.n des.ir!,auves. le malade a pris;
D =E M E D E € î N E.' £ 9 *
^nfiii vingt ou vingt - cinq gouttes de
baume de copahu dans une cuillerée de
iyrop de capillaire , avalant fon lait par
delTus. Il Te fero.it allez bien trouvé de
ces remedes s’il ne lui étoit furvenu une
enflure aux pieds, & aux jambes, ac- '
.compagnée de douleur & de petites ta¬
ches rouges-livides., noirâtres , mar¬
quées & bien diftinétes ; en un mot
c’étoit du pourpre qui avoir un caraéte-
jc éryfipelateux. Je crus devoir omet¬
tre la faignée -, de peur de faire rentrer
trop vite ces éruptions, & j’ai toujours
■infîfté aux remedes adoucilfans, balfa-
iniques & rafraichilTans , que le mala¬
de a condnué jufqu’à préfent. Je crois :
même qu’on doit les continuer encore j
afin de rendre les humeurs douces &
favoneufes , fur-tout les urines qui doi¬
vent déterger .^^ulcere en palTant par
deflus , & le mener à cicatrice. Il fau¬
dra donc que Monfieur prenne le
lait d’âneflè pur & fans mélange com¬
me ii fort de la mamelle, & qu’il le
prenne un moisou un mois & demi
de .fuite ^ fe purgeotant tous les quinze
jours , & ufant trois fois la {èmaine
i’opiate fuivante.*
CoKSULTATïONS CHOiSiSé
OP l A TM.
Prenez moelle de caffe récemment
excraite & tcrcbenthine de Venife de
chacune une once & demie 5 corail rouge
prépacé, ïeux dccreviflès de rivière^
rhubarbe choifîe, de chacun trois drach¬
mes ; fei prunelle deux drachmes ; maf-
tie J fuccin , & baume de Judée fec ,
de chacun une drachme ; faites avec le
fyrop de rofes feches une opiate, dont
on ufera trois fois la femaine, buvant
du lait par delTus. '
Si on ne trouvok pas du baume, de
Judée , 011 y fobftitueia trois drachmes
de baume de copahu.
On pourroir elfayer de mettre le ma¬
lade au lait pour toute nourriture, en le
donnant par degrés. Il pourrok prciir-
dre le matin le lait d’ânelTe, ou de va¬
che coupé, à midi une foupê au lait de
vache , après midi une bouillie du mê¬
me lait, & le loir un gruau , ou un ris
nourri avec du lait, & quelques jaunes
d’ccufs.
.Suppofé que fon eftomac puilîè le ‘
Apporter 3 on le continuera de la forte
2>1 MsDECINï; 2^1
pendant un mois. Si le lait s’aîgrk,
<^ail caufe des tranchées, des diarrhées ^
des naufées ^ ou des vomifTemens, on
ie quittera d’abord , & le malade pétant
purgé 3- prendra des bouillons faits avec
l’orge entier, les femences froides , une
.pincée de femence de pavot blanc, &
altérés avec les racines d’althea , de
nymphéa, les feuilles de chicorée, les
fleurs de mauve , &c. qu’il contiHuetâ
pendant quinze jours le matin à jeun ,
fe purgeant au commencement & à k
fin»
Les eaux minérales froides tellés que
font'celles de Camarets, & les bains do-
mcâiques d’eau douce tiède, pourroient
ctre emploies pendant les grandes cha¬
leurs de l’été. Les lavemens rafraichif-
fan 5 .adoucî{ïàns,& rendus purgatifs ave*
îa moelle de caiîè , ne doivent pas être
négligés ÿ fi le malade eft conftipé, ou
qu’il fente des chaleurs d’entrailles.
On n’^obfervera aucun des jours d’abf-
îincnce ordonnés par l’Eglifc j on fe
nourrira avec de bons potages, dt|
bouilli j du rôti. Oa foupera légère¬
ment, & on s’abftiendra des ragoûts ^
des herbes crues, des fritures , &.<k&
- N iîi
294 Consultations choisies
épiceries , ne faifant aucun exercice;
Tiolenc.
Confeillé à Montpellier le io. mars^
^729. Signé :, Margot.
C O N S L L lU M XLVII.
Mro Ægro qui feri^netmontA affeÜm fam
&' qHsm nunc phîhljî Uborare
JUJplcio- efi.
Si- •’^lmendüm- -eft ne peripneumonîis
X quam jam palKis eft æger in ve-
âj ram phthifiln couver fa fueritcum^
» jam tuffis, febris , 8 c. macies totius.
5 > corporis-^aliaqüe fytnptomata, ægrum-
55 lacelïant : quapropter utatur reme¬
ss diis. rcfrigeTantibus 8 c detergeiiti-
55 tibus , 8 c vidüs ratione ad eundeai:
«tofinetn tendentei Hoc modo slyfterriiis-'
» jiciatur. .
C L T STE R.
« Of. Hbrd., integr., 8 c furfur macr;-
^ a. m. j. liquîric. roC rubr. p.
a deeodum ad ibj. in quo dilîbiv,.«ielU'
îj^violac,. |iC £ clyfterc.
S E Me S E d î- N É l'9 /
Non aperienda eft vena ex eo qüod
îèger a prægreffb longo morbd viri- «
lus deficiat, & macie afFedus fit, «
a qua gravior impendet afFedus. <«’
Poftea æger pur^bitur cum pulpæcaf-
fiæ & fyrup. de chicor, cômpof. a «
di(ïblvaiitur in jufculo réfrigérante. «
Purgatus æger utatur fero ladis pjæ-
parato cunifucGolimoiiüm,& faccbaro k
per xij dies , fi ftomachus ferac. Dein-
de utatur opiata fequenti. «
O P î A T
Conictv^. fymph. major. ^ j, «r-
corall. rubr. præparar. §iij. rhab. pul- «-
verat. 51 * cum Tyrup. de chicor. f.
©piata ad ufùm didum. ««
F^inito féri ladîs uFu 3. & ptsaiifTa «-
pürgatîone , capiet jejuno ventriculocf
îadis afîiiini ^viij cum ^vj. decodi «
liordei, ne lac corrumpatur. S tuffis ««•
ægrum ftimület, vigilîafque paciatur ^ «
julepum fequentem^ vefpertinis hotis
Mmet. «
rVLEPV'S.
Âq. plantag. & rofar. a. fij. S
N iiij.
■Â.f >6 Gonsvltatiohs choisies
» fyrup. spâpav. alb. rn. f. juiep»
» Q^od ad diætam fpcftac , fbbrîe
SJ manducabitj&eptimis utetucalimeiï-
» tis , ut carne vitulina , Tervecina j
» hædina ^ pullîs juvenibus , vitando
»imprimis falfa & piperata. Parvum
» erit exercitium , &: decodum hordci
a» pro potu ordinario propinabîtur.
Datum Monf|)clii die 21. menfîs
feptembris anni 1728. BizAe,
Chicoyneau, Lazermï»
TRADUCTION
'3ïi LA Consultation XLVIÎ.
F sur m malade attaqué d^ pênÿntumome ,
& qu'en foupçenne aSluellement l'être
de yhth'tjte.
T L y a tout îieu de craindre que îa
J. péripneumonie que. le malade a ef-
füïée ne foit dégénérée en une vraie
phehifie , puifqull eft fatigué de toux ,
de fievre , & d’autres iymptômes, &
que tour le corps eft émacié. Il fauç
donc qa’il ulc de remèdes rafraidiif»
s E M Ï B Ï e I w s.
fants & détcrfifs , & qu’ii fuivs un ré¬
gime qui aille au même but. On com¬
mencera par lui faire prendre le lave-
mène fuivant.
L Ar E M EJSf T.
Prenez ©rge entier , & fon de fro¬
ment de chacun une poignée ; regliflb
une once j rofes rouges une pincée.
Faites une livre de décodion dans la¬
quelle vous ferez fondre une once &
demie de miel violât y pour un lave¬
ment.-
Il ne faut point faigner îè makde ,
parce qu’il eft affoibli par k maladie
précédente, Bc qui! eft amaigri, çe qui
îc ménace d’une affedioa bien plus fâ-
cheufe. Mais on le purgera avec la caf-
fe mondée & le fyrop de chicorée com-
pôle y de chacun une once, fondus dans
unbomllon rafoaîchiiïaat,.
Le malade aïant été purgé ufera pen¬
dant douze jours du petit lait tiré avec
le fiic de limons y & adouci avec le fu-
cre y fi fon eftomac s’en accommode-
prendra cafuite l’opktc fiiivante,-
Consultations choisie»;
O P I A r E..
Prenez conferve de grande confoncTè*
une onêe ; corail rouge préparé trois;
drachmes J rhubarbe en poudre une;
drachme -, faites une opiate pour l’ufa-
ge avec le fyrop de chicorée.,,
Aïant fini l’ufage dü lait, & s’étaiiE:-
repurgé ,.le malade prendra le matin à:
|eun huit onces de lait- d'anefic coupé;
de fix onces de décodion d’orgef,. pour;
empêcher le lait de; fe gâter. Si la toux
fatigue le malade ^ qu’il nait pas les;
nuits bonnes, 5, il. prendra, le fbir ié;
fulep fuivant.-
} V L B f: /
Prenez-eaux de plaiitain 8 cAs rofës^f.
de chacune deux onces j fyrop de pavot ;
blanc , trois,drachmes ; mêlez..^ faites;
an julep.
Quant au régime, le maladé mangera ^
fobrement, & ufera de bons aliments^,,
comme du veau , du mouton, du chs'--
Yreao.j du poulet; & évitera foîgneu-
fement ce qui fera falé & poivré. Il
^ra,un,exercice modéré:3,&,fc fervi^-
D E l^ÎE D E c ï’N-E.
ÿa d’eau d’orge pour boiffoii ordinaire.
Délibéré à Montpellier le ü, feptem-
bre ijz 8 . Signé^B£ zac\ ChicoyneaUj
Lazerme. .
€ ON S U L T A T I O N X L VI IL
Snr me fluxion fur le Todrnom
L a Dêmoifèïle pour laqüêîîe on de¬
mande avis a une fluxion fur le
poulmon , qui la jettera infailliblement
dans la phthifie elle ne la prévient
par l’ufage des remedes fuivans. On lui
donnera une fois-la femaine le lave'^-
mentfuivant.-
tAV^ÉMENT:^
Prenez feuilles de mauve ^ de vîo-
îèttes& de bourrache , de chacunes
une poignée ; des quatre femences froi-'
des majeures mondées &: pilées-, un®-
once - fon de froment une poignée ; re«
glilTe trois^ drachmes- faites hcuiliiïr
fùfflfammenr, Sfediflolvez dans-une lî--"
We-de-eolatus^ 3^càtholicon"'pour Tufa-g^
^30® CqKSUL¥ATîONS CHÔÏSÏÎi ‘
incerne une once j miel violât deux
onces ; faites un lavement ,qui fera pris
la commodité de la malade.
Après le lavement on lui tirera huit
onces de fang du bras , & , fi le fang
paroît mauvais , oii la rcfaignera le
îeademain. On la purgera cnluite avec
la médecine fuivante»
P V R G* A T I O N.
Prenez pulpe de caflTe une once y rba-
hzthe choific une demi - drachme ; ro-
fes rouges une pincée. Faites bouillir
dans Feau de fontaine , & difelvez
dans, huit onces de colature fyrop de
îofes folutif compofé une once faites
sine potion.
Si la fluxion iiétoic pas diminuée
©n la refaigneroit du pied & elle pren-
droic le lendemain une écuelîce de, lair
d’âiieffe avec, le fucrc rofat. Si elle-é toit
preffée de la toux,, elle prendroit de
îems à autre quelques cuillerées de
fyrop de pommes , ou de tuffilage , &
lorfqu’elle ne pourra pas dormir h-
mlep fuivant.
Ms »ECî. N
1 V L E P.
Prenez eaux de coquelicot & de pîaiv
îâîn, de chacune deux onces ; fyrop
de pavot blanc trois ou quatre dracl£-
Kies ; mêlez faites un julep.
Elle ufera pour boifon ordinaire de
de la ptifaiie d’orge, dans laquelle on
fera bouillir deux onces de racine d’aL
thea fur chaque pot. Elle fe nourrira
avec quelques foupes, & de la volaille j,
& évitera toute forte d’aliments faiés. j,
épicés, & de difficile digeftion^-
Délibéré à Montpellier le 17. août
1728. Sigfû\ C H I c O Y K E A Ü-J
Margot.
CONSULTATION XLIX^.
Snr me Pardyfie^
L a paraîyfie de la moitié du corps
la tumeur cedémateufo du bras , &
de la jambe du côté droit, les douleurs
que le malade a fendes dans les articu.»
étions ^ & tous les autres accidens rap^^-
ComutTÀtTONS CHOISïEr
portés dans la relation de fa maladie;
cju on nous a remife , montrent évidem¬
ment la conftitntion épailîe &■ acre de-" -
fes humeurs ; & ceft fans doute le
grand'appctîtdu malade , & les mauvaK-
aliments dont il fe noürrifToic ,.qiii eni
font la caufe éloignée. L'apopléxie quf
a précédé les intommodités que le ma¬
lade a aujourd’hui a été produite par làî
même caufe. Les humeurs trop épaif-
fés roulant avec peine dans le cerveau,,
elles- s’y: arrêtèrent, & par leur réjour
comprimèrent les nerfs& comme le'
fèjour des humeurs-fut plus‘confidéra- ■
Me à la bafe dùrcrâiie qu’à la partie fii-'
pérîeure du cerveau , à caufe de la quan¬
tité des- finus quoii' y remarque , les'
nerfs furent preffés dans^ leur origine,,
mais l’iiîteriear du cerveau- refta plus
libre , ôc le malade conferva le juge--
ment , & la-mémoirc,- Et parce que Ics^
battemens de la düre-mere & des arté--
res carotides-font-continuels , les hu--
meurs épaiffies furent peu-à peu divU-
wfées elles-reprirent la- route de lai
©rrculation ,.fans pourtant que le fahg:
perdît abfolumenîia vifc-ofi'té qu’il avoiî^
eontradée,&’elles ont été dépofées par le>
@3ttrs=. des- humeurs dans, les. parties^afr
B2’ M'ï^ D'E C Fiî’-Ii'
fëctées.-A toutes ces caufes il faut en¬
core ajouter le dérangement des digef--
rions marqué par les goûts difïèrents -
que le malade trouve aux-aliments&
la quantité dé vents- qu’il fait par la;
bouche, qui lui donnent quelquefois des**
défaillances, .& des batîemens^decœuro.
Pour- délivrer le malade de fes in--
commodités, & prévenir lè retour de^
l’apoplexie qu ôii doit appréhender , iP
fëut.redifier les-digeftions , divifer le-:
fang,,& le:rendre plus.fluide & plus-
doux ; & enfin réfoadre la- lymphe ar¬
rêtée dâns'Ie- bras 5c: la- jambe du côtér
droit j c’qft ce qu on efpere défaire par;,
laifage dés reraedés fuvans^
lie maladé fe. purgera avec la potions
füivante,.
P v:b, g A TI O n:
FrenezPenné mondé trois drachmes 5:;
rhubarbe concaffee .& fel de tamarifc,,,.
de chaGon une. drachme j .fommités de
petite centaurée une pincée j faites bouil¬
lir dans l’ëâU 'dè fontaine j, ôc diflblvez:
dans fîx. onces de colâture palTée aveu;’
expreffion- deux- onces de manne de:;
Calabre , & une desni-once d’élecluaire-
dîacarthâmi. -Faheâ-uiieporioUc.,
^04 CoNSTytTATîONS CHOîSS-ïS
Deux jours après cette médecine , ü
prendra le matin à jeun l’opiate fui-
"^antc,
0 FIA T E',
Prenez fâfFran de mars apéritif prl-
paré à rofée du mois de mai, vingt
grains rhubarbe en poudre une demi-
drachme j; jalap, diagrede , de chacun
J^p.t grains -, antimoine diapho^dque un
depai fcrupule -, trochifques alhandal,
cannelle, fleurs dé fel ammoniac mar¬
tiales , de chacun fi.x grains extrait
d^elleWe noir trois grains faites une
opiate pour une dofe avec une ûiffifaa-
se quantité de fyrop de fleurs de pêr
cher.
Le malade prendra une heure après;
cette opiate un bouillon de poulet ^orr
dé veau, à la chicorée, &, s’il peut fe pro¬
mener , il fera.quelques tours, de cham¬
bre, Il prendra ce retnede pendant dix
jours ySc jS’il ne purge pas aflez onaug-
ffiîentera la dofe des purgatifs j s’il vui-
doit trop J, on retrancheroit rextrait-d’èl*-
lébore.
Après Pufage de cette opiate le.ma-
fede fc tepurgera cosiipae deflus ^ (M
-DE M E B 1 C I N i. 3 0 J
retranchera l’éleduaire de diacartharai
fl l’opiace Tavoit beaucoup purgé ; après
il prendra te matin à jeun un bouillon
préparé comme il fiik.
EOVILL O isr.
Prenez environ une, livre de maigre
de veau , une vipere écorchée , dont on
coupera la tête & la queue-, aiant 6té
les entrailles , on la coupera par mor¬
ceaux -y une poignée des feuilles de
bourrache& un peu de cerieuil ; met¬
tez le tout dans un pot de terre vernif-
fé , que vous boucherez avec un par¬
chemin , ou un papier double *, ajoutèK
auparavant fêpt ou huit cuillerées d’eau
de fontaine , Sc faites bouillir pendant
quatre heures au bain-marie ; palTcz en-
mite à travers un linge, & exprimez
fortement, pour le faire prendre»
Il faut continuer l’ufage de ces bouil¬
lons pendant vingt jours , & purger
Ie|palade à la fin-avec fa médecine or¬
dinaire. Si après ces rcmedes la tumeur
œdemateufe du bras SC' de la jambe
n’cft point emportée , il faudra donner
tous les matins pendant quinze iouts
56 g' Consultations choisies
line once d’eau-de-vie allemande ^ &
repurger le malade à la fin comme au¬
paravant.
Pendant l’été le malade fe purgera de
quinze en quinze jours, & en autom.
ne il reprendra Topiate apéritive, &
enfuite les bouillons de vipere au bain-
liiarieo Oh appliquera fur les tu¬
meurs osdémàteufes des feuilles d’hye-
ble paflees au four ibn en enveloppera
lès parties malades le foir lorfque b*
malade fe- mettra lit obfervant de les
appliquerchaudement.On fera le reine-
de pendant dix ou douze jours , & , s’il
foulage le malade, on le continuera plus
liong-tems'; mais s’il ne produit aucuiï
effet , on dilToudra le fei ammoniac dans^
une décodion de racine de. brioine,
& -rn fdmentéra là’ ^pàrtîe avec cette’
dé ^dion , laiiTant par. delTus un linge
trempé dans laonême décodion j.quon
couvrira aY.ec une fèrviette chaude.
Et comme tous les accidens que le
malade a à' préfent foiit^ venus du^dé-
rangement de fon eftomac , & de fa
mauvaife maniéré de vivre, il faut qu’il
garde un bon régime , s’il veut que les
remedes fal&nt quelque efîèt»
MSDECIN-E.. ^'ôJ-
èoarrîra avec du rod ; il mangera peu-
de foupe , 8 c jamais de viande falée^ ni^
de chair de cochon,.
Délibéré à Montpellier ce 12;. rnai’
$7 i ^. Sipié , Y ERH Y 5, LAZEB-MEi.
GONSU LT ATIO N L,
Sur des ^hfl^m^ions au 'Sole.
I L paroît patrie mémoire qu’on nous«
a remis que la jaunifle dépend' deS'
embarras qu’on a remarqué dans le foie..^
tes obftruétions de ce vifcere déjjendenc
du dérangement des^digeftions^ de forte'
que le chyle aigre & greffier fourni par
l’eftomac a épaiffi le fang & la lymphe g,
qui ont produit à leur tour les embarras
des vifceres.. C’efl; encore à cet. epaif-
fîflèment des liqueurs qu’on doit rappor¬
ter le pilTement de fang périodique qu’a le:
malade il y atout lieu de croirequ’il-
s'eft fait quelque varice dans les orga¬
nes qui fervent à là fecretion de l’uri—
rine, Gcs varices fe rempiîlïant & défem-=^
plîffànt par intervalles font le retour:
gériodiqug du.pilïement. de fang,.
5o8 Coîtsultations choisies
Pour prévenir ies fuites de cette ma¬
ladie s il faut nettoyer l’eftomac, & rec¬
tifier les digeftions , déboucher les vif»
ceres obftrués,& redonner aux liqueurs
la fluidité néceflaire pour qu elles eircu-
îcnt librement dans les parties.
Le malade fe fera tirer deux palettes
de fang de l’an des bras •, le lendemain
il prendra trente grains d’ipécacuanha
en poud're, ^
Le lendemain on le purgera atec la
médecine qui fuit.
r V R G AT 10 N.
Prenez feuilles de fenné mondées trois
drachmes 5 rhubarbe- concaflee , fel vé¬
gétal , de chacun une drachme ; fomrai-
îés d'abfynthe & graine de coriandre j
de chacunes une pincée j. faites bouilMr
dans feau de fontaine, & diiTolvez dans
douze onces de colature trois onces de
manne de Calabre ; faites^une potion
qui fera ptife en deux fois.
Le Malade lailTera une groffe heure
d’intervaUc d’une prîfe à fautrc. Qua¬
tre jours après on le repurgera avec ia
même médecine , 5c deux jours après
il prendra le matin à jeun le bouillua
qui fuilr
g) £ M £ D £ C I M .1. |0ÿ
BOVII^LON.
%
Prenez racines de chicorée üauvage
& d’afperges, de chacunes une once j
racines d’aunée & d’ache , de chacunes
une demi-once ; faites-les bouillir pen¬
dant une heure dans un bouillon de veau.
Ajoutez &r la fin de la coétion feuilles
d’aîgremoine j, de chicorée fauvagé, de-
capillaires, & de Scolopendre , une poi¬
gnée en tout ; faices-boüillic légèrement 5
,& palTez avec expreffion.
F O V D R E,
7Prenez tartre martial foluble ,poudre
de cloportes, & rhubarbe en poudre
de chacun une demi-drachme. Mêlez j
& faites une poudre.
Le malade prendra cette poudre
avec, quelques cuillerées du bouillon
ci-delTus , & boira le refte immédiate¬
ment après. Il continuera cette poudre
avec les bouillons pendant dix jours,
fe repurgera avec fa médecine ordinai¬
re. Deux jours après il prendra le ma¬
tin à jeun fopiacé fuivante , prenant
immédiatemeiK après un bouillon de
^naigre de veau à la chicorée*
|io . «Consultations chqîslsi
O P 1*A T E.
"Prenez fafFran de mars apéritifprépa^
Te à la ro fée du mois de mai, une demi-
once”,.feuilles de fenné mondées, & rhu-
Æiarbe en poudre^de chacunes deux drach¬
mes ; xaffia lignea , fel d’abfynthe, &
faffiran des indes, de chacun une drach¬
me & demie .5 jalap diagredede
■chacun une drachme.; canelle,, fel am¬
moniac., & faffiran oriental, de chacun
,'Une demi-drachme ; mettez tout en
poudre , & faites avec une fuffifante
^quantité de fyrop des cinq racines ape.^
lîtives unc|opîate , dont la dofe fera de
■^deux drachnaes.
Il faut continuer cette opiate pendant
neuf jours, après lefquels 011 fe repur-
.^era comme ci-deflus. Si pendant l’ufà-
ge des apéritifs le piflTement de fang de-
venoit un peu fort, on en fufpendroit
, Tufage pendant ce tems-là.
A près Topiate le malade prendra pen¬
dant douze jours Gonfécutifs un verre
de petit lait tiré du lait de vache bien
/clarifié, dans lequel on fera infufer à
chaud pendant une demi-heure une
drachme de faffiran de mars apéritif
,®E MEjPECÜÎE.
âans un nouet à Taife. Enfuite il fe re-
.purgera avec fa médecine ordinaire, &
reprendra pendaiu neuf jours l’opiate
^peritive. Il prendra enfuite pendant
,quinze jours vingt grains de faffiran de
mars apéritif dans la première cuille¬
rée de foupe, & ^ s’étant repofé fept ou
.Euit jours,, il le reprendra quinze aUf-
très.
Pendant les chaleurs de Pété on Id
;fera boire les eaux de Cranfac avec les
_pr:écautions ordinaires 3 &, comme cette
maladie fera opiniâtre,, il faudra repren-
,dre l’automne prochain les bouillons
apéritifs,, l’opiate, & le petit dait cha-
libé, avec les précautions mentionnées.
,jLe malade ne fera pas maigre,, il fe
privera de tous les alimens falés, & iu.,
idigeftes-comme fruits, .&-c. On le nour¬
rira avec de bonnes foupes , du bouilli
!<. du rôti,, en préférant la chair des
jeunes animaux & le gibier. Il boira le
vin bien trempé ^ il.évitera les veilles
les excès, & les exercices trop confîdé^
rables.o
Délibéré à Montpellier ce 5. janvier
î'f 17. Si^ ^ Y £ B. N Y , L> Z -E R M U
ÿiri Consultations choisiis
CONSULTATION L ï.
S HT me Pardyjîe.
L Ttat fâcheux où fe trouve îe mâla<îe
ne nous permet pas de douter qu’il
ne Toit une fuite nccelTaire d’une atta¬
que d^apolexie fanguine un peu for¬
te qu’il eut il y a environ un an & de¬
mi', qui fut occàfionnee , félon toute
apparence , par une véritable pléthore,
ic par de mauvais levains qui, ayant
été fournis des premières voies au fang,
caüferent un engorgement fübit dans le
cerveau , capable de lui ôter le fenti-
ment , & le mouvement des parties.
Les fecours qu’on lui donna dans fou
paroxyfme furent affez efFedifs pour ar¬
rêter rengorgement qui s’étoit déjà fait
dans ce vilcere, mais ne purent empor¬
ter l’engourdiUement , & dilîîper ic re-
iâchemenr qui avoir faifi les autres par¬
ties ; & ce fut prccifément celles qui
furent pour-lors les plus engorgées de
liqueurs, & le moins en état de les ren¬
voyer , qui fe trouvent préfcntement
attaquées d’une véritable^ paralyfc;
» ï 'M E B E C I H E. 5
qui empêche le mouvemenc & le jeut
<les muicles.
Comme le malade a négligé :fdn mal,
< 3 ue rindirpohcimi fubfifte/depuis quel¬
que tems, nous ne fcaurions lui pro_
metcrenne parfaite guérifon , mais nous
■comptons bien qu’onnelçaurolt lui ebn-
leiller-rien de mieux que de fe rendre
incIlTamment aux eanx Ae Balaruc, qui
pourroient peut-être par leur chaleur,
& par leur adivité, divifer ce iang en¬
gourdi qui croupit dans le tilïù des muf-
des, donner un peu plus de relïôrt aux
vaifleaux de ces parties , & les mettre
par-là en état de fe délivrer de la quan¬
tité des liqueurs qui y coulent, & qui
leur font à charge ; ayant foin de faire
précéder les remedes qui fuivent.
On commencera donc de faire-faigner
le malade de l’un des bras pour en tirer
neuf à dix onces de fang, & on donnera
le foir le lavement fuivant.
hArEMBN T,
Prenez décodion ordinaire pour îâ-
vemens rafraichiffans & laxatifs une li¬
vre; catholiepn une once ; miel violât :
une once -, faites un lavement qui, ièra
Tome IL O
f-ï4 CONSULTATÏ-ONS CHOISÎIS
pris à la commodité du malade réî.
reré toutes les fois que lôii ventre fera
parelïèux.
Gn le purgera le lendemain avec la
potion fuivance.
f V RG A T I O N.
Prenez feuilles de fenné mondées deux
drachmes -, fel végétal & rhubarbe choi-
fie, de chacun une drachme ; fommî,
tés d’abfynche & de pecice centaurée
de chacunes une pincée 5 faites infufer
dans une fufiîfante quantité d’eau com-
mune , & difiblvez dans huit onces dè
colature manne de Calabre une once &
demie, tablettes diacarthami une demh
once,. Faites une potion..
Le lendemain de la purgation,ou après
s’êire repofé une journée , le malade
prendra pendant trois matins les eaux à
la maniéré ordinaire , failanc dilîbudre
dans les deux premiers verres une priiê
de fel polychrefte. Il pourra prendre en
même tems vers les quatre heures un
bàin entier , & une douche fiir la tçte,
la nuque ^ & Tépine du dos,. Quand les
trois jours feront palfés, il prendra en¬
core trois bains & trois douches , &
fl fe repofera 4 eux jours, après lefquelg
îi renouvellera les bains & la douche
de la même maniéré , à cela près qu’au
lieu de fix bains & fix douches , il ne
prendra que quatre de chacun ; & ^ s’é¬
tant repofé deux jours encore, fi les for¬
ces le permettent , il preudra trois
bains & trois douches.
Délibéré à Montpellier ce.. ^. Signé^
Chicoyneau.
C O N S I L I U M LU.
De dolore Nephrhico,
»17 X dolore renum gravativo , &
» excrecione præfertim urinæ fa-
bulofæ cum aegrotancis levamine , ver-
»bo conjicitur Equitem nobiliffimum
»» dolore nephritico laborar .Tria inpri-
»>mis ad hune proiucendum afFeebum
"concurrunt , temperamentum aegri
» fanguinco-biliofum, regio quam inco-
M lit câlidiffima, & navigatio diururntor.
s» Ex his ultima praecipua eft. Abfumpta
«fanguinis ferofa , b^l^^m'caque parte ,
» tartareas in iànguine kxuriare necef-.
51^ • GdKSULTATIOîîS C-HOISIES
« le eft . quæ paulatim in dudus ren'um
** uiiiiofos intruræ moranturmora ve«
»ro corapiaguiKur & quiefcunt, un,
« nam que pone fe-quencem fiftunt. Di^
latati, nimis rcpleti , urinofi dudus
fangmferos comprimuni; undedifiSd-
« Uo.r fanguinis per renes circuitus , ip_
« fins mora & ftagnatio , renumque
« diftradio dolorifica , unde gravaïiyu?
«dolor.
«Uîhuk morbo afferatur medela,
convenir iis quæ rangu'inem dilueiv
do & edulcando -parces ejuidemcarta-
« reas folvunt dividüntque j fie urina
« priftinæ refticucafluiditati libéré & ex-
« pedire fiftulas .urinarias permeabir,
M Exiiide fane ratio cur jufcula pulli ,
« balneaque domeftica prias, ufiirpata,-
tanrum ægrotaïui .attulerint levameu
« quapropter iifdem infillentes indicatio-
» nibus , diiuentibus inprimts utendum
« diè cenfemus, quibus diuretka quæ-
» dam , & buic morbo quafi Çpecifica,
« addemus,.
Quapropter celebrata purgatione .
« quam medulla caffiæ recenter extrada, j
» rbeo, & manna, in aqua pulli infufe
folutis' parandarn cenlemus , fe-
» guens præfcribimus jafculum per dies
« decemcontinuandum.
*■£ M E rr E C I N ï. 317
J VS C V LV M.
A 'yL. Pullum juniorèm gallinaceuna
n exenter, cujus venter quatuor femin.
» frigidor. eontuf. \ f. implearur ; coq.
wper defpurriationem per duas horas in
^3 aq. font. Q. S. deinde add. cortic radicis
acalcitrap. exfiecat.» coiituf. & in nodui.
«fufpenf § j.rad. enul.eampan. coiv
MtuC 5 - ijv coq. per hor. fub. fin.- cod.
» add. folior cichor. borrag. & capillor,
jsvener. ex omnib. m. j. eoq. ievit. col,-
3» & exprim. Cap,.
33 Elapfo jufculoruni' tempore, atque
» iterata purgatione ut fupra ^ nobilîS'
3) Ægrotaiis afiumet mane per dies vw
» ginti hauftum feri.ladis vaccini o-vi
» albumine clarificati, & facchari caiv'
M didi unciis duabus edulcati ; alternk-
3j vero diebus pi ulam fequentem aisr
te hauftum feri ladis- aflumet.
P I LV L A. ’
» Lign. nephritic. pulverat. g j. bal--
»fam. de copaiva gutt, xX. cum (yrupi-
» capillor. vener. f. pilula ro una dofi,
» Succedet deinde balneum d'omefti--
» cum per dies quindeciai continuan-
s* dunî, Elapfis odo auc dedem diebus
Oii} '
CoiîSVLTATlOitS CHOISTîS
» poft balneatioiiîs tempus, Æger noBî-
»> iiflîmus aquas Vallenfes , gallice de k
» Marquife de dies novem po-
» tabit, fîngulis dicbus novem vel decei»
hauftus tribus aut quatuor vicibus aC.
» fumet J prima die folvendo mânn^Ca-
» labrin. ij. in primo kauftu^
«Fînito aquarum VaUenfium tcmpo-
« re purgationem eelcbrare neeeflè eft,
5» Demum ut primum calor æftatis rc-
3> miferiî aerque temperatîor fadus
« fuerit, fuâdcmus ut Eques nobiliffi-
« muslade afinino utUvUr per unum aut
» alterum menfem^ut, fie mafia fanguinîs
» edukata, minor tartarearum partium
copia generetur ^ fervatk tatnen
âs fervandis, rd efi: præferipta idemtidein
» purgatione , ac fervato eonvenienti
» vitæ regiminei Tandem ut is affkàm
» radicitus debellccur fequens præferibi-
^ mus remedium quodÆger n0biliflîine&
» per annum & ultra fingulis meufibus
a» afîiimer»
FO T J O.
, J» ; 5 <i’.Cortîc,.câlçitrap„exfîccat. & con»
' » tuf 5^ )• infund. per nod. in. vinjilk
» optimal, vii|. man.colet. & exprimai»
BE M î B ï 6 ï H E. f 15
» Altéra die fequens exhibebitur de-f
f» codum*
DECO CTV M.
>> ^Fol. parietar. m. ]. lign^
a coiituf. .& fcrn. anis a. ]. cmnamoHrf
wcoiituF g. f bull.levit. in,aq. font. x.
Si dcin per nodem. infund. mane kérura
»» levit, bulliantjdifTblv. facchar candid»
» ij. coL&: exprim. Çapiat,
s> Hoc enim efi: potens diureticam ^
SS cartareas partes fiftidis urinoiis inapaiC'f
» tas folvens,
JS Verum nul la expedanda ranatîo,ni-r
SJ fi Eques nobiiiffimas coiivenienti vitæ
SJ regimijae eifedus remediomm adja-
sj vet 5 aç propterea coiivenic ut abfti-*
JS neat a piperatfs , faîfis, ^ribus ^ car-
» nibus falevel famo induratis , ab ufa
SJ acetariorutn c^ei ladiciniorum ^
SS uno yerbo ab iis quæ partes fanguinis
JJ cogurit &partiam tartarearam c^pifeîn
ssaugcoc.- Vefcemr carnibus Imniorui»
■jj animaliiim ^ & inpritnis quadragefi-
s> malibiis cibis fe abftinebk, yinuna iKOr
JS dice & multa aqua temperatutn pota-
ss bit. Vigiliasf motafque nimios vitabic,,
» ac inprimis navigatioiienQ quæ aftèc^
d iiij.
Ho CoiîSUtTATIOKS CIÎOISIÎS
lîcphritici caufa prarcipua videtur
tum ob motum affiduum , eutn pra-
” vatn vidus radonem qua. navigatores;
» uti cogumur.
Monrpellii die xy. menfis februarü
anni lyaS, ^ Lazerme'^ Fitzge*
R ALB, Fournier.
: T R A D U C T I a N
®E EA CONSUSTATION PRECEDENTE;
Sur une douleur Néphrétique.
L a douleur gravative des reins, & ^
fur-tout-Fexcrétion d’une urine qui
eharie cîes graviers au foulagement du
malade , font conjedurer avec raifbii
que Monfieur le Chevalier eft attaqué
d’une douleur néphrétique. Trois cau-
iès principalement concourrentalapro-
dudion de cette affedion le tempera^
ment cholérique-fanguin du malade,,
-la chaleur du païs qu’il habite , & fés
longs voï-ages fur mer. Nous regardons
la première de ces caufes comme la prin¬
cipale. La déperdition de la partie fé-
ïêufe & balfamiq^ue du fan g rend nécef-^
ié È M £' » 1 C I N E. ^21
l’amas des parties tartareufes, lef-
quelles s’arrêtant infenfiblement dans les
eananx urinaires des reins , forment
avec le tems des concrétibns qui arrê¬
tent l’urine qui vient par derrière. Les
canaux urinaires , étant dilatés ôc trop
pleins , compriment les vaîfTeaux fan-
gains 5 d'e-là' vient l’embarras- de la cir¬
culation du fang dans les reins , fon re=
taidement, fà ftagnatioa dans ces vif-
ceres , & leur gonflement douloureux 5,.
qui produit le. intiment de pefanteur.
Pour remedier à cette maladie , il
convient d’employer les remcdes qui
agiflent en délaïant &■ adoucilFant îe
iàng,refolvene & divifenc (es parties ta^-
careufes. En confequence l’urine aïant
recouvré fa première fluidité , paflèra;
librement Sc fans peine au travers des
canaux fecrétoires des reins ; & c’e'fb
fans doute la» raifon-pourquoi le bouil¬
lon de poulet',, & les bains domeftiques',.
dont le malade a déjà fait ufageg l’ont
fl fort foulage. C’eft pourquoi fui vaut
les mêmes indications,, nous eftimons
»qu’ilfaut fur-tout employer les délaïans^
âufquelles nous ajoutetons' quelques-
diurétiques^, qui font quafl fpécifîqueSj
dans cette maladie..
& w
. j2:2; Comm.TArwT^t cji&îsm-
Auffi-tôt donc que le malade aura été'
purgé avec la moelle de caiTe récetn-
snent extraite ^la rhubarbe , Sc la mai-
ne, infiilees & diffoutes- dans.Teaudé
poulet , nous fommes d’avis-qu’il prenne
pendant, dix jours le bouillon fuivanfc.
B O V L Q: N:.
Prenez nn jeune- poulèr vuidé,, dont
-VOUS remplirez le ventre d’ime demi-Qn.
' ®e des quatres femenees froides pilées j;
Jàites le bouillir pendant deux heures,
daiisune ruffifantequàntité d’eau^de font
taine , éemmant foigneurement 5* ajoa?
îez alors écorce dé la racine dé chauîîè.-
trape concaflee & enfermée dans üm
lîoiièt, une drachme 5, racine d’aune-
concaflee ,.deux drachmes 5: faites Bouil-
lir encore pendant une heure , ajou¬
tez frir la fin de'la-coélion ,,, feuilles de-
chicorée fauvage, de bourrache-, & de
xapillaire, une poignée en tour f faites
bouillir légèrement, coulez avee expre.fr-
lion , pour un bouillon^,
jLs malade ^aïâiît été repurgé'après
lés boailions finis , prendra tous les ma-
lâns pendant vingt jours une écuellée de
périt lait, de, vache, clarifié avec, le blanc
DI MiDîCï'Hi.
^cEuf, & édulcoré avec deux onces de
fucre roïal, & il avalera de deux jours
Tun avant le petit lait la pilule fui van¬
te.
FILVLE.
Prenez bois* néphrétique en poudre;.,
îan fcrupule ; baume de eopahu vingt
gouttes ; faites une pilule pour une do-
fe avec le fyrop de capillaire.
Il prendra enfuice pendant quinze
Jours le baindbmeftique , & huit ou dix
jours après le dernier il boira tous les
matins pendant neuf jours, neuf ou dix
gobelets des eaux de la Marquife de
Vais , lai (Tant quelque intervalle tous
les fois ou quatre jours , & diflolvanc-
fe premier jour dans le premier verre-
deux onces de manne.
Il terminera Tulage des eaux de Vals^
par un p ngatif; &,,dés que les chaleurs:
' de Tété feront calmées , & que l'air le—
îâ‘devenu- plus tempe é\ nous Confeil-
îbns au malade l’uiage du lait d’anelïe'
pendant un ou deux mois afin que ,da
mafife du fang; étant adoucie par fou
ufage ,,ih s’engendre une moindre quan¬
tité de parties^ tartareufe^. Le malade?
«îca- fiain de fe conduire comme il 0011=-:
>©■■4 ;
3r2’4 CoiKtîil'ATICrNS CHOISIS
vient dans le tcms du lait, c’eft-à-dn*-
de fc purger de tems en tems, & de fuK
vre un régime convenable.. Enfin, pour
détruire radicalement la maladie nois
coiifeillons au malade, d’ufer chaque?
mois pendant un an cntiér. du, remede:
luivknti,
F O T I O NI
Prenez, écorce dé k racine de chaufTe
trape- feehe ôc concafTée une drachme
faites-la infufer pendant la nuit daiîs
huit onces du meilleur vin blanc , cou¬
lez le matin^avec expreflion 3, & faites
prendre en. une fois.
Le lendemaiu on luldonnera la dé—
codion fuivantei
3 EGO C TI O ISt.
Prenez feuilles de pariétaire, une poF
gnéee ; bois, de fairafras concafTé., grai"
ne d’anis.,, de chacun une drachme 5 cau-
nellc eoncaflfêe, une denn drachme ; fai¬
tes bouillir légèrement, dans-dix. oiiees.
d’eau de fontaine, puis, infufer pendant
toute la nuit j,enfin bouillir encore un
peu le matin. Diflblvez-y pour-l©rs-
deux onces de fucre roïal ; coulez avec
exprefïïon faites,avalerJa cplaruxc-
«11 une. fois..
nt Me d e c I » r,. p,-^
€e remede eft un diurétique puiflant:
qui réibut les parties cartareufes qui;
ont formé des concrétions dans les ca¬
naux usinaires^..
Mais il ne faut point que Je - malade*
s’attende a guérir fi le régime le plus;
■exaél: ne vient anfeconrs- des-remedeso^
Il convient em conféquenee qu’il s’abs¬
tienne de tout ce qui. eft poivré , fàlé 5,
âcre,, des- viandes, falées ou fuméesdes
-falades , du fromage 5, du: laitage , ea.
un mot de tout ce qui épaiffif le lang, &
augmente la quantité dé-fes parties tari--
tareufes. Il fe nourrira de viandes de-
jeunes animaux , & ne fera aucun ufage
du maigre.,11 boirai peu de vin;, encore-
bien trempéï il évitera de veiller & de
-&ire de grands-exercices; ,. &'fur-tout,
de voïager fur mer -, ce quenous regar¬
dons- , comme la principale caufe dè-
taftèétion néphrétique qui le-îourmeiî--
te, tant à caufe du. mouvement con-
tiiiuel,qu’à caufe des mauvaifes nous?--
ritures auxquelles ce genre de vie expofe,.
Délibéré à Montpellier le 17. fevriec'
i- 7 Z 8. Signt \ L A- Z E R M E, F ïcr Zi=r-
&£ R..A LD s F O V B..N1
•^X(3 CoNSUlTATTONS morSIES
CONSULTATION LIIL
Sur me Perte hlmche.-
P A r tout ce qui eft rapporté dans Ib
relation communiquée il nous pæ.
ïoîc que la Demoifelle pour laquelle m
nous fait l’honneur de nous çonfulter
été fujecre depuis Tige de pube-rté à. une-
perte blanche alTez confîdérable , &
quaprès, s’être- mariés , & avoir fait
flufieurs cnfans,, cette perte a vérita^
blementdiminué , mais qu’il lui'eft fur--
■venu dès douleurs au bas -ventre avec:
une chaleur excraordinaire- qui s’étenft
. jufqu’aux parties génitales en der-»
nier lieu que le-feu s’eft fait fentir dans-
Tînterieur de la poitrine avec une grofe-
fevre pen-dant la- nuitprécédée par uiï
grand froid & par fe ferrement des cô¬
tés y & par une refpirarion gênée, 8c
que la malade eft au furplus d’un tempé¬
rament bilieux , ôc fort maigre.
Sur cet expofé il-eft alfez évident que^
,îa lymphe n’ayant: pu circuler dans &
naatrice & dans le vagin par rapporté
épaiffilfement àliobitrudioivdê:
S t M t B: ï e T K 1: '
©c? parties ^,en a diftencules vaifTeaux ^
ëc les a fait crever, ce qur a donné lieiE
à Ton épanchement ,, & l’entretient en¬
core..
Les obftrudion? & l’épaiffiiremene;
des liquides arant augmentés’étanE:
pour ainlî dire multipliés,dans les vifce-
res du bas-ventre, & dans les, vaiflèaux:
de h poitrine , ont auffi arrêté & gênéi
le cours du fang d’ans toutes ces parties
ce qui fufÊc pour rendre raifon des;
grandes chaleurs , des douleurs „ des:
üefremens v&r même de là ficvre , en ce*
que tous ces embarras n’ont pas permise
.au fang'de fe dépurer , & qu’ils’èft trou¬
vé fur chargé de beaucoup de particules
étrangères qui ont. excité le mouyemeriK
Lebrile.
Enfin les embarras 8c répaiffiffemenc:
des liquides viennent -fans doute des cru*-
dités des premières voies , ou d’un dé^
feue de dîgeftion qui eft d’ailleurs indi¬
qué par le cours de ventre & le gon¬
flement d’eftomac que la malade ciiuya,
îî y a quelque tems ; de forte que, pour
remédier à toutes fos indifpofitions , jL
■cft néceflàire de détruire les obftruc—
dons ^de redonner au fàng & àla lyna—
..^hé leur, fluidité ïiâtu|.elle 8 l de. ré,Sâà-
JviS’ CoWSTTlTÀTlONS CfiorsTIS
blir les digellions. Mais comme la mé:-
lade eft d’un tempérament bilieux, qu’eb
Ife eft fort exténuée, & quele fentiment
de douleur & de chaleur dénotent un^
^iig aifé à s’enflammer , 6c une grande'
acrimonie des humeurs , il eft de Im¬
prudence d’employer feulement de lé¬
gers apéritifs en forme de liquidé , qui
puilfont réfoudre peu à peu les embarras,,
fans trop- animer ni échauffer , & qui
fuient en même tems propres à répan¬
dre beaucoup d’humidité dans les vaif-
féaux.
Nous fommes d’àvis que' pour pré¬
venir le danger dé quelque inflamma¬
tion intérieure, dont cette^ perfonne eft
menacée-, & pour faciliter i-effet des-
remedes convenables, on réitéré la fai-
gnée qui n’à été faite qu’üne fèulc fois ,-
& qu’on commence par tirer fept à huit
onces ffe fàng ded’ùn dès Bras , & que
le lendèmain on donne une purgation
eir deux-verres de ptifàne' laxative faite
avec deux drachmes dé fenné,une drach¬
me de'fel- végétal, autant d’anis', & un:
sitrom coupé , mettant le- tout infufer'
pendant là nuit fur les cendres chaudes-
avec une once dé polypode de, chêiîe;
^üs.dêux-' grands verres-., 4 ’eau-dê fo^ïr
BS M E fi 1 c î M E.
taiae, pour deux dofes, qu’il faut prea~
dtc le matin, à jeun à la diftançe de qua¬
tre heures l’une de l’autre^ ajoutant à la
pçemiere deux onces de manne , & à la
fécondé , une once de fyrep des^ fleurs
de pêcher 3, & entre les deux dofes un,
bouillon de poulet altéré par une poi¬
gnée de chicorée.
Si après lapurgatbn Bc cette première
faignéc, les chaleurs , 5 c les douleurs ^
auffi-bien que les ferrements,fefoutien-
nent, ,, il faudra réitérer la faignée de
l’un des pieds jufqu’à louable teinture »
& réitérer eiiiuice la purgation en deux
serres, faîfant auffi précéder la veille du
purgatif, après la faignéeun lavement
avec une Ample décodion émolliente
à laquelle on. ajoutera quatre' onces
d’huiles d’amandes douces, lequel lave¬
ment, pourra être réitéré par intervalles;,,
comme étant très-propre à appaifer les
feux 5 c les douleurs.
Après ces remedes généraux , qui'
font les plus convenables pour tempé¬
rer, chalfer ou éteindre le levain de
la fievre 5c qui doivent être renou-
vellés félon, les loix de l’art , 5c de la
prudence, tandis que la fievre fc foiii-
tiendra 3.011 s’attachera à,réfcmdre gcia
CoKStTLTATlONS CHOÏSÏÏS
à pea les embarras des vifccres par
fage d’une ptifanc compoféc des racine?
de fraiiier , de Upathum acmum , & de
garcnce, de chacunes trois onces, qu’on
fera bouillir pendant une heure dans
neuf à dix livres d’eau ^ & fur la fin on
dilToudra dans ]a colature deux gros de
eriftal minéral , pour en boire chaque
jour quatre grands verres de dix à dou-
2C onces chacun dans le cours de la
matinée , & autarvt l’après dîner à deux
heures de diftanec de la nourriture ,
à une heure d’éloignement l’un de l’au"
tre J obfervaiit. de les faire chauffer&
de les boire auffi chauds qu’il fe pourra,
L’ufagc de cette pcifane fera continué
pendant dix à douze jours,après lefquel&
il faudra fè repurger avec la ptifane
xative ci-defTüs.
Après, le premier remede la malade
prendra tous les matins à jeun unbouih
ion fait avec un poulet farci d’une poi¬
gnée en tout de chicorée & de crefTon
d’eau y& d’une pincée de cerfeuil haché
fort menu,ajoutant cinq à fix écreviffe^'
de riviere lavées dans l’eau bouillante ^
écrafées & mifes en pâte , qui ne bouil-
iira que trois quarts d’heure,avec fix on-
(fc racines d’ozcille & autant‘de eel-
BE MïDEcrKî. 55^1
îes d’^aigrcmoinc, & après l’avoir coulé
on y délayera quatre onces ou environ
de ujc de bourraelie bien dépuré, & on
y dilToudra vingt grains de nitre puribé,
pour un bouillon qu’^il faudra avaler le
matin à jeun , continuant pendant doo»
ze à quinze jours, & fe repurgeant à la
fin ; ce qui étant fini, je ne vois rien de
plus elficace pour achever de détruire
ces embarras, pour rendre les humeurs
plus coulantes , & pour adoucir leur
acrimonie , rur-toat dans la failon des
chaleurs où nous Icrons pour-lors , que
ïaboiiîon des eaux minérales rafraiehif-
fantes,qu’il faudra boire non-feuîemenç
une neuvaîne mais même deux ou trois,,
de forte qu'mon commencera par des
eaux un peu plus chargées de minerai,,
telles que font celles de Vais , & de
Camarets , paflànt enfuîte aux plus lé¬
gers , fçavoîr aux eaux de Meyne ou de
Lodeve ; lailïànt an intervalle de huit k
neuf jours entre une neuvaine Sc l’autre^
pendant lequel la malade prendra tous
les matins un bouillon de veau ou de
poulet altéré avec une poignée de ca¬
pillaire ; obfervanc p'r rapport aux
eaux que chaque neuvaine doit être pré-
cédée & fuivied’un purgatif médioareij,
f)Z ConSUITATIONS CH'bl'flES
qu’il faut boire chaque marin quinze à
dix-huit verres ,, ou environ trois pots
d’eau minérale dans une heure de tems-
Sc finir la boi{Ton par un bouillon altéré
par une poignée de bourrache, gardant
au furplns un régime exad , eu égard à
k quantité & à la qualité des alimenS j
comme auffi par rapport aux mouve-
mens du corps & de refpîit qui doi¬
vent être modéré^s ■ ce que nous laiflbns.
à la prudence du Mcdeciu ordinaire, qm
jugera aifément par les effets de la mé¬
thode fufidite de ce qu’il conviendra
faire pour parvenir à une entière gué'-
rifom
Délibéré à Montpellier ce it. md
17 3 O . , C H I C O V N ï A U.
CONSULTATION LIVL
Sur m F'omijfemem de fang,
L Es vomiCfemens de fàngexC'efiif^
dbiit le malade a été attaqué plU'
ficurs fois depuis ciiiq à' fix ans étoi'eiit
occafionnes par! le gonflement fchirreux
de-la rate ,;doat le volume mqutoit juf-
s :E MeIÎECÎNï. 53-5-
qtî’aa cartilage xiphoide& s’écendoic
jiiiqucs à l’ombilic , d,e maaiere que la
veiae fpleriique trop tiraillée 11e pou^
vaut recevoir le fang qui lui doit venir
par le -vai brève de tout le fond du ven^
tricule, ce vifeere membraneux -s’engor-^
geoit à fake ouvrir dans -fon intérieur
quelque vailTeau fanguin jcenliderable
qui foumillpit au vomi{ren3.eiît toutes
les fois que par quelque -violent effort
les liqueurs étoient portées avec violent
ce dans les vifeeres du bas ventrecom¬
me il arriva lors du violent effort que
le malade fit pac -une rude ebute, après
laquelle le premier vomifiement parut.
Les enflures cpiifidecables des jambes,
des cuiffes , & du bas-yentre , qui pa^
rolflent après Içs grandes attaques de
vomilîèmenc , font une fuite n.éceflàire
des pertes de fang , qui devpicnt être
exceffives, puifque non-fèalement pn le
vomiflbit en affez grande quantité pour
remplir de grandes baffines , mais qu’il
fortoic encore une bonne partie par
les fcl'es de celui qui paffoit de l’efto-
mac trop plein dans les baiaux, C’efl à
raifon de ces grandes pertes de fang
que les vaiifeaux fanguins vuides &trop
affailfés ne pouvant recevoir toute Iç
534 CONSULTATIOIÎS CHOISIES
iymphe qui leur devoir venir dés vaîî-
feaux lyrti'. hatiques ceux -ci étoient
-obligés de s^engorç^ec au point de pro-
<luire CCS enflures. Cellcs-cife diffi^oicnt
d’elles-mêmcs au commencétnent à me»
ilire que le malade reprenoit des forces
parce que le fang réparé obligeoit la
lymphe arrêtée dans lès propres con¬
duits de pourfuivre fon cours natureL
Lorfqu apres plufîeurs enflures réité¬
rées les vaiflèaux lymphatiques trop
pleins , trop fouvent diftendus, ont
entièrement perdu leur reflbre naturel,
il n’a plus écé poffible de les voir fè rcf.
'ferrer par eux-mêmes, fur-tout des que
les forces Sc la v'gueur du fang n’ont
pû fe rétablir , à raifon du trop grand
gonflement de. la rate, dont les propres
•vaiflèaux lymphatiques qui rampent fur
la fîirface ont été. forcés de fe rompre ,
Sc de répandre leur liqueur dans la ca¬
vité du bas. ventre , ou il s’écoit enfin
formé une véritable hydropifie afeite
pour Liquelle^aprés avoir employé avec
fucccs plufieurs bons remedes , nous
avons été obligés de recourir à l’opera¬
tion de la paracentelè , par où nous
avons fait vmder tout de fuite trente-
trois livres d’une lymphe cîaircjîmpidc,
&. fans aucune piavaile odeur.
' DE M e pï c r »ï.
I es eaux tipandues dans le bas ven¬
tre ayant été totalement vuidécs tant
par les hydragogues que par roperatioh,
le malade s'eft d’abord trouvé la rcfpi-
ration libre dans toute forte de iîtnacion, '
î^ous avons ajifli remarqué par le taéfc
^ue la grolleur de la rate avoir diminué
de plus de la moitié de ee quelle étoit
avant rhydropille ; cependant, comme
ce vifeere ell encore fort gros, il y a
Meu de craindre de nouvelles enflures
Sc un nouvel épanchement d’eau dans
la tréme ca-vité,ce qu’on tachera de pré¬
venir en réitérant les memes reraedes ,
& dans le même ordre qu’on les a déjà
pris fous nos reux four-tout les apéritifs,
îes diurétiques , & les hydragogues.,
comme il s’enfuit.
Le malade , étant arrivé chez lui ,
après sfo être repofé deux jours tout au
plus, recommencera de prendre le ma¬
tin fon opiate aperifive fîmple à la dofe
d’une drachme & demi julqu’a deux
drachmes félon qu’il fc trouvera l’cfto-
mac plus ou moins fatigué, avalant pat
deflus tantôt un verre de petit lait de va¬
che clarifié & ferré , & tantôt un demi
bouillon ordinaire ,& quelquefois un
verre de ptifanne ordinaire j il dînera,
3^6 Consultations choisies
avec une bonne foupe de mouton-bouîî,
ii » avec une poule & quelques bifcuics
ou d’une compote pour delîert, fe pri-
. vaut abfolument de toute forte de ra-
'gouts_,, de patilïerie, d’herbes crues
-des fruits crads & aigres , du fromage
.& des châtaignes, des légumes, &.ic
:îout aliment indigefte.
Après avoir pris pendant huit jours
rladite opiacé le matin à^eun , il efîayeta
d’en prendre une fécondé dofe par jour
fur les quatre heures du foir , avalant
par delTus un verre d’une ptilàne qui
fera faite avec la pimprcnelle , le capil.
Jaire le polytric , en tout une poi¬
gnée,qu’on aurajettée dans deux pintes
,d’eâu bouillante pour in£ufer, fans qu’il
foit befoin d’y faire bouillir lefdites
herbes, fe conrentanc de verfèr la li-
.qaeur au clair des quelle fera tout à
fait refroidie.
Délibéré à Montpellier ce 14. mai
E730. Si^né jChicoyneau-.
consultation
® E Me© e c 1 n t, '^5^
CONSULTATION L TT.
'Swr.un Rachitts.
L Ts fymptômes capportés dans la re¬
lation, tels que font la g.roffeur de
ia tête , les protubérances ôc gonfle-
-mens des apophyres des verteSres du
dos, comme auffi des bouts des os aux
jointures principales ^ rétroitefle de la
poitrine, rélancement &la groilèur des
eôtes,la difficulté de refpirer , l’intumef-
eence du bas-ventre qui augmente par
fois ,1a maigreur des,parties., le vifage
demeurant en bon état:j la foiblefle des
•încmbres , & fur-tout des jambes^ tous
ces fymptômes pris enfemble établiflènc
fi bien l’kiftoire du rachitis qu’il iieÆ
pas permis de douter un moment que
cet enfant n’en fok atteint. Cette mala¬
die paroit même fort avancée en ce fu-
jet, puifque les -obUrudions. des vifce-
res du bas-ventre , ôc fur- tout du foie
font bien marquées , Ôc que Monfîeur
le Médecin ordinaire infinue qu’il s’ap-
çerçoit d’une difpofition à la phthifie ,
ou à i’hydropifie. De plus cet enfaac
Tùme J L P
5 Gonsuitations CHoisn«
lent des douleurs de tems eu tems à
l’épine du dos,,ee qui marque que les
^pophyfesdes vertebresibnc fort viciées,
,& que le vice de nutrition y va à grands
;pas , de façon que le péritoine & les IL^
gamêncs fe trouvent fort tiraillés ,5 en¬
fin on remarque un petit mouvement
fiebrile , quoique moindre qu’il n’etoit
ci-devant , la fievre ayant été diminuée
par Fufage des .lemedes.quon a enir.
ployés.
Il eft'certâin que le rachitis eft un vi-
ce de la nutrition gén.éraiement répan,.
,du & dans les parxies oiTeufes, & dans
les parties molles, foit mufculeuiès oa
membraneufes , foir viieeres , le feul '
cerveau en eft exempt pendant quelque
tems à caufe de fion cilîù unifoime , Sc
.que fa confiftence varie moins par Tac-
' CroilTement que celle des autres parties'j
dei-là on déduit comment les opérations,
<ie l’ame fe font bien , Sc comment ces
pauvres malades ne manquent' pas d’ef-
prk. On voit encore par là que., le cer¬
veau eroiiîànt librementla tête , dont
les parties olTeufes font fi fouples &
obéiiïantes dans les enfants, doit acqué¬
rir auffi plus de volume, & que la face
•doit être en embonpoiiic dans le tefflS
MsBEiCÏN.E. 35^
queles autres parties du corps., ic nou4r-
riflànc infuiEiament & inégalement ,
doivent fe flétrir, ou prendre des figu¬
res peu convenables, d’où s’enfui vent
^ien des incommodités.
La caufe générale de ceîte maladie eft
tine lympbe mal mixtiounée , fereufe..
ôc chargée de concrétions, qui ne peut
{q diftribuer uniformément dans les vaif.
féaux nourriciers des os, & qui relâche
le tilfu des parties molles, ce qui donne
lieu à leur engorgement , & aux obC
îruéiions qui fe forment enfuite, fur^
tout dans les vifceres^ d’où s’enluivent
des fuppurationsclandeftines, des ép.aii-
'chemens de férofité , & par conféquent
des hydropifies , des phthifies , &c.
Le vice de la lymphe que nous ve¬
nons d’établir , peut avoir été occafioiii,
né en cet enfant par le mauvais ufagg
des fixchofes non naturelles,principale-
ment parunemauvaife nourriture , tel¬
le qu’efl: un lait féreux, froid, mal tra.
Vailié -j de la bouillie faite avec de la fa_
rine , de l’eau bue froide trop fouveht
-&c, mais ce même vice peut auffi avoi^
été porté dès le ventre de la mere, foij.
cque cette dame fe foit trouvéecachetique
foit qu’elle fe £bic nourrie pendant fa groC
P ij
34^ CoNSULTrATlONS CHOISIES
fèfle d’alimeiis dcmauvaisruc, &c. Enfîil
^11 virus héréditaire , Toit fcorbutique
foit vénérien jfoit fcrophuleux, donné
feieii fouvent lieu au vice de la lymphe
qui produit le rachitis.
Cette maladie eft très-fâcheufe ; car ’
outre les vices de conformation qu’elle
â caufés à cet enfant, elle fe trouve at¬
taquer les vifceres d’où fenfuit un
grand danger pour la vie , pouvant fe
faire quelque fuppurarîon , ou quelque
hydropifie dans la poitrine , ou dans le
bas-ventre j en un 'mot cette maladie|fe
trouve en ce cas en un haut dégré ^ &
hors d’état d’être corrigée par la feule
nature , qui pour rordinaire eft fulEfan-
te pour cet amandement à mefure que
Fenfant croit, mais feulement dans le
cas où le mal n’a pas fait de grands pro-
grès- ■
Les vues que l’on doit avoir en ee
cas font de tenir les digeftions en bon
état, de divifer les concrétions delà
lymphe , d’en ôter la ferofitç fuperflue,
éc de lever les obftructions.
C’eft pourquoi je fuis d’avîs de faire
les remedes fuivants. L’on purgera
bord le malade de cettç mahierej,
© E M E D î C I N 1, 3 . 4 ^
PV RG AT ION.
Prenez rhuBarte hit fcrupule ; cafîîâ
îignea fîx crains -, diagrede trois grains y.
mercure doux dix grains ; foires avec
îa conferve de rofes un bol qui iera pris-
le marin ^ bavant par delTus une once
de fyrop de chicorée pur,ou délayé d’un
peu d’eau.
On le mettra enfuîte à Fufage de
bouillons Faits avec un morceau de collet
{îe mouton ,, deux poignées de fumetcr-
re, autant de creflbn d’eau, deux drach¬
mes de racines d’énula campana^Se deu^
écrevilTes de riviere,
Aïant pris ce bouillon neuf matins ^
on le purgera comme ci-devant pour
pafiTer immcdiatemait après à-
<h cette opiate.
O P I A T É.
Prenez conferves de racines d’^énulà»
campana , 8c extrait de rhubarbe , de
chacune trois onces ; caffia Iignea, clo¬
portes préparés, borax, faffran de mars
apéritif, àntihedique de Poterius , de
chacun une drachme êc demie ens de-
Piij
Consultations choisies
venus une drachme 5 faites une opiate-
molle pour Tufagc avec une fuffifante’
quantité de fyrop de chicorée compofé..
On donnera une bonne drachme de-
cette opiate le matin à jeun ôc un peu -
apr^son fera avaler au malade un bouil¬
lon fait d’un morceau de collet de-
mouton , une petite poignée de chicorée.;
amere , & quelques.feuilles de meliflè..
L’on continuera l’ufage de cette opia¬
te jufqu’à ce qu’elle foit finie,,purgeant:
îe malade avec la médecine marquée de-
cinq en cinq jours,, Pendant l’été on fe
Gontentéra d’un bon régime de viej,&-
de purger le malade une-fois lè mois ::
i-aucomne prochain on réitérera les re--
me.desdéia peferits,.
Pour ce qui e.ft dés fômentatîbns îE
convient d’en faire avec des-vins aro--
matiques , étant d’avis, d’éviter les fubf.
tances huifeufes. Pour cet elFet on fera,
îkiuîllir de la-fauge de montagne, du
tîhim j^du-romarin 5,de la favende j.,diiï
trifolium bituminofum des feaïes de
laurier écrafées des baies de genievre
écraféeSyScc. avec une quantité de gros,
vin rouge,. On fomentera avec ce vim
chaudement toute Tépine du dos & les>
ipintures,, mais fur-tout, i’épine
'É t M 1 D E C î N ÿ. 5 4 ^
jlu furplus on doit s’attacher extrê->"
ünernent à regler cet enfant pour le ré¬
gime de vie , lui réglant Tes repas, qu’il'
|rrendra^ fobrement & à des heure?'
marquées lui faifan: éviter toute force'
d’alimeus gluans. groffiers, & de diffi-'
eile digeftion, falés ,,&£»• le aôurrilîànt-
avec de bons potages de petits oiféaux-:
r-otis, quelque peu de volaille , & lui:
donnant un peu de bon vin mêlé avec'
de l’eau.
Délibéré- a M'ontpelïier le zzv avrîli
Signé, Fizes^
€0 N S F t TA T 10 N LT li
SHr me mêlanchoUe avec rnmuemenÿ
involontaires^-
L Es vapeurs convuliîves donc le Con^*
fulcant eft fréquemment atteint de¬
puis près de deux ans , ne doivent être
attribuées qu’à la confticucion d’un fang;:
épais & réfîneux , & qu’à la mauvaife
■difpolicion que les tuniques des vaif**'
féaux oiu contraftéc,-
Puîij;
|,•44' Consultations cïioisîss
Le tempérament mélancholiquc dir
Confultant qu’il a apporté du ventre de-
famerej. & qui a augmenté toujours
avec râge, puifque dès fa plus tendre
enfance il s’eft éloigné du commerce du
monde y & s’eft privé des plaifirs les
plus innocens & a préféré la folitude
à la compagnie , ne prouve que trop la-
difpofitionde fes liquides ; & la grande
attention qu’il a eue à. remplir fes fonc¬
tions , & l’application continuelle à la
îeéture , ne permettent pas de douter
qu’un fàng' gluant & vîfqueux n’ait été
forcé de féjourner fouvent dans, leav.aif^
féaux du cerveau , & qu’il n’en ait trop:
diftendu les tuniques , & ne les ait ren¬
dus y-ariqueux.-.
De forte qu’à préfent le fang ne dr*
calant qu’avec peine dans les, vaifleaur
îoEtueus du cerYeau y & y féjournant
trop long - tems , comprime telle- '
ment ce vifeerè, & preflfe fi fort le^
principe des nerfs, que leur fluide ne
fçaüroît fuivre fon cours naturel & ré¬
gulier , & fe diftribuer dans les parties^
forcé donc de s’arrêter dans le cerveau,,
fl s’entrechoque J & fe met dans une
çonfofion qui eft fuivie du. trouble. de&
idées»
Tit Médecins. -54^
Mais parce que les principes de tous
îes nerfs ne font pas également com¬
primés , l’efprit animal paflè dans Tou-
verturc de ceux qui font les'moins fer¬
rés, & fe porte en fi grande quantité
dans les mufcles où ces nerfs vont
aboutir , qu’il y excite des- mouvemens
violens , involontaires & déréglés, en
un mot les convulfions les mouve¬
mens convulfifs qu on y apperçoit.
Gette infirmité ne menace le Gon-
fiiltant sl’aucune fuite fîunefte quant à
préfent elle n’eft. pas meme ineurablè
dans un homme de £bn âgemais il
faut en prévenir les fuites, & tâcher'
d’en faper la racine par le moien , èc par
fe long afage des- remedes. On tirera^-
au malade huit onces de fàng de l’mi
des bras , & le lendemain de la faignée
il fera purgé avec la médecine qq|;
fuit,-
Iiy R ’ G A T l 0 N...
Fteirez pulpe de tamarins une once 4:
. fenné- mondé deux^ drachmes ; faite#
houillir légèrement', puis-infuièr. daus-
une- livre d’eau-- de fmuaine 5. diilblvez-
i^nij|a<..eolkîïi:e;înmïaexhoiûe'trois-o-i^
CÔNSülTAVIONS CHOISIES
ces ; fyrop de rofes pâles une once; mêl¬
iez , . faites une potion pour deux-
dofes..
Il prendra un verre de cette médecin
ne à fîx-heures dù matin,l’autre à huit „
à dix il avalera un bouillon , ,& il dîne¬
ra à une heure après-midi.
Le furlendemain de la médecine om
lui tirera la .même quantité de.;fang de:
l’un dés piédso .
Il prendra enfuite- pendant douze*
purs fix. grands verres d’eaux de Vais;
de la fontaine la-Marquife , Je matin ii
3éun,en trois reprifes dilfcrentes', à un,
quart d’heure dé diftanea.- LoEfqull au--
ra fini les eaux- de Vais, il prendra pen¬
dant neuf jours lé matin à jeun le demi—
^in dans Peau douce un peu plus: que
*tiéde ; ,il refedra une bonne heure cha¬
que fois, & lorfqu’il fera fort! du bain,
& qu’on l’aura eflùyé , il avalera I^’
bouillon ci-après décrit.'.
B^o v îL,Lon:
Prenez' un jeune poulet ;, racines de "
gîvoine mâle, & de valériane fauvage,,
de: chacune deux drachtnes ; coupez les
racines par tranches ^ &, faites bauilhc
le tout îe foir
lïne fuffifante
ine ; & faîceswy bouillir le matin pen¬
dant un quart d’heure une poignée de
chicorée (auvage. , '
Après rulage du bain il prendTa tous ’
lès jours le matin à jeun demi-drach¬
me de poudre de guttete détrempée danS'
une cuillerée d^ëau , & il avalera par
deflTus deux- tafllès d’infuEon de feuilles •
de mélidè feches en forme de- thé avec -
mi peu de fucreo -
Aianc fini ce rémede il prendra le
demi-bain , & le bouillon de la même-
maniéré que nous l’avons marqué , & , •
lorfqu’il aura fini le bain „il reprendrai
la poudre &; rihfufiôn, lé tout autant ■'
de tems - , ôê- de la même ' manière que -
îïôus l’avons ordonné.,.
L’automne prochain on îe fàignera-î -
du bras, on le purgera ^ & on le dai- .
gnera du pied il prendra enfùitè -*
pendant douze jours le matin à jeun i
i’bpiace ci- defibus 3,.avalant par defTus -
chaque prife un bouillon fait avec une ■
demi-livre de collet de mouton une '
poignée en tout des feuilles de chico--
corée fàuvage , & de crelfon d’ëau , 0 C~
©li -le-repurgera la- fin. J
pendant trois heures dans
quantité d’eau de fontai-
^48 CoNSVlT'ATïONS éHOÏSH&;
O ? IA T M.
Pfeneziiconfervc de îtynorrhodèn ■,. 6^-
extraie de rhubarbej. de chaeuu fîx,
drachmes ; faffran demars apéritif une'
demi-once J racine de pivoine mâle , &
de grande valériane, de chacune deux
drachmes -poudre de guttete trois drachi
mes ; feites avec une fuffifance quantité
-^e fyrop de chicorée eompofé une opisi
, pour douze dofes.
'.orfqur’il aura-fini cette‘opiare, iP
i, Soulies-, où il prendra pendant
oeu mois le matin à*? jeun un grand
verre de lait d’ânefie tout: chaud avec
une drachme & demie de fucre rofat,
& comme.' il fort des- mamelles, dé
®n ne le purgera.qu au milieu
, fcide rufage-du laito-
Si' fon eftomac s’en accommode îî^
prendra non-feulement le lait d’âaelTe '
' le matim, mais il . mangera une foupe
faite avec dm lait de vache- à. la place-
dui louper;
iLdoit obfervcr : un-boiY régîine da
vivre, ne fouper que très-légérement
jae.fe., no.urrir.quc de foupe à la viande-,.
4e bomlii .de rnti,ne, manger.
c- F M" F D E C r H S.
€[ue de la viande de boucherie, de la vo¬
laille , Sc du gibier, & boire le vin bierr.
trempé..
Délibéré à Montpellfer, lè 17. maf
T73 1. Si£f^e , Y E F« N- Y , M A R c O T 3,
jLazermb.
e O N S I L I U M L-V LL^
Dyfdria cHm tumore fcreù,.
« 'CX iis quæ in hiftoria mprbi contîA-
w nentur ^ notum cft ægrum duplicf
» aiFeélu laborare, quorum prior tumor
«'eft in fcroto ab aquis veV flàtibus fimut
» colledis produétus , eu jus caufa non
M fatis innocefeit, ob“ brevem & non
» fatis accuratam ejufdem expofitio-
» nem , quem tamen manu chirurgica
î> lànandum cenfemus. Ejufdem metho-
« dum curandi hic non proponimus,
3 > quia non fatis natura U e-aufæ.mor-
a> bi patent;
33 Alter & præcipuas afFèétus pro quai
33 æger a nobis conhlium petit, dyfuriar;
« qua a duobus circiter annis per inter^-
» vaiiâi divesâtupj, eum urina. sraeiKi^
5^0 CÔNSULTATÎÔH-S CHOrsIES;'
œcJoloritica, & aîTiduo mhigendi cîefi^i
5> derio dolore. ipfius urethræ quali-i
sr pundorio qui ad gràiidem potiffimumv;
»»extenditur. Hæ,c idpra laudata fymp--
w tomata primo poft equitacionem in.
«• valere , recrudèfeunc:- quoties ægerr
a»aut equicat velcurru vehitur;,âuEqupdi
w’dam aliud exercicii genus facic, & vi—
w ta tranquillâ & quiere evaneTcunt;
» Hanc dyfuriam anteceffic calcule-^
»rum & materræî-areiiulofæ exc-retio,^
3’=qiiæ jam ab aliquot'lnnis æger fat fa-
s>î cile, ot' fine labore per incervalla excer—
nebac ; ex quibus rite perpenfîs & pro- •
»be conrideratis fufpicari raerito pof—
5>: fumus calcuium in veika latere 5.qui ■
w identidem ( & pvæfertim dum ^ger-
âj:equicat, aut quovis alio modo fe exer-
cet) ad coUum veficæ accedens ner—
J5-VOS fua duritie , & afpera imprimk;
fiiperficie acritet pungit vellicac j,,
3}- dudufque faBgaiferos capiilares hanc"'
» partem permeantes aperic dilace--
w'rac, uiide dolorifiG-a , èç affidua min—
>5- gendi' cupiditas \ , 8c eruenta urinæv“
33'excredo oîiuntut ‘ quae- perfeverantît
» donec calcutus ad fonduna veficæ^
®»=tepüiius^,. ac in fpatio ampliori con^r
«j’-ceiîtus J yedeam- lacei&rexiêfinat.-.
T3 i: M ï; îï F G'î !€■: Si ^ U
ïx-Dolor autem qui in extreinirater
» glancjis perfentitnr ulcus in urechra.;
» fâitum minime fupppnit ^ cum nuîîa -
»> fit in hiftoria morbi depuris exere_
»-tione- mentîo ; hic veto pendet a iieBr'
M'vis in coîio veficÆ. irritatis qui perr
s> ureth'ram eontiimati in extrema glan--
» de terminantar , eodem fëre modo'^
M quo vidëmus percuflo cubito dolorem >
jifcin extremis digitisvmanus referri,.
Qiianquam quai Jupra - allata funt :
». fâtis certa & admodum yerofimiliai
5* videantur-, figna tamcn fnat ealculi '
»-in vefiea latentis æquivoca ,..cum ea ;
SJ’fine calenlo aliquoties fuerint obfer--
ss^vâta t'puapropter ad cxplorationem ?
SS ope catbereri faâiam deveniendum ,
sj^ de qua certiffima poteft reddi diagno- -
s» fis. üt primum morbus hic innotuerjt ^
»ad,Ghirurgum in hâc operaüone pe—
rirum, exerdtatum , confugiendum 3 ,
sscum nullum adhuc repertum fit 1:-^
s:t thontripiicum , qaidquid de illius vir—
s»ture nonnuili autores dixerint. Cal=-
»j culi extradioncm fuadént ægri ætas
s);& opdma conftimtîo - ëidém favec.
»s. ventura mitiffima annh tempeftas ,
SS ejüfdem neceffitatem probat conti-
îSi-iiuus urinæ.ad yeficaiaadventusL 5 cd“-
CoH«VLTÀTioNs eîîoîSïîr
w jus tartareæ partes calculo continu©!
•» adhærentes moleni ejufdem citiflime.
» augebunt , iu ut,, fi mora ejufdem,
’> fiat,.e)ufdenîextra£tio impoffibilis fit,.
«Hanc operationetfi feliccm haber efuc-»
« cefium quotidiana nos docet expe-
»» rientia^ ^ modo a Ghirurgo perito &.
exercitato fiat : quapropter cætera re-
» media non præferibimus, utpote inu-
» dlia , quæ- vix calcul! fymptomata.
mirigare valent J minus adhuc ejuf-
» dem incrementum prascavere^.
» Intérim a cibis. falitis piperatis^,
«►vel fâle condins , crudis , acidis-, ter—
a> reifve partibus gravidis,æger abftinere
»' debet,. Pariten potus vini nirnius aut-
» liquorum-ardentium calculi incremen-
âj-tofavere poîeft-, exercina vero dyfiiriæ
w paroxyfmos frequeutiores efficient,,
« vira veto tranquille &. otiofa, opti-
9> mumque viârus regimen. fervanda.,,
» dônec celebrata operatione æger
» morbo cortYaluerit,.
Datum Monfpeiii die ijv. meiofif
^bcuarli aani 1730, Laz
DF M I B É C I K E.
5Tr
TRADUCTION
m LA Consultation precedenteT
une Hyfurie avec tumenr
fcrotm..
I L paroît par THif^oire de îa maîadie*
que le maiade.en a deux, donc la pre-
laiere eft une tumeur du. fcrocum ,.pro- ■
duice ou par des eaux feules , ou par
des vents qui y font joints -5 mais rieir
ne nous conduit à la decouverte de la.
câufe de cette tumeur fur laquelle oit
ne s’explique pas- fufKfammenc. Nous
croïons pourtant quelle demande une
opération chirurgicale , fans pouvoir-
rien dire de plus , ne connoilFant pas-
ailèz la nature- & les caufes de la mala--’
die en que-ftion»
La fécondé & la principale maladie
pour laquelle on nous fait f honneur de
nous confulter efl: une dyfurie , qui de*-
puis deux ans ou environ tourmente lé
malade de tems en tems, St qui elt
accompagnée de réxerétien douloureu-.
& d-une urine fanglancc ^ d’une envie
354' CONSUITATIONS CHOÎSï?®
continuelle d’uriner, & d’une douleur
comme poignante de rdrethre qui fe faic
fenrir principalement au gland. Ges ac-
cidens, qui ont commencé après un
voïage fait à chevalfe renouvellent;
toutes les fois que le malade y monte ,
©U va en voiture , ou fait quelque au¬
tre efpece d’exercice fe diffipent pas
le repos y,& par une vie fédentaire.
La dyfurie a été précédée de l’excré¬
tion de calculs & de graviers , qui for--
toiént depuis quelques années de tems-
à autre alTez^. aifément%, ôc fans dou¬
leur..
Tout bien pefé, & Bien confideré^
il y a tout lieu de foupçonner l’exiften-
ce d’une pierre dans la veffie , qui s’ap-
prochaiit de tems à autre de fon col.j*
ce qui arrive fur-tout lorfque le malade'
monte à cheval ,ou qu’il fait quelqu’au*
rre exercice, picotte y, & tiraille vio-
. lèmment les nerfs ,.tant par fa pefan-
teiir que par l’afpérité de fa fiirfacei;
& déchire lès capillaires languins qui'
fe diftribuent dans cette partie. De-là-
viennent' la for de douloureufe. & fan-
glante de l’urine , & l’enviè continuelle'
de la rendre , qui durent jufqu’à ce que-
îà pierre, repeuifée vers, le, fond-de-la-
B 1 M S D S C I K
rci£e , 5 c fe trouvant plus à l*aife, ceflè
d’irriter ce vifcere..
Il ne faut pas croire que fa douleur
qui fe fait fentfr à l’extrémité du gland”
foppofe un ulcéré de l’urel&re puiC
que dans l’Wftoire de la maladie on ne*
dit pas un mot delà fortie du pus. Elle
dépend ici dé Hrritation des nerfs, quE
du col de la veffie fc contiiiuenr le long'
dé l’urethre , & fe terminent au gland'5;
comme l’bn fent de la douleur à l’extié-
mité des dbigtslorfqu’bn fe heurte hs
coude. '
Bien que tes figues cî-d'elîùs rapportés
paroiiïenc des figues allez certains Sc
aflez vraifembiâbles de l’exiftence d’une'
pierre dans la veffie,.iis ne font pourtant:
que des fîgnes équivoques ^ puilqu’ils
fe prcfentent quelquefois fans qu’il y:
ait de pierre. On ne peut donc connoî—
tre' au julte la caufe de la malàdié que*
par le moïen dé l’algalie..
Dès qu’on aura fça que le malade eft
réellement attaqué de la pierre, il faut;
Eè mettre entre les mains d’un lîtho-
tomifte habile & expert ; puifqu’on ne;
Gonnoït jufqu’à préfent aucun lithon-
îriptique, quoiqu’en dlfent quelques:
swtêurs.. Kaus. confeilierons. d’autânrr
CôNStJLTATlONS CHOÏSItr
plus au. malade de ne point difFeret ^
que fon âge , la force de Ton tempera^
ment ^ & la faifon. favorable où nous,
allons entrer , y invitent ; & la néceC.
fitc de faire promptement cette opera¬
tion fe prouve par l’abord continuel de
Furinc dans la veffie ^ qui augmente
£rès-promptement les- pierres qui y fé-
journcnt par Fadherenee fucccffive de
fes parties tartarcufes ; de forte quefi'
Fon tarie trop long-tem-s, Textradion
devient impaüible. L’expérience noùs-
apprend tous les jours que cette opéra¬
tion réulEt parfaitement quand' elle;
cft faîte par un Cbirurgien haîaile &.
expérimenté, Cefi: pourquoi nous ne
confeillons point cFaUjtres remedes, les
regardant comme inutiles , puifqu’à
peine peuvent-ils adoucir les fymptôincs;
du calcul, & qu’ils faut encore moins,
en état d’empêcher, fon accroilTement.
Cependant îc malade s’abftiéhdra de.’
tous alimens fàlés-, poivrés-, épicés ,,
cruds , acides , ou chargés départies-
rerreftres,.Une trop grande quantité de
vin ou. de liqueurs^ ardentes, peut enco¬
re augmenter le volume de la pierre,-
Les exercices rendent' plus fréquentes,
iés .attaques de dy furie j,, il faut doue:
beMebicinî. ^0
il mene une vie tranquille & féden-
îaire & garde un régime de vie exaét ,
jufqu’à ce que fa fanté foit rétablie par.
4 e moïeiî de ropératiqn.
Délibéré à Montpellier le ferrie*
'J 7 3 O. Lazermi.
O N S I L I U M LVIIL
Marcor cum dolore mmbromm.
^ ¥ N appetentiam, doiores înèrachi©,
3> Â fcapulis, ôi-dorfo, cum proftratîa-
» ne virium , etfî alFcdus prorfus diffi-
33 miles fint ab eadem tamen caufa ori-
»> ri exiftimamus, nempe humorum fîe-
«.citate & acrimonia. Hæc demonffccate
33 videntur. Temperies ægrotantis
33 tenera & delicata mmis. z®. Naviga»
» tio longior. 5®. Mosrores domefticL
33 4®. Mutatio aéris craffi humidique 4 n
U ficcum &- fubtilem ; liis enim ( ad-
33 auda iiimis tranfpiracionisinfenfîJis
r» excretione ) fanguis ficcitatem Sc acri-
39 moniam contraxk, totumque fyftema
33 vâforum aridum & excorrugatum fac-
jssiom eft^ acpropterea non Iblum dr^
CoNSüLTÂTI©NS CHOÏSflS
« cuitus humorum turbacus & alteràtiis
fuieverum & fecreciouis ratio nota-
» bilicec alcerata , ac propter^a in vea-
45 triculo defuit fucci ftomachaiis fe-
« cretio unde appetitus praftracio
« ptavaque ciborum aflutnptorum di-
»> geftio. Verum liquida quæ ex plurL
•« bus organis ad inxcft-ina confluunt fo-
55 lito acriora fibras inteftinorum ner-
•*» veas validius irritaïuiadiarrhæam pro-
» duxere.
» Rurlus quoniam indefînens corpo»
î5 ris huraani jaûura non nifi chyli pro-
véntu ad fanguinem reparatiir , eo
» déficiente , déficit quoque parcium re-
53 paratio,ac perconlequens vires ægro-
;S3 tantis proftratæ fuere : demum , cnn-
as fumptis ac diffipadspartibusfanguinis
» fpirituofis & bâlfamicis , maflTa hu¬
as morum fîecitatem &âcrimoBiam con-
35 traxit, unde dolorcs in brachiîs, fea-
sj pulis & 4orfo lub&rti foere , ob ii-
.45 quidorum in-dolem membranas muC-
53 culorum his partibus adjacentium ,
as permeautiutn,
>5 Is afiedus nobi-s ^videtur periculo
svplenus, quia a pluribus annis perfe-
35 yerat, pluribus irritis mcdicamentis,
as quæ tamen oportune præfcripta fuit»
■ :® E M E B E :C I -N E. -3
rj> îe videiitur. Præcerea humorum in-
31 dole&peiErnagraviflimainlaBemeriata
,s3 partibus iuternis afferre poteft, adeo-
33 que periculum eft ne iuppuratio ia
39 parce q'Jadam interna excLtetur -, nihi-
^3 lominus tamen cum non liquide conC-
^ tec de fuppuracione interna, ut ex
-^3 abfentia'febris conjkerfi poflTumus
& hurnor-um fiedeas , &c acrinaonia
33 convettiencibus adhibicis remediis éx-
i33 pugnari poffit ^ ita decence experieii-
. 3» tia-^ idcirco confidimu-s hune mor-
M bum raedeiam iufeipere poiïe, dum-
33 modo remedia ftomachica, fangui-
il nem diluencia & edulcantia y adhi-
â3 beaheur , quem in finem pr^emitteenr
puxgaxip-fub fèquentc formula,
PVR G AT 10.
•SJ Rhe. contuf. & tartar. foluK aj
33' 5 -j. km., bn. p. j. bullianc leviter in
33 aq. pulhg.viij.didôlv. mann.Caiabrin,
33 |.ij.in coiat. Se expreflîon.diluefyrup.
33 de cichor. corapohe 3. j, f. poo,
33 Altéra a purgacione die ieq. p.ara-
M bic,ur juièulunLî»
1^0 ConsultAtï-cks êHoim»
3 V S C V L V M
» Pull. Junior, exenterat. cujuj
« Ycnter implebitur 4. feni. friq. major.
95 mundat. g.C defpum. & cog. per hôc, ^
3> ij, in aq. font. f. q. dein. add. ca«-'
» cror. fluviatiL ad rubedin. cxtinâor.
» & in morcar. marmor. contuf. n®, y,
39 olla opcimeclaufa ballianc per horam
» j. fub fin. codion. add. fol. nafturt.
J* aquat. vel borrag. m. j. poft levem
.cod:ion.^Gola & exprira. f. juldilum. '
» tJfus borum juiculorum erit duo-
^ decim-xiierum , quibus elapfîs purga-
-3» lio ut fupra iterabitur. Aloera a pur-
^3 gatione die ægra fumet mane in Jec*
33 to hauftum iibræ circiter unius ladis
afinini fuffickçfî Cacchari quantitate
» edulcati. Verutn ne lac in fiomacho
» Ægrotantis acefeat , fumet ante ladis
Æj bauffurn pulverem fequentem.
j> V L r I S.
M Corail, rubr. præparat & ocu-.-
4» lor. cancror. fluviacil. a,, g. j,. anîfiied.
33 Pocer. g. fimifee f.pulvis pro unadofi.
j>üt prinaum patebit ftomacfium zgd
6 S M E 'D î 'C I Nï^ Jgt
3 > la(îH fui 0 e affu^fadtumàker exht»
a» bebituE lâdis haùftu s fero, dum Ægta.
33 àd fomnum fc componet, & idcirco
.«) circa horam quintam ccKiiabic cam
-33 ofFa vel oriza jure ca'rnium parata, '
33 P”fus ladtis afîninierit duorum cifciter
3» n^enfium , {)ræfcripta pui^atione in
. 33-iïiedio uius-èc fine,
33 Ut pririmm ver redicrît præfcriban*
, *3 tur jufGula cancrorum fluviatilium ut
,33 fupra. Finito horum ufu, ac celebrata
33 purgatione , exhÜïebitur fero & mane
33 lac vacciimm ebutyratum ad Ife j. pro
33 quolibet hauftu, augendo dein dofim
.33 qua proportione ftomachus iadli ail
,33 fuefcet, ac tandem intra -paucos dies
« diætaîadea utetur, ita- ut prandeat Sc
,33 ccenetcumofFaex ladeparata^vel oriza
33 ^ hoîdeo mundato in lade vaccina
33 decodis. .Sumere tamen poterit iden-
33 tidem ovum forbile cum fruHulis pa-
33^^, nis. Ægra perfeverabk in diæta ladea
■33 donec æftatis calor accefièrit , cèle- .
» brata purgatione quoties neceflè vi-
33 fum fuerit,
33 Per æftatem Ægra balneabitur ia
33 aqua tepida per dies duodecim aüt
33 quindecim.üt ptimum ex balneo exie-
*3 rit in ledo fc componet , & - fumet
Torne IL
1
CowsultAtîox-s choisies
■» jurculum foliis nafturtii aquatici alte- ’
.-3’ ratum.. Poft balneadonis tempus aquas
acidulas levker aperiences balneo-
M inari^ ealefaûas per dies decem po-
» tabic , ita uc ûugulis diebus quinde-
cim cyathos potet, quatuor partitis
» vicibus^ Prima die potus folvemr ia
^3 primis duobus cyathis falis anglid I
« I i,. Fînito aquarum acidularum tem-
9» pore præfcribatur purgatio uc fupra, j
» Sub finem menfis augufti kerabitur
3J potus earumdem aquarum cum üL
i> dem Câutionibus. Tandeni remiflb æf-
tatis calore ,, & aummno redcuntc,
93 præfcribetur icerum lac afininum fero
93 & man.e fumcnd.urn , vel lac vacci-
33 iium pro Omni cibo alTumendum g
33 proue alterutrum Ægrç magis profit
33 cuum erk , quod Medici ordinarii
93 çonfilio relinquitur.
39 Perutile quoque futurum exiftima-
93 mus uc Ægra accedente æftate ad regio-
93 nem minus calidam le conférât, ubi
33 a^'rem frigidiorem & bumidioreju ref-
33 pirec cum çalidior regiohis quam iiv
35 colle temperieSjporoscutis nimis refe-
30 rando^humorumæftum arque fervorem
33 inducendo^ fanguinem partibus fpkk
» tuoÇs humidis ik balfamicis orbet, fier
Bï MîDÏCÎNî.
«rque caufam morbi foyeat, Sr effedue
^ rcmediorutn impediat, Ægra diætaia
convenientem fervabic, abftinendo a
» cibis fâiitis, |>iperads, abufu pifeium ^
» legumiiiam, olerumve5 utetur dbîs bo- „
» ni fucci., & facilis codionis , uti carne
3j agnina, yitulina , vervedna , pullis ^
» capenibus, pcrdicrbiis, aliirque avi¬
so bus fimilis iudolis j irricamenta gulæ
M rejiciet, nec yinum , nec liquores ar-'
« dentes pocabic , fed aqua tantum foii-
« tana pro potu ut-etur. Vjgilias nti
» exercitia nimia vitabit ; a mœrore,
» cætedfquc anîmipatbematibus immu-
» nem fe præftabit,cum fanguinehi par-
» tibus humidis orbent, vaia exficcent
» nimis, & tendant ^ vimque domacM
^ digeftivam frangant.
Datum MoiTfpelii die 13, . menfij
i®ïgtilli anni 1730. L azêrme,
'#' 4 '
4 '
Q-ij
5<j4 Cousu.liations .choisies
TRADUCTION
;p E LA COKSULT ATION PR ECEDEKte
,me maigreur avec douleur dms [es
membres, ■
B ien quela perte delappétît^lès dou.- I
leurs dans les bras, les épaules, & le ^
■dos, & l’abbattement des forces, n’aient
aucun rapport imnnédiatj feftime pour¬
tant que ces accidens font produits par
la même caiife , c’eft^-à-dire par la f§-
.cheredè & l’acreté du fang. C’eft Cjsqui i
jpiie paroît démontré par le tempera- |
ment tendre & délicat de la malade,
par les fatigues d’une longue naviga-
Rion^ par les chagrins domeftiques;,qu el¬
le a eduïés, & enfin par le change¬
ment d’un air épais & humide en ak' fèc'
& fubtil. Car ces caufes, augmentant
trop la tranfpiration infènfible , n’ont
f>û que produire la ^echerefle & l’acri¬
monie du fang ,;defiècher & râccornir
tout le fyftême des vailfeaux 5 & par,
.conféquent non-feulement la circula¬
tion du ,fàng en a été trouMée & dé-
è'Ë MId’ecinî,''
iâïigée, màis les fécredons ont dû fouf-
frir des altérations confidérables. Celle
du fuc ftomachat a donc dû manquer
dans reftomac,& de là-la perte de i’ap-j
petit, & une mauvaife digeftiondes alh
mens qm ont été pris & comme les?
liqueurs que plufieurs organes verfenr
dans lés inteftins font devenus plus
âcres, elles ont krité-puiiTamment les fi¬
bres de ce canal, & produit k diarrhée.
Comme les pertes continuelles que
fait le corps humain ne peuvent être
réparées que par l’abord d’un nouveau
ehyle dans le fang', s’il vient k y man-»’
quer , il Faut cpe la nutrition ceffe de
fc faire ^ & que les forces diminuent
à proportion. Enfin les- parties fpiri-
tueufes & balfamîques du fang étant
dîffipées , la maflè des liqueurs-sft de=^
venue fèche & acrimonieufe, ce qui
produit les douleurs des bras, des épau¬
les , & du dos,à caufedu caraétere des
liquides qui arrofent les membranes des
mufcles qui font contiguës à ces parties^,
Cette maladie nous parok fort dan-
gereufe, parce qu’il y a plufieurs années»
qukllè dure’, malgré l’application ds
beaucoup de remedes qui. paroîiTenC
pourtant appropriés. D’ailleurs^ un ca«
Qjil.
T
Consultations chotsîîs
radere auffi mauvais des liqueurs e(^ '
fort capable d’avoir porté un préjudice 1
notable aux vifceres internes par 1
confequenc il eft à craindre qu’il ne fe |
falïè quelque fuppuration dans les par- I
sies> internes. Cependant comme il n’y
a point de figne de cette fuppuration
puifqu’il n’y a point de fievre 5,& qu on.
peut remedier par des médicamens con-
Tcnables à la fediereflTe & à l’acrimo-.
nie des liqueurs, nous croïons ,d’àc-
feord avec l’expérience , qu’on peut
guérir radicalëment la maladie par l’u--
fege des remedes'ftomachiques, dé-
îàïans adbuciirans..Pbur y patvenît
®n com-mencera par purger le maladt
£ïivantda formule ei-jointe.
f V: R a A T I O m
Prenez rhubarbe concalTée , 5 c fet
■«légétalde chacun une drachme ; graiî.
ne de lin , une pincée ; faites bouillir
légèrement dans l’eau de poulet j difTol-.
vez dans huit onces- de liqueur deux
onces de manne de Calabre j coulez
avec exprelîîon , & délaïez dans la co«-
làture une oncê: de. fyrop de: chicQréê:
tompofc».
&-E M E 6 E C I N ï. 3:^7
te lendemain on mettra la malade'
âtufage des bouillons fuivans»-
gOV ILL O iV.
Prenez un jeune poulet dont on rem^
pîira le ventre d'une demi - once des^
quatres femcnGes froides rnâjeures mon¬
dées & concairées faites-le bouillir’
pendant deux heures ^ en écumant fow
gneufement, dans une fuf&faiite quanti--
té d’eau de fontaine; ajoutez alors cincj
écreviflès de riviere cuites jufqu’à rou¬
geur , & pilées dans le mortier'de mar-^
bre ; faites bouillir encore une heure'
dans un pot bien fermé ; ajoutez fur la;
fin de la coÆion une poignée db feuilfcs
de crefïbn de fontaine , ou de bourra-
ehe ; coulez avec expreffion après une
îégere ébullition, & faites un bouillon,.
Après avoir pris ces bouillons pen-.
dànt douze jours, on repurgera là ma--
fade arec la médecine précédente
Te lendemain de la purgation, on leA
fera prendre le matin au lit une chopi--
ne de lait d’ânelïè où l’on aura dïtfous
une fuffifante quantité de fucre. Mais
de peur que le lait naigriffe dans Tel-
ëomac de la malade , on lui fera prene-
Qiiij;
jéS. Consultations choisies
«îre auparavant la poudre fuivaiite»,
P O V D Z E.. i
Prenez corail rouge préparé , ïeux: 1
d’écreviCfes de rtviere , de chacun ûn
ihrupule antihedique de Poteriu& uii,
demi fcrupule mêlez 6c faites une pou-,
dire pour une dofci
C^and on verra que Pèftomac de U,
malade efti accoutumé au lait , on lui
en donnera le foir une quantité pareille k
celle du matin ,.un moment avant qu el¬
le s’endorme ^ & pour eet effet la ma-.,
lade foupera à. cinq heures avec uhej
foupe ou un ris au Bouillon dejviande.,
Elle continuera' le lait d’ânefTe pendant
environ deux.mois, fe. purgeant, au mU
£ieu ^ & à la fin..
Le printems prochain elle, recom¬
mencera les bouillons, d’écrevidès ci-
defl’us preferits., 6c. s’étant purgée à la
fin dé leur ufage., on lui fera prendre
foir & matin une chopine de. lait de
vache écrémé, augmentant, fucceflive-
■ ment l'a dofe autant que foneftomac le
permettra ; afin qu’en peu de jours elle
fe mette au lait psur toute nourriture^
Sllè prendra dojic au dîner 6c au foupet
D î MEDECINE.’ 5 <59;
une ieîipe, du ris , ou de Torge mon¬
dé , au lait de vache ; çe- qui ne l’empê-;
ehera pas d’avaler detems à autre quel¬
ques œufs frais avec quelques morceaux
de pain. La malade continuera la. diete^
blanche jufqu’aux chaleurs de l’été, fe-
purgeant"toutes les fois qu’il^ fera né-
eeflâire,-
Pendant l’été on la baignera pendant'
douze ou quinze jours dans l’eau tiède.
Elle fe mettra au lit en Portant du bain
Re prendra un bouillon de creflon d’eau»^
Le rems des bains étant expiré, elle
boira pendant' dix jours des eaux miné-
r-ales froides, légèrement apéritives, êC
chauffées au bain-marie- elle en boira
tous les j'ours* quinze verres en quatre
fois. Le premier jour on fera fondre-
dans le premier verre une once de fel
d’Epfom. Le tems des- eaux- minérales:
éranLpaffé,onréiterera la purgation ci--
deifus'décrite.à.la finda mois d’aoûc-
on recommencera les eaux avec les
mêmes précautions. L’automne on re¬
viendra au lait d’âneife foir & matin
cm au lait de- vache pour toute nour*
riture futvant lé bien qu’aura produit
lïun ou l’autre à la malade , Se dont on'
kiffe juge- Mqafieur le-Médecin ordl*-.
saire,. ’
17®^ CôNSOTT-ATî©NS^ CHOISIES'
Il nous paroît qu’il fera encore trèsi
utile à la malade à l’approche; de l’été'
d’aller dans un pais moins chaud que
le lien , où’ elle refpire un air plus froid-
& plus humide *, parce que la.trop graii-.
de ardeur du çlimas qu’elle habite ou¬
vrant trop-, les-pores de la peau-,
caufant une trop grande chaleur dans:
les humeurs: , dépouille le-fang: de fouv
humidité:^. & de fes.parties.fpiritueufes
êc ballaraiqués , entretient en confé-,
quence là caufè de la maladie, .& fait:
©bllacle au fuccès des remedeSo,
La malade -fuiv-ra un régime convena--
îsle, s’abftenant dé tous alimens-.falés .
& poivrés 3 dèl’üfage des-^poilTons , des,
ilgumes- , dés plantes potagères. . Elle •
ne prendra que des-nourritures^ de boii;
fuc ôc dé facile digeftîon , comme-
Eâgneau , le veau > le -moutoti', lés - pou-
ilts 3., chapons , perdrix , & autres,
oifeaux dé même nature..Elle évitera;'
les ragoûts 3, &;ne boira ni ^nn ni li¬
queurs Ipkitueufes ;-fa boilTôn ordînai-.
re fera ded’eau de fontaine. Elle évite¬
ra les veilles, les exercices trop forts ,.,
lé chagrin toutes lès autres paffions.
de l’àme , parce que tout cela dépouil--
JéJe rang;dè. foa huEnidicé.r, défléche.&;:
D E M É D S"C I'N'E'.
tend trop les val(Teaux détruit la force
digeftive à l’eftomac.
Délibéré à Montpellier le a 3. ao^
P730. Lazerm.e.
G O N S I L lU M LIX.
, Jws namm dctts.
E X his quæ in hiftoria^ morbi ex- «î-
ponuntnr fatis fuperque patet no- «
iilem adolefcentem ozæna five ulcéré «
narium laborare , quod a variolis con- «
îaraxifle credimus , eum ah eo præeife
tempore Hoc morbo corripiatur. Nam,«-
tametft variolæ copiofam fuppuratio-
nem in cute efFccerint, nihilominus ta- «
'îîien tota virus variolofî quantitas quo «-
fanguis eo tempore feetu&*erat non po- «*
mit in cute deponi, ac per confequens «-
perfeda &■ integra non fuit fanguinis «-
dèpuratio. Qtiapropter verofimile efi;
variolarum viru&;:in membrana pitoi- «>
îatiafuifle dèpofîtumvibique cümores ««
pblegrnonodæos-- produxilîe 5,qüi ,„in «'
îüppuratum'a beuates-i uieus membra- «j
cât-ietn» farfanÆffium" vicino-'«^‘
^72. CcNSÜLTATIOHS CHOISIES-
ai rum produxere ; olTa.veto carie fiiiCl
» fe erofa indicare videtur morbi ; diii»,
î> turnitas qui a deo pertinaeiter rcme-
ivdiis oportunepræfcripris jefiftic jcutn-
experientia nos doceat offium cariera
JJ adeo difficile fanari. Præter morbi -
3 »;dmturnitatem,_ textus partis affed^'
JJ non levem cariéi fufpicionem movet,,
» cum fuppuratio tam diu in partibus.
» membraaofîs fieri nequic niiî olïà fub--
»jeda erodantur. Id autem ulcus
aj iiarium depjeffione repetendutn
«^ minime nabis, videtur , cum quidpiam
» fimiïe adalefcentulis,conci,gi{]fe nee ra^
JJ tio fuadet,„nec experientiæ demunH,
jatrat J qu.apropter,.is marbus.a variolia
JJ: tantum natales accepit, ,
JJ QuonLani verb membrana pituftaW '
»-ria non tantum, narium cavitatem,
JJ: fed &Jîhus, offis coronalk. obveftit,^
SJ fieri ig.itur, poteft- ut .ulcus fedem ha^
JJ. beat. in narium cavitate, , vel in fini?
jî: bus offis coronalls. Si primum ,mor-r
jj-bus cur-atu paulo. facilior yidétur ; fi
», fecundu-m , ejus curatib difficilior.,
as quiâ reme.dia .-ad taies, fimis difficilius
sj^duci pofiùnt,.Ih quacuœque tamen
». parte fir, eum difficilem ' fore fiahatà
?j.exiûiînâmus oK offium cariem ^ adep^
DB M'e-d E-C. I îjie;. 3 ,7^-
non ihregra expeftanda eft fana-
nô donec offa^^orrup^ca decifàfuerint, »
feu exfoliata. Ad id iane obtine.ndum
ztas nobilis ægrotantis non pariim «■
conducet ; fàvebit quoque. ejjjfdem
conftitutio quæ fat bona videcur vcum ««-
îpfc liée macileiitus*, ,nec febricitans , <«-
neque alio quovis, marbi genere la- «*-
Boret. «
Ut intégra ©btînerî'polîit.hujus «fc-
morb'i folutio dùo remedîorum gene-
ra faut adhib’enda ,,,extcnia.fcilicet& <*-
mterna, ifta ad fanguinem diluendum «*.
^ edulcàndùm, iîfa ad ’ulcus-detergen*
dùm, mundandùm , & confoUdandum. «■
Quapropter. fequens parabitur pqtia «s^
pUTgans' ftatim fùmeiida,^»,
ZVKGATIO:
^rSénn. mundâc. J. j. rhe^contuf. <*•'
«It tàrcar. folub. a. ^.,f. coq.; in_decod,ï«'
îamar.ping. ^v. in colat. & expjeffion. q
dîflblv. mann. Calabdn. §. ij. f. poo. q-
enm regîmiiie feiîTienda,^ -
Altéra a. potione purgante dié æ.ger
Kauriét maire in ledô ladis afinini xe-
cens mulfi, & tantillo facchari edul- «
cati circiter |.viîj.üfûs ladis.per mea-
CoNSULTATIONr CÎTOTSÎET
” fem integcum continuabicur, &, ur
” pdmum Æger ei fueric atruefadds,,
" ad |-xîj. vel ife; j. exhîbebitur. Finita-
” ladis afîiiini tempore purgatio ite-
» rum celebrabitur ut fupra , & altéra-:
» a pürgationc die Æger fumet mane’^
» in ledo hauftum ladis ivacciiii debi-
» te ebutyrati 5;addita tertia parte infufti
^ plantarum vulnerariarum SeneveA—
» uurri^.Sero ,.düm ad fomnum fecom-
» ponet 5,, alterum hauftum ladis fimi:-
» liter præparad fumet - cnm hac cau-
» tione ut hora< quinta ferotina offam-:
^ tantum jurercamiura paratam. corne—
» dato- <
» Elapfîs aliquot dîèbus, fi ftomaehus:
» ægrotantis majorem ladis quanti-
» tâtem ferre poffic ,..prandet offa lac—
»tis;ccEnabk pariter ofïa Tel brizaex:
»’lade parata.-Porerit tamen panis fruf-
» tulum comed-ére , vel ovum quod—
» dam-^. forbile , & in diæta ladea pef’
S5 duos aut tres-rnenfes perfcverabit 3,
» celebrata identidem purgacione j-quo-
âï ties ita. ne'celEûs -poftülabit. Verumî
t> Ci æger ndbilis tantum, ladis quanci-*-
» tatem haurire:- nequeat , fumet-tan--
»itum bis in die mane &'fero.'
quoniam- v-irus^variolofaEP
nr.f M'E'-D'B c rN-Fi»
fiiccos quofdàm acres in.Tanguîne po- a
tuit generare qui hune naorbum for-.«^
fan fovent, idcirco exiftimamüs fonça- «
nellam cibiæ eflfe applicandâm ,,uL-ibi
emuiidorium parecuc quo fanguinis
depuratio. abfolvi poffit,, iCccédènte**-
æftatis, calore balnea dome{lica5. & «
deiii potum aquaruni àcidùlârum ^ utî--
lia fore ppihamur r aucumao vero re-
deunte lac afininum 5,, vel vaccinura
ebutyratum , uc;fuprâ ad duos menfes
præfcribetur. œ
Ut decergatur ulcus fequens paraBi-
£ur decodum. «
i: N r E c r 10, .
FoliDr,,plântag..m. j..rcord. m.
Û. abfynth. p. j.. coq. per hor, 4àni.
part, in decodo.hord. îB. iij.fub.
Godion; add. fumîttat. byperico-flori.
dar. Sc flor^ melüoî. p. ij. rofar. ru-**^
brar.. m..f, poil levem ihfufion. col. «
êc exprim.in coiàc. expreffion. dif- «
Ibly. nnell. rofac.,.§. iij. lapid. medica- ««
HicntofiCroî. pulyerat. 5 .ij,deco.dum.s&t
feryecur ad ufunî.
y]& Coî!rSTJLT:A.TÏON§ CMOlSÎES
” Hoe decodum pluries iii die Ope
*» fiphoiiîs minoris-tepi-de iii nares iiijî-
V cietiu'.Si neque ab his fublevetur Æger
» fequÊiis iiijcdio parabitur,-
I^NTECtTÎO.
^ Æris virid. 9^ f. in fond ^ in de--
w eod. fupra prærcript. vi. colaturj
» ferveturad' nfanci. Hoc decôdum ter
« apc quater in nares tepidc injiçiet;.
wECjii ulcus attingi poffèt, goiTypium.
» eodem decctdo .' imbüEum repbnen—,
» dum.. »
» Si néque hæc fat profoerinc, fuade--
mus injicere. aquas Bbüiiùcanas fer-r
ventes fæpius in die -, hæ entra aquæ*
?» cercfffiraura nonnuHis foere pr.æiidîûm'
?» qui hoc raorbo affligeba«tur, -Tan^
» dera in hac furaus- opinione ut ægro^
»» tantis. caput - radajur, ftcque- augea^
?» tur ejufdera rranfpiracTo- , Guj'us co-
A» piofâ^exorecîo^ taies ægrotos non fe^
?» mel levavit. Ab ufu reraediorum iti'^
P ternorum exfîccantium abftinendutn
Aï ctediraus j, ne; humerum- actimonià
» His iatendatur.-
Üâtum Monfpeîiî die raenfis^
||jmatii anni 17 3 1, ■ ti- a z eji
à: E Me- ml c !■ N'S* 3 -jŸ
TRADUCTION
lyÆ LA Consultation erecedentec-'
Sur une OxJène^ ou ulcéré ford^de des
narines,,
I L parort évîdèmmenî par le détMÎ^'
qu’on nous a- communiqué que le'
jeune malade' efi: attaqué d’un ozêne ^
ou d’un ulcéré des narinesr, dont nous'
croïons- devoir rapporter la caufe à la
petite vérole qu’il a eue , puirque cette'
makdie a-commencé précifément dans'
ce tems. Car, bien quela fuppuraEion de
la petite vérole ait été fort abondante ,
la matière morbifique n’a pu fe dépofer
touteeiiticrerâ la‘peau,& par eonféquenr
le fang n’en a pas été entièrement puri-
fiéi C’eft pourquoi il'eft vraifemblable
qu’une partie du venin s’eft dépofée fur
la membrane -pituitaire , ou elle a pro¬
duit des tumeurs phlegmoneufes , qui'^
venant à- fiippuracion ont- ulcéré lac
membrane J., & peut-être carié les or
voifins. Ce qui indiqué la-Gariè de ces os,^
c’eft k longueur de la maladie j^qui réé
fifte ayec.tâiit.d’opiiiiâa:eté, auxiemedcr^
af78 Co'KiîirLTATioKs cktoîsies'
appropriés donc on a fait ufage -, caf
Texpérience nous apprend que rien ne
fe guérie plus difficilement que la carie.
Mais ce qui nous détermine encore plug;
que l’opiniâcrecér de læ m dadic à juger, ,
que les os font cariés, c’eft qu’il n’eft pas>
pofîible qu’ily ait une fi lon^efuppura-
tion des parties membraneufes fans carie
dbs os du' voifinage.. Nous ii eftimons<
point que Tulcere vienne de l’applatifiè-
îïîcnt. du nez. Car l'expérience ni la rai-
fon ne nous apprennent pas qu en confé-^
quence de cette dirpofition il foit jamais;
arrivé rien de femblable aux enfaris 5;
d’où nous concluons que la maladie ac-
Suelle eft une fuite de la petite vérole.
Or comme la membrane pituitaire
ne recouvre pas feuFement les os. du nez^
mais qu’elle revêt les finus de l’os fron¬
tal, il eft poffible que le fiége de l’ul—
cere foit dans là cavité des narines,,ou
dans les finus frontaux. Au premier
eas la|maladie paroîtplüS'âifée à guérir-
au fécond il eft bien plus difficile , par¬
ce qu’il n eft rien moins qu àifé de por-*
ter les remedes jufqu’à la partie malade;.
Quelque foit au refte le fiege de la ma-
■îadic , i’éftîtne qu’il eft très-difficile de'
fe. guérir., à^eaule de la carie des.os,, &.
S I Ki F H 1 C r N 57Ç=
^ubn ne doit s'attendre à une cure ra-'
dîcale qu’après i’exfoliation acHevée j ce
que l’on peut efperer de l’ag.e du mala¬
de , & de fà conftitution qui' paroît
allez bonne , puifqu’il n’eft, point mai¬
gre , & qu’il n’a point dé fievre ^ ni d’au¬
tre maladie.. ,
Pour parvenir à la- cure radicale , il'
■faut employer deux fortes de remcdes ,,
les uns externes , les autres- internes
ceux-ci pour délaïer êe adoucir le fang j,
eeux-la pour dérerger j.mondifier ci»;
. Câtrifer l’ulcere. ©n commencera donc
par purger le malade avccleremedefui-
'i:anE.
P V R G A T I O N:
Prenez feuilles de fenné: mondées «ne*
drachme ; rhubarbe eoncalïee & fèb
végétal, de chacun une dèsni-drach—
mej faites bouillir dans une fuffifante
quantité de décoction de tarnarins , &:
dilïblvez dans cinq onces de colàture*
£iite avec expreffion , deux on,es de-
manne de Calabre. Faîtes une potion..
Le lendemain de, la purgation le ma¬
lade prendra lé matin au lit environ^
Luit onces dc-lait d’âneflê nouveau traie
avec un gen. dcfucre. ^ il eii-continuê-
fSo C©>}SÜLTaxions'GHO rSTES'
ra l’ufaoe pendant uir mois entier & •
dès qu il y fera^ accoutume y, on lui en
donnera douze ôiices ou luïe livre. On,
filiira rufàge-dü lait par le purgatit ci-
dclïlis décrit ', & le lendemain de la pur-
gàtion le malade prendra le matin au lit
huit onces de lait de vache coupé d’un
tiers dinfulion de vulnéraires de SuilTe;
Le foîr avant'd'ë ÿéhdbrmir il prendra
pareille quantité du m’crneTait ainh pré¬
paré , avec la précaution de fouper k..
cinq heures après midi avec une feula,
fbupe à la viande.
Si l’on s’apperçoft aù Bout dé quel¬
ques jours que l’eftomac du malade
peut fupporter une plut gtande quantité:
de lait ,.il prendra au dîner & au fouper
une foupe oü du ris au lait ; il pourra ce¬
pendant üfer de queKpues morceaux dé
pain , & de quelques œufs frais. Il con¬
tinuera îa diete blanche pendant'deux
ou trois mois-, fe purgeant toutes leâ
fois qu’il fera néceffaire'; Mais h la
malade ne'peut prendre Uile’fî grande
quantité dé lait , if fe réduira à-n’eit
prendre que lè foir & le mâtin. ^ ;
Mais-comme lé veniii de la petite vé^'
rolé à pu engendrerdans’le'farîg de's fücs:'
actes qui entretiennent la maladie ^Jious^
P E M E P .S C I N E.
fommes a’avis qu on lui oûv.re un cau¬
tère à la jambe , afin de procurer ua
;ëgout qui terve à purifier le fang. Nous
iomm£s auffi d’avis que pendant l’étc
iil premie le s-ijains domeftiques ^ & lés '
eaux minerajes froides , &: qu’au retouc
de l’automne , il reprenne pendant deux
mois le lait d ’ânefie ^ ou c^elui de vache
écrémé comnie il faut.
On fe fervira de la décoûiqii fuiyan^
'Vante pour déterger i’ulcere.
, iN] EcrioN,
J’renez feuilles de plantin une poignée 5
feuilles de fcordium uqè demi poignée^
feuilles d’abfynthe une pincée 5 faîtes
bouillir pendant un quart d’iiçure dans
■ trois livres de décoéfion d’orge^ ajoutanji
fut la fin de rébuUition , fommités fleu-
■ îies de mlUepertuis,de fleurs de mélitop,
de chacunes deux pincées, rofes rouges
une demi-poignée ; coulez avec expref-
flon après une légère infufion ; & dif-
folvez dans la colature trois .onces de
miel rofat ^ pierre n\édicamenteufe de
Çrollain en poudre deux drachmes,
■Gardez cette décoction pour l’ufage.
il faut inieder plufieurs fois le jour
cette décodion tiede dan^les narines ,a
^8 Z 'CONSTJLTÂTIONS CHOISIES
îïioïen d’une petite feringue. Si elle ne
foulage pas le malade , on lui fubfâtuert
dafuivanEe.
INI EC 7 I O
Prenez vert de gris un demi fcrupui
le-, faites-i’infufer dans fîx onces de dé-
coftion d’orge, & gardez la oolaturc
your Tufage. Il faut injeétcr trois ou
‘Quatre fois par jour cette décodion tiede.
idans le nez, & fi l’on peut aiteindrc à
î’ulcere, laiflèr deffus du cotton qu’on
-en aura imbibé.
Si cette décodion ne produit pas l’ef¬
fet qu’on en attend, je confeille dé fai¬
re desinjedions d’eau de Balaruc tiedcs,
-qu’on réitérera fouveat chaque jour,
Nous fçâvons quelles ont été fouvent
très-utiles à des malades attaqués de
cette maladie. Enfin nous femmes d’avis
qu’on rafe la^tête du malade pour aug¬
menter la tianipiration dé cette partie j
moïen qui a fouvent réu0î dans ce cas.
Nous eftimons qu’il ne faut faire uiage
înterfeurement d’aucun remede défîcca-
tif, de crainte d’augmenter l’acrimonie
du iang.
Délibéré à Montpellier ce 04. janvier
SJ 31, Signé , L A Z E B. M
® ,E M ;E D E C î N E. ■ 385
consultation L X.
Sn>' une Dyfun-e jointe k Cafthme^
L £ malade qui nous confulte a deu*
maladies , Pafthme &une dyfurie
qui revient par périodes, & qui eft fi
^grande qu’il rend du fang mêlé avec les .
«rines. La première maladie efl habi¬
tuelle , & nleft pas guerifiàble à caufè
^e la difpofidon des poulmons. Tout
ce qüon peut faire eft; de diminuer la
•violence des attaques. La fécondé, qui
eft la dy furie ,3 eft plus récente , & quoi
qu'celle paroiflè differente de Tafthme ,
on ne doute pourtant pas quelle ne
vienne de la même cajife , c^eft-à-dire
d’une Gonftitution du fang feche &: acrî-
monieufe ^ qui rend les urines tartareu-
fes & picquantes , & qui a occafionnc
quelque gonflement des veines qui ram¬
pent au col de la veffie ; Ce qui parole
marqué par les hemorrhoides auxquelles
le malade eft fujet^
Le tempérament vif & ardent du
malade , fa profeflion qui l’a ©biig'é de
travailler long-tems fur le feu ^ de rei^
^g 4 CONSTJLTÀTIONS, CHOIStlS
pirec la vapeur du chardon., & celle'
.gui s’élève de l’étain dans le tems de ‘la
fonte , ont fans doute produit la difpo-
fiaon des humeurs ‘ïscntionnée^cûdeC.
■fus,.de,forte qu’il faut àpréfenx la cor¬
riger par des remedes délayans, légère¬
ment incififs , & enfin adouciüants.
'Pour cet effet le malade -fé fera ,tirer
•deux palettes de fang de l’un des bras,
&c le lendemain -il Jeta .purgé avec ia
;ÆiédsGine qui .fuit,
TV RG AT 10 U.
Prenez pulpe de ca.(ïè récemment
;moiidée,j une demi-once /, fel végétal
une drachme ; ,graine de lin^concaflee
une pincée - laites .bouillir légéEemeiit
idans une décoélion de feuilles de chico¬
rée fauvage ; düTolvez dans fîx onces de
coîature deux onces de manne de -Ca¬
labre , faites -une potion.
Deux jours après il prendra le-matin
au lit un isouillon fait avec un jeune
poulet, ou nn morceau de collet de
mouton , dans lequel on fera bouillir
pendant une heure quatre écreviffes de
riviere lavées dans l’eau bouillante <Sc
ecrafées dans un mortier de marbre.,'de
demi-
M'B'D'E C I ^
^éfïiî-once des quatre féineiices froides
coocaflees, & enfermées dans un nouée
fttfpendu dans le bouillon. Sur la fin de
Jâ coctionnny ajoutera une-poignée de
feuilles de bourrache , & une pincée de
cerfeuil, quon lailTera bouillir un mo-
inent. On paflera le bouillon à travers
une ferviette.j & -on exprimera forte-
in ent.
L’ufage de ce. "bouillon fera de dix
jours, après Icrquels le malade fera
purgé avec fa médecine ordinaire , ÔC
<deux jours après il prendra le matin an
lit un grand' verre de petit lait tiré dti
lait de vache , clarifié avec le blanc d’un
çeuf , & adouci avec un peu de fucre
candi. Le tems du petit lait fera de quin¬
ze jours , après lefquels on repurgera
,1e malade avec fa médecine ordinaire.
Dès que les chaleurs feront venues ’
c^eft-à-dire vers la fin du mois de juin
ou de juillet, le malade prendra 'le de¬
mi ' bain domeftique peu daiit deux j our s,
après lefquels, s’étant repofe cinq ou
fix jours , il fe repurgera & prendra
tout de fuite les eaux de Lodeve pendant
neuf jours confécutifs à la maniéré or¬
dinaire , c’eft-à-dire à quinze ou dix-
huit talfes par jour en plufieurs reprl-
TomelL K
^5:8<î Consultations choisies
les, & afin que les eaux paffent mieux
doii les fera dégourdir au bain - marie.
Après le tems des eaux le malade fe re-
Œ , & à la fin de réréil reprendra
-bain domeftique pendant ,dou^
ze jourS;.
Dès que nous ferons en automne il
reprendra les bouillons d'écreviflTes com¬
me ci-defTus ^ & , après s’être purgé, le
lait d’âneffè pendant deux mois ,, fe pur¬
geant au milieu& à la fin.
Si les eaux de Lodeve donnent la dy..
lûrie au malade, il les quittera , &nous
le fera fçavoir. Il eft abfolument nécef-
faire que le malade ne travaille plus à h
fonte , ôc on croit avec raîfoii que la
vapeur du charbon , & fur-tout de l’é*
tain , n a pas peu contribué aux incom¬
modités qu’il fouflFre à préiènr. On ne
parle pas du régime de vie, on eft pet-
fuadé que le Médecin ordinaire en à preC-
erit un convenable, c’eft-àr-dire humée-
faut & délayant,, tel que le tempera’'
ment du malade le demande.
Délibéré à Montpelli.e^ ce 19, février
Siÿflè ^ L aZE B. ME ,1^1 AB-eo T.
a E MEDECINE.
CONSULTATION LXI. .
Sur des ‘Vapeurs , avec pinceurs fâcheux
fymptômes,
A Près avoir examiné avec beaucoup
d’attention le mémoire qui nous %
ité remis, & confidéré tous les fymptô-
mes ou accidens qui y font énoncés ^
on a été pleinement convaincu que la
malade a des attaques de vapeurs qui
caufent la peur de mourir qu’elle a.
Quoique cette maladie ne foit pas mor¬
telle 3 elle ne lailTe pas d’allarmer beau- ,
coup, &, fi la malade ne fe rafiure en
fe perfuadant que fa maladie n’éft pas
mortelle , elle en fera attaquée long-
tems, quelque fecours qu’on lui donne..
Cependant outre les vapeurs elle a l’efi.
tomac dérangé, & elle digéré avec pei¬
ne , ce qui.eft marqué par les cojiques g
fenvie fréquente d’aller au baffin , &
principalement par l’excrétion des vers
qu elle a rendus. De plus elle fent des
douleurs rhumatiques tantôt vers les
mamelles, quelquefois aux faufles cô¬
tes , & meme à région des reins 5 c©
Co'tWILT axions CHOKIES
qui marque l’épaiffiiTement, Sc un pea
d’^cdmonie j.des humeurs ^ & fur-tout
de la partiedymphatique du fang. Pour
remedier à ces inconvéïïiens on purger»
la ,m,alade de la maniéré qui fuii:,
, ?v R G J T îo n;
li^renez rhubarbe concalTée & fél .vé¬
gétal , de chacun une drachme ; fom-
înités' d’abfynthe & de petite centau¬
rée , de chacunes une pincée ; faites
bouillir dans Feau de fontaine, & dif-
folvez dans foc onces de Mqueur coulée
avec expreffion deux onces de manne
de Calabre. Faites une potion.
Deux jours après cette médecine elle
prendra le matin Fopiace ^ui fuir.
Q P I AT E.
Prenez conferve de kynorrhodon
une demi-drachme j conferve d’aunée &
excraic-de rhubarbe ^.de chacun un fcru-
pule ; faites avec une fuffifante quaii-
tiré de fyrop d’abfynthe une opiate pour
une dofe.
On donnera àda malade imméd'iate-
sncHt après qu’elle aura pris Fopiate m
DEC! N E. 58^
|)Ouilloir^e poulet ou de veau à la dhi-
corée & elle eoiitinuera ce remede pen¬
dant dix jours, après lefquels, s’étanS
lepurgée avec la médecine ordinaire ,
elle prendra le matin au lit un- grand
verre de lait de vache'fraîchement tirait ^
©U bien écrémé,ajoutant une taflè d’in-
fufion de thé?, ou de citronelle ,. dite
mélilïè. Il faudra continuer l’ulàge du
lait écrémé- pendant trois fèmaines- ^ ëc
ayant purgé fa malade après ce tems,
on la mettra à l’ufage du lait d’âncl^
fe. Elle en prendra le matin au lit un
grand verre fraîchement trait, adouci
avec un peu de fucre , à mefure
qu’on connoîtra que fon eftomac fou^
tient le lait, on- en augmentera peu è
peu ladolè , jufquace quelle en prenne
sine écuellée chaque matin..-
Il feudra continuer le lait d'ânelTe
|ufqu’aux chaleurs de l’été , & purger la
malade une fbis le mois. Cependant li
la malade fe trouve bien du lait d’âneC*
&ôc que fon eftbmac le foutienne fans
aucune inquiétude', on pourra- la pur^
ger plus- rarement, êt renvoyer la mé-i.
decine Jufqu’à ce quelle quitte lé lait.
Pendant l’été elle prendra le demi-bain
dbmeftique pendant douze ou quinze^
J 90 CoNSUXTATTONî CHOISîEt
jours au mois de juillet ; elle pourra
prendre des bouillons de poulet pendant
le refte du mois. Au mois d’août, elle
prendra le demi-bain doraeftique en-
fuite les bouillons de poulet, comme il
eft dit ci-delTus ^ & dès que nous fe¬
rons au mois de feptembre , & que les
chaleurs de l’été auront fini , on repur-^
géra la malade avec fa médecine ordi¬
naire; & deux jours après, elle fe met¬
tra au lait d’âneflfe , qu elle prendra juf.
qu’à ce qu’il faflè bien froid:.
Si l’eftomac de la malade ne peut pas
foutenir le lait d’âiiefTe, on lui donnera
celui de vache écrémé , qu’elle prend'ra=
deux fois le jour , le.matin & le foir en
fe couchant,& quelle continuera au¬
tant de tems quelle devoit prendre le*
lait d’ànelïè ;,obfervant de fouper qua¬
tre heures avant de prendre le lait, 5c
de ne pas manger de viande à fouper ^
de fe contenter d’une foupe, 5c d’un
morceau de pain.
Il faut que la malade fë diïïîpe ,qu’èl“-
îe évite la triftelle, 5c la mélancholie ,
qu’elle fréquente les compagnies , qu’el¬
le fe perfuade bien que fa maladie n’elf-
pas dangereure,& que le feul moyen d’en
être délivrée eft de ne pas la craindre.
ïÿE M E » E e I N E.
Eïîe otfervera un bon régimC'de vie y
m faifanc pas maigre , ne mangeaiié
d’aucune viande Talée ou épicée j rien de
crud , d’aigre, ou de venteux, comme leS
légumes y le fromage, &c. elle fe nour¬
rira avec du bouilli & du rôti.
I5élibéré à Montpellier ec 20 . fevricï?
175,1. , L A-Z E R w E.
CONSULTATION LXIt
Sftr une perte blanche avec enflure des
extrémités.
L a conlïicution valétudinaire & ièi
licate de ,1a rrialade, &la colique;
^u’efle a eue fréquemment dans fa jeitr
nelTe, marquent répaiffilTement des hu--
meurs-, &: le dérangement des digeftions..
La perte blanche quelle a depuis Ta cou»'
ehe y les enflures qui ont preTque tou¬
jours accompagné cette perte , Tur-toue
dans les extrémités inferieures^marqueiut
des embarras dans la matrice, & dans;
les parties voilînes, & que le Tang, M
principalement la lymphe ne remon--
tent cL^’s^vec peine de ces extrémités-*
^91 CoNSUlTA-TliONS eHOiSÎES
ce qui fait craindre que les enflures
n’augmentent, & que les, férofités ne
fe jettent enfin dans, le ventr-e^ On ne
peut pas- même alTurer qu’il ny a pas.
d’embarras dans les glandes, du mefen-
terre „&• cela.,,joint à, la délicateflè de la
poitrine , fait craindre une fievre lente.
. On ne peut pas diffimuler que; cette
maladie ne foit dangereufe -, i® . par rap¬
port au tempérament délicat delà ma¬
lade J a?, au nombre des accidens qui
l’accompagnent ; 5^. à la nature de cet¬
te-maladie & à Popihiatrecé avec- la¬
quelle elle a réfifté jufqu’iei à difiPereot&-
remedes qu’on a. fait. Cependant com^
me la malade eft encore d’un bon âge
qu’il n’y a aucun épancfietnent de féro¬
fités dans les cavités, que lès embarras
ne font pas des plus confidèrablés, ou
peut fè flatter de foulager la malade , Ôt
de rétablir fa fanté, en fe fervant des re¬
medes propres à redifier les digeftions
à détruire l’épaifliflement dès humeurs,
êc les -embarras dès vifceres, & enfin à-
adoucir le fang-.
Pour cet effet la malade fe purgera
de. la.maniéré fuivantê,.
as-®- s iN-Ei
RG A TI 0 N:
Prenez rhabarbe concaflee & fel vé--
gétal^ de chacun une drachme ; fommU
rés d’abfynthe une pincée ; faites bouil-
Mr légèrement d^ns l’eau de fontaine;
di0blvez dans fix onces de colature fai-
te-avec ex'preffiôn deux-onces de manne
de Calabre, & une once de fyrop de
ehicorée compofé ; faites une potion.
Deux jours après la malade prendra
un bouillon fait avec un jeune pouletr.
©U un, morceau .de collet de moutoii',
dans lequel on fera bouillir doucement
pendant une heure quatre écrevilTes de
riviere lavées dans l’eau bouillante ,, &
écrafées dans un mortier de marbre ,,
ajoutant fucla fin de la-coftion du cref-
fon de. fontaine & des feuilles de bour¬
rache^, de chacun une demi poignée. Oa
laiflfera bouillir les-herbes un moment.,,
on paflTera à travers uneierviette oa.
exprimera, forteraent:-
La malade prendra avant le bouif--
Edii vingt g-rains de tartre- ehalibé
quinze grains de cloportes ,.v quon- dé--
layera. avec quelques cuillerées de bouil- -,
ïm..poaps faitea-mikr. La malade, conû--
E-.v/
Consultations choisies'-
nuera ces rèmedes pendant dix jours ”
après lefquels elle .fe repurgera comme-
deflîis.. Le lendemain de là médecine-
elle prendra le matin au lit un verre de
petit lait préparé de la maniéré fuivancci.
P E T I T L . A I r.
Prenez un pot de lait dé vache fraî-
cRement trait ,-,que vous ferez prendre
avec là préfure ordinaire. Partagez le
caillé en quatre ou cinq morceaux q e
vous mettrez dans une ferviette dont
vous lierez les quatre bouts à'des chai-
fes pour le fufpendre mettez un plat:
delTous pour recevoir le petit lait qui-
. en dégoûtera, pendant la nuit clarifiez
ce petit lait avec-le blanc d’un oeuf ;:
palTéz à'travers une rervrette,iteignez y
deux ou trois clous rougis au feu : reti¬
rez les clous , & ajoutez, quatre ou cinq
cuilléréss de fuc dé furaeterre. dépuré ou
de celui de cerfeuil un peu de fiicre
pô ir l’adoucir , & faites le prendre..
Le tems du petit lait fera de quinze:
jours , après lefquels on repurgera la
malade avec la. médecine ordinaire ;
deux jours après elle, prendra le üiç:
préparé, de l'a maniéré qui fuit. .
Prenez- une poignée dé feuilles de
efiicorée amere.hachée, & demi-poignée'
dé cerfeuil aulîi haché ; demi-drachme
de rhubarbe en poudre ; une drachmede
faffran dé mars apéritif bien puiverifé j,
vingt cloportes lavés en vie dans le vin
BlanCjen fuite écrafésjmetrez-letout dans
an plat'de terre ; remuez un peu afin
que les drogues fe mêlent bien ; couvrez
avec un autre plat, & lailTez mitonner ,
ce mélange pendant la nuit ; mettez-
le lendemain la matière fur un petit feu
remuez: de tems en tems , 8c lorfque
les herbes rendront bien leur fuc,,ren-
verfez la matière dans une ferviette , &.
exprimez.
Il faut partager ce- fuc en deux dofes »,
en faire prendre une le matin , & don¬
ner Tautre quatre heures après le dîner,.
E’ufage de ce fuc fera de douze jours ,
après lefquels- on repurgera la malade-
avec fa médecine ordinaire ,, & deux
jours après- elle- prendra les bouillons
d’écrevilîe ordonnés ci-dellus fans tartre
chalibé & fans-cloportes, pendant fe
purs'^â.présd.e%uers 3 ,s’étant repurgé. ^
'39<^ Consultations cjîoîsilS’
elle prendra le matin une piife de Tq*.
piate qui fuit.
O P 1 J T E.
Prenez conferves de kyiiorrhodbn &'
d’aunée , . de chacune 'une demi-oncé ;
extrait de rhubarbe fix drachmes ; ex¬
trait de baies dé genievredeuxdraGhmes>.
faites avec, le fyrop d’abfynthe une
opiate qui fera prife. à. la dofe d’une
drachme &: demie..
Il faut prendre un bouillon dé'poulet
à la chicorée par deflus cette.opiate , &
la continuer pendant neuf jours , après,
îefquels la malade fe repurgera, -, & com^
me on-a tout lieu d’efperer que ces re^-
medes auront diffipé- les enflures ,
que l’eftomac de la maiadê^fera-en meil¬
leur état ^ 911 croit auffi quelle pourra
foutenir-le lait- d’âne{re;v,,qu’il faudra lui-
faire prendre tout, de fuite; jufqu’aux
f raudes chaleurs de l’été,.la purgeant:
e tcfflseiTtems avee fa.médejcine.ordi-
na’re.
On ne, prefcrit pas-le régime'de' vie
|>arce qu’on eft perfuadé que le Méde¬
cin ordinaire lui. en fait garder un con¬
venable..
, Délibéré à Montpellîer'ce.-iji^mars,
.. Sig^é ,-.V, JE R N y ,• L A Z t R M , i.
© £ M'e D E: C I N Eî'.
€.0 N S U LT AT I ON IiXXLlli-
S.m me' Mélaneholle..
O N ne peut'pas" douter que l’étudé^
forcée de Monfîeur, les grandes,
contentions* d.’erprit, & l’applicatiotî
qu’il a eu à; remplir les devoirs, de fou
miniftere, ne foit la véritable eau fe de la
mèlancholie dans laquelle il eft plongé
& de tous les accidens= qui raecompa.i
gpent.Xes humeurs ont perdu leurs par¬
ties douces Sc balfamiques , Sc les-lblk
des , fur-tout le cerveau Sc les nerfs
ont'été delïèchés peu à peu*, ôi ont ac¬
quis une tenfion contre nature , un vé^
ritable éréthifmei.
Il eft;inutile-de déduire de cette cau-
fo tous les accidens rapportés dans le
mémoire,, ils en. coulent fi ■ naturelie-
ment qu’à la moindre attention qu’on -ys
falïè,il eft facile dèlesconnoître.
' Cette maladie n eft nullement dan^
gereufe à préfenc là poitrine qui paa.
ïoît la partie la plus attaquée par la toux^
êc par la-chaleur que le malade y fent
fhaleur qui paroic û grande que le ma*-
CoNSÜITATÎOfNS CH<5T$I2S
l'ade feiit fou haleine btûianre ^
pourtant point endommagée , puifque-,
lé malade eft fans fievre qu’il n’a;,
pas maigri. On doit pourtant en crain¬
dre les mites, parce que la conftitutiom
des humeurs feche & acrimonieufe, &'
la tenfîon des foUdés peuvent augmen¬
ter caufer de plus-grands défordres,,
qu'il faut prévenir en 'fe fervant des re=-
medes humeétans-, & adouciïTans.,
Pour cet effet on eft d’avis de faire*
■feîgner le malade du pied. Deux jours;
après on réitérera la faignée, & le len¬
demain on le purgera avec la médecine-
qui fuir.
FVRGATÎOI^..
ffenez- feuilles de fenné-mondëésR '
deux ■ drachmes ; tartre foluble une
drachme graine dé lim & fleurs de-
mauve , de chacunes une pincée ; faites*
Bouillir légèrement dans une décoétioîi'
de tamarins 5-. difl'olvez dans- douze on»
ces de colature exprimée deux onces de;*
manne de Calabre 5 faites une potion?
pour deux prifés.-
On donnera ces deux prifés à dam
heures, de-dilîance l’une fàüt3K 5, ^
B S' M 1 B E G T N ï; ■^9^5
ün Bouillon de poulet une heure après-.
Ùi derniere.
Deux jours après le mal’ade prendcsï
^ matin le bouillon fuivant^
B O V IL.RO m
Prenez-un jeune poulet plumé& vuî'de^,
ferci avec une demi-once des.quatre fe--
mences froides-majeures concairées.Faî-,
tes le bouillir pendant deux heures dans^
Peau de fontaine pour une prife debouiît
ton';, ajoutez trois écrevirfès de. riviere,^,
fi elles font grolTes j, & quatre fi elles
font petites, lavées & écrafées laiffez
bouillir doucement pendant une heure
ajoutez une poignée de creflbn de fon¬
taine , lailîez bouillir un moment j.pafo-
fcz le bouillon à travers une ferviette ,,
& exprimez.
Le tems de ces bouillons- fera de dix-
purs, après lefquels on repurgera le*
malade comme ci-défiùs, 8c le lende¬
main on lui dcnnera un grand verre de
îait d’ânefiê fraîchement trait.. Quel¬
que tems après, fi fon eftomac foutienf:
le lait, il en prendra une prife en fe cou¬
chant, &, fi fon eftomac foutient bien
le lait il foupera fur les ciaq^ heures-
^■OÔ. CoNSUlTA-TIONS GMOISlEr
avec une foupe de laie de vache,
fin quelques jours après il dînera avec
uiîè loupe au-lait, & quelquefois: il
avalera après.la foupe un ou deux- c&ufi
mollets J dès qu’il prendra le lait trois.-
fois le jour,, on ne lui donnera plus de-'
viande à dîner.
ïl continuera kfdieïe blanche jufques
aux. grandes' chaleurs & fs purger^
avec la médecine ci-delTus..
Lorfqu’il quittera le. lait pendant
llété il prendra dix bains domeftiques ,
prenant un bouillon de poulet enfortaiit-
du bain.-.Quelques jours après les'bains
il boira les eaux de la Marquife de
Yals, pendant neuf jours de fuite. Il en
prendra une bouteille, chaque jour , en
cinq ou-fix. reprifes-, laiffant un quart,
d’heure, ou un peu plus j d’üne prife à
Fautre. Il les boira dégourdies au bain-^
marie,. pour qu elles fe. mêlent mieux
avec le fang , fi les eaux de Vais le
vuident trop ,.on les affoiblira en mâ-
lant le tiers, ou. le quart d’eau-de fon¬
taine.- On dilToudra trois o.ices de man^.
ne. dans la prife du premier jour y, 5 $:
autant dans le.deruier du neuvième.. .
Quelques joucs api es les. eaux de ¥alf'
lbïiâlade-regr.endr.-t le.baui.d©mêfl:ique;j^
DE M E B E C I N E=. ^01
Sc îè bouillon de poulet pendant dix-
jours 5 enfuite les-eau'x de Vais avec les-'
précautions- ci'-delîiis;
Si malgré ces remedes la chaleur-in..
commode le malade ,,011 le fera faigner
du pied , ou du-bras. Dès que nous fe¬
rons en automne, on réitérera- la faignée
du pied J enfuite la purgation ordonnée
si-deflus. après laquelle on- lui fera-
prendre lès bouilîoiîs d’écrevilfcs ordon¬
nés ci-delTus, 8 c ayanrécé rcpurgé oit
îe mettra-au lait de vache écrémé. Il en
prendra le- matin une grande écuellée;
^elqties jours après il en prendra* le-
&ir autant en fe couchant ; n ayant man¬
gé qu’une foupeà la. viande quatre heu¬
res avant le lait ; 5 c enfin dès qu’on?
connoîtra que fon eftomac foutient bien
le lait on le lui donnera pour toute
nourriture , c’ell-à-dire quatre fois le-
|our, ou écrémé,-ou en foupe. Pendant-
Pufage du lait le malade le mettra à*
l’eau. On eft même d’avis qu’il s’y m^t-
te dès-à préfent, le vin étant très-con-*
• traire.à fon état..
On ne pourra gueres le palier du aar--
cotique nous fbmmes d’àvis-de lui'
donner les gouttes tranquilles,ou anody-
nss 3 commençant par- quinze ou • vingt ^
Consultations choïsieS'
& augmentant la dofe félon la néceflîtéi
On les lai donnera’pcndant le cours deÿ
lemedes ^rexcepté pendant le tcms des,
eaux. Il eft abfolument néceffaire que
le malade abandonne la chaire, l’étude^
le confeffional ,, & toute application
d’efprît qui entretiendra fon mal ou
Taugmentera, îl faut encore qu’il fré¬
quente les compagnies ^ & fur-touc
quil aille fourent à la promenade ,
qu'il évite la triftelTe, Bc la trop grande
réfléxiôn fur îm-même ; mais auffi pii
ne peut Fen délivrer^ s’il,ne met ïbi®
efprit dans une ficuation tranquille , eiî
faifant ufage de fa raifon & banniiTanr
routes idées fâcheufes & chagrinantes.
Délibéré à Montpellier 14, avril
27 3 a. , Signé , LazïrmH;^
Montagne,.
CONSULTATION LXTV...
Sur des Naufees & ‘vomjfement,.
L Es naufées- Bc le yomiffement font
FefFet delà fenfibilité, & du rétré-
Êifièoaeut de l’eftomac s^occafionnés par
» E M E B E e I N î. 40*1
la tumeur qui paroît à la région épigafl-
trique , & qui s’étend dans rhypocon-
dre gauche.. If n’eft pas aifé de déter¬
miner quelle efE la partie affeétée , mais
îes douleurs que la malade y fent dès
qu’on touche cette partie font foup-
Gonner que les mufcles droits, & peut-
être les tranfverfes font ai^âés. Il y a
même apparence que la rate & le foie
ne font pas éxerapts d’embarras & que
îe ventricule prerfe de tous côtés ne
peut fe dilater pour recevoir lesalimensv
D’ailleurs la quantité du fang qui y eft
déterminé doit le rendre extrêmement
fenlîble»
On a tout lieu de foupçonner des
embarras dans les glandes du méfente-
re, & encore plus quelque fiippuratiou
dans la région épigaftrique ; ce qui fait
qu’on ne peur porter qu’un prognollic
fâcheux de cette maladie j & qu’il ne
paroît pas aifé de concilier les remedes
qui peuvent déboucher les parties obt.
îruëes, & adoucir la malTe des humeurs
qui paroît être acrimonieufe- On tache¬
ra pourtant de remplir ces deux indica--
dons par les remedés fuivans.
On eft 4’àvis de faire une petite làW
gnéfi du bra^ à la malade^ Le lendemaiïfc
.'■•1
404 Consultations choisics
011 la purgera avec la médecine^ quf.
iùit. »
fVRGATION:-
Preiiez feuilles de fenné mondées^
(âeux drachmes ; tartre- loiuble & grai¬
ne de lin,,de‘chacun une drachme 5 far¬
tes bouillir dans une fuffifante quantité
de décodfeion- de tamarins-, diflblvez-
dans douze onces de eolature faite avec*
exprefîîoii deux onces dé manne deGa-
labre; faites une potion pour deuxdofeS;^
dans la première defqudles VOUS'délaie-
tez dix grains d'ipecacuanha en poudre^
On donnera ces deux verres en laif*
lant un intervalle de deux heures de
l’un à l’autfe& quelque tems^ après le
fccond verre on fera prendre un bouil-^
Ion de poulet. Deux jours après cette
médecine la. malade prendra le matin à
îeuiiiapomdrequifuit.-
F Q U D R Ei
Prenez faffran de- mars apéritif prépa"
T& 3L la. rofée du mois de mai, douze
grains ; rhubarbe &' cloportes en pou¬
dre, de*chacun quinze grains faites une
poudre poux une grife^-
T) tE M î D E , C I -ü %. 40 ^'
On donnera par deffùs cette poudre
tin bouillon de poulet, dans lequel oa
fera bouillir pendant une heure trois
écrevilTe^s .de tiviere lavées dans l’eau
bouillante ,^ .&écrafées dans un .mortier ,
de marbre, & fur la fin on y ferabouil'»
Ik un moment une poignée de feuilles
de chicorée fauvage.
Xe.tems de cette poudre &: -da bouil¬
lon fera de" neuf .jours, après lefqiiels
on repurgera la malade avec la médeci¬
ne qui eftci-delTuSjdont on retranchera,
l’ipecacuanha. Deux jours après laraala-
,de prendra le bouillon fuivant.
^ O P I L L O
. î’renez-une livre de maigre de veau
coupée par tranches ; de rhubarbe en
poudre demi-drachme ; de cloportes
vingt grains de tartre martial folubl^
un icrupule 5 de feuilles de chicorée fau-
-vage bâchées menu une.poignée 5 de cer-
' feuil auffi haché deux pincées», faites une
couche dansnn pot de terre vermflTé avec
-les herbes ; mettez enfuke une couche
de tranches.de veau faupoudrées par
defius, enfuite une couche d’herbes, &
par delTus la tranche de veau faupou-
drée ÿ continuez de même jufqu’à cê
4'OS CcWS'tJlT'ATIOWS CHOISIES
<iue vous ayez employé le tout j eb,
fervaiit que la première , & d'erniere
touche foit faite avec les herbes. Ajou¬
tez trois ou quatre cuillerées d’eau de
fontaine J bouchez le pot avec un par-
«chemin mouillé & Ton eouvércle ^ fai¬
tes bouillir pendant cinq heures aa
bain-marie , palTez enfiiite à travers
lïneferviette, & exprimez fortement..
Le tems de ces bouillons étant fini on
repurgera le malade. Enfuite on lui fera
prendre pendant quinze jours confécu-
tlfs un verre de petit laît tiré du lait de
•tache clarifié ayec le blanc d’un œuf,
ians lequel on éteindra un fer rougi au
feu , & on y ajoutera uns cuillerée de-
. fucre avec deux cuillerées de fiic de men¬
the de jardin bien dépuré.
Après le tems du petit lait on repur-,
géra la'malade , & on obfervera du¬
quel de ces deux .remedes elle s’eft
■ mieux trouvée , afin de le lui faire re¬
prendre. On obfervera encore fi les tu¬
meurs œdémateufes n’ont pas fait de
grands progrès, H on n’a rien à crain¬
dre pour l’hydropifie. Si la malade mai¬
grit de plus en plus , & que la petite fiè¬
vre qu’elle a pendant la nuit s’étende
même durant le jour, comme alors on
E MEDECINE. 407
tout lieu de craindre une fiippura-
tion des parties afFedées ^ il faudra fai-
le prendre le lait danelTe fraîchemenc
■fraie à la maladej & ,fi fen eftomac n’eiî
peut pas fupporter un verre ordinaire ^
•pn le partagera en cfeux prifes , les lui
^ionnant à deux heures d’intervalle Tune
^ie Pautre. On le lui fera continuer pen-
^apt un ou deux mois * & , comme on
De doit pas perdre de vue l’embarras
4es vifeeres, on lui fera prendre dix
grains de faffran de mar s apéritif en fe
mettant, à table pour dîner^ Dès qu’on
.pennoîtrâ que fon eftomac foutient le
lait , oiî lui en donnera un autre verre
le foir en fe couchant.
Pendant Pufage du lait on purgera la
malade de tems en tems , c’eft-à-dirc
une fois le mois ., ou plus fouvent, ft fon
Médecin ordinaire le juge à propos. On
ne lui parlepoint dediete parce qu’on eft
perftiadéquelle enobferveune bonne.
Délibéré à Montpellier ce 1. août
Î7|I- %».C,La?EPvME, MoNfAGNÊ,
4oS CoNSTTITATIONS 'CHOISIES
CONSULTTATIOja LXY.
■ Sur une mfimme-^vec mmx /^eftomac.
L Esitnaux d’eftoaiac., l’infomnie , &
le grand feu que Madame feue dans
les reins, la poitrine j& jufqu’à la gor¬
ge , fout l’eftèt -de la fecherelTe ^ & de
'racrimonie d.e‘ fes liqueurs , dont le
<ours n’eft pas entièrement libro dans
les vife^res du bas-ventro. -Ce vice des
îiqueurs eft pour ainfî dire.démontré par
la diarrhée qui a précédé & fur-tout
par les fluxions que la malade a tantôt
;aux ïeux ; quelquefois au nez, & ‘même
à la bouche^ dans le tems de .fes réglés ^
fi on ajoutevà tout cela la maigreur
où elle eft , on ne pourra point douter
de laxaufe que l’on-vient d'afligner.
Moft bien à craîndreque oe vioe des
liqueurs ne produite quelque altera¬
tion confiderabîedans les parties inter¬
nes, -êc que le làng , trouvantde la îéfîf--
îance à fon cours , n’engorge quelque
par rie , & ne deeflire les •vaifleaux où fl
s’arrêtera j ce qui jetteroit infaillible-
fnent la malade dans .une maladie de
langueur <
^ DE M E D E C I M £. /{Of
langueur. On fe flatte pourtant de pou¬
voir prévenir ces fuites par l’ufage des
remedes fuivans.
On efl: d’avis de faire une petite iài-
gnée du bras à Madame , & on la pré¬
féré à celle'du pied à câufe du grand
feu quelle fentdans le bas-ventre , ôc
du retour trop fréquent de fes réglés.
Le lendemain elle prendra le lavemcnc
qui fuit.
LAVEMENT,
Prenez orge entier bien nettoyé, &
îôn de frotaentbienfec , de chacun une
poignée*,regliflèconcalféedeux drachmes;
graine de lin une pincée ; faites bouillir
dans une fuffifante quantité d’eau de ri¬
vière ; mettez infufer à la fin de la coc-
tion une demi - poignée de fleurs de
mauve ; coulez avec expreffion , &
mettez dans une livre de colature huile
d’amandes douces tirée fans feu j» trois
onces ; faites un lavement qui fera pris
à la commodité de la malade.
Madame fera purgée le jour fuivant
avec la médecine qui fuit.
410 CoNStTLTATIOKS CHOISIES
1
P V R'G A r î O N,
Prenez rhubarbe choifie, & mirpbo-
ians citrins concalles de chacun une
'drachme j faites infufer pendant la nuit
dans une décodîon chaude de feuilles
.de chicorée fauvage ; dilTolvez dans
:huit onces decolature après une légère
ébullition , une once & demie de man¬
ne de Calabre j coulez avec expreiîîon,
& ajourez une once de fyrop de chico¬
rée compofé. .
Le lendemain la malade prendra à
ion lever le demi-bain domeftique , ou
elle reftéra une petite heure. En fortant.
du bain elle fc remettra au lit, où elle
reprendra üh bouillon fait avec un jeu»
jie poulet farci avec deux drachmes de
'ffemence de pavot blanc , & deux cuiL
lerées de ris du levant bien lavé , y fai-
faht bouillir fur la fin demh-poignée de.
piimprenelle, & autant de feuilles de
piantin. Le tems dû demi-^bain , & da
bouillon de poulet fera de dix jours -,
après lefqucls la malade fe repurgera
avec la médechie ci-dehus. Pendant Tib-
Tage de ces'remedes on prendra garde
que la diarrhée ne revienne pas, & û
B E M E . D E C I N E. 41 f
ledévoyement revient, on cefTera les
demi-bains, &: les bouillons de poulet,
pour pafièr aux remedes fuivans.
' Le lendemain du jour de la médeci¬
ne ôn fera prendre à Madame le matin
au lit un verre de lait daneflè fraîche¬
ment trait, adouci avec un peh de fu-
cre , &, Il 011 ne peut pas trouver une -
âneiïè, ou quelle airiie mieux le lait de
vache , on lui en donnera un verre
bien écrémé ; & afin que le lait ne s’àî-
grifie pas dans Ton eftomac , elle pren¬
dra le foir en fe couchant l’opiate qui
-luit.
O P I AT É.
Prenez cqnferves de, kynorrhodôn
une drachme -, eoraîl rouge préparé ,
ïeux d’écrevilïes de riviere & os de fèi-
che.en poudre de chacun un fcrupule j
faites une opiate pour une dofe avec
/ une fuffifante quantité de fyrop de rofes
^feiches. . , . .
Si rinfbmnîe perfifte on pourra ajou¬
ter à cette opiate , dix ou douze gout¬
tes de laudanum liquide. Dès qu’on
, connoîtra que l’eftomac de Madame
s’accoutume au lait , on retranchera
Topiate , & à fa place dn lui fera pren-
Consultations chotstes
cire un autre verre de lait le foir en fc
couchant, & pour cet effet elle man¬
gera quatre heures auparavant une fou-
pe à la viande , & un morceau de pain.
Elle continuera le lait jufcju’aux chaleurs,
& on la purgera de tems en tems avec
la médecine ci-deffus.
. Si elle s’eft bien trouvée des demÎT
bains, elle les reprendra au mois de juiU
Jet, .comme ci-deffus., fe repurgeant
avant & après. Enfuité on lui fera boi¬
re quelques eaux légères acidulés, com¬
me font celles de Meyne ; elle en boira
depuis fon lever jufqu à Ton dîner fix ver.
rées dégourdies. Entre le dîner & le
fouper elle en prendra quatre autres
ver rées ; elle en ufera à fes repas .potir
fà boiffon ordinaire , & les continuera
de cette maniéré pendant ûn mois,
après, lefquels Madame fe repurgera
. avec fa médecine ordinaire.
. Dès que nous ferons eh automne.,
& que les chaleurs dé fété'feront finies
on repurgera la malade §c deux jours
.après elle prendra' lé mâtin à jeun
. vingt-cinq grains, de tartre martial fo-
^ lubie.
On donnera après ce temede à la
malade un boailloh fait avec un jeune
© B M É D E C I N î. ' 413
J 5 ouIet , dans lequel on fera bouillir un
momencune poignée de feuilles de cref-
fbn J on pourra même dilïoudre le tar¬
tre chalibé avec une cuillerée de ce
bouillon. Le tems de Ce bouillon fera
de neuf jours j après léfquels ^ ayant
repurgé la malade ^ on la, mettra à l’u-
fàge du lait de vache écrémé , & , fi fou
eftomac le foutient bien , on la mettra
peu à peu au lait-.pour toute nourriture ,
qu’elle continuera jufqu’au grand frôld^
fe purgeant de tems . en tems.. Si elle
ne peut pas foutenir le lait pour toute
nourriture , elle en prendra le plus
qu elle pourra , parce qu on eil bien
perfuadé qu’il n’y a qu’un long ufagc
du lait qui puilfe parfaitement , adoucir
fes humeurs. Pendant le- cours de ces
remedes , on fera toujours attention à
l’état du ventre, & , fi la diarrhée repa-
ïoît, on en fufpendra l’ufage pendant
quelques jours.
Le régime de vie doit être doux 5c
Iiumedaiit. Madame doit fe priver de
tous les alimensfâlés, poivrés ou épicés ;
elle fe nourrira avec des foupes j du
bouilli, & du rôti, La volaille, & le gi¬
bier font les .meilleurs alimens dont elle
puiffe fe nourrir. Elle mangera fur-tout
414 Consultations choisies
à des heures réglées ; elle foupera de j
-bonne heure & légèrement ; elle évitera j
. les pallions de l’ame les veilleslui font |
auflltrès-nui fibles.
Délibéré à Montpellier le 14. mars
Ï750. , Verny , Lazerme. .
■' CONSULTATION LXVL
Sur me douîenr k un Genmil'^
O N ne nous a pas donné une re¬
lation fort précifè de l’incom-
: mbditéde la malade, mais nous jugeons-
par ce qui nous en a été préfenté que la
, chute qu’elle fit il y a enyiron vingt-
. fept ans , & qui lut procura une plaie
alïèz Gonfiderable au genouil efi; là vé¬
ritable caufe de la douleur interne &
vive qu’elle relTent de tems à^amre daiis
cette partie. Nous ne doutons pas mè-
me que les tendons des mufcles fle-
chillèurs de la jambe h’aient fort fouf-
fert dans cette occafion , ce qui les
empêche de fe mouvoir librement, &
félon toute leur étendue , & détermine
la malade à étendre la jambe , parceque
t>ï Médecine. 41^-
êes mufcles fe trouvent pour-Iors dans
un état dlnaLéEion. Nous pouvons bien
d’avance fauver la malade de toutes les
allarmes qu elle peut-avoir fur fou iudâf-.
pofition • elles ne peuvent tirer tout aur
plus à d’autre co.nféquence ^ qu’à cell©-
de remuer dans la fuite la jambe avec
moins de liberté , mais nous nçi J^u-/
rions lui promettre de remedier eu en¬
tier à cette douleur ^elle eft trop.ajicieii-.
ne, & îe relfort des vailTeaux nous pa-
roîî trop a^oib'â pour quoia puiffè le
flatter de les ramener à leur état na¬
turel. Tout ce que foii peut efperet ,
& c’efl: à qdor nous réefuifons nos prra-^j
cipales vues, c’eft- de calmer d’abord au-ü.
tant qu’il eft polEble la douleur qu’oia
re{ïent,dans cette partie, en relâchant les
tendons qui en prorduifent les mouve-
mens , 8c de remettre par couféquent.
cette partie dans un état à fe mouvoir
avec plus d’aifance.
Pour en venir à bout îa malade ,ïè
fera tirer de fun des bras huit à neuf
onces de fang , & prendra le foir le
lavement qui fuit.
S iiij
Consultations choïsiês
L ^ V E M E N T,
Prenez dccodtiion ordinaire pour la-
Temens rafraichiffans & laxatifs une li¬
vre J pulpe de calTe une once & demie •
miel mercurial une once j faites un la¬
vement.
Le lendemain elle prendra la potion
fuivante.
' P V R G I 0 N.
Prenez feuilles de fenné mondées deux
drachmes ; rhubarbe choifieune drach¬
me ; fel végétal une demi-drachme j
faités infüfer dans une fuffifante quanti^-
té d’eau de fontaine ; diflblvez dans h
liqueur coulée avec expreffion deux on¬
ces de manne de Calabre, & dix ‘grains
de jalap en poudre. Faites une potion
qui fera prife le matin.
Après ces remedes généraux il faut
avoir foin de froter la partie malade
avec l’huile de laurier, de pieds dé mou¬
ton, l’huile de brique philofophique-
quement préparée , l’huile de' petits
chiens \ & fuppofé que ces huiles que
noüs vêtions de prefcrire ne foulageaf-
T>t MEDECINE. 4T7
fent pas la malade on tentera une em,.
brocation des eaux de Balaruc , ou de
leur bouerecommandant d’éviter les
iîcuations gênantes, Sc principalement
celle de re&r à genoux. ■
Délibéré à Montpellier le xo. mai
Signé ^ Margot.
CONSULTATION LXVII.
Sur me Perte blanche, accompagnée ds
plufienrS''autres accidens avec foupçon
de vérole,
L ’Opiniâtreté de la maladie de Ma¬
dame , & fur-tout l’incertitude où
i’on eft , fur la caufe de cette maladie ,
ont obligé Mondeur fon époux de ve¬
nir dans cette ville pour confulter
■ fçavoir de nous , s’il n’y auroit pas un
virus véroliqüe dans le fang de fon
époufe, qui fût la -caufe des incom-,
modicés quelle a , & qui la fatiguent de¬
puis pludeurs années. Or, pour mieux
découvrir cette -Caafe ,, & ré.foudre;ia
queftion propofée, nous avons crû de-'
voir examiner J i Lesfincommodicés
S y
ifiS Consultations choisies
de Madame ; %Q. L’état de Monfieur fotï- ;
mari 5 j . Celui des enfans qui font nés ' |
de ce mariage.
Les principales, incommodités dé
Madame font des douleurs vagues, &
erratiques -, une fiuxion catharreufë qui
fe fait fréquemment fur la narine gau- \
che, & qui enflammé la membrane
pituitaire par l’âcreté de l’humeur ‘qui
'en coule J une concrétion polypeufe
dans la même narine ; une perte blan¬
che fale de toutes couleurs^jaunâtre „
verdâtre j des douleurs & des pefanteuis
de tête par intervalle j. enfin une roai^
greur confîdérable avec dégoût j; & une
petite fievre qu’on a obfervée par inter»
valles.Ces incommodités ont été précé¬
dées par des pâles couleurs qu’elle a .
eues dans fa jeuneflè , & qui avoient fl
fort afFoibli fon tempérament,d’ailleurs-
fort délicat, quéîle paroîfloit être mala-
dehors défon mariage;,dë lotte que fairant
attention à-fon tempérament déüçat dé
mélancholique, & aux pâles eôiileurs
qu’élie a eues pendant plufieurs années .
à la nature des aceidens mentionnés ci-
dcfliiSjOnne peut pas être'convaincji
qu’il y ait un virus vérolique dans les-
iiumeurs dé: Madame, puifque h conf-
© E M E D E C r N Ê. 419 '
dtotîon feiche & acrimonieufe d^es hu¬
meurs peut feule produire les douleurs
vagues, la fluxion eatharreufe fur la
narine gauche , & les fleurs blan¬
ches, qui font les feuls accidens qui
pourroient faire foupçonner Texiftence
du virus vérolique. Mais d’ailleurs Ma¬
dame ne fçauroic avoir la vérole , fl el¬
le ne lui a été donnée par -Monfleur foii
époux,
Ceft à préfent l’étdt de Monfieur
qu’il faut examiner. Or Monfleur a eu
des maladies de galanterie , il a même
emploïé les fridions , & a joui dans la
fuite d’aune fanté parfaite s- jufqu’à ce
qu’aïant beaucoup fatigué dans un voïa-
ge qu’il fit à Paris& paflant par la
Champagne pour s’en rétourner, il y
but beaucoup de vin , ce qui fit paroi-
tre une dartre confidérable qui s’étendit
depuis les joues jufqu’aux . clavicules ,
& qui fuppura en plufieurs endroits.
Cette. dartrë_,, qui céda aux remedes ra-*
fraichiflans, reparok encore quelque¬
fois ,, mais moins confidérable , lorf-
que le malade fatigue , &. fur-tout lors¬
qu’il boit du vin de Champagne J tour
antre vin ne faifant pasde même effet.
Il efl. suffi fu|er aux douleurs des dents'^
S vj
4 ZO ConSTJLTATÏÔNS CHOISÜES
à des tuméfadions, ou gonflemens des
tefticules ; ôc enfin il fenc quelquefois
comme d,es fufées de liqueur chaude
qui coule dans le b/as'. Or de tous ces
accidents on-^ne peut pas condurre po-
fitivement que le malade .ait fon fang,
infedé par le virus, i". Parce qu’il a
déjà pafie par les fridions d’une maniéré
méthodique, & telle qu’on peut la fou-
haiter. 2®..,Parce que u les dartres qu’il
a eu depuis venoient de cette caufe.,
elles nauroient pas cédé.aux feuls re-
medes rafrakhiffans , & ne reparoî-
trpient pas par la boifibn du vin de
Champagne ; les dartres étant un des
fymptômes de la vérole le plus difficile
à guérir , qui réfifte très-lbuvent aux
fridions mercurielles > & qui ne difpa-
roiffient en un endroit que pour attaquer
une autre partie. 3 ®. Parce que fi Mon-
fieur avoit donné du mal à-Madame Ton
époufe , la perte blanche feroit une
véritable gonorrhée ; & par conféquent
le mari & là feraiRe fe feroient commur
niqués le virus dans l’ade vénérien jce
qui auroit rendu la vérole fi-:Confîdé-
i derable quelle fe découvriroit par des
lignes univoques^ & tels qu’on ne
pourroit pas la mécoanoître.
B E M Efi EeiNÉ. 4xi
Enfin les fluxions qu’ont quelques-
uns de leur&enfans fur la levre , ni les-
tumeurs froides dout quelques - unes
font en fappuration qu’on remarque-
dans un des enfans , ne nous paroifl-
fent pas des raifons aflez fofres pour
condamner les denx: malades & arfùrer
qu’ils ont la vérole , puifque leur mere
a été toujours' valétudinaire J que les
pâles couleurs àïant gâté fon fang , elle
a fourni un lait aflèz itiauvais à fes en-
fans pendant fes grofliflfes ; & qu’enfia'
la nourrice de celui qui a les tumeurs
froides lui a fait manger des legumes y
& d’autres alimens fort mauvaisdans;
le tems qu’il tetoit, qui ont pour ainft
dire ruiné le tcmperam.ent déjà mau¬
vais , & augmenté la mauraife eonfli-
tution des humeurs qu’il avoic dans le
ventre même de fa mere 5 de m-aniere
quaïant bien confidéré toutes ces rai¬
fons & examiné les, ittcommodités de
Monfieür & de Madame , on n’a pas
trouvé alîez ,de fondement pour établir
le virus véroHque» Ainfi on a été d’avis
que les incommodités de Madame , ve¬
nant d’une conflitution du fang feiche Sr
acrimohieufe , il falloit s’attacher à bien
humecter , & adoucir fes humeurs j
42 , 1 ^ CoNSÜLTATroHS CHoTSIES
|our èet efFet on eft d’avis de mettre
le plûtôt qu’on pourra la malade à la ;
diete blanche. En conféqucnce fi elle n’a
pas été purgée depuis quelque tems. y,
on la purgera, comme il fuit.
VVKGATlOn.
Prenez pulpe de cafiê récemment
extraite une once faites bouMlir légé-ï
rement dans huit onces de petit lait
diflfülvez-y deux onces de manne f fai¬
tes une potion.
Si la malade a lin fort grand' dé--
goût pour la médecine , elle pourra lè"
purger avec la médecine clarifiée avec
laquelle elle, s’cft déjà purgée j, obfer^
vaut pourtant que cette médecine ne
fok compo fée qu’avec des purgatifs très-
doux &-bénins.
Le lendemaiiî du jour de cette mé^-
decine elle avalera le matin au lit une
écûellée de lait de vache fraichemenc
trait, & écrémé ^ y mêlant une talfe dln-
fufion légère des feuilles de citronelle ou
mélifie. A-dîner elle prendra une foupe
à là viande „ -pourra manger un peu
de rôti -, fi die veut à fix heures du foir
die m-a-nger a, un ; potage à îa viandé j, Sc
©s MlDECrNÏ.
â dix heures en fe couchant elle avale--
ra une autre- écuellée de lait de vache
écrémé , & préparé' comme celui dit'
matin. Elle continuera de prendre le
lait matiia Sc foir pendant îepe à huit
jours ; &, fî on coiinoît qiie fon eftomae’
le foutient ^ on lui donnera a fîx heures
du foir une foupe au lait à la place de
celle de viande ,, êc on retranchera le
peu de viande que Madame mangeoit à
dîner. On lui- donnera feulement uiit
morceau de pain après la^ foupe ; &
quelquefois un e&uf frais. Quelques?
jours après on retranchera k'foupe à
la.viande du dîner, & ©n donnera à-
Madame une autre foupe au kit. Tl faut
qu elle prenne dan s-le jour environ deux
pots dé lait,.Mais fi fon efîbmarne peut
pas foutenir le lait pour toute nourri¬
ture on lui en donnera trois fois le jour,
& on. Ja fera dîner avec une foupe à k
viande, quelques oeufs mollets, ou quel¬
ques êcrevifies. Madame continuera la
diete blanche pendant tout le priiitems ;;
elle ne la quittera qu’aux chaleurs de-
rété ; on la purgera lorfqu’bn le ju¬
gera néceflâîre, mais pourtant le plus
.rarement qu’il fe pourra.
fendant les chaleurs de Tété Madame*
4^4 CoKÎSÜLTAtlÔNS ÜHOISÏES ..
prendra les bains domeftiques peiidan
dix à douze Jours- ; enfuice elle fe pur¬
gera avec fa médecine ordinaire. Elle
prendra pendant quinze jours les eaux
de Meyne. Après Fiifàge des eaux elle
fe repurgera , Sc quelque tems apres el¬
le prendura les bains domeftiques, .&
enfuite les eaux de Meyne , de maniéré
qu elle palTera tout l été dans une alter¬
native' des bains domeftiques & des
eaux de Meyne. Nous croïons même
que Madame feroit bien d’aller paftèr
à Meyne les mois de juillet & d’aoûr,
pour y faire fes remedes plus commo¬
dément , & rerpirer- un.ak moins fec
que celui d’Arles.
En automne on remettra Madame à
la diete blanche qu’elle continuera juf-
qu’à ce que le froid foit venu , avec les
mêmes précautions qu’on a- marquées'
ci-deftùs. , -
Nous ne preferivons pas le régime
de vie , étant bien perfuades que fon Mé¬
decin ordinaire lui en preferit un con¬
venable 5 mais' nous iie pouvons faire
à Madame , qu’étant fort trifte ,• & mé-
'lanchoUque, elle a befoin de fe diffiper,
& de voir du monde , & de ne pas.fe
livrer aux idées triftes&r ficKeufes qu el-
B I M E n î C I K E. 415
le peut avoir fur fa maladie. Il nous a
paru par le récit qu’on nous en a fait
qu’elle eft fort allarmée, & nous ne
doutons pas que cet état fâcheux de fou
efprit ne s’oppofe au fuccès des reme-
des , & îi’cntretienne les incommodi¬
tés quelle a ; & ainh il faut quelle fe
rranquiliife , & qu’elle fe diffipe par la
fréquentation des perfonnes propres à
la réjouir.
Pour ce qui eft de i état de Afonfîear
fon mari. comme les douleurs mar¬
quent l’acrimonie de la lymphe, on fc-
roît d’avis que, dès que la faifon fera prom¬
pte pour les remedes, il fe fallè ûigner
du bras, ciifuite purger avec fa médeci¬
ne ordinaire ; qu’il prenne un bouillon
fait avec un jeune poulet, quatre écre-
viftès de riviere, & une poignée de crefr
fon pendant douze jours, & que s’étant
repurgé qu’il prenne le lait d’ânelfe , fe
purgeant au milieu & à la fin.
Pendant l’été il prendra les bains do-
meftiques avec l’eau du Rhône pendant
dix jours , enfuite les eaux de la mar-
quife deVals pendant neuf jours, fe pur^
géant avant & après. Au mois d’août
il reprendra les bains, & en automne
le lait d’âneflè, s’il en a befoin > gardant
4 ^(J CONSULTATÏONS CïiOÏSïÉS'
un bon régime , évitant les excès, les
alimens falés, & généralement tout ce
qui jTeut entretenir la falenre du fang^
Délibéré à Montpellier le 16, février"
1731. Si^né y V ERN y , L azerme.
CONStJLTATION LX VII-L
Sur me u^ffeüim Hyfochmiriaque-.
L Es difFerens accidens qui faifillenr
de lems à autre le malade , leur
fource-,& leur durées, portent avec eux
un véritable caraétere de vapeurs , &
nous, les font regarder comme une vé¬
ritable affedion hypochondriaque,, qui'
prend differentes formes. Nous eroïonÿ
encore,quoiqu’il y ait des embarras con-
fidérables qui entretiennent ce mal, l’i-
raagination frappée,^ que la fra'feur en a
été la première caufej E <, malgré lesaffu-
rances qu’on nous donne qu’on n’eflr
allarmé ni des accidens , ni de leur fui¬
te, nous fornmes toujours dang uiï juf-
te. défiance des craintes qui en font in-
féparables,,& nous ne içaurions. dou¬
ter que lors de cette chute, & de cé
D B M E D E C I N E. ‘41:7
ctagrin, les fibres du cerveau, êctous
le Herfs i/aienc été fi violeiHent fecoués
que feue propre mouvement, & celui
de la liqueur quils contiennent îï’en
ait extrêmement dérangé , & tfaît pro¬
duit peu à peu dans ces mêmes tuïaux
un vice capable de déranger la circula¬
tion & le cours naturel des liqueurs dans
toutes les parties. Nous fommes per»
fuadés auffi que ce vice a pris de jour.à
autre des nouvelles' forces par les digef-
tions mal travaillées, ôc par un ehyre
épais, Ôc -dénué de particules fines , qui
a foutenu & , augmenté la maùvaife
conftitutîon du fang.
On ne fçauroit flatter le malade d’u¬
ne prompte guérifon , ne pouvant re¬
médier qu^à la longue, & à un dérange¬
ment du genre nerveux , Ôc à Tépaiffif-
fement des liqueurs dirpofitions qui
doivent être générales j & qui ne font
que trop marquées par les accidens ci-
deffiis décrits; mais il peut être afliiré
d’avance que fbn îndifpofîtion ne le
conduira à aucun mauvais événement ,
fur - tout iî la tranquillité de fon efpric
agit de concert avec les remedes ^ ôc
travaille d’intelligence avec eux ; car ^
malgré les fortes allùrances qu’on nous;
Consultations choisies
donne de ne, pas être allarmé des âCGÎ-
dens ni de leur fuite , nous fommes tou^
jours dans une jufte défiance fur les
craintes qui en font inféparablés. Ainfi
le- malade fera tous fes efforts pour
fe délivrer de toutes les fâch'eufes pré- ■
ventipns quü auroit pu prendre pour
£bn mal, 5 c commencera d'abord j fup- ’
pofé qu’il n’ait pas été purgé de-puis
quelques jours, par prendre la potion .
fuivante , aiaot foin d’avaler le foir
avant de fe coucher quinze grains de
mercure doux , pour prévenir les violen¬
tes tranchées dont il eft tourmenté
quand il prend le moindre purgatif,
P V RG ATI O N,:
Prenez 'feuilles, de fenné mondées
deux drachmes P fel végétal une drach^
me ; fommités d’aofynthe êe. de petite,
r centaurée, de chacune's une pincée ; fai¬
tes bouillir doucement dans une décoc-^
don de polypode de chêne ^ dilTolvez
dans la colature deux onces de manne
de Calabre, & deux gros d’éleétuaire
diacarthami. Faites une potion qui fera
prife le matin. i
Le fuclendemaîtt de 1 ^ purgation il
prendra les bouillons fuivans.
9 E MEDECINE. 'J^ï^
BOV IL LO NS.
Prenez racines âe chicorée fauvage
gc d’afperges , de, chacune une once ;
racines d^énula campana, & d’ache fau¬
vage, de chacune une demi-oncej fai-
tes-les bouillir pendant une .heure dans
an bouillon de veau. Ajoutez fur la fin
de la coclîon feuilles d’aigremoine, de
càpillaires , & de fcolopendre en tout
une poignée;CGulez avec expreffion après
vue légère ébullition. ,
Ces bouillons étant finis, ie ffialade
fe' repofera une femaine*, pendant la¬
quelle pourtant il prendra trois' fois en
fe mettant au lit deux drachmes de l’o-
piate fuivante. '
OPIATE.
Prenez conferves d^abfynthe & de ky-
norrhodon , de chacune une demi-on¬
ce; corail rouge préparé, ïeux decre-
viÆs de rîviere, aalÈ préparés, de cha¬
cun deux drachmes ; corne de cerf brû¬
lée, une drachme ; antimoine diapho-
récique deux fcrupules. Faites avec une
fufhiante quantité de fyrop d’abfynth
450 Consultations choisies
unc 'opiate dont la dofe fera d’une ou
deux drachmes.
Si les chaleurs commencent à être un
peu confidérabies, on pourroit prendre
les eaux de Vais, Sc après leur ufage fe
mettre à celui de l’opiate d’acier qui
fuir,
O ? î A T E.
Prenez fafFran de mars apéritif pré¬
paré à la rofée du mois de mai une de¬
mi-once ; lênné & rhubarbe en poudre ,
de chacun deux drachmes ; extrait de
genièvre & antimoine diaphorétique j
de chacun une drachme & demie ; co¬
rail rouge préparé deux drachmes; fel
d’abfynthe, mercure doux , & jalap,
de chacun une drachme ; faites avec une
fuâifante quantité de fyrop de chicorée
compofé une opîate qui fera prife pen¬
dant huit jours, buvant par deiras un
bouillon à la chicorée fauvage. -
On ménagera l’ufage de cette opia-
te , par rapport aux chaleurs de la fai-
ibn , & à lagîtation quelle pourroit
caufer au malade., en ne la donnant
dans ces circonftances que de deux
jours l’un , & diminuant même la dolè
des purgatifs.
deMudecikï. 431
On efïàyera enluice une écuellée de
laie écrémé ôc coupé avec parties éga¬
ies d'eau de chiendent, ou de trois on-;
ces de fuc de creflpn, quon continuera
pendant Vingt, ou vingt-cinq jours, iè
purgeant avant & apres avec la potion
purgative ci-devant niarquée ^ de
retranchant l’éleétuaire de diacarthamî
qu’on y a mis. On aura foin auffi de
n’obferver aucun des, jours d’abftinen-
ce ordonnés par l’Eglife , & d’éviter
foutes les fritures ^ alimenf faiés , de
de difficile dlgeftioii.
Délibéré à Montpellier le ï ï. février’
, Î7 II . Si^né ^ M A & c o x,- •
; C O N S ü LT AT ION LX IX '
Sur me f mdjfie de ^(S-fo^hage.
L a grande difficulté d’avaler les foA
lides , comme le pain & la viande,
dont le malade, pour lequel on nous
; fait l’honneur de nous confulter, eft
- attaqué depuis un mois & plus -, en forte '
qu’il fent les morceaux, quoique très^
4 J1 Consultations choisies
petits , s’arrêter au gofier vers les mi¬
lieu de la poitrine , ou à leftomac , où
étant parvenus ils lui caufent une fi
grande irritation qu’il ne fçauroit les
garder, & qu’il eft forcé de les rejctter
fur le champ , tandis que les liquides
defcendent ,&: palTent avec plus de faci¬
lité, de façon qu’il ne peut fe nourrir que
de foupe ou pour mieux dire du bouillon,
dans lequel on fait tremper du pain rô¬
ti & pilé , ou réduit en poudre, ou de
la crème de ris bien délaïée, d’oeufs naol-
lets , & de bifcuits, qui ne peuvent auffi
être avalés fans être trempés, ou qu’à
la faveur de la boifibii, fe lentant au
forplus bon appétit , nulle "êevre, ni
aucune autre incommodité, excepté que
les forces paroilTent diminuer tous les
jours ; cette difficulté, dis-je, d’avaler les
folides ne dépend, autant que j’en puis
juger , que d’une efpece de paralyfie
de rœfophage, c’eft-à-dire du défaut du
mouvement fuccefîîf des fibres de la
tunique charnue de ce conduit , qui
porte, ou par lequel pafTent & defcen-
^cnt, les alîmens du fonds du gofier
jufqu’à l’orifice fupérieur de l’eftomacî
enforte que les fibres mufculaires de -
canal étant dans le relâchement, &
DE MEDECINE. 4;j
ne pouvant le mettre en contradion
pour pouller, Sc faire avancer les ali-
mens folides , lefquels par cette raîfoii
doivent nécelTaireracnt s’arrêter dans
difîèrens endroits du même conduit y
tandis que les liquides entraînés par le
feul mouvement de fluidité , & par la
pente ou fituation perpendiculaire, paf-
fent & delêendent fans beaucoup de
peine jufqu’à ce qu’ils foient pour ain-
û dire tombés dans la cavité du ventri=
cule. . \
Lorfque les alîmens folîdes font par¬
venus à l’extrémité de rœfophage, &
qu’ils font obligés par le défaut de con¬
tradion de la membrane charnue de ce
conduit de s’arrêter à l’endroit de l’o¬
rifice fupérieur de reftomac , qui eft
d’une très-grande fenfibilité, & ne par»
ticipe en aucune façon de la paralyfie ,
comme il eft aifé d’en juger par le grand
appétit du malade , les alimens folides,
dis-je, étant arrêtés , & s’appliquant
aux parois fenfibles de l’orifice qui eft
dans fon état naturel, ne peuv^it que
l’irriter fortement , & l’obliger de fe
mettre dans une violente contradion
qui repoufle les alimens, & fait que la
malade ne fçauroit les garder un feu|.
Tome 11, T
4?-4 Consultations choisies
inftant fans (ouffirk de vives douleurs^
dont il iTcft dégagé que lorfqu’il les a
totalement rejettés. Sur ces principes ,
qui me paroilTent aflfez bien fondés, il
eft évident que nous ne fçaurions re¬
médier à cette indifpofition qu eïi réta¬
bli {Tant le reflfort du conduit relâché,
par des fecours propres à ranimer le
fangSc lesefprits,& à fortifier les nerfs,
en un mot par des remedes antiparaly¬
tiques. îl eft vrai quaïant été fujet
avant cette derniere indi^ofition à une
efpece de crachement de fang par inter¬
valles /enforteque depuis l’année 17L5
jufqucs au mois d’avril pafle il en a été
attaqué cinq à fix fois , dans cette fituar
don , dis je, il eft à craindre que les
antiparalytiques, qui doivent mettre le
fang en mouvement, & qui l’animent
auiîi-bien que les folides,.ne renouvel¬
lent le crachement de fang ; mais outre
que cette efpece d’expédoration , ou
d’évacuation de fang contre nature , a
paru être du genre des critiques, je
vreux; adiré falutaire ^ ou plus propre à
décharger les vaiftèaux du malade d’u¬
ne trop grande abondance de cette li-*
queur , à prévenir par conféquent des
inflammations ^ & à le foulager, qu’à
O î M E D E C ï N E. 45 f
îuî caufer aucun préjudice , puifqu’elle
n’a eu aucune mauvaife fuite, qu’elle
s’efl: arrêtée d’elle - même lorfque les
vaiflèauxoïit été fufEfamment defemplis
par les feules forces de la nature , &
que le malade attaqué de ce crachement
ne s’eft jamais mieux trouvé , & n’a
gueres été en meilleur état, que lorf^
qu’il a fuivi le dernier confeil d’un Mé¬
decin de Lyon, fçayoir de n’y faire au¬
cun remede *, outre cette conudération ,
qui me paroit elTentielle , je croîs que
nous devons remarquer aufli qu’il y a
tout lieu de préfumer que le défaut du
retour de cette évacuation ou du cra¬
chement de fang qui a occahonné la
parai ; fie de l’œfophage ,1a portion fu-
perflue du fang qui fe déchargeoit par
cette première route s’étant félon tou¬
tes les apparences jettée , & s'arrêtant
à l’extrémité des ruraux capillaires qui
iè diftrîbuent aux nerfs de l’œlophage ,
de maniéré que ces nerfs étant compri¬
més , la tunique charnue de ce conduit
doit tomber dans le relâchement , &
que le malade n’en feroic que plus heu¬
reux , fi le fang reprenoic, pour ainfi
dire, fes premiers errements , & la cau-
fe de la preffion des nerfs étant par
43 <5 Consultations choisies
confcquent écartée k paralyfie difpa-
roîtroit. Nous ajouceroiis enfin qu’in-
dépcndament de ces confidérations ,
c'eft ici , fl je ne me trompe , le cas
de fuivre la maxime faccurrendum ur^n-
tiori , qu’il faut toujours obvier à cç
qui prelîè le plus , & on ne fçauroit dif-
convenir qu’il ne foit plus important
de remedier à la paralyfie du conduit
des alîmens , & d’en prévenir les fui¬
tes 3 que de s’attacher à garantir d’un
crachement de fang, dont les effets, s’il
en faut juger par le paffé ^ fcroient plu$
klutaires que dangereux.
Venons préfentement aux remedes
qui peuvent convenir , & qui font re¬
connus pour très efficaces ^ lorfqu’il s’a¬
git de rétablir le reffort des parties pa¬
ralytiques. L’un des plus approuvés,
& dont l’expérience journellement prou¬
ve les bons effets , du moins lorfquc
les paralyfies font récentes,eft notre eaii
tfiermale de Balaruc^Sç mon avis eft non-
feulement de conimencer par celui-là,
mais même , s’il a quelques fuccès,
comme il y a lieu de l’efperer , de per'*
fevérer dans fen ufage , & d’en réitérer
l’épreuve pat intervalles ,. autant que
l’air , la faifon , & fon opération pour^
DE Médecine. 457
ïôrit le permettre, faifaiit précéder une
potion purgative , pour en faciliter le
paflàge, & mêmeune faignée médiocre,
n -letat des forces & du pouls ne s’y
oppofe pas , par rapport à la raifon dé¬
jà rapportée , je veux dire à la caufe
antecedente affignée ci-devant, fcavoir,
le retardement du cours dü fang dans
les tuïaux capillaires des nerfs de Teefo-
phage,dont il faut par conféquent faci¬
liter la circulation.
Je fuis donc d’avis de faire tirer fix à
fept onces de fang de l’un des bras, Sc
de purger enfuite le malade avec la po¬
tion fuivante.
TVRGATiOl^.
Prenez huit onces de décoétion de
feuilles de menthe & de mélilTe j faites-
y infufer feuilles de fenné mondées 5
graine d’anîs, de chacune une drach¬
me 5 rhubarbe choifîe, & fantâl , de
chracun une demi - drachme -, dilfolvez
dans la colaturê f^te avec expreflîon
deux onces de fyrop de rofes folütif j
èc ajoutez fue de limons, & eaux de
fleurs d’oranges de chacune une cuillè-
rée J faites une potion qui fera prife le
T iij
438 Consultations choisies
madn avec les actentions ordinaires.
Après ces remedes généraux, il faur
commencer l’épreuve de la boilTon des
eaux de Balaruc , fuppofé que les cha¬
leurs ne foient pas exceflîvcs , quelles
foient modérées comme elles-le font en
ce pais , ou l’ont été du moins jufqii’à
prêtent, pourvu dis-je , quelles ne fe
fafïènt pas fentir auffi vivement qu’el-
les le font ordinairement. Il faudroic
boire vers les trois ou quatre heures du
matin la dofe entière de douze ou quin¬
ze grands verres pour bien nettoïer les
premières voies, dans une heure ou
deux de teras, & une heure après la
boiflbn un bouillon altéré par quelques
feuilles de. menthe , ou de mélilfe ; mais
les matins fuivans il faudra fe conten¬
ter de boire la moitié ,moins m-ême ,
de la dofe accoutumée jC’eft-à dire cinq
à fix verres chaudement , laiflfant un
quart d’heure de diftance de l’un à l’au¬
tre , pour que lés eaux féjournent plus
long-tems dans l’eftomac , &. quelles
aient, pour aiiifî dire, le loilîr de pro¬
duire leur effet. Eif les buvant de cette
. façon le malade au lieu de trois jours
de boidbn , ftiivant la coutume, pour¬
ra les boire confécutivement pendant
DE MEDECINE. 43 ^
huit OU neuf jours. Suppofé qu’elles
lî’eufl'enc pas bien paflTé, non-feulement
il les rendra purgatives les derniers
jours en y faifant difîôudre une ptife de
fel polychrefte , ou une once de feld’fp-
fom , mais encore il fe purgera- un jour
ou deux après les avoir finies.
Outre cette méthode commune d’u-
fer de ces eaux , je trouverois à propos
que le malade s’en fervit ^ & fréquem¬
ment , en forme de gargarifme, èn avar¬
iant de tems en tems quelque petite
gorgée en fe gargarifant , pour que
l’appliquant fouvent aux parois de l’œ-
fophage/ elles puilfent exciter fon ref.
fort, & faciliter le débouehement de
fès petits tuïaux , en farte que. le gar-
garifme peut être réitéré cinq à fix fois
dans le cours de- la journée, ôc renou-
vellé par intervalles , obfêr-vant toujours
de faire chauffer l’eau au bain-marie de
même que pour la boilfon.
Après la première épreuve de ces
eaux , & la derniere purgation, Mon-
fieur prendra pendant douze jours le
matin à jeun un bouillon fait avec une
livre de gigot de mouton , & la moitié
d’une bonne volaille, ajoutant cinq à
fix écreviflè.s de rivière lavées Sc étaaf-
T iii\
Consultations choisies
fées dans leau bouillantejécraféesdans
un mortier bien net, & réduites en pâte 3
qui ne bouillira que trois quarts d'heure
avec demi-once de racine d’éringium ,
deux drachmes de celle d’énula , & au¬
tant de celle de la véritable impératoire
ou d’angelique, y ajoutant aufli quel-
-ques feuilles de mélilTe ou de menthe j.
Sc des fleurs de camomille , & de mé-
liiot^de chacune une pincée , qui ns
bouilliront qu’un quart d’heure, & le
bouillon coulé on y mêlera dix à douze
goutt&s de l’élixir de propriété de Pa-
racelfe pour un bouillon qu’il faut pren¬
dre le matin à jeun ^ ne mangeant ^ ou
ne dînant, que quatre heures après.
Ces bouillons finis le malade fe re^
purgera , 5c renouvellera enfuite l’é-^
preuve de la boifibn des eaux de Ba-
Iaruc,& de leurs gargarifmes dans lame-
me forme que ci-devant. Nous obfer-
verons que ,fl maintenant la chaleur
étoit trop vive, ou que le premier & le
fécond jour de la boifibn animalîènc
trop la mafiè du fang , on fe conten»
tera à préfent après la faignée & la pur¬
gation de prendre les bouillons que
nous venons de prefcrire , y mêlant à
la place de l’élixir de propriété trois
» ï M ï B ï C I N E. 44!
©nccs ou environ de fuc de crefîoii
d’eau J & après le deuxième bouillon on
ufera des eaux en la maniéré preC-
crite.
Mais lî le premier effai de ces eaux
iiéçhaufFe pas trop, il eft encore mieux
de les continuer jafqu au tems marqué ,
quand même on ToufFriroit un peu de
chaleur, pourvu que ce ne foit point
dans un certain degré 5 la principale
attention devant être ' dé ne pas at¬
tendre que la Paralyfie fe confirme
ou qu’elle falTe des progrès pernicieux.
Si la faifon obligeoit d’en difFérer
l’ufage , & de commencer par les bouil¬
lons, il faudroic’après la première épreu¬
ve des eaux reprendre encore douze ait-
tres bouillons , palier enfuite à la Fed
conde épreuve des mêmes eaux , mê¬
lant dans le deuxième ellai des bouil¬
lons l’élixir de propriété, & palier eiî-
fuîte à l’ufâge de ces deux remedes juf-
qu’à une troilléme épreuve, qui Fufiîra
fans doute pour la guérifon. Nous de¬
vons aulïi remarquer que quand même
■la première tentative procureroit le ré-
îablillênient du conduit dans l’état,,na¬
turel , il ne fâudroit pas lailFer de la
Ï42. CoNSÜLTATIONS CHOISIES
réitérer au commencement de l’Au-
tomne, pour prévenir le retour du mal ,
& pour bien confirmer la guérifon.
Nous ajouterons en finifiant que Tufa-
ge de l’infufion de la petite fauge pré¬
parée à la maniéré du, thé nous paroît
être très-convenable dans cette occa-
fion, & que le malade fera très-bien
d’en boire journellement une talîe
ou deux avec un peu de fucre , après
avoir pris fon potage ou bouillon du
midi. .
J’approuve aulE dans le même cas
l’ufage du chocolat, pour l’employer
de la même façon , & l’expérience fe¬
ra voir lequel de deux doit être préfé¬
ré , bien que le dernier lèmble être en¬
core plus propre à foutenir , ou à ré¬
veiller les forces abbatues.
Enfin on peut fubftituer utilement ,
& avec beaucoup de fiiccès, pour rem¬
plir la même indication , la gelée faîte
avec une bonne volaille-, le jarret de
veau , la corne de cerf , & le fuc de
citron , en avalant journellement quel¬
ques cuillerées avant ou après la ibu-
pe.
Le fuccès de tout ci-deffus nous fe¬
ra juger fi nous ferons obligés d’a-
B 8 M î B E c r N ï. 44|
’Ç'oîr recours aux bouillons de vipere ,
ëc à la ptifane fudorifique.
Délibéré à Montpellier le zo. juillet
Signé y Chicoyneau.
.CONSULTATION. LXX.
Sur un Scorbut.
L Es ulcérés des gencives, du palais,
& du gozier /, les douleurs des gen¬
cives & du bras, la noirceur des dents,
dont deux fe trouvent gâtées , tous çes'
^mptomes reconnoiffënt pour caufe
un fang groffier acrimonieux , ' très-
cliargé de faleure , tel qu^’eft celui des
fcorbutiqucs , en forte que la maladie
donc cette Demoifelle eft atteinte eft
vraiment une afîedion fcorbucique ca-
raderifée par la pourriture & les dou¬
leurs des parties de la bouche dont il
vient d-être fait mention.
Si fon confidere le tempérament
bilieux & mélancholique de la malade,
É Ton fait attention aux maladies aux¬
quelles elle a été fujetie, telles que
"444 Consultations choisies
font des inflammations de gozier, des
ophthalmies , des furoncles , la paffion
hyftérique, la colique, Ton fe confirme¬
ra de plus en plus dans le fendment
quelefang de "cette Demoifelle eftfec,
. épais, vifqueux ôc Talé ; enfin la douleur
de la poitrine qui fe fait fentir lerfque
les incommodités augmentent, mar-
qi^e encore racrimonic & réchauffe¬
ment du fang.
Cependant la douleur d’eftomac, Sc
la colique, auxquelles cette Demoifcller
eft fujette , marquent auffi que les di-
geftions fe font mal chez elle, & il y
a lieu de penfer qu’elles entretiennent
le mauvais état du fàng,
Cêtte maladie attaque principale¬
ment la bouche ^ parc^, queda falive fo
trouvant épaiflè &c falée, elle emlmur-
be fes couloirs en dirferens endroits,
comme dans le tilTu des gencives, au
palais, au fond du gozier ; elle s’y cor¬
rompt par fon féjour-, & ''devient de
plus en plus acrimonieufe. De-là les
gonflemens inflammatoires de ces par¬
ties , les douleurs 6c les érofions avec
exulcéradon , & la carie des dents , la-
corruption de leur émaif , leur noir¬
ceur , ÔCC>-
S E M E ©• E e I S ï. 44^
Cctre maladie ne ieauroit qu être re-'
telle aux ciFecs- des remede& , la caufo
s’^étant produite peu à peu ,, & venauc
de longue main. Il né faut donc ateen-';
dre du /oulagemenc eu la guérifon j,
que d’un long ufage de certains rcme--
des, 6c. d’un régime de vie obfecvé exac¬
tement 6c pendant très-long tems.
Les vues que Ton doit avoir en ce-
cas, font de reéïificr les digeftions ,, 6C-
de les confervêîT en bon état-, de divi-
fer doucement le fang , derhumeéter ,,,
6c de l’adoucir. L’oii profitera de la-
belle failbn pour faire fans përdre de
tems ,.les remedes fuivansqui rempli¬
ront les indications que nous venons-
d’énoncer^ • j
P V R G A T 1 O B.
Prenez^polypode de chêne, fix dracfi-'
ïïies; faites-les bouillir dans une fuffi -
fànte quantité d’eau de fontaine -, faites
infurer dans une livre 4e colacure trois
drachmes-de feuilles de fenné mondées
trois tranches de citron, une pincée de
fleurs de mauve; coulez pour deux dofes,
dans la première defquelles on dilTou-
dra deux onces de manne de Calabre
^44^ CONSTJLTATÏO \ÎS CHOISÎÏS
&C dans la fécondé une once de fyrop
de fleurs dépêcher; faites une potion
qui fera prifc le matin avec la préeau^
tion ordinaire.
L’on prendra entre ces deux* verres
un bouillon fait fimplenaent avec un
jeune poulet, trois ou quatre écrevilTcs
de riviere, une poignée de creflbn
d’eau , & deux onces defuc de fume-
terre.
Aïant pris ce bouillon neuf matins ^
l’on fe purgera comme ci-devant, pour
paflcr tout de fuite à l’ufage du petit
lait de vache clarifié, dont on prendra
une écuellée le matin à jeun , après y
avoir éteint trois ou quatre gros clous
rougis au feu , & y avoir ajouté deux
onces de fuc de crelfon d’eau. L’on coiiï
tinuera l’afagc de ce- petit lait une quin¬
zaine de jours,après lefquels on fcpur¬
gera avec la médecine marquée; 5c fans
perdre de tems, on paflTera enfuite k
l’ulàge du lait d’âneffe que Fon copti-
îiuera jufqu’aux grandes chaleurs. S’il
fe peut pendant l’ufage du lait d’ânef¬
fe , on prendra le foir en fe couchani
ropiate fmvante.
DE Me&ecinï. 447
O F I AT E.
Prenez cachou brut , ’leux d’écre--
viflesde riviere,&:trochifques de lacque^
de chacun trois drachmes écorces de
citron feiches réduites en poudre fubtile'
deux drachmes ; faites avec le fyroj^
de chicorée une opiate pour prendre le
foir avant de fe coucher à la dofe d’une
drachme & .demie.
Aïant pris le lait cfâneflè vingt ou
trente jours , û le lait a bien pa& , il
ne fera pas néceflàite de fe purger, mars
fi l’on fent quelque aigreur, ou pefan-
teur J, ou douleur d’eftomac ^ Scc, oiî
iè purgera avec la médecine ordinaire ,
mais s’il y avoir un commencement
de cours de ventre, on le purgeroit de
cette maniéré.
F V RG A T I O N,
Prenez rhubarbe choifie, une drach¬
me ; faîtes-la infufer dans une fuffifante
quantité de décoétion de chicorée fau-
▼agej & dilTolvez dans fix onces de
coiature une once & demie de manne
de Calabre 5 , & une once de fyrop de
' 4 i ^’ ConduitAT ioNs choisieî
chicorée compofé j faites une potion
«jui fera prife le matin.
Lorfque nous ferons arrivés aux
grandes chaleurs defété,: il faudra boite
une neuvaine de quelques eaux miné¬
rales acidulés, de force alTez médiocre,,
obfervant d’ajouter au premier verre
du premier jour deux onces de manne ,
& tout autant au dernier verre du der¬
nier jour, avec trente grains de rhu¬
barbe en poudre. Quelque Méde¬
cin du pars indiquera les eaux conve-
nables/
Après avoir fini les eaux minérales ;
il faudra prendre des bains domeftiqucs,^
On les prendra vers les quatre heures
du foir , & l’on avalera eu fortant du
bain uu bouillon de poulet altéré d’une
poignée de crelTon d’eau ; l’on prendra
de cette maniéré dix ou douze bains.
L’automne prochain on réitérera les
bouillons , le petit lait, le lait d’ânelfe,
tout comme ils ont été prefcrits ce
printemps ; & pendant qifon travail¬
lera à corriger le vice général des
fluides par le moyen des remedes m-
ternes , on appliquera à la bouche ceux
qui fuivent.
L’on aura toujours prêtes deux
B £ M E D E C ï N É. 44^
îjaeurs pour en laver la bouche. La
première fera de' la décodtion d’lar¬
ge ÿ avec une once de miel rofat fur
une demi-livre de cette décoition.
L’autre fera quatre onces de fuc de
creiïbii d’eau avec trois drachmes de
teinture de gomme lacque mêlées en*
femble. On lavera la bouche trois fois
le jour avec chacune de ces liqueurs
emploïées alternativement , commen¬
çant par la première,.
Si les gencives ulcérées font mo'îa.iïès,
êc verfent uii fang purulent, en ce cas
on les touchera avec la teinture de
myrrhe , fans préjudice des fufdits la¬
vages. . - ,
Enfin ou obfervera un bon régime
de vie, n’ufànt d’aucune viande falée ^
d’aucun ragoût , d’aucun fromage ,
d’aucun légume, d’aucun herbage crud^.
fè nourrifiànr principalement d^e bons
potages,.de bouilli de rôti, & fur-
tout de jeunes poulets. Dans la faifon
des raifias bien meurs , on pourra en
manger , pourvu que ce ne foit pas
pendant l’ufage du petit lait ou du lait„
Conièillé à Montpellier le 5. niai
5^52» F îzES.
^450 Consultations choisies
CONSULTATION LXXL
Sw un md aux yeux,
L e mal aux yeux (^ont Mademok
felle eft tourmentée depuis. envU
ron cinq ans , fe déclara d’abord par
une cphtajmie alTez confiderable au
gauche qui réfifta à tous les remedes
ordinaires, & qui, laiflànr dans la fuite
un épanchement de féroficés affèz vif-
queufes, détermina un leger épaiffilTè-
ment dans le eryftallin. On tenta d’a¬
bord pour. lors les bouillons d'écre-
Tdïès avec le tartre chaiybé & les clo¬
portes , qui parurent la foulager un
peu ; après quoi on la mît à, l’uiage du
lait d’ânefîè , qu’elle continua pen¬
dant un mois & davantage. Les cha¬
leurs de l’été étant enfuite furvenues,
Comme on yonloit foutenîr l’effet des
premiers remedes ^ & adoucir un peu
la maffe de fes liqueurs , elle prit les
eaux minérales, & meme les bains do-
meftiques, qui lui firent palTer avec
moins d’inquiétudes le refte de Tété &
de l’automne , mais l’iiyver étant ve-
SI Mei>ecîne. 4|i:
nu, le mal recommença avec la même'
violence , & les férofités fe débordé-
lent, non-feulement dans fœil qui avoit’
été attaqué le premier, mais fe portè¬
rent encore à l’autre , qui n’avoit reC^
fenti aucune impreffion, & y cauferent
les mêmes troubles & les mêmes defor-
dres qui avoient paru dans la premier^
attaque du mal à l’œil gauche. La flu¬
xion qui paroiiîbit redoubler de tems à
autre, & qui l’empêchoit de jouir de la
plus foible lumière J jointe aux rigueurs
de la fâiibn, jetterent bientôt la mala¬
de dans une trifteflè , & dans des in¬
quiétudes telles qu elle ne iè connoif»
foit pas elle-même. Elle perdit l’appé¬
tit & le repos de la nuit ; fuites aflèz
ordinaires des peines du corps de de
l’efprit. Ce fut dans ces facheufes cir-
eonftances que je commençai à la vifî-
ter avec Monfieur Verny.
Nous nous attachâmes d^’abord à cal-*^
mer le feu qui paroiffoit dans l’inté¬
rieur & dans le dehors de l’œil ; &
nous appercevant que les férofités ac-
queroient par leur fejour une eohfiften-
ce d’un mauvais caraétere , nous em-^
ploïames le vin, l’eau-de-vie , ou feule-
QU mélangée j les eaux de laiaruc ©is
^54 Constations 6hotsies
celles deBareges, félon que nous potr^
tions nous flatter d’un plus heureux
fuccès, des unes ou des autres. Nous
crûmes même que pour épuifer la four*
ce de ces férofités ou pour les déter¬
miner vers les parties extérieures, un
cautere à la nuque lui étoit abfolument
rcceflaire. Peut-être auroit-fl répondu à
nos intentions- fl le Chirurgien avoir pu
l’entretenir , mais foit que la peau fe
trouvât extrêmement feicheyOu qu’il ne
l’eût pas bien pratiqué dans Tendroit
ordinaire, cette fource qui fqurniffoiE
aflèz de. férofltés manqua fept à huit
Jours après, quelque précaution qu’on
pût prendre, & me foulagea prefque
pas la- malade.
Rebutés cependant de ne rien ayan-
, cer pour Ton foulagement, comme la
tête efl: extrêmement grofle , chargée
d’aiileurs de beaucoup d’humidités, je
lui confeillâi la douche de Balaruc. Mon
avis fut d’autant plus aifément fuivi que
Monfleur Gauteron étoit de monienti-
ment. J’y accompagnai la malade vers la
fin-d’Oétobre. Les premières douches
parurent lui faire beaucoup de bien ^
fes "ieux étoient moins chargés j elle
diftinguoic mieux les objets, mais les
JP E M E ,D E C l'N E. 455 '
fn'aüvais tems &" les grolTes pluies s’é-
^ant un peu plus avauçéeiS dans c.etce fin
«l'automne, & nous menaçant des ap,.
proches de l'hyver , nous ne pûmes
point fuivre ces premières lueurs de
guérifon;.'
La malade pafià cnfuice cet 'hyver
comme les autres, ayant toujours de
fréquentes fluxions, & ne pouvant fou-
tenir la lumière mais l’efpérance d’al¬
ler au mois de mai aux bains de Ba-
laurc lui fauva une partie de fes inquié¬
tudes. Elle y ,fut dans le tems marqué ;
& n’ayant pas reçu dans le commence¬
ment le foüiagement dont elle s’étoic
flattée & fe trouvant dans des grandes
inquiétudes , elle prit bientôt le parti
de la retraite.
Dans ces fâcheufes cîrconftances , ôç
yoiant le peu dcfuccès des remedes qu’on
a employés, nous ne fçaurions mettre
notre confiance que dans l’exécution de
ceux que nous allons propofer.
On commencera d’abord par faire
une faignéc de l’un des pieds, & on
prendra le lendemain la potion fufe
yante.
4j4 Consultations choisies
TV RGATIO N.
Prenez une once de pulpe de tama-
dns ; faites la bouillir dans une fuffi-
fance quantité d’eau commune j puis
vous ÿ ferez infufer deux drachmes de
feuilles de fenné mondées 5 fommités
d’abfinthe & de petite centaurée dde
chacunes une pincée ; coulez & diflbl-
■vez dans la liqueur deux onces de
manne de Calabre , & une demi-drach^
me de rhubarbe en poudre j faites une
potion.
Le lendemain de la purgation, ou
deux jours après, la malade recommen¬
cera les bouillons de vipere j ou , fi fon
fang fe trouvoit trop animé ou trop
difpofé à la fougue , ceux de ferpents
du pays,qu’on partagera en petits mor¬
ceaux , qu’on fera bouillir pendant
une heure & demie , ajoutant fur la fin
de la coftion une poignée de chicorée
fauvage , de creflon d’eau 3e dé bour¬
rache.
On continuera ces bouillons pen¬
dant quinze à vingt jours, après lef-
' quels, s’étanï répurgée avec la potion
ci-deflus marquée, la malade prendra
0 E MEDECINE. 4^1
i ôlixir blanc , pu les gouttes du Géné-
lal la Motte , en commençant par huit
gouttes dans deux cuillerées d’eau de
&eurs d’oranges qu elle continuera peii'
dant dix jours. Enfuite elle fe repofera
quatre ou cinq jours, & recommencera
d’en prendre jufqu’à dix gouttes dans
deux cuillerées d’eau de fleurs d’oranges
comme ebdeflus ; Bc après s’être ré-
pofée pendant huit jours , elle pourfui-
¥ra les gouttes jufqu’à la fin de la bouteil¬
le en augmentant la doze jufqu’à douze
gouttes, obfervant pour^lors d’y met-
£re trois cuillerées d’eau de fleurs d’o-»
ranges. Nous nous promettons un
grand fuceès de ce remede , qui a fait
des miracles à Paris , & dont la bafe
eft le çinnabre d’Hongrie, qui eft pap
i’ôpéradon extrêmement divifé, Bc en
état de pénétrer jurques dans les plus
petits Yâiflèâux lymphatiques^
■ Délibéré à Montpellier le 4. mai 1732,’
Signé VERNy, Sîi>obre, G a ¥ t e b. o n,
Epurnieb..
t Fm du fecend Tom?.